10 avril 2008

Les 5 sens de vos animaux, de Philippe de Wailly

Présentation

Les anecdotes surprenantes et émouvantes qu'a rédigées Philippe de Wailly sont le fruit de sa passion pour les animaux qu'il a soignés et aimés tout au long d'un demi-siècle de pratique vétérinaire. Après de nombreux stages de spécialisation aux Etats-Unis et un voyage d'étude au Japon, il a voulu faire découvrir les particularités étonnantes et les performances spécifiques de chaque univers sensoriel. Comment ne pas s'émerveiller devant la supériorité incontournable de l'odorat canin ou du sens de l'équilibre de nos félins de tendresse ? L'auteur souligne la vision panoramique et le sens de l'orientation des perroquets, et la perception de l'ultraviolet et des couleurs par certains oiseaux. Un livre optimiste où l'auteur fait appel aux dernières découvertes des scientifiques en matière de physiologie et de neurobiologie.

Les 5 sens de vos animaux, Philippe de Wailly, Editions du Rocher, 2005, 276 pages

A propos de l'auteur

Docteur vétérinaire praticien, Philippe de Wailly est président honoraire de l'Académie vétérinaire de France et membre d'honneur de l'American Veterinary Historical Society. il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur les animaux.

Pour voir d'autres livres de cet auteur, cliquer ici.

08 avril 2008

Les preuves d'amour de nos animaux, de Philippe de Wailly

Les preuves d'amour de nos animaux
de Philippe de Wailly

préface d'Alexandra Cousteau


Président honoraire de l'académie vétérinaire de France, le docteur Philippe de Wailly aurait pu intituler son livre : Comment parler avec vos animaux familiers ou l'Art de communiquer avec nos frères animaux. Bien que spécialisé dans la médecine et le comportement des chats, des chiens et des chevaux, il a longuement étudié la faculté d'imitation du langage articulé de l'homme par les oiseaux parleurs. Le praticien s'est également penché sur les journées qu'il a partagées avec Philippe Cousteau et le dauphin Dolly en Floride, sans oublier de consacrer aux singes chimpanzés et primates de longues pages sur leur faculté d'utiliser le langage des sourds-muets et les lexicogrammes.

Les preuves d'amour de nos animaux, Philippe de Wailly, Editions du Rocher, 2004, 313 pages

A propos de l'auteur

Docteur vétérinaire, membre d'honneur de l'American Veterinary Historical Society et ex-président de l'Académie vétérinaire de France, Philippe de Wailly est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur les animaux.

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Sommaire

Préface d'Alexandra Cousteau
Ch1 - Mais si, ils parlent
Ch2 - Pourquoi les chiens aboient
Ch3 - Les chiens parlent entre eux. Dominants et dominés.
Ch4 - Parler à son chien
Ch5 - Le chien parle avec ses yeux
Ch6 - Pourquoi enfants et chiens se comprennent
Ch7 - Les chiens qui parlent
Ch8 - Parlez-vous chat ?
Ch9 - A l'écoute des chevaux
Ch10 - Entretien avec Odile Van Doom, championne de France de dressage, 1re catégorie. Écurie de la Licorne, Hermeray (78120)
Ch11 - Une aberration de la nature : les oiseaux parleurs
Ch12 - Comprendre le chant des oiseaux
Ch13 - Les messages secrets des dauphins
Ch14 - Dialogues avec les singes
Ch15 - Le langage mystérieux des éléphants
Ch16 - Les animaux se comprennent
Ch17 - Les insectes musiciens
Ch18 - Les prouesses ultrasoniques des chauves-souris
Ch19 - Le mur de la parole
Conclusion
Bibliographie sommaire
Adresses utiles

Préface d'Alexandra Cousteau

Mon père, Philippe Cousteau, fils du commandant, disparu prématurément dans le crash de l'hydravion de recherche qu'il pilotait, pensait que la valeur de la vie ne pouvait se mesurer à l'aune humaine. Il m'a appris que le miracle de cette chimie cosmique d'où dérive toute vie doit être tenu pour sacré ; que chaque être vivant sur notre terre ou dans nos mers a sa valeur propre. Et a droit à la vie, au même titre que les autres.
Aujourd'hui, nous ne cessons de nous éloigner de la nature dont nous sommes issus. Nous nous sommes attribué le droit suprême de préserver ou de supprimer des vies, au gré de nos humeurs, de nos besoins, de nos désirs. Les massacres d'animaux s'intensifient. Après celui de la drogue, le trafic des espèces rares est celui qui rapporte le plus d'argent. En détruisant la forêt tropicale, indispensable à la santé de la planète, l'homme supprime à jamais des centaines d'espèces animales. Ce désastre atteint des niveaux inconnus depuis la disparition des dinosaures il y a 65 millions d'années, au moment de l'émergence des mammifères.
Il est urgent de réagir si nous ne voulons pas léguer à nos enfants un monde ravagé par la cupidité et le profit, la courte-vue de politiciens décisionnaires et l'apathie générale. Il faut unir nos voix en faveur des forêts, des montagnes, des océans. Et des animaux.
Mieux les connaître, mieux les comprendre est le volet principal de cette opération de survie. Nous devons les écouter. Mon père, qui avait organisé plus de trente expéditions pour les observer et les filmer, avait réussi à établir avec eux des liens particuliers. "Dans la nature, a-t-il écrit, je me suis souvent senti très proche d'un animal particulier (dauphin, baleine, tortue, poisson, oiseau, etc.). Je sentais un courant de communication entre l'animal et moi, presque une identité de sentiment, de haine, d'amour, de méfiance. Les animaux expriment leurs sentiments (les mêmes que nous) d'une façon pure, dénuée de complexité ou des restrictions qui nous encombrent."
Bien sûr la question de la communication se pose. Comme Philippe de Wailly, je pense que si le dialogue parfois tourne court, nous en sommes les principaux responsables. Mon grand-père, Jean-Yves Cousteau, mon père, Philippe, n'ont cessé de travailler pour que s'établissent entre les animaux et nous des rapports de confiance. C'est sans doute la clé de notre avenir. Pour rétablir une relation équilibrée avec la nature et sauver ce qui peut encore être sauvé, il faut nous rapprocher des animaux, et les écouter. Ils ont beaucoup à nous dire. Et nous avons beaucoup à apprendre.

Alexandra Cousteau

Extrait

"La pensée, qui est étroitement liée au langage articulé, n'a pas toujours besoin, direz-vous, de s'exprimer par des phrases. L'art, la musique ou le jeu d'échecs n'empruntent rien à la parole, tout en étant de puissants moyens d'expression. Mais, dans ces cas, il semblerait bien qu'on ne puisse guère apprendre à se taire qu'après avoir appris à parler ! Des tentatives sont faites maintenant pour communiquer avec les animaux au moyen de langages humains. Ce ne sont jusqu'ici que travaux de laboratoires. Les animaux ainsi formés sont, ce qu'on appellerait dans l'industrie automobile, des prototypes. Au risque de passer, une fois de plus, pour un incorrigible sentimental, je crois fermement que la compréhension affective qui s'établit entre nous et les animaux reste l'élément essentiel de toute compréhension et toute communication. Il faut entendre les zoopsychologues parler de leurs sujets d'expérience ! A chaque instant, l'affection, la tendresse la plus profonde percent dans leurs propos. Auraient-ils obtenu sans cela, ces remarquables résultats ? A nous de prêter attention aux animaux qui vivent en notre compagnie, aux conseils qu'ils nous donnent et aux voies qu'ils nous désignent. Dans nos villes tentaculaires, l'homme est aussi inadapté, aussi nu qu'à l'aube de l'humanité où il n'avait pour toute fortune que ses mains et son cerveau. L'homme a conquis l'atome, l'espace. Mais il se sent encore plus seul : jamais le problème de la communication ne s'est posé de façon aussi aiguë. Devant ces nuages qui s'accumulent, se tourner vers les animaux est, à mon sens, le recours le plus simple. Accepter la leçon de simplicité, d'affectivité. Admettre qu'au delà de notre système, il existe une autre façon de percevoir le monde, de l'interpréter et d'y vivre en harmonie. Ce que les animaux familiers vous offrent c'est de retrouver, au tréfonds de nous-mêmes, le pouvoir de communication et de contact que tout être vivant possède, mais qu'il n'utilise qu'en partie. Les animaux ne sont pas exigeants."

06 avril 2008

Les grosses bêtes, de Christine Bravo

Les grosses bêtes
Un érotisme inattendu
de Christine Bravo

Il y a les obsédés, les romantiques, ceux qui font ça en bande ou la tête à l'envers... Vous voyez de qui il s'agit ? De nos amis les bêtes, bien sûr ! Alors si vous rêvez de vous réincarner en bestiole, avisez-vous de bien connaître leurs pratiques amoureuses avant de faire votre choix, car après c'est pour la vie ! Le rhinocéros est le spécialiste de l'amour vache. Les fourmis, comme chacun sait, adorent la hiérarchie et le travail : la seule qui ait droit au plaisir, c'est la reine, et encore, une fois dans sa vie. Pour avoir des bébés, la punaise est prête à tout, même à se laisser faire hara-kiri par son mari. Cinquante-quatre love stories concoctées par Christine Bravo, toutes plus drôles les unes que les autres et de surcroît biologiquement exactes.

Les grosses bêtes, Christine Bravo, Editions J'ai lu, 1999, 190 pages

L'introduction du livre

Quand j'étais petite, j'aimais les fourmis. Mais ce qui s'appelle aimer. Je ne faisais rien que les regarder. Je passais des heures accroupie, à essayer d'apprendre la langue fourmi. J'étais sûre qu'avec de la bonne volonté, on finirait par se raconter des trucs. Des histoires de feuilles, de cailloux, de motte de terre, ou carrément, pourquoi pas, des secrets de petites filles ? A cette époque-là, j'avais énormément de soucis avec Béatrice Ségnosse. Béatrice Ségnosse était ma meilleure copine, on ne se disputait presque jamais, sauf à propos des fourmis. Elle les détestait. Elle disait que dans son pays - elle était originaire du Sud-Ouest -, il y avait des insectes formidables. Des papillons, des libellules, des scarabées, des cigales et que ça oui, elle comprenait qu'on les aime. Mais les fourmis, franchement, c'était une toquade de Parisienne. Je rappelais à Béatrice Ségnosse que Mitry-le-Neuf où j'habitais, c'était pas Paris, mais un bled de Seine-et-Marne, que ça n'avait donc rien à voir et qu'elle ferait mieux de fermer sa boîte à camembert.

N'empêche l'été suivant, j'ai demandé à venir en colo dans le Sud-Ouest. Et là, je suis tombée sur devinez quoi ? Des papillons, des libellules, des scarabées, et des cigales. Pour ça, Béatrice Ségnosse n'avait pas exagéré. Je n'avais jamais rien vu d'aussi joli dans la nature. Je passais des heures à genoux dans la campagne, même que les monos disaient : "Christine Bravo, c'est incroyable, elle ne s'intéresse à rien." Cette année-là, j'ai découvert les abeilles, les araignées, les mouches, les guêpes, les moustiques, mais aussi les lézards, les crapauds, les hérissons, et tout ce qu'il est possible de rencontrer dans le Sud-Ouest, c'est-à-dire finalement pas mal de petites et de grosses bêtes. A partir de là, je suis devenue fondue, que dis-je, confite d'amour pour les bestioles. Je veux dire, toutes. Au point que j'ai décidé de les emmener à Mitry. Parfaitement. J'ai pris des boîtes, j'ai fait des trous dans les couvercles, et je les ai bourrées de scarabées et de cigales. (Je n'ai pas pu attraper les papillons ni les libellules, ni d'ailleurs les lézards ou les crapauds.) Puis je les ai lâchés à Mitry-le-Neuf. Plus exactement, dans la rue Henri-Barbusse.

Je ne sais pas ce que sont devenus les scarabées. Ce sont des insectes si sombres, si mystérieux. Ils passent leur vie à traîner des boulettes de tout et de rien, sans jamais avoir l'air joyeux ni agacé. Si ça se trouve, ils se sont perdus dans les tréfonds de la Seine-et-Marne. Mais les cigales ont chanté tout l'été. Et bien davantage. L'hiver, bien sûr, elles se sont tues. Et au printemps, tss-tss, elles ont recommencé. Tout le monde, à Mitry-le-Neuf, se demandait par quel miracle il pouvait y avoir des cigales rue Henri-Barbusse. Il y a même eu des polémiques, comme quoi ce n'étaient pas des cigales mais des grillons de boulanger. Jusqu 'au jour où un voisin de la rue Henri-Barbusse en a attrapé une dans son jardin et a consulté l'encyclopédie de la bibliothèque municipale. Alors, tout le monde a rabattu son caquet et admis qu'il y avait des cigales à Mitry, un point c'était tout. Je ne vous raconte pas la tête de Béatrice Ségnosse quand elle a su ça.

D'un autre côté, cette affaire m'a un peu détournée des fourmis. Disons que j'ai ouvert mon coeur à d'autres curiosités animales. Je ne l'ai jamais refermé.

Christine Bravo

Post-scriptum de l'éditeur

Et quand Christine Bravo ouvre son coeur, elle cherche à savoir qui elle aime ! Les chroniques qui suivent sont le fruit de longues recherches dans les ouvrages scientifiques, et la fantaisie du style n'enlève rien à la rigueur des informations.

Un extrait du chapitre "La baudroie"

La baudroie, plus connue sous le nom de lotte, est un énorme poisson de mer qui passe sa vie à montrer ses grandes dents. En réalité, celle qui montre ses grandes dents, c'est la femelle. Gros comme un dé à coudre, monsieur baudroie ne fait pas le poids devant sa redoutable épouse. Et quand je parle de dé à coudre, il ne s'agit pas d'une métaphore. Dans le ménage, c'est la mère baudroie qui fait la loi. Le père baudroie se plie sans rechigner aux exigences de la matrone. Il est là à tourner autour, ma lolotte par ci, ma lolotte par là. Elle, elle le rembarre brutalement et répond à ses baisers par de grandes baffes. Lui, il s'accroche (il y a des hommes, comme ça, qui n'aiment que les maitresses méchantes.), il plante ses petits dents dans la chair gironde et essaie de se faire oublier. Une fois ancré dans sa femelle géante, le père baudroie perd toute identité. Complètement asservi par son épouse, il va même jusqu'à se dissoudre en elle afin de ne former qu'une seule et même personne. Après un dernier regard sur ce monde cruel, il se branche carrément sur la circulation sanguine de sa femelle et pfffuuuit ! il disparait sous ses écailles douillettes. Du père baudroie, il ne reste bientôt plus qu'une excroissance, une verrue disgracieuse à la surface de la mamma. Le soir, la mère baudroie inspecte ses verrues. Oui, parce que, en plus, elle en a plusieurs. Son dos est plein de mâles dissous, fusionnés, biologiquement soumis à ses moindres désirs. Quand elle a une petite envie sexuelle, la mère baudroie tire un cordon sonnette et ses amants-verrues déversent ses spermatozoïdes en elle. Tout ça sans un mot ni une caresse. ../..

Au sommaire

Le coq
La mante religieuse
La fourmi
Le serpent
L'hippopotame
Le rhinocéros
L'hippocampe
Le lion
L'anatife
Le galago
La pieuvre
Le hibou
La mouche scatophage
La baudroie
La tortue
La mouette rieuse
L'escargot
L'épinoche
Le cochon
Le homard
Le calao
La hyène
La moule
L'autruche
Le crapaud
L'éléphant
Le scorpion
Le blaireau
Le lézard
La punaise
La cigale
L'otarie
Le chimpanzé
Le hérisson
L'héléidé (le moustique)
Le poisson-chirurgien
Le cerf
La libellule
Le crabe violoniste
Le zèbre
La bouvière amère
Le braque de Weimar
La puce du lapin
Le tourteau
L'ornithorynque
L'araignée
La vache et le taureau
Les gobies
Le gorille
La luciole
Le chat
Le titi
La chauve-souris
Le requin

Voir également

- Les petites bêtes, de Christine Bravo
- Les animaux amoureux, de Pascal Picq et Eric Travers
- Manuel universel d'éducation sexuelle, d'Olivia Judson
- Les jeux de l'amour, du hasard et de la mort, de Paul Galand
- Bestiaire érotique, de Jean-Luc Hennig
- Le dépit du gorille amoureux, de Marie-Claude Bomsel

04 avril 2008

Les petites bêtes, de Christine Bravo

Les petites bêtes
de Christine Bravo

Se rouler dans l'herbe, c'est si bon et tellement romantique... Seulement voilà, pendant qu'on fait des galipettes, il y en a qui se frottent les pattes. Qui se disent : "Chouette, qu'est-ce qu'on va se mettre !" A croire que Dieu n'a fabriqué les hommes que pour faire plaisir aux bêtes.

Ce qu'il y a de bien avec Dieu, c'est qu'il n'a pas lésiné sur le plaisir de la création ; il a fabriqué des éléphants à croquer et des fourmis qui ressemblent à Marilyn. Comme il n'y a pas que la beauté qui compte, Dieu a aussi inventé des araignées, des tortues, des chauves-souris. Et pour faire enrager les play-boys, il a donné deux zizis aux lézards et aux serpents, et des testicules jaunes à pois noirs aux crapauds. Pour savoir à quoi ça leur sert, et pourquoi les moustiques ont le cafard, lisez Les petites bêtes !

Les petites bêtes, Christine Bravo, Editions J'ai lu, 1991, 150 pages

Au sommaire

Le crabe
La crevette
La fourmi
Le scorpion
L'escargot
La guêpe
La vache
Le moustique
La moule
La grenouille
Le lézard
La tortue
L'araignée
Le chat
La chauve-souris
Le requin
Le serpent
Le pou, la puce et le morpion
L'éléphant
Mon braque de Weimar

Voir également

- Les grosses bêtes, de Christine Bravo
- Les animaux amoureux, de Pascal Picq et Eric Travers
- Manuel universel d'éducation sexuelle, d'Olivia Judson
- Les jeux de l'amour, du hasard et de la mort, de Paul Galand
- Bestiaire érotique, de Jean-Luc Hennig
- Le dépit du gorille amoureux, de Marie-Claude Bomsel

Pas si bêtes, de Marie-Claude Bomsel

Pas si bêtes
de Marie-Claude Bomsel
avec la collaboration d'Alain Quercy


Vous voulez savoir ce que les animaux pensent de nous ? De nos amours, de nos moeurs, de nos principes? Ecoutez ceux qui peuplent la ménagerie du Museum d'histoire naturelle. Vous accourez pour voir Nenette, l'orang-outang, boire son thé matinal. Mais elle le fait depuis vingt ans, et s'étonne que ça vous intéresse toujours. Colegram, le porc-épic, ne veut plus de vos friandises. Il a des dents pourries. Et maudit les hommes, surtout les dentistes. Mais le pire, ce sont vos allées et venues d'une cage à l'autre. La tortue Kiki, à près de 150 ans, se demande ce qui peut encore vous faire courir. Quant à Lambin, le paresseux, vous le dérangez toujours à l'heure de la sieste : il y consacre dix-huit heures sur vingt-quatre ! Tout ce petit monde a chargé son vétérinaire de vous dire que vous ne l'intéressez absolument pas.

Pas si bêtes, Marie-Claude Bomsel, Alain Quercy, Editions J'ai lu, 1997, 217 pages

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Sommaire

Une journée dans la vie du zoo, en début d'été.

Personnages principaux par ordre d'entrée en scène :

Lambin, le paresseux, 9 ans.
Comme son nom l'indique.

Nénette, orang-outang, 15 ans.
La vedette des lieux, la reine. Ses vassaux : soigneurs et vétérinaires confondus. Ses sujets, toute cette multitude qui vient lui rendre hommage.

Colégram, le porc-épic, 5 ans.
Le mikado n'a pas de secret pour lui.

Loulou, le loup, 8 ans.
Il déteste les chiens - de vieux comptes à régler -, c'est son problème, pas le nôtre.

X, le kangourou, 4 mois.
Sans nom, pas encore sorti de sa poche.

Momone, la guenon cercopithèque, 19 ans.
Féministe à tout poil.

Clara, la girafe, 3 ans.
Elle se monte souvent la tête.

A 377, le piranha, 9 mois.
Le rêveur planant.

Buffalo, le bison, 13 ans.
Son nom ne lui a jamais plu.

Léo, le lion, 12 ans.
Un bon gros pépère.

Coco, perroquet Jaco, 40 ans.
Un fanatique de la communication. Souvent deçu...

Babar, le bharal, 10 ans.
Aussi précieux que méconnu.

Eugénie, la mouette, 2 ans.
Un drôle d'oiseau.

Saturnin, canard coureur indien, 2 ans.
Domestique, donc heureux.

Calamity, l'oie céréopse, 14 ans.
Une dure à cuire.

Kiki, la tortue, entre 100 et 150 ans.
Le doyen de l'endroit et de loin : il est arrivé en 1878, déjà âgé... alors...

Martine, l'ourse, 28 ans.
La mère célibataire. Suffragette et écolo sur les bords.

Kari, le serpent, 8 ans.
En pleine dépression nerveuse. Traumatisé, atteint vraisemblablement du délire de persécution.

Sergio, le lama, 20 ans.
Un voyageur itinérant.

Paris, le cheval de Przewalsky, 18 ans.
L'aristo des lieux.

Tonin, le chien viverrin, 7 ans.
Pas riverain du tout.

Gaétan, la cigogne, 6 ans.
Le dandy danseur.

Théophile, vautour pape, 35 ans.
Un méditatif. Le grand prêcheur.

Juju, le rat, un profiteur !

Petits rôles et figuration :
Rats et autres pigeons, Xerxès, chien-loup, Riri. chat persan.

16 mars 2008

La belle fille sur le tas d'ordures, de François Cavanna

La belle fille sur le tas d'ordures
de François Cavanna

Notre civilisation est une belle fille sur un tas d’ordures.

Le tas d’ordures, ce sont les poubelles nucléaires, la pollution des fleuves, les forêts détruites, mais aussi la misère d’une grande partie de la planète, exclue de la prospérité.

Et puis encore le cynisme, l’hypocrisie, l’inconscience criminelle des uns et des autres...

De la vivisection au Paris-Dakar, de la couche d’ozone à la chasse à courre, de Mururoa au Rainbow Warrior, l’auteur des Ritals, chroniqueur mordant de Charlie-Hebdo, s’en prend aux pollueurs et aux irresponsables avec une verve qui n’épargne pas non plus les "écolos" professionnels.

La belle fille sur le tas d'ordures, François Cavanna, Editions LGF, 1993, 183 pages

"Ne serait-ce que pour sa manière de se servir de son stylo
à la façon d’un lance-flammes,
on le classerait plutôt parmi les pyromanes."

L'Evènement du Jeudi

Le mot de l'auteur

Notre civilisation est une belle fille sur un tas d'ordures. Le tas d'ordures, c'est, bien entendu, le fantastique amas de déjections putrescibles ou indestructibles que nous rejetons sous nous. C'est l'immense foule des exclus de la prospérité, les peuples de plus en plus clochardisés sur la misère desquels est bâtie notre opulence.

La planète va mal. La faute à qui ? Je n'ai jamais porté dans mon cœur les zélateurs de l'atome, les perceurs de couche d'ozone, les plombiers du Rainbow Warrior, les savants vivisecteurs, les bons apôtres du "Paris-Dakar". Alors, je l'ai écrit. Ce que je vous propose, ce sont les réflexions qui me sont venues à chaud, au fil des événements. Le ton est souvent - trop souvent ? - passionné, et même violent. C'est mon tempérament, que voulez-vous !

Cavanna

Pour en savoir plus

- Cet avis de lecteur, avec un extrait
- Du même auteur, le livre Coups de sang

Au sommaire

Avant-propos
L'affaire Dreyfus n'a pas eu lieu
Mourir pour Dakar, comme un con
Où sont passés les monstres de papa ?
Tchernobyl, mon amour
Passe-moi le beurre et mes Turenge
Elle flambe, elle flambe, la forêt !
La crise ? Où que t'as vu ça, toi ?
Mourir quand on te cogne dessus, c'est pas de jeu !
Etoile Sakharov et bombe Nobel
La drogue ou le sida, la peste ou le choléra
La belle fille sur le tas de merde
Tu veux de l'écologie ? En v'là !
La fin du Plouc
De Tchernoland en Disneybyl
Société à risques
Le crocodile et les mégatonnes
Waechter n'est pas Coluche, hélas
Un enfant-chien + un ourson + des Kurdes = ?
Epitaphe pour poissons crevés
Géranium et papier peint
Un remède miracle : la jachère
L'oxygène n'a pas de frontières
Des doigts de fée, un cerveau de lombric
La dernière ligne droite
Lettre ouverte à Brigitte Bardot
Au feu, les pompiers !
Je suis contre, mais y a des cas
Indestructible
Le moucheron de Mururoa
Dernier chapitre en forme d'apocalypse !

Entretien avec François Cavanna
émission 'Nom des Dieux" présentée par Edmond Blattchen (février 2000, 8min)
Cavanna exprime son indignation envers la souffrance infligée aux animaux, son refus de toute croyance et de mode, et son goût pour la lecture.


L'avant-propos

Ce petit livre est un recueil d'articles parus chaque mois depuis 1985 dans Écologie-Infos, publication qui, dans le monde lui-même assez marginal des militants de l'écologie, fait figure de vilain petit canard. Un canard qui, si j'ose dire, rue dans les brancards. Jean-Louis et Sylvie Burgunder le portent à bout de bras contre vents et marées.
Ces articles ont été écrits au fil des événements, mais, bien sûr, toujours du point de vue de l'incidence de ces événements sur ce qu'il est convenu d'appeler "l'écologie". Le ton en est souvent violent. C'est mon tempérament, que voulez-vous.
Mon écologie n'est pas forcément la vôtre. Pour moi, il ne s'agit pas seulement "d'environnement", mot restrictif, mais bien de la vie même. Pas seulement de la santé, du confort ou de la survie de l'espèce humaine, mais aussi de ceux de tous les êtres qui vivent sur cette sacrée planète.
La planète, elle va mal. La première de ses maladies mortelles s'appelle surpopulation. La deuxième, cupidité (ou appétit de puissance, ce n'est qu'une variante). La stupidité (ou le machiavélisme) de certains grands gourous interdit aux masses les plus misérables de contrôler leur effroyable taux de multiplication. La cupidité des mercantis tout-puissants incite obsessionnellement quiconque dispose d'un pouvoir d'achat à jouir au maximum des tentations de ce qu'on ose appeler la "civilisation" et qui ne sont que la pacotille séduisante que défèque la technique confisquée par les mercantis.
Si chaque individu dans le monde prétendait jouir du luxe dont jouit le citoyen moyen des U.S.A., la Terre serait réduite à une boule chauve et les océans à un égout pestilentiel longtemps avant que ce but ambitieux ne soit atteint.
Notre civilisation est une belle fille sur un tas de merde. Le tas de merde, c'est, bien entendu, le fantastique amas de déjections putrescibles ou indestructibles que nous rejetons sous nous, mais c'est aussi l'immense foule des exclus de la prospérité, les peuples de plus en plus clochardisés sur la misère desquels est bâtie notre opulence.
Le plus pauvre des chômeurs "occidentaux" vit dans un gaspillage dont il ne se rend même pas compte, tant l'habitude en est prise. Ne serait-ce que les débauches effrénées en ressources et en énergie englouties dans la publicité, l'emballage, les transports de futilités, l'usure prématurée d'objets camelotés tout exprès... Nous crevons de mercantilisme sordide, noblement baptisé "compétition loyale", "légitime ambition", "way of life"...
Les rapports entre États, en temps de paix, sont des rapports de concurrence féroce, de marchés à s'arracher par tous les moyens : coercition, chantage, immixtion, corruption, intimidation... La paix n'est qu'une guerre économique, guerre inexpiable. La "vraie" guerre n'est qu'un épisode aigu de la nécessité d'obliger les peuples à consommer en masse de l'armement, puis de la reconstruction.
Il faut tout remettre en question. Notre genre de vie. L'urgence des problèmes. Trier. Rejeter le luxe, le superflu, le futile, afin que tous jouissent du droit de vivre et du confort de base. Rusticité pour tous plutôt que misère et famine pour les quatre cinquièmes. Il faut que cesse le saccage. Partager. Répartir droit au travail et droit aux ressources. Considérer que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, que toute forme de vie est respectable, que notre supériorité mentale ne nous donne aucun droit, qu'on ne tue pas pour faire joujou, ni pour un petit supplément de confort ou de plaisir. Éduquer. Eh oui, éduquer ! Mais qui éduquera ?
Il faut, en somme, gérer la planète, la gérer en amoureux, comme le paradis terrestre qu'elle peut être, qu'elle ne demande qu'à être. Cela suppose une entente mondiale, peut-être un super-gouvernement. Est-il encore temps ? La raison, seule faculté qui justifie le rôle dirigeant de l'homme, pourra-t-elle enfin prendre les rênes, les arracher aux vieux instincts "reptiliens" devenus facteurs de mort ?
Encore une fois, ces réflexions ont été écrites au jour le jour. Je les donne ici selon l'ordre où elles le furent. Il est des thèmes qui, forcément, reviennent, obsessionnellement. En relisant ceci, j'ai d'abord été tenté d'élaguer. Et puis j'ai pensé que ce martelage est l'effet même de l'importance de ces thèmes, et qu'il est bon de les crier aussi souvent et aussi fort que l'exige l'urgence.

Coups de sang, de François Cavanna

Coups de sang
de François Cavanna

Présentation
Il s'agit d'un extrait d'un avis de lectrice. Pour le lire dans sa totalité, cliquez sur ce lien.

Quand on s'appelle François Cavanna, qu'on a crée Hara Kiri puis Charlie Hebdo, c'est qu'on a des choses à dire et pas pour caresser le péquin lambda dans le sens du poil ! On ne dit pas, on dénonce, on hurle avec rage et même désespoir devant ce troupeau bêlant que nous sommes à qui on fait faire, croire, supporter, admettre le pire et l'inadmissible, sous prétexte que c'est "la tradition" ou que c'est "comme ça pas autrement et que c'est la seule voie possible". Je ne vous donne pas d'exemple, il vous suffira de faire marcher votre cervelle durant cinq toutes petites minutes pour en trouver des tas. Cavanna, frustré de ne plus pouvoir s'exprimer, bouillait intérieurement et comme il fallait que ça sorte sous peine d'implosion, voilà, c'est fait et ça donne "Coups de sang". Ce livre n'est pas nouveau, il date de 1991 mais on retrouve aujourd'hui ses mêmes grands thèmes d'indignation : la corrida, la chasse, la vivisection, la pub, le sport magouille, le fric, les fausses sciences, les politicards, les culs bénis de toutes religions… Aujourd'hui, on pourrait encore en rajouter quelques uns et non des moindres. Ce livre est un réquisitoire enragé et très documenté sur une humanité moutonnière qui court égoïstement, stupidement, à sa perte tout en gardant bonne conscience.

Ce bouquin est construit en une succession de petits paragraphes, certains très courts, reliés en 4 chapitres principaux :
- Les assassins tranquilles (la maltraitance des animaux)
- Les affamés d'autre chose (le mysticisme à tout prix)
- Les violeurs de cerveaux (la pub)
- Les jours qui passent (un peu fourre-tout)

Coups de sang, François Cavanna, Editions LGF, 1992, 209 pages

Voir aussi, du même auteur : La belle fille sur le tas d'ordures

Au sommaire

Peuples

LES ASSASSINS TRANQUILLES
Ils l'ont fait !
L'habit de lumières
Vous qui aimez
La corne magique
La Paloma
Enfoiré mondain
Dieu existe : mon chien l'a trouvé
Quelque part en Seine-et-Marne
Vol lourd
Ceux qui aiment sous condition
L'expiation
A la loyale
Frères en souffrance
Les cigognes sont de retour
Foie gras
Le goût du sang
La chasse aux Bambis
Le sens du cadeau
Le cochon hilare
La tête et les jambes
Mowgli le fayot
Le carnassier sentimental
Charognes décoratives
Les petits enfants
Les veaux ont-ils une âme ?

LES AFFAMES D'AUTRE CHOSE
Blasphème sans adresse
Attraper le Sida à Lourdes
Je ne vous embauche pas, votre horoscope est trop mauvais
Croire ou penser, il faut choisir
Foi exclut tolérance
Brûler ou se gratter
Privé de dessert
Chère angoisse
Crois !

LES VIOLEURS DE CERVEAUX
Tantale
Démonstration
Hit
Ariane
Fantasmes
Pureté
Hommes-sandwiches
Suprême

LES JOURS QUI PASSENT
La charité au nez rouge
Litanies
Plus...
"Right or wrong"
Les crocodiles ont la bombe !
"Il faut les prendrent..."
Brossage scientifique
Savoir déjeuner
Condoléances
Détente
Le petit poulet et la grosse Mafia
Beauté
Banlieues
Créer de l'emploi
Timbre-réponse
Pondeuses
Moderne
Le retour des poux
Paris-Rombière
Art brute
Animation
Drapeaux
Bonheurs
Troupeaux

Entretien avec François Cavanna
émission 'Nom des Dieux" présentée par Edmond Blattchen (février 2000, 8min)
Cavanna exprime son indignation envers la souffrance infligée aux animaux, son refus de toute croyance et de mode, et son goût pour la lecture.


Quelques extraits choisis

Chapitre : Ils l'ont fait !
dans son intégralité p9-p11

Non, c'est pas possible ! C'est pas vrai ! Ils n'ont pas fait ça ! Si, ils l'ont fait.
Il faut les comprendre. Ils étaient en colère. Déçus. Désespérés. Ils se sentaient incompris, abandonnés. Il fallait bien qu'ils fassent quelque chose, quelque chose de gros, d'énorme, de terrible, pour qu'on les entende. Alors, ils ont amené les moutons.
S'ils avaient cultivé les tomates, ils auraient apporté des tomates. Eux, c'étaient les moutons. Ils ont amené des moutons. Des milliers de moutons. Des brebis, des agneaux. C'est ça, leur marchandise, à eux, leur production : du mouton. C'aurait été de la tomate, ou de la patate, ou du chou-fleur, ils auraient jeté des tomates, des patates ou des choux-fleurs à la tête des CRS, en auraient répandu sur les routes, dans la cour de la Préfecture, enfin, partout où ça fait de l'effet. Mais eux, c'était du mouton. Ça se manie moins facilement, le mouton. Pour le jeter sur les CRS, il faut d'abord le hisser dans les étages, et puis le balancer par la fenêtre. Ils l'ont fait. Ils en ont bavé. Ceux qui cultivent la tomate ou le chou-fleur ne connaissent pas leur chance. Ils ont hissé les moutons là-haut, et hop, vas-y donc, par la fenêtre ! Bien attrapés, les CRS. Ils ne s'attendaient pas à celle-là, dis donc. Les moutons, eux, tout cassés. Ça bêlait, là-dedans ! Dans un sens, c'est un avantage, ça amplifiait la merde. Les choux-fleurs, ça ne bêle pas.
Une autre fois, dans leur sainte et légitime colère, ils y ont mis le feu, aux moutons. Carrément. Un camion bien bourré. Alors, là, non seulement ça bêle, mais ça pue le mouton cramé, la laine, la graisse, tout ça te fait une de ces fumées noires bien dégueulasse, les médias ont été gâtés.
Ils l'ont fait. Ils en ont fait, en font, en feront bien d'autres. Ce sont des actes symboliques, voyez-vous. C'est pour bien faire comprendre à qui de droit qu'on préfère jeter la marchandise que la vendre à ce prix-là. Tomates, choux-fleurs, moutons, tout ça c'est de la marchandise...
Non, pas comme ça. Me voilà encore parti à ironiser. Je dérape dans le sarcasme. C'est ça, l'écriture : tu prends la plume fou de rage, tu la prends parce que tu es fou de rage, et le temps que la phrase te descende du cerveau au papier en passant par le bras, la main et le feutre, ta colère a bifurqué. Oh, elle est toujours là, virulente, mais, au lieu de mordre assassine à pleines mâchoires dans la viande, elle ricane, elle fait le croche-pied, elle ridiculise. Pas de ça ! Les mecs qui font ça, des choses pareilles, tu les auras pas au sarcasme. Rien à foutre de l'ironie, ces fumiers-là. De la brute pur jus, du Croc-Magnon plein silex. La tatane à clous dans la gueule, c'est tout ce que ça comprend, comme ironie.
Ils l'ont fait. Ils ont arrosé d'essence, ils ont foutu le feu et ils ont regardé cramer les moutons tout vivants, ils les ont entendus gueuler, jusqu'au bout, jusqu'au bout, et ils se marraient, les épais, ils imaginaient la grimace du préfet ou de je ne sais quel fonctionnaire qu'ils visaient, ils se fendaient la gueule, ils buvaient le coup, rien de grand ne se fait sans l'alcool, ah, dis donc, t'as vu le travail ?
Dis-moi que c'est pas possible, dis-moi que des paysans français n'ont pas pu faire ça, dis-moi que c'était juste un petit groupe de sales cons bourrés à mort, dis-moi que les autres, la majorité, l'immense masse des paysans qui étaient là. leur sont tombés dessus, leur ont écrasé la gueule à coups de sabots sur le pavé, dis-moi qu'ils ont tous couru chercher des seaux d'eau et se sont rués dans le brasier, et ont risqué leur peau, et ont sauvé tout ce qu'ils ont pu sauver, dis-le-moi, dis-moi ça, c'est comme ça que ça s'est passé, n'est-ce pas ? Ils ne sont pas tous restés là, les gros cons, à regarder flamber des êtres vivants, des êtres avec des yeux qui les regardaient, avec des voix qui les suppliaient...
Non ? Tu ne dis rien ? Tu me dis que je ferais mieux de laisser tomber, que je vais finir par insulter la classe paysanne, et que ça, c'est très dangereux, ça ?
Oh, je ne les insulte pas, les paysans. J'aurais tant aimé qu'ils soient un peu moins cons, un peu moins ingénument féroces que les autres, c'est tout.

Chapitre : L'habit de lumière
deux extraits p13-p15

../.. Jusqu'aux banderilles, ces horribles instruments de torture, qu'on orne de rubans de couleur et de je ne sais quelles cochonneries frisottées (tradition !) dignes d'un mirliton, dissimulant l'engin sadique sous l'accessoire de cotillon... Le jeune futur matador aux fesses bien moulées dans sa culotte à la con (tradition!) qui se dresse gracieusement sur la pointe des pieds pour enfoncer rituellement ses deux javelots enguirlandés dans la nuque offerte, et puis fait un non moins gracieux saut de côté pour éviter les cornes du "fauve", oh que je le hais !... Mais il risque sa peau, Monsieur !... Et alors ? Qu'en ai-je à foutre ? Le couvreur aussi risque sa peau, et tous les jours, mais il n'a pas de fanfare, lui, ni d' "habit de lumières", lui, ni de "Olé !", et il n'assassine ni ne torture personne, lui... Et le taureau, rendu fou par la souffrance, ne comprenant rien à ce qui lui arrive, à ces douze centimètres d'acier affûté en forme d'hameçon soudain enfoncés dans sa chair, court et rue, et les banderilles, du coup - Oh, que c'est donc ingénieusement calculé ! Oh, raffinement dans la dégueulasserie ! - oscillent et s'agitent avec violence, et déchirent les muscles, et cisaillent les nerfs, à la grande joie du public qui voit joliment virevolter dans les airs les pimpants oripeaux aux riantes couleurs... Et le sang, le sang qui gicle et qui arrose "en pluie vermeille", comme chante le poète en s'accompagnant sur la lyre sonore. Ah, le sang, le sang ! Extase des extases, frisson suprême, qui fait sur les gradins de bois mouiller les culottes des mémères et bandouiller les impuissants.
On leur ferait applaudir l'égorgement de leurs propres enfants, à ces sales cons, pour peu que le spectacle en vaille la peine... Et si, en même temps, une fanfare leur jouait "Carmen", bien sûr. "Carmen", minable musiquette de bastringue bricolée sur une anecdote d'un sordide fait divers, "opéra le plus joué dans le monde" - pardi, c'est le plus con ! -, "Carmen", que de mal tu auras fait, triste pute, en réinjectant dans les crânes épais qui n'y pensaient plus la fascination morbide de la corrida ! ../..

../.. La corrida, bien "médiatisée" - pour ça, si tu as le fric ou l'espérance du fric, aucun problème -, pouvait devenir une puissante pompe à drainer le fric de la poche du connard en bermuda à fleurs et aussi - et surtout ! - celui du "sponsor" et du publicitaire, car elle a lieu dans une arène, grand machin rond avec une balustrade tout autour, vous voyez ce que je veux dire. Suffisait que la télévision acceptât de jouer le jeu. Elle accepta, la salope.
Et je ne parle pas des paris, encore artisanaux et semi-clandestins. A quand le toro-loto ?
(fin)

Chapitre : Enfoiré mondain
deux extraits p22-p23

C'était à prévoir.
Depuis le temps que ceux qu'on appelle, avec le petit sourire goguenard qui s'impose, "les amis des bêtes" se battent contre l'universelle et triomphale connerie ambiante, ils ont peu à peu réussi à réveiller les consciences et à presque mettre à la mode l'intérêt pour les formes de vie autres que strictement humaines. Parler respect et protection de l'animal, voire amour, n'est plus ridicule. Ce fut dur, ce n'est pas gagné, loin de là, mais ça avance.
A partir de là, une plate-forme anticonformiste toute faite s'offre au petit connard arriviste qui veut se tailler sa petite place au soleil des snobinards : proclamer bien haut son dégoût des bébêtes et son mépris pour les mémères à. ../..

../.. Naturellement, le connard ci-dessus n'a pas manqué de brandir l'argument massue des chasseurs, des aficionados, des pêcheurs à la ligne ou "au gros", des vivisecteurs et des arracheurs d'ailes de mouches : "Occupons-nous d'abord des misères humaines, hélas encore si nombreuses ! Quand il n'y aura plus un seul petit enfant affamé dans le Tiers-Monde, plus un seul opposant torturé, plus une seule injustice chez les hommes, plus une seule guerre... alors, peut-être pourrons-nous nous offrir le luxe de nous inquiéter de la souffrance animale." Ça, ça fait toujours son petit effet, ça. L'assemblée se tait et hoche la tête... Demande-lui seulement, au tartufe, ce qu'il fait pour les petits enfants affamés, lui, et pour les droits de l'homme, lui. N'aie pas peur, il restera comme un con. Dis-lui alors que, toi qui te bats pour les bêtes, tu te bats AUSSI pour les enfants affamés et pour les droits de l'homme. Car il n'est qu'un combat, un seul, contre un ennemi, un seul, et cet ennemi s'appelle souffrance, peur, mort. La pitié, l'amour, ne se divisent pas... Oser chipoter le Ronron de la petite vieille qui se prive pour nourrir les chats errants et lui dire qu'elle ferait mieux de se priver pour le Tiers-Monde, oser proférer de pareilles conneries dans un pays où l'on arrose de pétrole des milliers de tonnes de pommes de terre parce qu'on ne peut pas les vendre au prix qu'on voudrait, il faut vraiment être un petit connard inconscient prêt à tout pour se tailler son glorieux chemin dans la jungle des cons.
Non, mais, tu te rends compte ? Cette chance incroyable que nous avons, nous, hommes, que ces deux animaux merveilleux, le chat et le chien, veuillent bien partager notre vie, se fondre dans nos habitudes, nous offrir à tout instant leur beauté, leur gaieté, leur amitié, cette amitié totale qu'aucune amitié humaine ne saurait égaler ? Leur regard, tiens. Leur regard...
Vivent les chiens ! Vivent les chats !
Et mort aux cons !
(fin)

Chapitre : Frères en souffrance
dans son intégralité p43-p44

Toute souffrance est haïssable. D'homme, d'animal, de tout être vivant bâti pour ressentir la souffrance et la peur. Distinguer entre la souffrance des uns et celle des autres procède d'un aveuglement délibéré au fond duquel se tapit la trouille. On sacralise l'homme, et l'homme seul, parce que l'homme, c'est toi, c'est moi - moi surtout ! - et que si l'homme n'est plus sacré pour l'homme, nous sommes, chacun de nous, toi, moi - moi surtout ! -, en grand danger.
L'homme est sacré pour l'homme. Il fut conçu à l'image même de son Dieu, la Terre lui appartient avec tout ce qu'il y a dessus, minéral ou vivant. Il a le droit d'en faire ce qu'il veut. Il a le devoir d'en user pour le bien des autres hommes, ses frères. En particulier s'il s'agit de "sauver des vies humaines", noble justification des pires saloperies.
L'homme est mon frère, certes. Le chien l'est aussi. Et le singe, et l'ours, et l'éléphant. Et l'araignée. Oui, l'araignée aussi. Est mon frère quiconque peut, comme moi, souffrir, avoir peur, aimer, mourir. Je souffre avec tout ce qui souffre, avec l'enfant noir au ventre vide, avec la fiancée de Beyrouth aux jambes arrachées, avec le singe cloué sur une planche dont on déroule les intestins, "pour voir". Leurs yeux hurlent la même horreur, la même folie : la souffrance.
"Au nom de la Science." Majuscule. Menteurs ! Ce que vous appelez "science" n'est nullement la curiosité sacrée, la recherche désintéressée de la vérité, la quête de la connaissance sans rien d'autre au bout que la joie de connaître. Ce que vous appelez "science", ce sont les petites retombées payantes de cette quête, et si vous tolérez les savants, si vous les honorez, c'est à condition qu'ils vous pondent dans la main des gadgets qui, comme dit Ducon, "soulagent la peine des hommes"... Et le réduisent au chômage, mais ça, Ducon ne le dit pas, ou pas à ce moment-là.
En ce moment même, on torture à tour de bras, en des milliers de lieux clos de par le monde. On torture pour mettre au point des cosmétiques, pour tester des médicaments, ou à titre de démonstration pédagogique... Rarement pour la recherche fondamentale.
Il faut que cesse l'orgie sanglante. La peau humaine est-elle donc si précieuse que, pour qu'une mémère puisse se maquiller sans risquer d'attraper des boutons, on doive sacrifier des milliers de lapins à chaque fournée de fard ? Ne devrait-on pas, en priorité, pousser l'élaboration de méthodes de substitution destinées à la recherche ?
Pour cela, il faudrait avant tout que l'on considère l'animal non plus comme un objet, mais comme un être vivant à part entière. J'ai failli écrire "comme un être humain" ! Blasphème...

Chapitre : La chasse aux bambis
dans son intégralité p55-p57

Il m'est arrivé, figurez-vous, d'être un petit enfant. Oh, il y a longtemps, bien longtemps, n'empêche que je m'en souviens comme si c'était ce matin. Je m'en souviens même mieux que de ce que j'ai fait ce matin. Et alors, bon, comme tous les petits enfants du monde, j'écoutais les histoires gentilles que me racontait ma maman ou la maîtresse de l'école maternelle, je chantais les chansons, je regardais les livres d'images. Ces histoires, ces chansons, ces images étaient grouillantes de charmants petits lapins, de bons gros nounours, de tits zoizeaux tout plein mignons, de tits moutons tout frisés, de biquettes espiègles, de faons aux longs cils vacillant sur leurs longues pattes grêles, de souris friponnes, de poussins, de canards, de papillons... Tout cela adorable. Je les adorais. Je les adore toujours. J'ai l'adoration tenace.
Et donc les petits enfants, tous les petits enfants, du moins dans ces pays que nous nous plaisons à qualifier de "civilisés", vivent dans ce même univers de rêve, dans ce paradis terrestre peuplé d'animaux charmants, aimables, amicaux. Joujoux, images, chansons, histoires, dessins animés, séries télévisées, tout ce qui s'adresse aux chers petits êtres s'évertue à leur faire aimer les gentilles bébêtes, ce qui n'est d'ailleurs pas une tâche trop ingrate, les enfants étant spontanément attirés par ces douces pelotes de fourrure ou de duvet aux yeux sans fourberie. Les industriels qui "font" dans l'enfantin savent bien cela et l'exploitent à fond. Qui n'a pas chéri un gros nounours en peluche plus même que sa maman ? Qui ne s'est pas senti éléphant parmi les heureux éléphants du royaume de Babar ? Qui n'a pas été charmé par Bambi. par Mickey la souris et son petit monde stylisé ? Qui n'a pas jeté de son pain aux canards, écrasé son nez contre la vitre d'un aquarium ?
Bien. Alors, maintenant, dites-moi. Expliquez-moi. Expliquez-moi comment, par quel subit et violent retournement, le petit enfant devient chasseur, amateur de corridas ou de combats de coqs. Dites-moi à quel moment précis s'accomplit la métamorphose. A quel moment le cher gros vieux nounours, l'adorable bambi, l'espiègle Jeannot Lapin, devient-il gibier, cible, "pièce" ensanglantée pour photographie de groupe devant le tableau de chasse artistement arrangé sur la pelouse ? A quel moment Mickey et Jerry deviennent-ils ces monstres horribles dont l'apparition furtive terrorise les dames et les fait bondir, hurlantes, sur les tables ? A quel moment la petite fille devient-elle rombière imbécile, le petit garçon gros con de chasseur ? Expliquez-moi.
Ce ne furent pourtant pas tous de précoces arracheurs d'ailes de mouches, des creveurs d'yeux de moineaux, des sadiques en herbe, acharnés à mal faire dès le berceau !
Il m'est difficile de concevoir une telle volte-face, à moi qui ne l'ai pas subie. J'en suis réduit aux suppositions. D'ailleurs, tout semble donner à penser qu'il n'y a pas vraiment volte-face. Mur, plutôt. Mur de béton. Dans leurs crânes épais, du front à l'occiput, partageant strictement l'espace, sans une fissure. Y coexistent, de part et d'autre de ce mur de Berlin, sans jamais se rencontrer ni poser problème, le gentil lapin des dessins animés et le lapin-cible crée tout exprès pour qu'on s'amuse à tirer dessus à coups de fusil le dimanche. Leur petit garçon joue avec son gros nounours tendrement chéri sur la somptueuse peau de l'ours qu'ils ont tué l'an dernier au Canada (Paris-Paris trois mille dollars, tout compris). Le nounours est d'un côté du mur, le grizzli de l'autre côté, le mauvais.
Ca ne les gêne pas. Ils vivent très bien comme ça, dans le contradictoire. Ils rotent et pètent et se curent les dents, vont à la messe de minuit et balbutient des mots d'amour en lâchant leur purée. Ils peuvent être très tendres, très romantiques, vous savez. Même prier la Sainte Vierge avec ferveur. Moi, j'appelerais ça schizophrénie, si je ne craignais pas que les psychiatres et néanmoins chasseurs ne me fassent un procès pour exercice illégal de la médecine.
Ils ne sont d'ailleurs pas sans argument, si l'on essaie de leur faire prendre conscience de la chose. Ils vous expliquent que c'est justement par amour qu'ils tuent. Tuer, n'est-ce pas, est l'acte suprême, la plus belle preuve d'amour, l'amour et la mort se donnent la main, l'eusses-tu cru, gningningnin et gningningnin... Ils t'accumulent ces miteux paradoxes stéréotypés comme s'ils y croyaient, et peut-être y croient-ils, ils sont si cons, leur petite cervelle est si vite satisfaite, pourvu que le paradoxe aille dans le sens de leurs pulsions.
Oui, mais, moi, ces types à mur de béton, ils me foutent la trouille. Il leur est si facile de faire passer un être humain, en principe sacré, du mauvais côté du mur, par exemple en le baptisant "scélérat", ou simplement "ennemi"...

Chapitre : Le cochon hilare
dans son intégralité p60-p62

La publicité s'adresse aux imbéciles. Et aux brutes. Toujours. Elle ne fait pas le détail. Elle ne peut pas. Elle doit obtenir l'effet maximum sur le plus grand nombre. Les délicats feront la grimace, mais ils suivront, vaille que vaille : c'est ça ou rien. La publicité est le plus puissant des agents de nivellement par le bas ou, pour parler plus cru, d'abrutissement du populo.
Le mauvais goût ne lui fait pas peur. Le mot est faible quand il s'agit des réclames des fabricants de cochonnailles, conserves de viande, condiments, enfin de tout ce qui touche à la bouffe. On y voit des cochons hilares, des bœufs heureux, des agneaux bouclés proclamant bien haut leur joie d'être dévorés sous le label de telle ou telle marque, ou assaisonnés avec telles ou telles épices.
"Que Maille qui m'aille !" proclame le bœuf, riant à gorge déployée. Il n'a pas plus la trouille du calembour merdeux (la forme la plus méprisable de ce qu'on ose appeler "l'esprit") que des mâchoires des dévorants, le brave bœuf ! Il est fou de joie à l'idée que ses morceaux de choix seront assaisonnés par cette moutarde haut-de-gamme ! Et le "logo" de Fleury-Michon, ce cochon rose qui cligne de l'œil au gourmand, comme une pute racolant sur le trottoir ! Encore ne fait-elle que prêter son cul pour un petit moment, la pute. Il n'est pas question de la débiter en saucisses.
Mais, pauvres tristes brutes, vous ne vous rendez donc pas compte que. lorsqu'on a faim et qu'on pense "saucisson" on veut oublier que le saucisson ne pousse pas sur les arbres, on veut surtout oublier le gentil cochon qu'il faut hélas égorger pour avoir le saucisson ? Vous, au contraire, vous nous interdisez d'ignorer le meurtre, vous l'exaltez, vous le rendez allègre et mutin ! Enfin, quoi, rappeler obstinément à vos éventuels clients que la viande que vous leur vantez n'est que de la bête vivante assassinée, ça devrait les rebuter, leur faire horreur, non ?
Vous ricanez, condescendant. Je suis vraiment innocent, hein? Vous, vous savez bien que c'est juste le contraire. Vous savez bien que l'évocation de la bête joyeuse et sans souci éveille chez le brave bougre tout-venant des impressions de bonne santé, de fraîcheur, donc de viande de qualité, et c'est tout ce qui importe. Le cochon rit, rien que ça vous met en joie et en appétit. Peut-être même le rappel que ce qu'on a dans l'assiette, nappé de sauce, fut une bête insouciante qui vivait sa petite vie sans se douter qu'elle n'était que ça : un futur morceau dans votre assiette, puis une future flaque dans vos chiottes, peut-être cette idée contribue-t-elle à votre plaisir, cannibale ! Vous ne subissez nullement à contre-cœur l'obligation maudite de tuer pour manger, de torturer pour chatouiller vos petites papilles gourmandes : votre plaisir en est décuplé, c'est un supplément au programme !
J'ai vu, tout à l'heure aux infos, des "chefs" réputés distribuer des tartines de foie gras aux petits enfants d'une école "pour les initier aux bonnes choses et à la gastronomie, cet art bien français". Les mômes disaient "C'est bon", le présentateur était tout attendri, l'institutrice, flattée de l'honneur, souriait à la caméra... Hé, toi, l'instite, leur as-tu expliqué, à tes merdeux, comment on l'obtient, le foie gras ? Ce que c'est que le gavage des oies ? L'épouvantable supplice qui aboutit à cette rondelle de graisse parfumée ? L'as-tu fait ? Bien sûr que non. Tu es une bonne petite fonctionnaire docile, tu éduques les enfants dans le respect des bonnes choses et de la Tradition... T'es-tu seulement jamais posé la question ?
Quelle question ? Il y a une question ?

Chapitre : Charognes décoratives
dans son intégralité p71-p73

Le vétérinaire me parlait. Il m'expliquait pourquoi mon chien bien-aimé n'était pas en aussi belle forme qu'il aurait dû, et moi je n'arrivais pas à vraiment m'intéresser à ce qu'il me racontait, chose qui pourtant m'importait énormément. Cela l'agaçait. C'était un brave homme de vétérinaire, il aimait son métier et il aimait les bêtes, ce qui n'est pas toujours le cas. Il ne pouvait pas deviner que j'étais horrifié par le pied de cheval artistement évidé qui, sur le coin de son bureau, faisait office de pot à crayons. Un authentique pied de cheval, de cheval énorme, un percheron, peut-être bien, coupé sur la bête, si ça se trouve un objet chargé de souvenirs ou rayonnant de symbole, avec son sabot à la corne bien astiquée, son fer luisant, ses longs poils gris-fauve soigneusement peignés... Un bel accessoire de bureau, original et de bon goût, et tout à fait allusif, en plus, je ne sais si vous avez remarqué, juste le bon cadeau pour un vétérinaire ! Peut-être l'hommage d'un éleveur reconnaissant.
Et moi je me disais que si ce gars avait été médecin il n'aurait certainement pas orné son bureau d'un pied humain naturalisé avec ses couleurs de bonne santé, les ongles vernis, évidé bien proprement pour servir de pot à crayons ou, pourquoi pas, prolongé jusqu'à hauteur de genou par un mollet poilu avec muscles harmonieux, afin de servir, couronné d'un abat-jour cossu, de lampe de travail. Et, tant qu'on y était, pourquoi pas une jambe de femme au galbe émouvant, crânement cambrée sur son talon aiguille, cuisse comprise, avec porte-jarretelles et jupette sexy faisant abat-jour ?...
Je me disais qu'une sage-femme ayant le respect de sa clientèle repousserait, quoique peut-être à contrecœur, l'idée amusante de décorer sa salle d'attente de gracieux fœtus flottant, rêveurs, dans des bocaux de cristal aux pimpants reflets...
Le pied d'un cheval mort, la tête d'un cerf garnie de ses bois, la patte d'un éléphant (comme porte-parapluie !), un écureuil empaillé, sont des objets décoratifs. Un pied d'homme, une main d'homme, une tête d'homme, sont des lambeaux de cadavre.
J'ai connu un gars qui allait aux abattoirs ramasser, moyennant coup à boire aux tueurs, les testicules des bœufs pour les tanner et en faire des bourses (après tout, ça reste sous la même rubrique dans le dictionnaire). Des bourses hirsutes, plus il y avait de poils plus c'était prisé des amateurs. Eût-il osé agir de même avec des testicules humains ? Certainement pas, nous sommes bien d'accord. Pourtant, existe-t-il une loi qui interdise la chose ? Je veux dire, sans profanation de cadavre, après accord réciproque dûment paraphé ? On peut bien, de son vivant, céder d'avance ses organes pour de pieux usages : greffe des reins ou d'autres pièces détachées. Il y a même des Banques tout spécialement vouées à cette charitable activité. Je ne pense pas qu'il faille voter une loi particulière pour autoriser la chose, il semblerait qu'une signature suffise. Pourquoi ne vendrait-on pas ses testicules pour en faire une aumônière, son pénis pour en faire un fume-cigare ou un godemichet ? Mais peut-être, dans ma naïveté, arrivé-je trop tard, et ce dernier emploi est-il depuis longtemps en usage dans les milieux où l'on ne regarde pas à la dépense quand il s'agit d'être branché à la toute dernière branche ?
Oui... Revenons à notre propos, qui est celui-ci : le cadavre d'un animal n'est pas vraiment cadavre, au plein sens du terme. Il inspire peut-être le dégoût, voire l'horreur, à l'extrême rigueur et aux âmes pusillanimes. Jamais le respect. La peau d'ours blanc écartelée au pied du lit, mâchoires béantes et yeux de verre irradiant une dérisoire menace, n'offusque pas. L'ours vivant n'est qu'une descente-de-lit en puissance. Mort et tanné, il accomplit enfin son véritable destin.
O belle inconnue qui. l'autre jour, te trouvas, toi, ton parfum du bon faiseur et ton somptueux manteau taillé dans je ne sais quelle fourrure mais assurément pas dans de l'acrylique, seule avec moi dans cet ascenseur qui nous propulsait vers je ne sais plus quels audiovisuels où nous allions vendre nos respectives camelotes, ô toi, la très belle, si tu savais quelles terribles secondes je vécus alors, à retenir ma main droite de balancer sur tes joues ombrées de cils parfaits la formidable paire de baffes qui n'eût, certes, rien valu de bon pour ma renommée, mais m'eût, sur l'instant, fait tant de bien, tant de bien !

Chapitre : Les veaux ont-ils une âme ?
dans son intégralité p76-p80

Pourquoi manger du veau ? C'est fade, c'est sec, il faut noyer ça dans des océans de sauce, d'épices et d'art culinaire pour le rendre acceptable par le palais, ça ne nourrit pas, ça encombre l'estomac pendant des heures... Pourquoi donc s'acharner à manger du veau ?
Vous qui me connaissez, vous savez que la question que je viens de poser n'est pas la vraie question. Ma vraie question. Vous qui me connaissez dans les coins, vous ricanez, finauds. Vous savez que ma vraie question est : pourquoi arracher les veaux à leurs mères meuglant leur détresse pour les parquer dans une cage-gavoir où on les engraissera vaille que vaille en un temps record à coups de super-aliments, d'hormones, d'anabolisants, d'antibiotiques et de tous les engrais de forcerie, dans le noir total afin que la chair reste blanche - quel Brillât-Savarin de mes deux a décrété que le veau devait être blanc de neige ou ne pas être ? - avant l'abattoir industriel, pourquoi ?
Hé, ballot, si on laisse le veau à sa maman, il va lui pomper le lait, tout son lait, et qu'est-ce qui restera pour le biberon de nos blonds bébés, futurs rois de la Création ? Ça, mon vieux, je m'en fous. Si les femelles d'hommes ne sont pas capables de sécréter le lait nécessaire à leurs morveux, qu'elles les regardent crever. Ou qu'elles les gavent d'un de ces produits hautement synthétiques, cocktail de super-aliments protéinés, sucrés, hormonisés, anabolisés, antibiotisés et le reste qui réussissent si bien aux bébés veaux, aux bébés moutons, aux bébés cochons... Le résultat en sera une génération d'hommes athlétiques, musclés du bide et puissants du cerveau, guéris d'avance de toutes les maladies imaginables avant même de les avoir attrapées puisqu'ils auront préalablement été bourrés de tous les médicaments qui soignent ça, comme précisément les veaux... Mieux encore (on peut rêver) : que les hommes étendent donc aux hommes les hardiesses chimico-diététiques qu'ils déploient pour les animaux de boucherie. Qu'ils concoctent des tourteaux compacts, nourrissants et équilibrés, qui ne nécessiteront aucun meurtre, aucun sang répandu, aucune vache-mère meuglant de désespoir... Merde, la science appliquée est là pour ça, réveillons-la à coups de pied, secoue-toi le cul, vieille pute, il n'y a pas que la bombe à neutrons à découvrir, ni que le gaz foudroyant, ni que la crème à bronzer hyper-filtrante...
D'ailleurs, il faudra bien y venir, à la bouffe synthétique tirée du pétrole, de la terre glaise ou du mâchefer irradié : vingt milliards de morfaloux dans trente ans, comment croyez-vous que ça va se passer ? Bien fait pour vos gueules, pondeuses mystiques, pondeuses cupides à troisième enfant, pondeuses patriotes, pondeuses linottes oublieuses de pilule.
Bon. On ne tue plus les veaux. Alors ? Alors, ils deviennent bœufs, alors on les abat, alors on les mange. Rouges, fermes, saignants... C'est vrai. Qu'est-ce qu'on est goinfres ! Nos terribles mâchoires dévorent le monde. Par un bout. Le recrachent par l'autre. Changé en merde. L'homme, machine à changer le monde en merde. Eh là, eh là, tu oublies les œuvres de l'esprit. Tu oublies l'âme immortelle... C'est vrai. Excuse-moi. L'homme n'est pas une bête, lui. Il a le droit. Puisque c'est lui qui le dit. Mais puisqu'il a ce qu'il appelle une âme, machine à déceler, sinon à créer, le beau, le laid, le cruel, l'horrible, pourquoi fait-il comme s'il n'en avait pas ?
Et si on se l'invente, ta barbaque synthétique, si même on arrive à convaincre les gourmets, les bouchers et les éleveurs, si l'on cesse de tuer pour la bouffe, alors, tu sais quoi ? Eh bien, les bœufs, les vaches, les chevaux, les moutons, les cochons, les poulets, les canards, eh bien on cessera simplement de les élever, et il n'y en aura plus, ils auront disparu, espèces éteintes, une croix dessus. Ouais... Ça, c'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est qu'on ne tuerait plus, qu'on ne gaverait plus, qu'on ne torturerait plus. L'essentiel, pour moi. Les bons cons qui déplorent la disparition des baleines au nom de l'espèce ! Esthètes, va ! Collectionneurs ! Petits vieux ! Je déplore l'industrie de la chasse à la baleine au nom du harpon-obus perforant la baleine après une poursuite effroyable, lui explosant dans les viscères, arrachant déchiquetant écrabouillant, je déplore l'angoisse horrible et la souffrance et la mort, je souffre mes viscères éclatés et ma trouille et ma mort, je suis la baleine, comme je suis le veau, le bœuf, le cochon qu'on saigne tout vivant - le boudin, c'est si bon ! -, et vous êtes l'assassin, et vous êtes l'ennemi, et, pardonnez-moi, je vous hais.
Mais si on ne les tue pas, si on les lâche dans la - mets des guillemets, surtout - "nature", dans ce qu'il en reste, ils vont devenir quoi ? Ils vont devenir gibier. Les chasseurs vont se régaler la gâchette ! D'autant que tes grosses betes seront, automatiquement, des "nuisibles". Elles ne vont pas se contenter de brouter sagement les maigres touffes non-appartenant à exploitants payant impôts, non vouées à la nourriture du genre humain, seule espèce sacrée de la Création, c'est son Dieu qui le dit, c'est-à-dire elle-même. Hé oui. Vous êtes bien le fumier suprême. L'ordure absolue. Ce que vous ne tuez pas pour vous nourrir - ou plutôt pour vos petites miteuses voluptés gastronomiques -, vous le massacrez pour le plaisir. Pour faire joujou. En rotant, après bien bouffé bien bu, pour la digestion. Grosses vaches ! (Pardon, les vaches.) Tas de merde qui vous croyez tas de merde pensants, parce qu'un tas de merde d'entre vous autres tas de merde vous l'a dit...
Pourquoi je suis en boule comme ça ? Parce que c'est en ce moment la grande bataille du veau. Du veau français. Du veau français bourré d'hormones et de toutes les saloperies interdites - interdites mon cul : tu sais ce que vaut une interdiction en France, pays de la démerde, du pourboire et de la magouille électorale - du veau français que les Ritals - non, mais, quels sales cons, ceux-là ! - ne veulent plus donner à leurs enfants dans les petits pots, parce que ces enfants deviendraient des Ritals monstrueux, chose vexante. Voilà. Cette grande querelle du veau ne s'est déclenchée que parce que le veau trafiqué risque de, comme je viens de vous le dire, être nocif pour la petite santé de l'homme et de sa descendance. Alors, ça, c'est pas tolérable, ça. Voilà des années qu'on "élève" les veaux en batterie, qu'on les traite systématiquement en tubes à sécréter de l'escalope, que ces malheureux enfants - je parle des veaux, le veau AUSSI est un enfant - vivent une courte vie d'une horreur à vous dresser les cheveux sur la tête, ET ÇA N'A JAMAIS ÉMU PERSONNE. Pour qu'on s'intéresse au sort des veaux, il faut que cela comporte des conséquences fâcheuses pour la santé des mangeurs de veaux ! Et encore, ceci ne serait rien, le puissant lobby des éleveurs de veaux prétend que ce n'est pas vrai. Mais le vrai scandale, ce qui mobilise les médias et indigne l'opinion, c'est que cela est mauvais pour l'économie française ! Des catégories sociales sont lésées ! Là, oui, ça bouge. Enfoirés !
Je souhaite de tout mon cœur qu'un jour - si possible après ma mort - les multitudes affamées - affamées par nous - des Asies, des Afriques et des Amériques se ruent sur le vieux monde aux décadences subtilement sanglantes, sur le vieux monde aux gastronomies raffinées où la sauce cache le gavoir et l'abattoir, et, la viande de boucherie ayant disparu, parquent les Blancs dans des enceintes implacables, les forcent à se reproduire, leur fauchent l'enfant à la sortie du trou et l'engraissent "en batterie", et l'égorgent proprement - le sang servira pour la sauce - et l'accommodent selon les recettes tant délectables trouvées dans les beaux livres de cuisine illustrés en couleurs. Le bébé d'homme blanc ressemble beaucoup, d'un point de vue culinaire, au bébé bœuf, ou au bébé cochon : fade, sec, demande une sauce relevée.
Ce ne sera d'ailleurs même pas une consolation : les foules exotiques, pour pitoyables qu'elles soient, ne sont pas moins stupides, cruelles, indifférentes, sensuelles, en un mot pas moins cons, que nous. C'est juste un petit plaisir esthète que je me donne, comme ça. Ça ne console pas mais ça soulage.

Chapitre : Bonheurs
dans son intégralité p205-p206

Je peux, sans voir le temps passer, regarder, éperdu de bonheur, comment s'arrangent les poils sur le visage d'un chien. Je dis bien : visage. Ce tourbillonnement délicat autour des yeux, ces impeccables alignements évoluant en volutes subtiles qui épousent les caprices de l'ossature sous-jacente, et tout cela donnant cet insaisissable et irrésistible prodige : le beau. Pourquoi est-ce beau ? Beau en moi ? Pourquoi l'implacable harmonie du nécessaire produit-elle, de surcroît, cet "en plus", cet épanouissement en mon être contemplatif, qui est le beau, ce beau dont le manque me navrerait ?
Non, je ne vois pas là le doigt d'un dieu, mais je m'émerveille et me réjouis qu'il y ait en moi un quelque chose apte à sentir la beauté, à la créer, donc. Car la beauté n'existe qu'en nous, elle est une façon d'apprécier une harmonie que nous n'estimons telle que par un arbitraire où l'habitude tient le premier rôle... Peu importe le filtre, la notion du beau est en nous, et son besoin. Le monde n'est pas seulement une machine terriblement efficace, il est, pour nous, en nous, beau ou laid, donc source d'allégresse ou de déplaisir.
L'œil d'un mouton, l'arrangement de l'écorce sur un tronc, l'immensité de la mer, l'architecture d'un nuage... Comment ne voir dans le mouton que côtelettes grillées, dans l'arbre que bois de chauffage, dans le nuage que prédictions météo ?
J'aime tant les formes "spontanées", "brutes", que je collectionnerais volontiers, si j'avais le tempérament collectionneur (mais collectionner, c'est momifier), cailloux, ferrailles rongées de rouille, bouts de bois roulés par la mer ou sculptés par l'intempérie...
Une pierre meulière, tiens, une de ces meulières dont jadis, on construisait les pavillons de banlieue, que c'est beau ! Tout objet fabriqué, même amoureusement façonné par la main de l'artisan, tout produit de l'art, me touche moins que le matériau brut. Je n'ose y porter l'outil. Quelle statue vaut qu'on attaque le bloc de marbre ? Je suis amoureux du marbre, la statue me l'abîme.

14 mars 2008

L'humanité disparaîtra, bon debarras ! d'Yves Paccalet

L'humanité disparaîtra, bon debarras !
d'Yves Paccalet


L'espèce humaine provoque des bouleversements irréversibles de son environnement. Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Peut-on encore espérer que l'Homo sapiens acquière enfin la sagesse dont il se rengorge, alors que toutes les grandes questions (pollutions, saccages des terres et des mers, climats, nouveaux virus...) sont négligées ou méprisées ? D'où vient cette folie suicidaire ? De ce que l'homme est un grand singe égoïste. Il obéit à trois pulsions : sexuelle, territoriale et hiérarchique. Sa soif de domination le pousse à tous les crimes, y compris contre lui-même... Guerre nucléaire, climats en folie, empoisonnement de l'air et de l'eau, nouvelles maladies... Tout cela sera très drôle. Et après ? Rien... La vie créera de nouvelles espèces jusqu'à ce que le Soleil brûle définitivement la planète, dans environ un milliard d'années.

L'humanité disparaîtra, bon debarras ! Yves Paccalet, Editions Arthaud, 2006, 198 pages

A propos de l'auteur

Un essai d'humour noir... à la fois provocant et désespéré. Yves Paccalet, philosophe et écologiste engagé, mais aussi enragé, nous met face à nos fatales incuries.

Pour en savoir plus

- Le blog d'Yves Paccalet
- Le site des Editions Arthaud

Au sommaire

- Un barbare à deux pieds sans plumes
- Nous sommes tous des Papous
- Dévorons nos bébés !
- Quelques chose en nous d'un peu nazi...
- Ah ! Dieu que la guerre est jolie...
- Treize bonnes raisons de mourir
- Conclusion : Fin de partie





12 mars 2008

Le syndrome du Titanic, de Nicolas Hulot

Le syndrome du Titanic
de Nicolas Hulot


"Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l'égoïsme et l'arrogance d'êtres supérieurs convaincus d'être "maîtres d'eux-mêmes comme de l'univers".

Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s'accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d'espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d'hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge...

Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les latitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c'est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d'alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire "mieux avec moins" et mettre l'écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons inéluctablement."

Nicolas Hulot

Nous devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s'en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l'école de son village, des lambris dorés de l'Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. "Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu." Et nous aussi nous pouvons, nous devons le devenir. Le Syndrome du Titanic est un livre essentiel, à lire d'urgence. Avec Nicolas Hulot, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

Le syndrome du Titanic, Nicolas Hulot, Editions LGF, 2005, 309 pages

A voir : Le site de la Fondation Nicolas Hulot

Sommaire

La parabole du nénuphar
1. Le sommet de l'espoir
2. Retour sur terre
3. Itinéraire
Escale africaine
4. Fatalisme et fatalité
5. Et l'orchestre jouait
Escale néo-zélandaise
6. Des animaux et des hommes
7. Lectures
8. Rencontres
Escale provençale
9. La terre nourricière
Escale malgache
10. Le cercle des peuples disparus
Escale polaire
11. Le jardin de Dieu
12. Le yin et le yang
Escale maritime
13. Dérèglements climatiques (et autres)
14. Pour que vive la planète bleue
Quelques ouvrages pour aller plus loin

Quelques extraits

"Ce qui caractérise notre époque, c'est la perfection des moyens et la confusion des fins." - Albert Einstein

../.. 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources.

../.. Golfe de Gascogne, zone de pêche intensive où certains bateaux utilisent des filets dont on envisage de limiter la longueur à... 75 km !

../.. Le stock halieutique fléchit alors que les moyens pour s'en emparer ne cessent de se perfectionner. Chaque jour, les deux courbes s'écartent un peu plus.

../.. L'homme est un être étrange ; ../.. il vibre d'émotion à l'idée que peut-être une forme très embryonnaire de vie a existé il y a plusieurs millions d'années sur mars, ../.. Mais ce même homme n'a pas un regard pour ce qui meurt près de lui.

../.. Singulier bilan de l'histoire : là où les choses et les êtres avaient trouvé un équilibre, nous avons apporté le déséquilibre.

../.. Actuellement, 50% des surfaces agricoles sont utilisées pour faire des céréales afin de nourrir le bétail : un système d'autant plus bizarre quand on sait que, dans les pays du sud, un boeuf assure 1500 repas quand les céréales qui ont permis de nourrir ce boeuf en permettraient 18000...

../.. Il faut 10 fois plus d'eau pour produire un kilo de boeuf que pour produire la même quantité de céréales. Chiffre stupéfiant : 15.000 litres d'eau sont nécessaires pour produire un kilo de boeuf.

"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. On aurait moins accepté les wagons plombés roulant vers les camps de concentration si on n'avait accepté sans même y penser la souffrance des bêtes dans les fourgons menant aux abattoirs. ../.." Marguerite Yourcenar

../.. En 2004, un homme né 80 ans plus tôt aura connu ce fait ignoré de tout autre génération : le triplement de la population humaine pendant sa propre existence.

"Vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre." Gandhi

10 mars 2008

Documentaire : La planète bleue, réalisé par Alastair Fothergill et Andy Byatt

La planète bleue
documentaire réalisé
par Alastair Fothergill
et Andy Byatt

Bien que les mers recouvrent plus des deux tiers de notre planète, nous connaissons mieux la surface de la lune que les fonds des océans. La Planète bleue est un étonnant voyage d'une infinie richesse dans le monde marin. Des espèces inconnues vivant à des profondeurs jamais atteintes par l'homme, en passant par la naissance des crabes, la lutte des bancs de sardines contre les prédateurs de la mer et des airs, les réunions incongrues des manchots empereurs, les jeux cruels des orques, sans oublier les ballets des dauphins ou les balades majestueuses des baleines en voie d'extinction, une odyssée à la découverte du monde marin.