Affichage des articles dont le libellé est AD - Autres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AD - Autres. Afficher tous les articles

05 mars 2013

Enseignements d'une conscience animale, par Anthéor

Enseignements d'une conscience animale
par Anthéor

Le peuple animal, à travers Anthéor,
transmet ses enseignements.

Le Créateur a décidé de créer, sous de nombreuses apparences et degrés de conscience, des aspects de Lui même. Les animaux font partie de cette Création, une même vie que la nôtre les anime, une vie issue de la source. Nous sommes tous liés : humains, animaux, végétaux, minéraux... "Ne vous évaluez pas tout en haut de l'échelle, pensant que votre intellect si développé vous donne le pouvoir sur ceux que vous considérez sans raisonnement. Vous seriez surpris de découvrir d'autres trésors de connaissances que vous ne possédez pas, d'autres perceptions qui vous échappent". C'est ce que ce livre nous enseigne... Il est utile, à notre époque de grands changements, qu'un plus grand nombre d'entre nous s'intéressent au Peuple Animal. Car aucune espèce n'est présente par hasard, chacune étant venue jouer un rôle précis auprès et en accord avec notre humanité.

Enseignements d'une conscience animale, Anthéor, Editions Hélios / L'arbre fleuri, 2012, 108 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Hélios / L'arbre fleuri
- Sur le même thème : Des bêtes et des hommes, de J. Allen Boone

Le mot de l'auteur

Je voudrais expliquer comment m’a été inspirée l’idée d’écrire un livre sur les animaux. Je pense avoir été progressivement guidée, étant très sensibilisée, affectée même, par le comportement des humains envers eux. Au cours d’interrogations, de réflexions au sujet de leurs souffrances, avec la volonté de leur venir en aide, je me suis dit qu’il devait exister une ou des consciences supérieures reliées à ce monde animal et que j’aimerais bien accéder à l’une d’entre elles. Ayant reçu quelques instructions, comme chacun est susceptible d’en trouver dans différents écrits traitant de notre présence sur cette Terre et de tous les règnes qui nous accompagnent, j’ai poursuivi ma quête avec la même détermination d’avoir un interlocuteur.

Alors que j’exprimais ma demande, un nom est venu à mon esprit, je le répétai plusieurs fois de peur de l’oublier. Il me semblait que j’avais été entendue, je pouvais peut-être recueillir des informations et en faire profiter des personnes de ma connaissance. Je poursuivis donc mon écoute et je vous livre un extrait de ce que fut mon premier message.

"Je viens à toi qui me le demandes pour t’instruire de ce que représente le peuple animal, du respect et de l’attention que vous devez lui porter et je te remercie d’être une messagère auprès des humains. Je suis un esprit parmi tant d’autres ayant pris en charge le peuple animal, et si tu veux me donner un nom tu peux utiliser celui qui t’a été suggéré : « Anthéor ».
Je connais ton amour pour les animaux ; il est vrai que nous avons besoin, comme toi, qu’un plus grand nombre d’humains s’intéresse à nous pour faire évoluer notre règne et, par conséquent, la planète. Je vais donc parler en leur nom.
Nous sommes venus jouer un rôle auprès de votre humanité et bien peu, parmi vous, ne voient en nous autre chose qu’un instrument ou une source de nourriture, de profit, un dérivatif qui peut aller jusqu’à la cruauté. Nous sommes soumis à votre bon vouloir, votre puissance. Bien souvent, il n’y a aucune considération, aucun respect, aucun remerciement pour tout ce que vous exigez de nous, et pourtant nous ne sommes qu’un appel à toucher ce qu’il y a de plus profond en vous : votre essence divine. Nous désirons cet échange, cette communion de ce que chacun de nous est venu expérimenter dans la forme qui lui est propre. Nous sommes d’apparence très différente les uns des autres, représentant tout ce que le Créateur s’est plu à multiplier dans ses aspects, ses couleurs, ses degrés de conscience plus ou moins évolués, mais la même vie nous anime, issue d’une source originelle digne de respect.
Nous sommes plus ou moins conscients du rôle que nous sommes venus jouer mais sans l’intervention de l’homme nous serions capables d’assumer pleinement celui qui nous est imparti. Nous pouvons quelquefois paraître cruels à vos yeux, mais l’esprit l’a voulu ainsi, il n’y a pas de véritable calcul de notre part, nous subissons la loi du plus fort, l’instinct de survie : ce sont nos règles, nos codes génétiques, ce pourquoi nous sommes programmés.
Tout animal a droit au respect dans le milieu, l’environnement qui est le sien. Ne faites pas de nous des esclaves tout comme vous l’avez fait en d’autres temps avec vos frères humains. Nous pouvons choisir de vous obéir pour une bonne entente, une coopération, par amour, mais livrés à nous-mêmes prime la loi de sauvegarde de notre espèce, et il en est ainsi."

J’ai donc désiré, dans ce livre, partager ces informations reçues avec tous les amoureux de la nature, des animaux. J’espère les avoir transmises le plus fidèlement possible. J’en appelle toutefois au discernement de chaque lecteur quant aux révélations qui peuvent quelquefois surprendre.

J’ai consacré une première partie de cet ouvrage à relater ce qui m’était dicté par cet esprit animal sans émettre aucune réflexion ni aucune interrogation. Dans une deuxième partie, j’ai voulu transmettre les réponses reçues à certaines questions qui m’ont été posées et d’autres qui me sont venues à l’esprit au cours de cet échange.

Une autre couverture
(Je ne sais pas laquelle des deux est la bonne.)


24 février 2012

Guide des retraites spirituelles, d'Anne Ducrocq

Guide des retraites spirituelles
Les bonnes adresses pour se ressourcer

d'Anne Ducrocq


Besoin de vous ressourcer ? De revenir à l'essentiel ? De mettre à distance les tracas de la vie quotidienne ? Partir en retraite spirituelle est une bonne réponse... mais la démarche peut intimider : Doit-on garder le silence ? Faut-il être croyant ? La mixité est-elle autorisée ? Combien de temps peut-on rester ? Seul ou en groupe, dans un monastère, une communauté ou en plein air, découvrez une infinité de possibilités pour vous éloigner - et vous retrouver - en accord avec votre personnalité. Ce guide pratique propose une sélection de lieux de retraite en France, chrétiens, bouddhistes, hindouistes et même laïques.

Guide des retraites spirituelles, Anne Ducrocq, Editions 84, 2007, 94 pages

A propos de l'auteur

Anne Ducrocq, journaliste et écrivain, collabore au Monde des religions, à Livres Hebdo et à Nouvelles Clés. Elle a également publié aux Editions Librio : La société vue par les religions.

L'avis d'une lectrice
Source

Un guide utile, même pour des non-croyants

Je suis écrivain et ressens souvent le besoin de trouver un lieu où je puisse être, pendant quelques jours, déchargée de tout souci matériel et rompre avec le "bruitage" environnant. C'est difficile : les hébergements dans les hôtels ou les gîtes sont souvent trop chers, ils manquent de calme, la nourriture n'est pas assez simple et rares sont ceux où l'on dispose d'une petite table et d'une prise pour l'ordinateur. Je n'avais jamais pensé à m'adresser à un monastère, car je suis athée et très attachée à la laïcité. Ce petit guide, rédigé par Anne Ducrocq, m'a permis de trouver des hébergements proches de chez moi, situés en pleine nature, et convenant tout à fait à ce dont j'avais besoin. En outre, l'ouvrage expose succinctement ce qu'il est nécessaire de savoir pour comprendre les orientations de chaque communauté, ce qui est utile pour définir un choix personnel.
Certes, il est profondément regrettable que les lieux de retraite laïques soient en si petit nombre, mais l'auteur n'est pas responsable de cette carence, et je lui donne raison d'avoir écarté de son choix les établissements trop connotés "développement personnel".
A défaut de lieux laïques, l'accueil dans un monastère me semble avoir pour un non-croyant certains aspects intéressants: une découverte d'ordre culturel et la rencontre avec des personnes différentes de soi tant par le mode de vie que par les opinions.

Pour en savoir plus

- Guide des lieux de silence, de Joachim Bouflet
- Eloge du silence, de Marc de Smedt
- Le documentaire Le grand silence

Du même auteur
Guide spirituel des lieux de retraite - Dans toutes les traditions

Editions Albin Michel, 2009, 487 pages


22 février 2012

Guide des lieux de silence, de Joachim Bouflet

Guide des lieux de silence
de Joachim Bouflet


Un choix de 250 monastères et couvents, lieux de calme, de repos mais aussi de recueillement, qui acceptent de recevoir des pensionnaires.

. 250 lieux de silence, couvents et monastères, sélectionnés en France.

. Un historique et un descriptif du lieu.

. Des informations pratiques sur les conditions de séjour, les moyens d'accès, les activités.

. Classement par ordre alphabétique.

. Un index par région des lieux répertoriés.

. Une carte synthétique.

. Et des illustrations couleurs.

Guide des lieux de silence, Joachim Bouflet, Editions LFG, 1997, 318 pages

Pour en savoir plus

- Guide des retraites spirituelles, d'Anne Ducrocq
- Eloge du silence, de Marc de Smedt
- Le documentaire Le grand silence

Un aperçu du livre


04 février 2012

La mort ouvre sur la vie, de Neville Randall

La mort ouvre sur la vie
de Neville Randall


Au cours d'une enquête consacrée à la parapsychologie, le journaliste britannique Nevill Randall a pu écouter près de 500 voix paranormales enregistrées lors des séances médiumniques conduites par le célèbre médium Leslie Flint. Il est l'un des rares expérimentateurs à avoir la faculté de faire se manifester les voix des défunts dans l'atmosphère, de manière directe, sans le moindre support. Les voix de Flint décrivent l'existence des défunts dans l'Au-delà, avec des détails surprenants. La mort ouvre sur la vie... et sur les perspectives les plus exaltantes. Testé par de grands laboratoires et la Société de Recherche Psychique de Londres, Leslie Flint a été reconnu comme un médium sérieux, un véritable phénomène. Il a ainsi pu permettre à un grand nombre de défunts de s'adresser aux vivants : des voix anonymes, comme un soldat de la Grande Guerre, une marchande de fleurs, celles d'Oscar Wilde, de la reine Victoria... Toutes ces personnes décrivent avec minutie leur existence dans l'autre monde, donnant des détails, des preuves de leur survivance. Nous apprenons ainsi que la mort ne débouche pas sur le néant, mais qu'elle est une porte vers une nouvelle vie, vers une évolution cosmique.

La mort ouvre sur la vie, Neville Randall, Traduction : Robert Fouques Duparc, Editions Le Temps Présent, 2010, 207 pages

Pour en savoir plus

Ces 3 articles
- Le phénomène des voix directes
- Visite guidée de l'au-delà (1)
- Visite guidée de l’au-delà (2)

Au sommaire

1. L’histoire d’Alf Pritchett
2. Où sont donc passés tous les soldats ?
3. De l’enregistrement
4. "Je dois être mort"
5. Guide pour l’autre monde
6. Visite à la famille
7. Conversation avec une mère
8. C’est donc ça le paradis !
9. Mort soudaine
10. Les animaux
11. Des mariages sont célébrés au paradis
12. Vie quotidienne
13. Rose, à nouveau
14. Conversation avec Oscar Wilde
15. Maisons et jardins
16. Travail
17. Les sphères supérieures
18. Le problème de la religion
19. Observations sur les médiums
20. Tests de voix
21. La preuve finale

L'avis d'un lecteur
Source

Le meilleur livre sur l'au-delà !

J'ai lu beaucoup de livres sur la vie après la mort, mais celui-ci est le meilleur de tous. Ce livre est un compte rendu des séances du médium Leslie Flint, qui ont été enregistrées pendant des années par quelques passionnés. Ce qui en fait un livre exceptionnel, c'est que les esprits décrivent avec une minutie et une foison de détails jamais vus, leur conditions de vie dans l'au-delà, ce qu'ils y font, bref, leur vie quotidienne. Un livre simple, compréhensible par tous, écrit dans un langage de tous les jours et sans mots compliqués, qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page. Rien n'y manque : l'auteur, qui a certainement compris que beaucoup de lecteurs trouveraient ces histoires "trop belles pour être vraies", a consacré la fin de ce livre aux preuves. En effet, ces séances ayant été enregistrées sur bande magnétique, il se trouve que les personnes décédées qui se sont exprimées le faisaient avec une voix très ressemblante à celle qu'ils avaient de leur vivant. Certaines de ces voix ont été formellement identifiées par des gens encore en vie qui ont connues ces esprits quand ils étaient encore sur terre.
Bref, un superbe livre, qui redonnera le sourire à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu un être cher.

02 février 2012

Réalité de l'Au-delà et transcommunication, de Monique Simonet

Réalité de l'Au-delà
et transcommunication

de Monique Simonet


L'ouvrage le plus important à ce jour de la pionnière de la transcommunication. Outre de nouveaux messages bouleversants de l'Au-delà, Monique Simonet nous parle de la survie des animaux. Elle fait le point sur la situation de la transcommunication en France et à l'étranger et met les lecteurs intéressés en garde contre les risques inhérents à ce type d'expériences - riches certes, mais qui nous entraînent aux limites de la vie et au-delà. Plus important peut-être, Monique Simonet s'emploie à nous apporter la preuve de l'existence de ce monde où nous vivrons tous après la mort de notre corps physique. Pour ce faire, elle s'appuie sur les travaux d'un physicien subatomique britannique, Michaël Roll.

Réalité de l'Au-delà et transcommunication, Monique Simonet, Editions du Rocher, 2004, 134 pages

A propos de l'auteur

Auteur d'une dizaine d'ouvrages consacrés à la question de la survivance, Monique Simonet ne cesse depuis une trentaine d'années de témoigner de la réalité des contacts avec l'Au-delà et de la vie après la mort.

Couverture des Editions du Rocher, 1994


Petit reportage

22 décembre 2011

Horizon de lumière, du Père Jean Martin

Horizon de lumière
Réflexions sur la souffrance
humaine et animale

du Père Jean Martin

Ce livre écrit par le Père Jean Martin constitue une réflexion profonde, lucide et néanmoins remplie d'espoirs, sur le problème de la souffrance au sein de la création. Souffrance humaine bien sûr, mais aussi souffrance animale et universelle.

L'auteur, grand ami des bêtes, traite, avec sensibilité et en s'appuyant sur une vaste documentation, des subtiles relations qui unissent les animaux domestiques et leurs maîtres, notamment par le biais des phénomènes psychiques. Il dédie d'ailleurs ce livre à ses "amis à quatre pattes" qui accompagnent son pèlerinage sur cette terre.

Au long de ces 210 pages pleines de poésie, Jean Martin développe avec beaucoup d'amour - et de nombreux exemples - sa foi en la survie de l'âme, non seulement des hommes, mais aussi des animaux. Bien plus qu'un livre traitant du paranormal, il s'agit là d'un ouvrage de foi dans lequel l'auteur dit clairement sa conviction profonde que le Dieu de bonté a fait toute créature, non pour une vie éphémère, mais pour une vie éternelle.

Horizon de lumière, Jean Martin, Editions JMG, 2002, 210 pages

A propos de l'auteur

L'abbé Jean Martin est belge. Né en 1936, il est ordonné prêtre en 1961. Docteur en philosophie de l'université de Louvain, prêtre de paroisse puis professeur de séminaire, il est l'auteur de plusieurs livres sur l'Au-delà et il s'occupe aussi d'accompagnement auprès des personnes dans le deuil.

Le sommaire

Liminaire
Introduction
1. Il y a un autre monde
2. Une terre douloureuse et dramatique
3. L'âme des animaux
4. Veilleur, où est la nuit ?
Epilogue
Table des auteurs cités

Pour en savoir plus

- Le site des Editions JMG
Des livres du même auteur
- Le prêtre, la médium et le chien (avec un entretien vidéo)
- Nul n'est une île
- A l'écoute du monde animal
- Des signes par milliers
Des articles
- Les animaux et l'au-delà (1)
- Les animaux et l'au-delà (2)
- Les animaux et l'au-delà (3)

Quelques extraits choisis

Les premières lignes du Liminaire

p11 Je dédie ce livre à tous mes amis à quatres pattes qui ont accompagné mon "pélerinage" sur cette terre et qui m'ont donné beaucoup d'amour. Je le dédie aussi à tous les animaux qui n'ont pas la chance d'avoir un "maître" qui les aime ; à ceux qui meurent dans la solitude des refuges ; à ceux qu'on emmène de force vers les abattoirs ; à ceux qu'on martyrise dans les laboratoires. Je le dédie à tous mes frères humains qui n'ont pas encore compris, comme le chante si joliment Yves Duteil que : "Les hommes et les dauphins nés du même soleil étaient frères de race." ../..

Deux extraits du chapitre L'âme des animaux

p106 ../.. Une autre personne m'écrit encore : "Je voudrais vous rapporter le cas de deux chattes vivant sous mon toit, voici 20 ans, qui n'a fait que conforter mes idées de vie après la mort, également chez les animaux. Je possédais une petite chatte noire appelée Pussy. Un jour, mon mari rapporte un chaton en piteux état. Nous l'avons adopté, soigné et appelé Nini. Nini a grandi auprès de Pussy sans jamais vraiment s'accepter l'une et l'autre : elles s'ignoraient presque ! Nini dormait sur son tabouret dans la cuisine ; Pussy sur le lit. Elles avaient choisi leur petit coin mais jamais l'une ne se permettait ni même ne se hasardait à dormir sur la litière de l'autre. A 9 ans, notre Nini est morte, mal soignée par le vétérinaire, d'une crise d'urémie. Le soir même, le tabouret de Nini, libre, a tenté Pussy ! Tard dans la soirée, Pussy s'est donc installée à la place de Nini... Nous allons dormir et me voilà aussitôt réveillée par un cri affreux de détresse. Je me lève en catastrophe pour voir Pussy descendre du tabouret de Nini ! Elle n'y est plus jamais retournée. Je conte souvent cette anecdote qui me fait frémir d'espoir. Troublant, ne pensez-vous pas ? Je serais tentée de penser que nos petits animaux ont également une âme qui plane au-dessus de leur corps, après leur mort". ../..

p126-p127 ../.. Il est des animaux qui manifestent plus explicitement que certains hommes l'amour de Dieu dans sa dimension de fidélité et de patience, bref ce qu'on appelle aujourd'hui l'amour "inconditionnel".
Je rejoins en ce sens ma correspondante quand elle écrit : "Il suffit d'être à l'écoute... avec son coeur et laisser quelque peu sa raison de côté. Peut-être nos animaux aimés sont-ils envoyés près de nous, pauvres humains aveugles et égoïstes, pour nous apprendre cet amour que nous avons tant de mal à pratiquer ? Peut-être sont-ils des intermédiaires entre les plans supérieurs et nous ? Alors que nous pensons qu'ils appartiennent à un plan inférieur ! Mon chien m'a tant fait comprendre de choses de son vivant et à présent par sa mort, que cette pensée ne me semble pas absurde."
Il m'apparaît certain en tout cas qu'il existe une infinité d'émergences de la conscience dans un corps.

Tout au long de ces pages, j'ai dit ma conviction profonde quant à l'existence de l'âme animale, "principe immatériel et subtil se séparant du corps à l'heure de la mort" selon l'expression de Jean Prieur. Je me démarque cependant de M. Prieur quand il n'englobe sous le terme "d'animal" que les "vertébrés supérieurs". Certes je ne nie pas qu'il puisse y avoir chez certains animaux ce qu'il appelle une "âme-groupe" plutôt qu'une âme individuelle mais je ne pense pas qu'il faille opérer tant de distinguos. Ce qui a été appelé à la vie dans le monde matériel demeure vivant dans le monde de l'esprit.
La simple mouche de St Thomas d'Aquin a peut-être beaucoup de choses à nous apprendre à ce sujet ! ../..

05 avril 2011

Théologie animale, d'Andrew Linzey

Théologie animale
d'Andrew Linzey


Pour la première fois traduit en français, Andrew Linzey, professeur de théologie à l’Université de Oxford et Directeur du Oxford Centre for Animal Ethics, ouvre une voie inédite pour la paix, à travers une réflexion inspirée sur la relation à l’animal.

A l’occasion du 125e anniversaire de la mort de Victor Hugo, qui a toujours pris position en faveur des animaux, One Voice a choisi de publier la traduction française du livre d’Andrew Linzey : Théologie animale.

Pour ce spécialiste de l’éthique, auteur de nombreux textes de référence dans ce domaine, la question du rapport à l’animal nous concerne tous. Penser l’animal, c’est aussi penser l’humain.

A travers son ouvrage, il nous livre une réflexion étayée sur notre mode de vie dans sa globalité, mise en perspective à travers des problématiques profondément actuelles, telles que les OGM ou l’environnement. Il démontre savamment les implications de la responsabilité des humains à l’égard des plus faibles, et propose de bousculer l’ordre établi pour accéder, enfin à un monde plus juste et pacifié.

Muriel Arnal déclare : « Publier l’ouvrage d’Andrew Linzey était une évidence. Son approche des droits des animaux et du respect de toute vie constitue une base de réflexion tout à fait pertinente, et documentée de manière particulièrement intéressante. Plus que jamais ancré dans l’actualité, cet ouvrage devrait éveiller les consciences. »

Théologie animale, Andrew Linzey, Editions One Voice, 2010, 246 pages

Un commentaire de l’auteur

Victor Hugo aurait été fier.

Victor Hugo a développé le concept d’une grande morale – une compassion élargie à toutes les formes de vie. Il est mort il y a 125 ans, le 22 mai 1885.

C’est le 22 mai 2010, date anniversaire de sa mort, qu’est publié le premier ouvrage en français sur la théologie animale.

Il est temps pour les églises de suivre ses traces et de rejoindre le mouvement de la protection animale. Théologie animale montre qu’il y existe des bases théologiques solides devant nous conduire à militer pour une justice envers les animaux.

One Voice est l’une des principales organisations de défense animale en France. Elle porte le flambeau dans la quête d’une relation plus respectueuse envers les animaux et mérite notre soutien chaleureux. C’est un grand honneur d’être publié par elle.

Professeur Andrew Linzey

A propos de l'auteur

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est également professeur honoraire à l’université de Manchester. Il a occupé à Oxford le premier poste académique au monde en théologie et bien-être animal. Entre autres fonctions, il a aussi occupé le poste de professeur honoraire à l’université de Birmingham de 1996 à 2007. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique, traduits pour la plupart dans de nombreuses langues. En 2006, il figurait sur la liste des 50 personnes oeuvrant pour un monde meilleur, établie par le journal The Independent.

A propos de One Voice

One Voice est une association Loi 1908 qui cultive son indépendance politique, religieuse et financière comme garantie de sa liberté de parole et d’action. Elle mène, depuis 1995, une lutte non violente pour les droits des animaux et le respect de toute vie perpétuant ainsi la vision du Tout et de l’unité des combats chère à son célèbre parrain, Théodore Monod. L’association est le représentant pour la France de la Coalition européenne pour la fin de l’expérimentation animale.

Pour en savoir plus

- Le site One Voice
- La boutique One Voice où vous pourrez acheter le livre
- Violences sur les animaux et les humains : Le lien, sous la direction d'Andrew Linzey
- La note de lecture d'Olivier Jelen
- La note de lecture d'Estiva Reus
- Les animaux, nos humbles frères, de Jean Gaillard

Le sommaire

Préface à l'édition française
Première partie : Principes de théologie
1. Respect de la vie, responsabilité et droits
- Le respect de la vie
- La responsabilité vis-à-vis des animaux
- Les droits des animaux
- L'orientation théocentrique
2. La priorité morale des faibles
- Le paradigme de l'égalité
- Le paradigme de la générosité
- Tracer la limite
- Des relations privilégiées : les enfants et les animaux
- Des biens mal acquis
- Deux objections
3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur
- Ce qui marque la singularité
- Le Dieu souffrant
- Un sacerdoce du sacrifice
- Un service au nom d'une spécificité
- Les objections
4. Une théologie de la libération pour les animaux
- Les dogmes de l'humanisme
- Un anthropocentrisme étriqué
- Retrouver les relations chrïstologiques
5. Les droits des animaux et la prédation
- Le dilemme du vampire
- Parasitisme et prédation
- Repenser la loi naturelle
- Un impératif moral transnaturel
- Les objections au végétarisme
Seconde partie : Bousculer nos habitudes morales
6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux
- Le fondement théologique de la valeur de la création
- Des implications morales
- Les animaux comme victimes sacrificielles
- Une critique des expériences sur les animaux
7. La chasse comme antiévangile de la prédation
- La chasse avec Jésus-Christ
- Comment tuer en restant un chrétien consciencieux
- Jésus notre Prédateur
- Le sacrifice pour tous
- L'affranchissement de la servitude
8. Le végétarisme comme idéal biblique
- La nourriture du paradis
- Une permission ambiguë
- Vivre sans violence
- Le Prince de la paix
- Pour approcher le Royaume de la paix
9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux
- La révolution animale
- Appartenir et exister pour
- Les brevets et la doctrine de la création
- La théologie discréditée du génie génétique
- Quatre objections
- Eugénisme et génie génétique
Guide bibliographique des ouvrages cités
Remerciements
Index
Notes

La présentation du livre
par le site One Voice



Dans cet ouvrage, publié en français par One Voice, les animaux ont droit au respect. A travers une relecture de la bible qui bouleverse les conventions généralement admises de la domination de l’humain sur les animaux, chaque être trouve sa place. Chaque vie a droit au respect.

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique.

Une date de choix

Le 22 mai 2010, date choisie pour la publication de ce premier ouvrage de théologie animale en français, est aussi celle du 125ème anniversaire de la mort de Victor Hugo. Victor Hugo, auteur cher à Linzey, était particulièrement sensible à la cause animale, et avait une vision assez claire quant au comportement humain : « Sans doute était-ce le premier devoir. (...) il fallait civiliser l'homme du côté de l'homme. La tâche est avancée déjà et fait des progrès chaque jour. Mais il faut aussi civiliser l'homme du côté de la nature. Là tout est à faire. »

Pour tous publics

Ce livre est une théologie, certes, mais dont l’analyse et la logique développent des thèmes accessibles et pertinents pour tous, croyants ou non, désireux de réfléchir à la problématique de la place de l’humain vis-à-vis des animaux. Le «fait que les animaux soient innocents et sans défense, loin de nous permettre de les exclure du champ de nos préoccupations morales, est précisément ce qui devrait nous obliger à leur accorder une attention particulière et à les traiter avec les scrupules et les soins les plus extrêmes. »

Une introduction dédiée au public français

Dans une préface spécialement écrite pour la version française de son ouvrage, Andrew Linzey explique avec brio le rôle tenu par les grands penseurs de notre pays dans l’évolution du statut de l’animal à travers le monde. Depuis Descartes, jusqu’à Victor Hugo, Linzey retrace les grands courants de pensée qui ont conduit l’animal à la place inconfortable qu’il occupe aujourd’hui.

Respecter la vie

Linzey nous invite non seulement à respecter la vie sous toutes ses formes, mais à accorder une priorité morale aux plus faibles. Il propose une relecture de la genèse où le concept de domination n’implique pas l’asservissement mais se substitue à la notion de responsabilité : « chaque fois que nous détenons un pouvoir vis-à-vis d’êtres qui sont plus ou moins sans défense, notre obligation morale de générosité n’en est que plus grande. S’il est bien un droit que nous confère notre pouvoir sur des animaux, c’est celui de les servir. » Refusant de faire du bien-être humain une priorité, il replace l’humain à sa juste position, au sein de la nature, n’hésitant pas à mettre en cause « des siècles d’anthropocentrisme chrétien (de la pire espèce) » dans la crise écologique actuelle.

Mettre fin à la souffrance

Mettre fin à la souffrance, libérer les animaux du joug des humains, faire évoluer le monde vers une plus grande mansuétude, ouvrir l’humain à une existence salutaire pour lui et la planète, Linzey ouvre aux chrétiens de nouvelles pistes pour le salut de leur âme. Il offre aussi ainsi à ses lecteurs une approche inédite de l’existence et une analyse étayée et solidement construite des textes religieux. Un monde où l’amour et la paix trouveraient enfin leur place.

Les animaux ne nous appartiennent pas

Linzey aborde les thèmes fondamentaux que sont l’expérimentation animale, la chasse, la consommation de viande et les manipulations génétiques en se basant sur la doctrine religieuse et les implications morales qui en résultent. « La doctrine chrétienne de la création nous oblige à considérer que notre estimation de notre propre valeur ne peut pas constituer l’unique critère pour déterminer la valeur d’autres créatures. » Dans un monde où partout la tyrannie s’exerce, il invite l’homme à renaître en bouleversant ses habitudes séculaires, pour une existence plus juste et une paix planétaire.

Quelques extraits et un article

Plutôt que de rédiger un avis sans grand intérêt pour le visiteur (car je ne suis pas douée pour cette tâche) sur un livre aussi intéressant et dense (et parfois complexe dans sa première partie) que Théologie animale d'Andrew Linzey, j'ai préféré sélectionner ces documents :

- Les présentations claires qui figurent au début de chaque chapitre
- De longs extraits du chapitre "Le végétarisme comme idéal biblique" à lire sur ce lien
- Ainsi que l'article remarquable écrit par Yves Tissier

Tous ces documents, ajoutés à la très bonne présentation (ci-dessus), vous donneront ainsi un aperçu du livre bien meilleur que je ne saurais le faire et, je l'espère, l'envie de le découvrir pour avancer dans votre spiritualité et par la même occasion, soutenir l'association One Voice.


Extraits : Les premières lignes de chaque chapitre

1. Respect de la vie, responsabilité et droits

Ce chapitre traite principalement de notre devoir moral envers les animaux, créatures de Dieu. Trois questions y sont soulevées : (1) Devons-nous faire preuve de respect envers les animaux ? (2) Avons-nous une responsabilité vis-à-vis des animaux ? (3) Les animaux ont-ils des droits ? Je propose pour ma part de répondre à ces trois questions par l'affirmative. Si je défends avec fermeté une doctrine des droits moraux des animaux, le lecteur pourra constater que, pour moi, une approche en termes de droits ne doit pas conduire à négliger d'autres notions comme le «respect» et la «responsabilité». J'ai traité en long et en large du problème des droits des animaux dans mes ouvrages Animal Rights : A Christian Assessment et Christianity and the Rights of Animals et je n'ai pas l'intention de répéter simplement la même argumentation ici. Mon idée est que le concept de droits est tout à fait compatible avec la théologie morale et qu'il convient de l'étendre aux animaux. En même temps, je m'oppose à l'idée que le droit puisse englober tout ce que l'on pourrait dire sur les animaux d'un point de vue théologique. Selon moi, il existe du point de vue théologique de bonnes raisons de reconnaître la valeur des animaux, de les respecter, d'accepter d'en être responsables et de reconnaître les droits que Dieu leur a donnés. (...)

2. La priorité morale des faibles

Le langage du respect, de la responsabilité et des droits permet-il de rendre aux animaux ce qui leur est dû en tant que créatures de Dieu ? Dans ce chapitre, j'explique que d'un point de vue théologique, il nous faut aller plus loin encore : une interprétation moralement satisfaisante de nos obligations envers les animaux implique nécessairement davantage qu'une simple exigence d'égale considération, contrairement à ce qu'avancent certains militants de la libération animale. A partir de la notion de générosité divine qu'incarne la personne de Jésus, je suggère que l'on accorde aux êtres faibles et sans défense une considération non pas égale mais plus grande. Une priorité morale devrait être donnée aux plus faibles. (...)

3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur

Il peut sembler que l'accent mis dans le chapitre précédent sur la communauté de destín entre humains et animaux occulte le credo traditionnel des chrétiens concernant le caractère unique du genre humain. On entend souvent dire que les partisans des droits des animaux ne voient aucune différence réelle entre animaux et humains et tentent de mettre les uns et les autres au même niveau du point de vue moral et théologique. Il est vrai qu'un certain nombre de défenseurs des droits des animaux remettent en cause la singularité du genre humain, parfois pour de bonnes raisons comme je vais le montrer. Cependant, faut-il en conclure qu'il n'est possible de vouloir un traitement éthique des animaux qu'au prix de l'abandon de la conception chrétienne traditionnelle selon laquelle l'être humain est particulier et unique ? Je ne le pense pas. Je vais m'efforcer de montrer qu'en réalité la conception selon laquelle les humains seraient moralement supérieurs tient une place centrale dans la théorie des droits des animaux. Partant de l'idée d'un Dieu qui souffre, j'explique que l'on peut définir ce caractère unique de l'être humain comme une capacité de servir et de se sacrifier. De ce point de vue, l'être humain est l'espèce à laquelle revient la mission exclusive d'exercer un ministère du don de soi, à l'image du Grand Prêtre, non pas seulement pour les membres de sa propre espèce mais pour toutes les créatures sensibles. Parce que les créatures gémissent et souffrent, il faut une espèce capable d'oeuvrer conjointement avec le Seigneur à la guérison et à la libération de la création. (...)

4. Une théologie de la libération pour les animaux

L'idée que l'être humain serait l'unique espèce capable d'oeuvrer avec Dieu à la libération et à la rédemption du monde nous amène naturellement à étudier la théologie de la libération. Toutefois, comme je le montre, la théologie de la libération ne tient aucunement sa promesse dès qu'il s'agit de l'oppression dont souffrent les animaux. Apparemment, au lieu de libérer la théologie de l'anthropocentrisme, les théologiens ne font que l'asservir à celui-ci, de façon toujours plus affirmée. À cet égard, leur étroitesse d'esprit est largement imputable à une christologie défaillante. Mon propos est de montrer comment il est possible - en restaurant cinq relations christologiques fondamentales - de concevoir une théologie de la libération qui rende justice à la souffrance de la création non humaine. (...)

5. Les droits des animaux et la prédation

Dans les chapitres qui précèdent, nous avons postulé que la volonté de Dieu était une création rachetée et libérée de la prédation et du parasitisme. C'est là une conception à contre-courant de la théologie moderne qui a admis, presque comme une évidence, que la rédemption divine dans le monde futur devait être limitée à la sphère humaine ou du moins, que le parasitisme et la prédation écologiques étaient la volonté de Dieu dans ce monde. Ici, je milite en faveur des projets de transformation du monde de la déité que je vois révélée en Jésus-Christ, et j'explique aussi que l'injonction de se comporter de façon « non naturelle » eu égard à nos habitudes de carnivores peut être un signe de grâce. Vivre sans tuer d'êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix. Ici comme ailleurs, je perçois un clivage fondamental entre ceux qui revendiquent une « éthique écologique» et les partisans d'une théologie de la libération fondée sur la création. (...)

6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux

L'idée que les animaux n'existeraient que pour notre usage a une longue histoire. Cette nouvelle idée selon laquelle il existe des limites morales à ce que nous pouvons faire aux animaux a mis longtemps à émerger et, dans ses implications pratiques, elle pourra sembler radicale et implacable. C'est dans l'utilisation des animaux pour la recherche scientifique que cela apparaît de la façon la plus claire. Dans ce chapitre, je commence par reprendre à mon compte le principe théologique selon lequel les animaux ont une valeur non utilitaire et irréductible, et je tente de montrer que cette notion se fonde sur la doctrine traditionnelle de Dieu en tant que Père, Fils et Saint-Esprit. J'en détaille ensuite les implications morales, et je montre comment, en pratique, de telles implications rendent indispensable le refus moral de sacrifier des animaux au bénéfice des humains. (...)

7. La chasse comme antiévangile de la prédation

Proche de l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre utilité, il y a l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre bon plaisir. Il est étonnant qu'une telle idée puisse avoir connu au sein de la tradition chrétienne un succès tel, que saint François de Sales, pour ne prendre qu'un exemple, aura pu considérer la chasse comme une de ces « innocentes récréations » dont « nous pouvons toujours faire bon usage » pour développer notre vie spirituelle. Au contraire, j'affirme que la chasse, loin d'être « innocente » ou moralement neutre, représente l'antiévangile de Jésus notre Prédateur. Je pense que rares sont ceux qui auront vraiment saisi ce que pouvait signifier théologiquement le fait de justifier la destruction de la vie sensible simplement pour le plaisir ou pour la distraction que cela procure. Pour que la chasse pour le plaisir puisse être justifiée, il faudrait que l'on célèbre le parasitisme en tant que plan divin. Quelles que soient les difficultés qu'on puisse avoir à imaginer un monde sans prédation, intensifier et renforcer - sans aucune nécessité morale - les forces parasitaires à l'oeuvre dans notre monde, c'est plonger encore davantage la création dans ces ténèbres dont l'espérance chrétienne est que nous serons tous libérés, les humains comme les animaux. (...)

8. Le végétarisme comme idéal biblique

De tous les défis moraux issus de la théologie animale, on peut soutenir que le végétarisme est celui qui bénéficie de la justification biblique la plus affirmée. L'acceptation du principe minimaliste consistant à éviter, dans la mesure du possible, de faire du mal aux êtres sensibles rend à elle seule inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie. Dans ce chapitre, je trace les grandes lignes du raisonnement que l'on peut tirer de la Genèse et du Livre d'Isaïe, tout en tenant compte également du fait que Jésus n'apparaît pas comme un végétarien dans les Évangiles canoniques. Même si nous admettons que, selon le chapitre IX de la Genèse, il est permis de manger de la viande à titre de concession particulière aux mauvais penchants de l'être humain, la question reste posée de savoir si le principe du régime carnivore peut se justifier. (...)

Un court extrait

(...) Dans le passé, nombreux ont été ceux - parmi lesquels, sans l'ombre d'un doute, les rédacteurs de la Bible eux-mêmes - qui ont pensé que tuer pour manger était essentiel et que notre existence même en dépendait. Or, comme je l'ai souligné au chapitre V, nous savons maintenant - du moins pour ceux d'entre nous qui vivent dans les pays riches de l'Occident - qu'il est parfaitement possible de se nourrir sainement sans le moindre recours à des produits à base de chair animale. Certes, il se peut que cela n'ait pas toujours été vrai dans le passé. Jusqu'à une date relativement récente, la croyance la plus ordinaire a toujours été que la viande était essentielle pour vivre bien.
Ceux qui optent pour le végétarisme peuvent le faire en sachant qu'ils vivent davantage en accord avec l'idéal biblique de paix que leurs contemporains mangeurs de viande. Voilà un fait qu'on ne devrait pas négliger. A bien des égards, il est difficile de savoir comment il serait possible de vivre de façon plus pacifique dans un monde marqué par la violence, l'avidité et le consumérisme. Souvent, l'individu se sent démuni face aux grands pouvoirs qui dominent la société et qui échappent même au contrôle démocratique. Choisir un mode de vie végétarien, c'est de façon pratique franchir une étape vers la cohabitation pacifique avec le reste de la création, une étape vers la réduction du nombre de mises à mort institutionnalisées dans le monde actuel. Un poulet en moins dans les assiettes, c'est un poulet en moins à l'abattoir. (...)

9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux

Dans ce chapitre, je rejette absolument l'idée que les animaux puissent faire l'objet de manipulations génétiques afin de devenir de meilleures machines à produire de la viande ou un meilleur matériel de laboratoire. Selon le point de vue de la théologie animale, remodeler génétiquement des animaux pour qu'ils ne soient plus que des moyens servant des fins humaines est moralement équivalent à l'institutionnalisation de l'esclavage humain. Il y a donc quelque chose de moralement douteux dans le développement indéfini d'une science génétique qui n'admet pas d'autres limites morales que celles du progrès dans le contrôle des espèces. Les défenseurs d'une justice morale pour les animaux ne sauraient se contenter de moins que le démantèlement de cette science en tant qu'institution. Nous atteignons ici les limites absolues de ce que peut tolérer une théologie de la création digne de ce nom. (...)

Théologie animale : un livre capital d'Andrew Linzey
Un article publié par Yves Tissier

dans son Ebook gratuit
Etre végétarien, le bon choix ?

Théologie animale : ce titre a de quoi déconcerter. Tout d’abord, la théologie est souvent considérée comme un système philosophique empreint de dogmatisme et qui privilégie la pensée abstraite, sans rapport direct avec notre quotidien. [ De theos -dieu et logos -science, la théologie est l'« étude des questions religieuses fondée principalement sur les textes sacrés, la tradition etc », nous dit le Grand Robert ]. Par ailleurs, une théologie de l’animal paraît un sujet bien étrange, à contre-courant de la pensée chrétienne traditionnelle. En effet, habituellement la théologie est plutôt utilisée comme écran de fumée, pour étayer une doctrine qui justifie l’asservissement de l’animal par l’homme, d’où la méfiance couramment répandue à son égard.

Mais Andrew Linzey n’est pas un auteur comme les autres. Vers 1970, il fit partie du groupe d’Oxford aux côtés de Peter Singer, lequel publia en 1975 La libération animale, un essai philosophique qui marqua les esprits. Autrefois secrétaire de l’Association végétarienne d’Oxford, Andrew Linzey créa en 2006 l’Oxford Center for Animal Ethics. Il a publié de nombreux livres sur la cause animale, sujet dont il est devenu un spécialiste reconnu. En 2001, l’archevêque de Cantorbery lui a décerné le titre de docteur en théologie en reconnaissance pour son travail. Publiée en anglais en 1994, Animal theology est son œuvre majeure. C’est aussi son premier livre traduit en français, paru en mai 2010. Il faut saluer ici le courage éditorial de l’association de défense des animaux One Voice qui publie le texte en français.

Sans marquer le moindre pédantisme, Andrew Linzey impressionne par sa grande érudition, alignant une bibliographie de 32 pages ! Il aborde avec aisance aussi bien l’analyse critique de l’œuvre d’Aristote ou de Saint Thomas d’Aquin, que la pensée d’Albert Schweitzer ou d’un philosophe anglais de la Renaissance complètement méconnu. Faisant preuve d’un esprit francophile, Andrew Linzey a gratifié le lecteur français d’une préface spéciale qui mesure l’abîme séparant la pensée de Descartes de celle de Victor Hugo, l’un de ses auteurs favoris.

Théologie animale s’articule en deux parties. Dans la première, Principes de théologie, l’auteur développe ses conceptions concernant la place de l’animal dans la doctrine chrétienne. Dans la seconde partie, Bousculer nos habitudes morales, il en développe les applications pratiques. Au passage, il s’attarde sur la vivisection, la chasse, le végétarisme et les manipulations génétiques, montrant que la théologie n’est pas nécessairement une discipline austère, mais peut être une matière vivante et captivante par ses implications dans notre vie quotidienne. Pour illustrer le dynamisme de la pensée d’Andrew Linzey, on relèvera que, pour étayer sa démonstration, il peut successivement faire une longue métaphore sur le vampirisme, citer La ferme des animaux de George Orwell, ou même Mein Kampf comme contre-exemple et qu’il n’hésite pas à relever les faiblesses de ses propres arguments. C’est là l’indication d’une grande honnêteté intellectuelle. Par ailleurs, le fait qu’Andrew Linzey soit un prêtre anglican lui confère sans doute une plus grande liberté de pensée que s’il provenait du sérail catholique, à la pensée bien calibrée. [ Notons au passage que la Grande Bretagne jouit depuis le milieu du XIXème siècle d'une longue tradition de militantisme d'inspiration biblique en faveur de la protection animale et du végétarisme ]. En lisant Linzey, on découvre à quel point la position théologique de l’église catholique a peu évolué depuis le Moyen Âge.

Linzey nous montre en effet que, en ce qui concerne notre relation avec le règne animal, la doctrine de l’église contemporaine est restée plus ou moins celle de Saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), qui a lui-même repris sans discussion deux axiomes d’Aristote ; à savoir que, contrairement aux humains, les animaux n’auraient pas la capacité de raisonner et que leur seule raison d’être serait de servir les humains. Aristote, le père de la rhétorique, s’avère ainsi également celui du sophisme, argument à logique fallacieuse. L’éthologie moderne (science du comportement animal) reconnaît pourtant aux animaux : intelligence, langage évolué, émotivité, sensibilité à la douleur, capacité d’entraide, voire le rire jadis le propre de l’homme. Mais d’après Linzey, « la position de saint Thomas d’Aquin peut se résumer ainsi : considérés en eux-mêmes, les animaux n’ont pas de raison et aucun droit, et les humains n’ont aucune responsabilité à leur égard ». Le dictionnaire de théologie morale de 1962 ne va guère au delà de cette position, et, malgré quelques déclarations encourageantes de Jean-Paul II, la théologie catholique romaine n’a pas évolué sur le fond.

Linzey utilise souvent des exemple parallèles : « L’idée que les animaux n’existeraient que pour le service ou le profit des humains est moralement aussi grotesque que de considérer que les enfants sont la propriété de leurs parents et que ces derniers peuvent en disposer à leur aise ». Il n’hésite pas à aller bien au delà de la pensée de Peter Singer qu’il qualifie d’anthropocentrique. Linzey montre au contraire que l’exemple de Jésus – « paradigme de la générosité » – est marqué par « la priorité morale du faible » et « suppose de notre part un changement radical de notre attitude vis à vis des animaux ».

Même le célèbre théologien Hans Küng postule que « le bien des humains est l’unique préoccupation de Dieu », oubliant au passage tout le reste de la création, animaux compris.

Rempli de compassion à l’égard de la souffrance animale, Andrew Linzey nous invite à la non-violence : « Vivre sans tuer d’êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix ». À ses yeux, le fait de choisir un régime alimentaire végétarien n’est pas anodin. Dans un style qui n’aurait pas déplu au Mahatma Gandhi, il écrit : « le végétarisme – loin d’être une sorte de supplément moral facultatif ou un aspect moral secondaire – est en fait un acte théologique implicite de la plus grande importance. En refusant de tuer et de manger de la chair animale, nous témoignons d’un ordre supérieur de l’existence […], qui ne demande qu’à advenir par nous ».

Concernant l’expérimentation animale en laboratoire, qui possède de farouches opposants en Grande-Bretagne, Linzey nous lance une mise en garde : « Nous ne devons pas oublier que, théologiquement parlant, l’utilisation que nous faisons des animaux est un usufruit : nous en sommes responsables devant Dieu. Les animaux ne nous appartiennent pas ». Cela rappelle ce que Khalil Gibran disait au sujet des enfants dans son texte inspiré Le Prophète.

Nous précisant que la France détient le triste record européen du nombre de chasseurs – avec 1,5 million de permis – Linzey se montre sans complaisance à leur égard : « Les chasseurs n’imitent pas la cruauté de la nature : ils la créent ». A cet égard, j’ajouterai que l’ours s’avère très dangereux dans les régions où il est chassé comme dans les Montagnes Rocheuses et en Sibérie. Au contraire, il ne s’attaque pas à l’homme dans les zones reculées où il est laissé en paix, comme certaines vallées isolées d’Alaska. Par ailleurs, au niveau des conséquences karmiques de la chasse, dans mon e-book Être végétarien, le bon choix ?, je cite l’exemple de l’empereur François-Joseph (page 124). J’avais oublié celui de Louis XVI, autre passionné de chasse, qui termina sa vie tragiquement comme un vulgaire gibier. Les animaux commencent du reste à se révolter, puisqu’en Biélorussie, on a noté récemment une dizaine d’attaques par des écureuils, et un renard atteint par le chasseur qui voulait l’achever à coup de crosse a même grièvement blessé celui-ci d’un coup de fusil en actionnant la gâchette pour se défendre (Courrier International n°1055 p.54).

Ce n’est que dans l’avant dernier chapitre de Théologie animale qu’Andrew Linzey aborde « Le végétarisme comme idéal biblique ». Pour lui, le principe de non-violence rend « inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie ». Il argumente longuement les passages du chapitre de la Genèse qui ont été repris par l’ensemble des exégètes et son interprétation ne manque pas d’intérêt. Mais il serait beaucoup trop long d’exposer ici l’argumentation de Linzey, à partir d’un texte dont l’ambiguïté a permis la plus grande complaisance par le passé. Précisons seulement que Linzey garde en ligne de mire l’idéal messianique évoqué au livre d’Isaïe, le végétarisme étant clairement pour lui un préambule à « l’idéal d’un règne de paix universelle ».

Linzey aborde également la question de savoir quel était le régime alimentaire de Jésus. À ce propos, il considère « l’évangile des esséniens » que nous citons p.83-84 de notre livre comme probablement inventé à une époque relativement récente. Si tel était le cas, cela n’enlève rien à la beauté et à la puissance du texte.

Concernant les manipulations génétiques, cette pratique inspire à Linzey une sainte horreur. Il voit dans ce que nous qualifions pudiquement de « génie génétique » un système organisé d’exploitation et d’asservissement du monde animal. Pire, il considère cette pratique comme une insulte envers le créateur, l’homme prétendant interférer pour améliorer une création jugée imparfaite. Il voit dans cette abomination l’héritage d’Aristote, qui considérait que les animaux sont de par leur nature les esclaves des humains. De surcroît, la théologie chrétienne donne une interprétation permissive de la notion de domination de l’homme sur l’animal telle que l’expose la Genèse (I, 26-28) « interprétée comme une tyrannie autorisée sur le monde, et sur les animaux en particulier ».

Pour Linzey, les manipulations génétiques sont une façon de transformer les animaux en objets brevetables. « Ce qui est nouveau, c’est le fait que nous utilisions à présent des moyens technologiques permettant l’asservissement absolu de la nature des animaux, de telle sorte qu’ils deviennent totalement et complètement des biens de propriété humaine ». Pour Linzey, une telle approche de l’animal est clairement incompatible avec la doctrine chrétienne qui considère les animaux comme des créatures de Dieu. « Aucun être humain ne saurait être fondé à revendiquer la propriété absolue des animaux, pour la bonne raison que la création n’appartient qu’à Dieu ». Linzey nous met en garde contre les tentations d’eugénisme de nos savants, les expérimentations sur les animaux pouvant être le prélude d’expériences sur les humains, largement pratiquées du reste par les nazis.

Pour finir, Linzey nous rappelle que l’être humain fait partie intégrante de la nature et que toute intervention aboutissant à perturber l’équilibre de celle-ci parvient à bousculer l’homme lui-même.

12 février 2011

La série documentaire : Enquêtes extraordinaires, de Stéphane Allix (M6)

Stéphane Allix présente la série


Une excellente série à voir absolument

Coffret DVD (5 émissions + bonus) en vente sur cette page
Vidéos visibles sur ce lien

Le concept

Autour de nous, à chaque instant, quantité d'événements inexplicables se produisent. Il peut s'agir d'expériences qualifiées de surnaturelles et rapportées en toute bonne foi par des témoins. Depuis plusieurs années, des scientifiques - physiciens, biologistes, neurologues, psychiatres - étudient ces sujets, proposent des hypothèses et tentent de les expliquer. "Enquêtes Extraordinaires" plonge au coeur des phénomènes inexpliqués les plus incroyables avec un traitement journalistique sérieux et respectueux des témoins qui vivent ces événements parfois dans la douleur, mais aussi, souvent sous le regard amusé de leurs interlocuteurs. Chaque film documentaire explore un thème, recueille des témoignages et rencontre des scientifiques qui étudient ces phénomènes de manière approfondie. Une série diffusée sur M6, initiée par Stéphane Allix, ancien reporter de guerre et fondateur de l'INREES (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires), dont l’expertise est reconnue et appréciée des scientifiques. Il applique des méthodes d’enquête rigoureuses au domaine de l’inexpliqué, qui jusqu’alors, n’était pas toujours abordé avec sérieux. Natacha Calestrémé qui dirige la collection est également une spécialiste de ces sujets. Emission produite par Yves Darondeau, Christophe Lioud et Emmanuel Priou. Réalisée par Vincent Fooy. Ecrite par Vincent Fooy, Natacha Calestrémé et Stéphane Allix.

Présentation des 5 volets

L'intelligence dans la nature
Ils parlent aux animaux
Visible sur cette page

Certains chats sont capables de retrouver leur maître, parti à plus de 200km. Des chiens peuvent savoir quand leur maître va rentrer, quelle que soit l'heure. Les animaux disposent-ils d'un sixième sens ? Le travail du biologiste anglais Rupert Scheldrake tendrait à le prouver. Stéphane Allix propose de rencontrer trois femmes qui mènent des expériences étonnantes : Anna Evans, vétérinaire, semble communiquer avec les animaux de compagnie. Laila del Monte obtient des informations d'une grande précision de la part de chevaux qu'elle ne connaît pas. Quant à Martha Williams, elle montre que tous les humains sont capables de communiquer avec les animaux, à condition de savoir reconnaître leurs signes.

Parmi les intervenants : David Dosa, Philippe de Wailly, Marc Giraud, Rupert Sheldrake, Marie-Noëlle Baroni, Anna Evans, Laila Del Monte, Marta Williams, Sandra Van Den Hof.


Prémonition, télépathie, voyance :
Avons-nous tous un sixième sens ?
Visible ici ou

L'homme a-t-il des capacités au delà de ses cinq sens (la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût) ? Des capacités extrasensorielles comme la télépathie, la vision à distance et la prémonition que l'on pourrait appeler "sixième sens" ? Rencontre avec des témoins qui se confient sur leurs troublantes expériences. Certains auraient senti à l'avance qu'une catastrophe allait se produire. D'autres prétendent avoir vécu une expérience étrange de transmission de pensée. La science se penche sur ces cas depuis plus de cent ans. Nous découvrons des archéologues qui mettent au jour des sites disparus grâce, disent-il, au fameux sixième sens, mais également un astronaute qui a mené une expérience insolite entre la Terre et la Lune. La CIA utiliserait le sixième sens à des fins d'espionnage.

Parmi les intervenants : Edgar Mitchell, Charles Tart, Dean Radin, Maud Kristen, Stephan Schwartz, Jean-Olivier Gransard-Desmond, Joe Mac Moneagle, Skip Atwater.



Guérisseurs, magnétiseurs, barreurs de feu :
Quand la médecine fait appel à eux
Visible ici ou

Qu'ils stoppent les brûlures, calment les entorses ou fassent disparaître un zona, les guérisseurs en tout genre suscitent de plus en plus d'intérêt au sein même du corps médical. Certains services d'urgences font appel à eux, notamment pour des grands brûlés, et des hôpitaux à la pointe de la technologie, comme en Suisse ou aux Etats-Unis, les intègrent dans les traitements afin d'optimiser les résultats. Si ces processus restent le plus souvent inexpliqués, des médecins réputés n'hésitent plus aujourd'hui à recourir à ces techniques qu'ils considèrent comme des soutiens à la médecine conventionnelle.

Parmi les intervenants : René Blanc, Dr Tavernier, David Servan-Schreiber, Philippe Coutisson, Jean-Luc Bartoli, Pierre Yonas, Thierry Janssen, Jean-Marie Le Gall, James Oschman, Guillermo Arevalo Valera, Pr Abdoul Traoré 'Diop', Dr Koumaré, Békaye Niaré, Claire Guillemin, Patricia Reilly, Stanton Shernan, Lawrence Cohn.



Ils reçoivent des signes de l'au-delà
Visible ici ou

Une partie de l'être humain survit-elle à la mort ? Personne ne peut répondre avec certitude à cette question. Pourtant, certaines personnes, les médiums, affirment pouvoir communiquer avec des défunts. Plusieurs expériences sont menées, dont un test préparé d'après des protocoles scientifiques, afin de comprendre comment les médiums obtiennent ces informations sur les personnes décédées. L'exploration de ce phénomène continue avec des personnes en fin de vie qui disent recevoir la visite de proches décédés venus les rassurer et d'autres, en parfaite santé et n'étant pas médium, qui prétendent être contactées par des défunts. Que penser des personnes qui assistent à ces phénomènes à plusieurs, de ces membres du corps médical confrontés à des situations inexplicables ou de cette maison hantée par un homme ignorant qu'il est mort ?

Parmi les intervenants : Henry Vignaud, Julie Beischel, Sophie Ledentu, Pierre Yonas, Brenda Cvitan, Maggie Callanan, Bruce Greyson, Michel de Grèce, Bérengère Arnal, Patrick Lemoine, Allan Kellehear, Florence Hubert, Jean-Marie Le Gall, Pema Namgyal, David Servan-Schreiber.



Aux frontières de la vie :
Ils sont revenus de la mort
Visible ici ou

Gros plan sur le phénomène des expériences de mort imminente (NDE en anglais). Les éléments symboliques en sont connus : le tunnel, la lumière. Ces visualisations se produisent lors d'accidents graves, de comas ou d'arrêts cardiaques. Et 18% des personnes faisant un arrêt cardiaque seraient susceptibles de vivre une expérience de mort imminente. Certains chercheurs avancent que ces expériences ne peuvent pas être expliquées par des causes physiologiques - dérèglement cérébral à l'approche de la mort, fièvre, etc - et qu'elles ne sont pas dues à un désordre mental : ni rêves, ni hallucinations, ni troubles de la perception. Des témoins se confient sur ce qu'ils ont vécu lors de cette étrange expérience.

Parmi les intervenants : Jean-Pierre Jourdan, Bruce Greyson, Robert Spetzler, Kenneth Ring, Paul Bernstein, Pim Van Lommel, Allan Kellehear.


A voir également

La collection "Enquêtes Extraordinaires" dirigée par Stéphane Allix



14 janvier 2011

Histoires extraordinaires d'un voyant, de Belline

Histoires extraordinaires d'un voyant
de Belline


Le voyant, c'est celui qui vit au rythme des autres, de leurs angoisses, de leurs passions ou de leurs espoirs. C'est dans cet instant de sublime générosité où il les prend totalement en charge qu'il "voit".

Ce qu'il voit derrière cet homme d'affaires sûr de lui, à la mise soignée, à la voix calme, c'est un petit garçon en costume marin secoué de sanglots : cette vision surgie d'un passé lointain suffira-t-elle à chasser les fantômes de l'humiliation et de la rancune ? Quant à ces trois chiffres qui passent obstinément devant ses yeux tandis qu'une jeune femme lui raconte les terribles souffrances physiques et morales qui l'accablent, sont-ils la clé de sa délivrance ?

Redonner aux êtres déchirés qui viennent le consulter la confiance qui leur manque ou le courage d'affronter leur vie, telle est la mission du voyant, une mission d'amour à laquelle Belline n'a jamais failli.

Histoires extraordinaires d'un voyant, Belline, Editions François de Villac, 1989, 243 pages

Sommaire

Préface de Frédéric Royer : Belline, écrivain et voyant
Introduction
La vérité récompensée (Histoire d'Edmond)
Une visite hors série
La mort du costume marin
La clef
Un piège du destin
Le porteur d'eau
Le ciel déchiré
La nomination
Une mémorable journée
La gitane
La demoiselle aux guirlandes
Le plus vieux métier du monde
La tête contre les murs
Clémence
Rencontre en plein ciel
Antonio
Un nez mutin
Faites comme tout le monde
Un village d'Ile-de-France
Trois chiffres pour aider
Le coup de Madame X
La colline du bonheur
Délivrance
Les volets de fer
Les sept diamants d'Amsterdam
Bruxelles
Les patinettes de Copenhague
Le cheval des Canaries
L'homme de Téhéran
Le général est mort à l'aube
Des rennes par milliers
La pierre cubique
Un visiteur venu d'Afrique
La rizière d'Indochine
Des pierres dans un taxi
La villa en Virginie
Ni cobaye ni gadget
Prophète à Jérusalem
Le château normand
Vision et réalité
Les feuillées
Marthe ou le bonheur fragile
Dix serpents de papier
La fessée
Les mains blanches
La longue route
Trop tard
Un enfant s'est évadé
Le petit garçon perdu

La préface, de Frédéric Royer

Belline, écrivain et voyant

Belline exerce son don de voyance à Paris depuis 1954 dans un cabinet discret de la rue Fontaine où vécut jadis le poète visionnaire Villiers de l'Isle-Adam.
Très vite, ainsi qu'en témoigne la presse internationale, il devint l'un des voyants les plus réputés de ce temps. "C'est le mage le plus attachant et le plus sincère que j'aie rencontré", estimait le Prix Nobel Miguel Asturias. Et le philosophe Gabriel Marcel disait de lui : "C'est le prince des voyants."
Entre 1956 et 1977, des centaines de journaux dans le monde, du Daily Mirror au Nouvel Observateur, de la Tribune de Genève au Figaro et à Science et Vie, relatent ou commentent ses prévisions les plus marquantes :
- le vaccin antipoliomyélitique - la mort d'Einstein - la maladie d'Eisenhower - le naufrage de l'Andréa Doria - l'incendie de l'Humanité - le rappel des réservistes en 1956 - l'affaire de Suez - le résultat de grandes compétitions sportives - l'apparition du "Spoutnik" - le suicide de Marylin Monroe - la fin tragique des frères Kennedy - la guerre des Six Jours - les barricades de mai 1968.
Dans son numéro du 8 juillet 1968, l'Express écrit : "Jugez de notre surprise à tous devant les événements de mai et de juin 1968 expressément prédits pourtant par le mage Belline. Il avait vu la dissolution de l'Assemblée, les barricades et les Français, au plus fort de l'orage, se rassembler sous les branches du grand chêne (de Gaulle)." Et le Nouvel Observateur du 8 février 1976 titre : "Belline : un voyant à voir".
Mais le destin frappe durement Belline. Dans la nuit du 2 août 1969, son fils unique, Michel, trouve la mort dans un accident de voiture. Désemparé, désespéré par la douleur de son épouse, Belline tente l'impossible, concentre toutes ses facultés, essaie de communiquer avec son enfant par-delà la mort. Après vingt mois de silence, raconte-t-il, la voix de Michel lui parvient enfin. Craignant d'être "la proie d'une illusion provoquée par la douleur et le désir de faire revivre son fils", Belline hésite. Mais encouragé par ses amis, il note jour après jour son expérience de clair-audience et publie ses dialogues extraordinaires avec Michel dans "La troisième oreille", ouvrage préfacé par le philosophe Gabriel Marcel et postfacé par des "mantras" de l'écrivain allemand Ernst Junger qui avait, lui, perdu son fils à la guerre.
L'objectivité de l'enquête sur les problèmes de la survie qui clôt ce livre, "La troisième oreille", ainsi que la qualité du récit, valent à celui-ci une audience internationale. Plus de cent personnalités éminentes des Sciences, des Lettres et des Arts n'hésitèrent pas, en effet, à lui confier soit leurs expériences parapsychologiques personnelles soit leur point de vue positif ou négatif sur les questions de la survie. Citons, entre autres noms, le Pr Alfred Kastler, Prix Nobel, l'historien Alfred Toynbee, Werner von Braun, le rabbin Josy Eisenberg, le cardinal Daniélou, Federico Fellini, Fritz Lang, Max Pol Fouchet, Olivier Messiaen, Georges Simenon, Maurice Chevalier, Michèle Morgan, le mime Marceau...
Sur France-Inter, Jacques Chancel consacre à Belline, en 1969 et 1972, deux volets de son émission "Radioscopie". La spontanéité et la générosité des propos du voyant lui attirent de nombreux messages de sympathie et l'intérêt d'un large public.
En dehors des prévisions mondiales, "la vraie voyance, dit Belline, c'est d'abord un don de sympathie qui conduit un homme à capter les ondes (ou les raisons profondes) d'un autre être, pour rassembler un certain nombre d'informations, généralement cachées, et les mettre à son service. Un voyant est (ou devrait être) un homme qui éprouve le besoin de comprendre son prochain. Sans une telle 'approche', et quelle que soit sa force intérieure, il ne verra pas l'essentiel".
Les "Histoires Extraordinaires", que Belline nous raconte ici, sont toutes authentiques, j'ai moi-même été le témoin de plusieurs d'entre elles.
En les livrant au public, Belline enrichit le vaste dossier de la voyance.

Frédéric Royer

L'introduction, de Belline

L'homme de la rue aborde l'idée de voyance avec une énorme masse de préjugés, de malentendus. La voyance a vu se déchaîner contre elle à la fois l'obscurantisme et les "lumières", l'Inquisition et le rationalisme.
Je n'ai pas l'intention de faire ici une analyse historique, psychologique ou philosophique de ce phénomène né avec l'homme, avec l'inquiétude de l'homme.
Mon but est, plus modestement, de tracer le portrait d'un voyant d'aujourd'hui, de le montrer aux prises avec la vie du XXe siècle, avec les hommes de notre temps livrés aux angoisses modernes.
Vous verrez que cette histoire d'un voyant est souvent l'histoire des autres. Des autres au sens le plus large : hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres, méchants et bons, sages et fous. Ceux qui connaissent le drame ou la passion et ceux qui n'ont rien dans leur vie et qui en font un monde, comme il est naturel, car la plus humble existence est immense, fût-ce de l'immensité du désert.
Mon rôle à moi est de me substituer à chacun de ces "autres", l'espace d'un moment, avec assez de générosité pour ne rien laisser à l'écart, ni personne. C'est à cet instant qu'intervient le don. Encore inexpliqué, mais non inexplicable, et guère plus surprenant que les miracles de chaque jour.
Devenu "l'autre", des images me viennent, qui sont l'expression condensée, fulgurante et symbolique de cette vie étrangère, empruntée un instant. Le plus difficile reste à faire : redevenir un témoin lucide et analyser les éléments fournis par l'image apparue. Interpréter, pour conseiller.
Les histoires qui vont suivre vous rendront sensible ce mécanisme toujours différent, toujours déroutant. Tristes ou drôles, tragiques ou aigres-douces, elles vous conduiront, l'espace d'un livre, dans l'univers d'un voyant. Vous verrez que le souffle prophétique qui l'anime n'est peut-être, après tout, qu'une certaine forme de sympathie profonde, d'amour de l'homme.
Ceux que j'ai dépeints se reconnaîtront peut-être : ils ne seront pas reconnus. Leurs noms, certains lieux, certains détails ont été changés : j'ai dégagé la vérité qui importait à tous et laissé dans l'ombre celle qui n'appartient qu'à un seul.

Belline

Quelques extraits

LA CLEF
P25-P29


Il dit :
- C'est un ami qui m'envoie.
Puis il se tut comme s'il attendait non pas que je lui parle, mais que le temps passe, que la vie s'écoule, qu'on en finisse.
Il avait sans doute perdu depuis longtemps l'habitude d'avoir une impulsion personnelle, un désir à lui.
Je voyais une clef, une de ces clefs minces et fines qui ferment les verrous de sûreté. Elle s'imposait, s'effaçait, revenait parmi d'autres images. Obsédante. Voici un camp de prisonniers militaires, un homme est là, à l'écart des autres ; il ouvre et referme sa main sur une clef : la même, toujours la même. Et voici le Pont-Neuf. Le prisonnier est encore là, appuyé au parapet. Il a le visage défait, l'air exténué. Il jette la clef dans la Seine.
L'homme, en face de moi, n'a pas bougé. J'ai l'intuition qu'il faut l'arracher à cette indifférence. Je lui dis ce que je vois et au fur et à mesure que je parle, ma vision se poursuit. Une image me vient, demeure un long moment insistante. C'est un visage de femme que je vois de très près, mais qui est cependant flou, seulement éclairé par une lumière blanche qui estompe ses traits, efface les angles.
Ce visage est d'une douceur, d'une pureté n'ayant plus rien de terrestre. On dirait la dernière image d'un film, la fin d'une longue histoire triste, une de ces images que l'on emporte avec soi, inoubliables.
Mon visiteur est en larmes.
- Denise... C'était ma femme... Nous nous étions rencontrés au début de 1939. Nous venions tous les deux de perdre nos parents, nous nous sentions assez seuls. Denise était une jeune fille blonde et pâle, avec des yeux gris. Son esprit et son coeur étaient également limpides. Notre rencontre fut vraiment inattendue. Un jour, nous nous sommes heurtés au coin de la rue de Seine et de la rue de Buci. Ce matin-là, il faisait un temps glacial et nous étions tous les deux soucieux, grognons, pressés et aussi mal disposés que possible pour lier connaissance et faire du sentiment. Comment vous expliquer ce qui se passa entre nous à la minute même ? Oh, évidemment, je pourrais appeler cela un coup de foudre, mais ce serait à la fois trop dire et pas assez. C'était plutôt la soudaine assurance qu'il n'y avait plus à chercher ni à craindre, que notre vie était désormais tracée, quoi qu'il arrive.
Quelques semaines plus tard, nous faisions des projets d'avenir. Au mois de juin, je trouvais un petit appartement sur les hauteurs de Montmartre. Au mois d'août, j'épousais Denise, au mois de septembre, je partais pour le front.
Denise... je l'ai revue une fois encore à Noël pendant mes quelques jours de permission. Il nous semblait que la guerre n'éclaterait jamais en conflit sanglant, que tout allait se résoudre d'un jour à l'autre.
En juin 1940, j'étais fait prisonnier en Prusse-Orientale. Dès que cela fut possible, j'envoyai à ma femme une lettre sur ce papier ligné d'un blanc grisâtre que nous octroyait la "Poste des Prisonniers de Guerre" et qui comportait une feuille pour la réponse. Cette feuille ne me revint jamais. J'écrivis une lettre encore, puis une carte (chaque fois séparées par de longs intervalles car elles nous étaient comptées), elles ne reçurent pas davantage de réponse.
Je me sentis alors incapable d'attendre la fin de la guerre dans cette inaction mortelle, sans savoir ce que Denise était devenue.
C'est alors que je me suis évadé. Les dangers étaient grands, je n'y pensais même pas. Durant ces longs jours où j'avais froid, où j'avais faim, c'est cette petite clef qui m'a soutenu. Je l'avais accrochée à mon cou, elle était le symbole de mon amour et je crois que je ne l'aurais cédée ni pour un morceau de pain blanc, ni pour un lit de plumes et Dieu sait, pourtant, que le pain et le lit m'apparurent à cette époque comme un vrai mirage, comme une oasis dans le désert !
Je finis par rejoindre les lignes soviétiques. Une fois en Russie, j'ai fait toutes les démarches possibles et imaginables par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, pour retrouver Denise. Rien, aucun résultat ! J'ai cru devenir fou.
Le temps passait, malgré tout. En 1945, enfin, je pris à Odessa un bateau à destination de Marseille. La clef était toujours à mon cou. Finalement, c'était le seul gage qui pouvait encore me faire croire à la réalité de mon passé. Parfois, il m'arrivait de penser que j'avais rêvé. Rêvé Denise, rêvé cet amour, rêvé mon bonheur. Je regardais alors la clef et je reprenais courage.
Ce fut à la fois un voyage merveilleux et terrible. J'espérais tout, je redoutais davantage encore. Je m'épuisais en imagination, en souvenirs.
Il était très tard quand je suis arrivé à la gare de Lyon. J'ai fait à pied le trajet jusqu'à Montmartre. Nous étions au mois d'août, le mois de mon mariage. Il y avait tout juste six ans. S'il n'y avait pas eu la guerre... Un enfant... deux, peut-être. Un foyer... une vie professionnelle ascendante... Denise toujours à mes côtés... si...
La nuit d'été était pleine de parfums, j'étais hanté par mes suppositions. Tout en moi aspirait au bonheur, mais je n'osais pas me laisser aller un instant. Si Denise n'était pas là... si elle ne m'aimait plus... si...
Le coeur battant, j'arrivai dans ma rue, devant ma maison. L'escalier n'avait pas changé ; il me semblait que c'était un signe favorable. Un étage... deux... trois... La porte était exactement celle de mes souvenirs. Ma main tremblait. La clef entra aisément dans la serrure. La porte s'ouvrit. J'entrai sans faire de bruit, par instinct. Je n'ai jamais su moi-même si c'était pour ne pas réveiller Denise ou pour l'empêcher de se composer un visage, pour la surprendre "telle qu'elle était". J'avais, après six ans de silence, un immense besoin de vérité, un immense besoin de savoir.
J'entrai par le balcon directement et me dirigeai tout droit vers notre chambre. La fenêtre était ouverte sur cette chaude nuit d'août, une nuit assez claire pour identifier chaque objet. Je m'approchai du lit, je vis deux corps endormis côte à côte.
J'ai reculé comme devant un spectacle d'épouvante et je me suis enfui, emportant ma clef.
Je repassai par les mêmes rues que je venais d'emprunter, il y avait un voile noir entre la lumière de l'été et moi.
Quand j'arrivai au Pont-Neuf, les premières lueurs de l'aube éclairaient le fleuve. Je restai là, longtemps, tandis que les pensées se bousculaient dans ma tête, impossibles à ordonner. Pourquoi moi...? Pourquoi...?
Je pensai à mes parents, à mon père que j'avais perdu très peu de temps avant la guerre. Une tendresse désespérée me submergea. S'ils avaient été là encore... Je rêvais à d'impossibles retrouvailles. Fou de désespoir, je jetai ma clef dans la Seine.
Je repris ma marche. Je finis par me trouver plus ou moins consciemment devant la grille du cimetière Montparnasse où se trouve notre caveau de famille. J'attendis l'heure d'ouverture presque avec impatience. Mes parents, au moins, seraient fidèles au rendez-vous.
Quand je pénétrai dans le cimetière, la journée était déjà chaude. Je retrouvai mon chemin sans hésitation pour avoir souvent accompagné mon père après la mort de ma mère.
Je vis le petit monument de granit, les noms en lettres dorées. Bertrand... 1938 : mon père. Rose-Marie... 1937 : ma mère. C'est alors que je découvris... Ah, monsieur, je ne peux pas vous dire... Quelques secondes plus tôt, je me croyais au fond de la douleur. "Denise... 15 janvier 1942."
Elle était morte trois ans après notre première rencontre.
Je ne peux pas vous dire quel apaisement, quelle consolation m'a apportée la vision que vous avez eue tout à l'heure ! Cette vision de Denise, radieuse, en paix, c'est certainement une des plus grandes douceurs que Dieu m'ait envoyées depuis que je vis !

En Amérique...
DES PIERRES DANS UN TAXI

P142-P144


Ai-je la vocation des voyages ?
Certes, je ne suis pas de ceux qui, brusquement, mettent la clef sous le paillasson, vont à la gare la plus proche, et comme le faisait l'humoriste, disent au guichet :
- Donnez-m'en pour deux cents kilomètres.
Je ne prépare pas non plus mes départs comme des expéditions en terre Adélie. Non, mais si je pars calmement, au moment que j'estime propice, selon l'occasion ou l'époque, c'est cependant sous l'impulsion d'une décision rapide.
D'Israël en Laponie, d'Italie aux Iles Canaries, mes itinéraires sont ceux d'un modeste curieux. J'essaie d'oublier qui je suis, ce qui n'est pas toujours facile. En somme, je laisse mes tarots au vestiaire, mais je n'y abandonne pas ma voyance. Elle m'appartient, Je lui appartiens et elle ne me laisse pas quitte, sous prétexte que je change de latitude.
Mon voyage aux Etats-Unis n'était pas à proprement parler un voyage d'affaires. Ma curiosité me poussait vers ce pays où se mêlent à chaque instant, à chaque endroit, un prodigieux sens commercial et la volonté de tout ramener à l'analyse scientifique; j'y allais aussi pour rencontrer des amis, et pour accomplir un pèlerinage. Je voulais me recueillir sur la tombe de John Kennedy, dont l'image frappée d'une immobilité soudaine, le corps raidi, la tète légèrement renversée en arrière, m'était apparue quelque temps avant sa mort.
Cette immobilité soudaine, cela ne voulait pas nécessairement dire la mort. En tout cas, j'espérais ardemment qu'une signification moins terrible s'attachait à cette vision. On sait ce qu'il en fut.
Pendant plus de cinq minutes, notre Boeing tournoya au-dessus de Kennedy Air Port.
Nous étions en mai. New York s'étendait à nos pieds, noyé dans ce nuage gris-bleu qui recouvre désormais toutes les grandes cités comme un manteau de fumée et de vapeur.
Je n'étais pas attendu comme un homme d'Etat, ni comme une vedette. Je savais que les New-Yorkais n'allaient pas déchirer leurs annuaires pour en faire des confettis et me les lancer des fenêtres de Broadway ! Un ami cependant m'attendait, qui m'entraîna vers un taxi. Nous rangeâmes les bagages dans le coffre arrière de la voiture qui se glissa dans le flot de la circulation.
Nous approchions du centre de la ville qui grandissait d'un instant à l'autre et, si ce spectacle "en direct" dont j'avais vu bien souvent les images à l'écran m'intéressait fort, mon attention était retenue par un petit paquet égaré sur notre banquette.
Ce paquet n'était pas à moi et ne semblait pas appartenir à mon ami. Je pensai à un oubli du client précédent. J'allais en parler au chauffeur, jusque-là peu prolixe, fort occupé à suivre sa file au cœur d'une circulation qui s'intensifiait. J'ouvrais la bouche pour lui demander, banalement, s'il avait remarqué la présence du colis, lorsque d'autres mots me vinrent aux lèvres :
- Pourquoi voulez-vous nous éprouver ? Que font ces pierres dans ce paquet ?
Le chauffeur cachait mal son étonnement.
- Ça vous est arrivé, déjà ? demanda-t-il. On vous a déjà fait le coup ?
Mon ami suivait difficilement cet étrange dialogue. Son regard allait du chauffeur à ce paquet mystérieux.
- Alors... vous...!
Il en avait presque pris l'accent de Belleville, le chauffeur new-yorkais.
- Comment avez-vous pu deviner ? Des pierres... eh bien oui, il y a des pierres dans le paquet. Et vous avez compris que c'était pour éprouver le client... Incroyable !
Je retrouvais bien là ce goût du test qui habite chaque Américain. Le colis chargé de pierres n'était pas à proprement parler une ruse. Notre chauffeur étudiait, analysait, jugeait ses clients d'après leur nationalité, leur attitude envers le colis. C'était son hobby.
Peut-être même tirait-il une philosophie personnelle de ses expériences qui ressemblaient à celles de La Caméra Invisible.
J'avais pressenti l'épreuve, c'est ce qui l'étonnait le plus. J'avoue que je restai surpris moi-même, car enfin, ma voyance s'était adressée aux intentions secrètes du chauffeur, qui obéissait aux lois d une psychologie typiquement américaine.
Mon séjour commençait bien.