04 août 2010

100 Chiens de légende, de Christel Matteï

100 Chiens de légende
de Christel Matteï


"Le chien est le meilleur ami de l'homme". L'expression n'est certes pas exagérée. Depuis la Préhistoire où le chien s'est laissé approcher puis apprivoiser, il est resté indéfectiblement dévoué aux hommes. Aujourd'hui encore, partout dans le monde, le chien est un partenaire de jeux, de travail et un ami fidèle, qu'il soit berger, chasseur, sauveteur, soldat, guide, animal de compagnie. A côtoyer ainsi les hommes, le chien a fait une entrée dans leur imaginaire, devenant ainsi l'inspirateur d'innombrables légendes, tableaux, livres ou films.

Des chiens de rois au célèbre Rintintin et au malicieux Milou, ce livre offre, à travers une galerie de 100 portraits de chiens connus ou anonymes, réels ou imaginaires, un panorama historique et artistique de la gent canine. Il est également un hommage à tous nos petits, grands, intrépides, affectueux compagnons à quatre pattes et comblera autant les amoureux des chiens que les cynophiles avertis.

100 Chiens de légende, Christel Matteï, Editions Solar, 2001, 144 pages, 250 photos

Voir aussi : 100 Chats de légende, de Stefano Salviati.

Sommaire

Les chiens mythiques
Contes et légendes
Les chiens de cour
Les fidèles compagnons
Les braves
Les chasseurs
Les bergers
Les sportifs
Les grands gabarits
Les petits formats
Les coquets
Les chiens du monde
Les modèles
Les héros à lire
Etoiles et vedettes
Donner sa langue au chien
Glossaire
Index
Adresses utiles
Bibliographie

03 août 2010

Les animaux de l'Histoire, de Valérie de Lore

Les animaux de l'Histoire
de Valérie de Lore
préface de François Cavanna

Au cours des siècles, certains Rois, ainsi que des Reines, des musiciens, des peintres, des poètes, des auteurs, ont aimé les animaux. D'autres pas. Les "Animaux de l'Histoire" nous parlent de ces personnages célèbres et de leurs animaux familiers.

Grande amie des animaux et de la nature, Valérie de Lore a renoncé au métier de cinéaste pour mettre son goût de l'écriture au service de la détresse, tant humaine qu'animale.

Les droits des "Animaux de l'Histoire" seront partagés de manière à pouvoir aider la Fédération Nationale des Ecoles de chiens guides d'aveugles et les refuges d'animaux.

Les animaux de l'Histoire, Valérie de Lore, Editions Tourne-Feuilles, 1991, 224 pages

Le mot de l'auteur

Vénérés ou haïs, les animaux ont été de tous temps intimement liés à l'Histoire des hommes. Les découvrir au cours des siècles, c'est apprendre non seulement à les connaître et à les aimer, mais c'est aussi s'acheminer vers plus de justice, vers plus de bonté.

Valérie de Lore

Quelques mots de Pierre Desnoyers

Les histoires de Valérie de Lore ne sont pas uniquement charmantes, amusantes, parfois tragiques. Elles sont aussi le témoignage du rôle civilisateur de l'animal. Notre animalité commune a construit un passé. De cette animalité indissociable, que naîtra-t-il demain ? "L'urbanimalisation" au sens du respect de la vie animale sous toutes ses formes, voilà le grand défi des années à venir. Le XXIe siècle sera "urbanimalisé" ou ne sera pas.

Pierre Desnoyers
Fédération Nationale des Ecoles de chiens guides d'aveugles

Voir également

- Les animaux qui ont une histoire, de Michel de Decker
- Animaux 1989, d'Allain Bougrain-Dubourg et Brigitte Bulard-Cordeau
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux

La préface, signée François Cavanna

Les animaux n'ont pas d'Histoire.

L'Histoire ne veut connaître que les hommes. S'ils y montrent parfois le bout du museau, ou du sabot, ou de la trompe, comme les éléphants d'Hannibal, le cheval d'Alexandre ou les oies du Capitole, les animaux n'y apparaissent qu'anecdotiquement, en tant que fidèles compagnons, bêtes de somme ou sauveurs occasionnels. Sans l'avoir voulu, ils participent aux guerres des hommes, y souffrent et y meurent en masse, cela n'a jamais ému les historiens. On nous vante le glorieux sacrifice des cuirassiers de Reichshoffen, on ne nous dit rien des milliers de chevaux massacrés. On nous montre les chrétiens dévorés par les lions, on ne nous dit pas qu'on laissait d'abord presque mourir de faim les lions, et qu'après le spectacle on les tuait, à leur tour, dans la coulisse. Si l'on nous présente les petits chiens de Henri III, c'est pour mieux se moquer de ses manières efféminées...

Les animaux n'ont pas d'Histoire, parce que les animaux ne font pas de politique, ni de guerre, n'ont pas d'ambition, ne savent pas ce que c'est que l'honneur, la patrie, la gloire et toutes ces chimères qui mènent les hommes, en font des héros et des assassins.

Les animaux ne sont qu'innocence et amour. Ils n'intéressent pas l'historien.

Cavanna.

Quelques extraits choisis

Le chien de Lord Byron (p19-p20)

Au cours d'une promenade dans les montagnes d'Ecosse, Lord Byron fut surpris par l'un de ces brouillards impénétrables qui sont une particularité de ce pays.
La visibilité s'étant réduite à quelques mètres à peine, il perdit rapidement son chemin, ne sachant plus si ses pas le dirigeaient au nord ou au sud. Inquiet, il continua malgré tout sa route, espérant trouver un abri. Mais brusquement son pied se prit dans une touffe de bruyère et, perdant l'équilibre, il tomba dans un ravin.
Son chien, un dogue magnifique, d'une force exceptionnelle, eut le réflexe extraordinaire de l'attraper par son habit et freina la chute autant qu'il le put. Cela permit à Lord Byron d'agripper une grosse racine à laquelle il s'accrocha de toutes ses forces.
Jugez de son effroi lorsque le brouillard se fut dissipé et qu'il se vit suspendu au-dessus d'un précipice, dont il pouvait à peine mesurer la profondeur. Après maintes tentatives infructueuses pour remonter, il prit le parti de descendre jusqu'au fond, et passa là une nuit terrible, pensant surtout à l'inquiétude dans laquelle devaient se trouver les siens.
Il faisait affreusement froid et Byron ne pouvait s'empêcher de grelotter. "Ralph" se coucha alors tout contre son maître, pour le réchauffer. Au matin une faim cruelle les tenaillait tous les deux. Prenant soudain son élan, le chien se mit à escalader la paroi. Se croyant abandonné le lord ne put retenir ses larmes, il était désespéré et ne voyait pas d'issue à la situation. Et pourtant... une heure plus tard le chien était de retour, tenant dans sa gueule un morceau de pain qu'il déposa devant son maître. Byron pleura à nouveau, mais cette fois c'était le remords d'avoir douté de son ami qui lui faisait verser des larmes. Une idée lui vint. Il griffonna un billet dans lequel il raconta sa mésaventure et l'attacha au cou de l'animal, en priant pour que celui-ci retourne chercher du pain lorsqu'il aurait faim.
Ce fut en effet ce qui se passa. Vers le soir, Ralph s'élança une nouvelle fois à l'assaut de la paroi, et une heure plus tard il rapportait un autre quignon de pain. Les secours le suivaient de peu, Lord Byron put ainsi passer la nuit suivante bien au chaud dans son lit.

L'araignée de Pelisson (p150-p151)

Pelisson, l'homme de lettres, pour avoir témoigné publiquement de sa fidélité à Fouquet, son ancien protecteur, tomba en disgrâce et fut mis à la Bastille par ordre de Louis XIV.
Des consignes sévères ayant été données pour le régime de sa détention, on alla jusqu'à le priver des joies que fournit l'étude à un homme intelligent. On lui ôta livres, papier et encre. Il fut obligé de se contenter de la seule société d'un prisonnier Basque, stupide et morne, qui ne savait que jouer de la musette.
Pour vaincre son ennui, il s'inventa une occupation originale. Une araignée faisait sa toile à l'entrée d'un soupirail qui donnait du jour à la cellule ; il entreprit de l'apprivoiser. Pour cela, il déposait des mouches sur le rebord de l'ouverture, tandis que le Basque soufflait dans son instrument. Peu à peu l'araignée, comme subjuguée par la musique, s'accoutuma à sortir de son trou lorsque le musicien se mettait à jouer ; ensuite Pelisson posait sa mouche et l'araignée se précipitait pour s'en saisir. Il continua à l'appeler toujours de la même façon, mais en éloignant petit à petit sa proie. Il parvint, après plusieurs mois, à si bien discipliner l'insecte que celui-ci partait dès les premières notes chercher l'appât, qui parfois avait été placé au fond de la pièce, et d'autres fois sur les genoux mêmes du détenu.
Le gouverneur de la Bastille vint un jour voir Pelisson et lui demanda, avec un méchant sourire, à quoi il passait son temps. L'écrivain, d'un air serein, lui dit qu'il avait su se trouver un amusement, et donnant le signal il fît aussitôt venir l'araignée sur sa main. Le gouverneur ne l'eut pas plus tôt vue qu'il la fît tomber et l'écrasa du pied. "Ah ! monsieur, s'écria Pelisson, j'aurais mieux aimé que vous m'eussiez cassé le bras."
L'action était cruelle, en effet, elle ne pouvait venir que d'un homme sans coeur. Le roi en fut Informé. Il jugea par ce trait du caractère de l'individu, et lui ôta son emploi.

[A noter qu'il y a dans ce livre une autre histoire au sujet d'une araignée qui sortait de sa cachette au son du violon (et sans nourriture en jeu) et qui restait là à écouter... Les araignées seraient-elles mélomanes...?]

Le rat aveugle (p220-p221)

En 1757, Monsieur Puddew, aide-chirurgien â bord du vaisseau "Lancaster", écrivit cette note dans le "Journal Encyclopédique" :
"J'étais ce matin dans mon lit et je lisais. Je fus interrompu tout à coup par un bruit semblable à celui que font des rats qui grimpent entre une double cloison, et qui essayent de la percer.
Le bruit s'arrêtait de temps en temps, puis recommençait. Je n'étais qu'à deux pas, je me mis donc à observer attentivement.
Bientôt apparut un rat sur le bord du trou qu'il venait de pratiquer dans la paroi. Il regarda sans faire aucun bruit, et après avoir aperçu ce qui lui convenait il se retira. Un instant plus tard je le vis reparaître, conduisant par l'oreille un autre rat, plus gros que lui et qui paraissait vieux. Il le laissa sur le bord de l'ouverture.
Un autre jeune rat rejoignit alors le premier et tous deux se mirent à parcourir la chambre, ramassant des miettes de biscuit qui, au souper de la veille, étaient tombées de la table. Ils les portèrent ensuite au vieux rat. Une telle attention de la part de ces animaux m'étonna. J'observai plus attentivement et je m'aperçus que le plus âgé était aveugle, et qu'il ne trouvait qu'en tâtonnant la nourriture qu'on lui présentait. Ainsi les deux jeunes, qui devaient sans nul doute être les petits de l'aveugle, étaient aussi ses pourvoyeurs assidus et fidèles.
Je ne pus dès lors plus considérer de la même façon ces animaux, jusque là abhorrés.
Je suivais leur manège avec admiration lorsque quelqu'un entra.
Les deux jeunes rats poussèrent aussitôt un petit cri pour avertir celui qui ne voyait pas, et malgré leur frayeur ils ne voulurent pas se sauver avant qu'il ne fut en sûreté.
Ils ne rentrèrent qu'après lui dans le trou, lui servant, si on peut dire, d'arrière garde."

Parade (p222-p223)

Cette historiette figurait, en l'an VI (1798), dans le "Moniteur Universel" (journal officiel de la République Française).
"Un chien vient chaque jour prendre part à la parade qui se déroule devant les Tuileries.
L'animal s'installe entre les jambes des musiciens, il se met en marche avec eux et lorsqu'ils s'arrêtent il s'arrête aussi, mais sitôt la parade finie il disparaît jusqu'au lendemain, où il revient à la même heure se mettre à sa place habituelle.
Les musiciens, qui ont décidé de l'adopter, l'ont appelé "Parade", ils ont même pris l'habitude de l'inviter à dîner, tantôt chez l'un tantôt chez l'autre.
Celui qui l'invite dit en le caressant : "Parade, ce soir tu viendras dîner chez moi." Il n'en faut pas davantage, le chien suit aussitôt son hôte. Il est toujours satisfait de ce qu'on lui donne et mange de fort bon appétit, mais après son repas, constant dans ses goûts comme dans son indépendance, l'ami Parade prend congé sans que rien ne puisse le retenir. Il se rend ensuite à l'Opéra ou à la Comédie Italienne, et va même parfois au théâtre Feydeau. Il entre alors sans façon dans l'orchestre, s'installe dans un coin et ne ressort jamais avant que le spectacle soit fini.
On ne saura sans doute jamais à qui appartient ce chien. Probablement s'appartient-il à lui-même car, ayant arrangé sa vie de façon à avoir, pour ses besoins matériels, son couvert mis chez l'un ou chez l'autre, et une double ration musicale pour ses besoins intellectuels, il peut très bien se passer de maître."

02 août 2010

Les animaux qui ont une histoire, de Michel de Decker

Les animaux qui ont une histoire
de Michel de Decker

Pour parodier Brantôme, on aurait pu appeler ce livre 'La vie des Animaux Illustres' et le sympathique anecdotier de la renaissance ne nous aurait sans doute pas cherché la petite bête ! D'autant qu'il n'existe pas d'hommes ou de femmes illustres qui n'aient un jour vécu une étonnante histoire d'animal. Brantôme a raconté la vie de Louis XI ou celle du baron des Adrets ou celle de Charles Quint ; ici, c'est le chat du terrible baron qui se taille la part du lion ; ou l'âne de Louis XI qui invente la météorologie royale, ou le tout-puissant Charles Quint qui se trouve lamentablement mis en échec - et mat ! - par son chimpanzé. De la puce coquine de Mademoiselle Desroches à l'éléphant alpiniste d'Hannibal, tous les animaux sont surprenants. Un jour, c'est une jeune Anglaise qui accouche de lapins ; un autre, des lamproies assassinent un roi. On rencontre aussi une araignée mélomane, la girafe de Charles X et sa folle aventure, les mérinos de Louis XIV qui inondent le parquet de Versailles. On croise Beaumarchais qui doit la vie à un âne rabougri ; quant à Cléopâtre, elle doit la mort à un aspic qui change la face du monde… C'est le lion d'Androclès qui se laisse aussi aisément apprivoiser que les pigeons de Latude ou les rats du baron de Trenck. Et que dire de la bête du Gévaudan qui n'était peut-être qu'un satyre ? Les chevaux, bien sûr, ne sont pas absents de cette grande cavalcade des animaux historiques, ni les chiens Mabrouk et Rintintin. Et on retrouvera même quelques histoires… de cochons ! Un livre pour les lecteurs qui ne veulent pas être… les dindons de la farce ! Ennemis des bêtes, s'abstenir !

Les animaux qui ont une histoire, Michel de Decker, Editions Jean Picollec, 1993, 326 pages

A propos de l'auteur

Michel de Decker, écrivain historien, auteur d'une vingtaine de titres, est aussi producteur d'émissions TV, chroniqueur historique sur France Bleu et conférencier (conteur) fort apprécié. Président de la Société des Auteurs de Normandie il organise de nombreux Salons du Livre et participe à toutes les grandes manifestations littéraires de France et de Navarre. Il est également l'auteur de quelques spectacles du genre son et lumière ou comédies musicales.

Pour en savoir plus

- Le site de Michel de Decker
- Les animaux de l'Histoire, de Valérie de Lore
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux

30 juillet 2010

Gorilles orphelins, de Despina Chronopoulos

Gorilles orphelins
de Despina Chronopoulos

"Enfant déjà, ma passion pour la forêt vierge était une obsession. A dix ans, mes parents musiciens m’ont emmenée au Kenya. J’ai compris alors que ma vie était là, en Afrique. De retour en Autriche, mon pays natal, je me désespérais. A quatorze ans, j’ai craqué : j’ai volé de l’argent à mes parents et je me suis envolée pour Nairobi. Interpol m’a retrouvée. Trois jours plus tard. Retour à la case départ... Sauf que la gloire m’est tombée dessus, à l’improviste. Une fable, Le Secret de la chauve-souris blanche, que j’avais écrite en catimini, est devenue un best-seller. Je suis devenue un phénomène littéraire. La réalité m’a rattrapée. J’ai épousé un Français et je suis rentrée dans le moule. Je me suis installée à Paris, j’ai travaillé. J’étais heureuse - le jour. La nuit, c’était autre chose : je me réveillais en pleurs, avec une pensée lancinante : "Tu t’es trahie". Un documentaire télé sur les gorilles m’a fait l’effet d’un électrochoc. J’ai décidé de tout larguer, Paris, mon job, mon mari, pour le reportage animalier. John Aspinall, un milliardaire anglais, m’a confié un projet : la réintroduction de gorilles orphelins dans leur milieu naturel, au Congo. Pendant quatre ans, ce fut le bonheur. Je me suis réconciliée avec la petite fille que j’étais. Mais la guerre civile nous a rattrapés et nous a plongés, les gorilles et moi, dans le cauchemar..."

C’est le récit de cette incroyable aventure que nous livre ici Despina Chronopoulos, depuis son enfance peuplée de rêves d’Afrique, jusqu’au projet de réintroduction de gorilles orphelins dans la réserve de Léfini, au Congo - projet que la guerre viendra interrompre, hélas, alors que le succès était à portée de main. Despina Chronopoulos n’est pas une scientifique ; mais la perception et la compréhension intuitive qu’elle a de ces animaux attachants, sensibles et émouvants que sont les gorilles dépasse souvent de loin ce que peut nous offrir la pure "objectivité" de la science. Au Congo, les gorilles sont pourchassés, massacrés, découpés en morceaux, leurs os réduits en poudre et utilisés en tant que gris-gris, et leurs mains séchées vendues aux touristes comme cendriers ! Dans ces pages, Despina Chronopoulos se fait le porte-parole de cette espèce mise en danger par la cupidité humaine, au nom de Kola, de Bangha, de Kongho et de tous les autres gorilles orphelins de la forêt vierge...

Gorilles orphelins, Despina Chronopoulos, Editions Robert Laffont, 2000, 476 pages

A propos de l'auteur

Despina Chronopoulos est née en Grèce, a été élevée en Autriche, et fait des études de lettres à Paris. Devenue spécialiste de la protection des espèces menacées, elle vit aujourd’hui à Paris en attendant de retourner bientôt en Afrique.

Voir également

- Gorilles dans la brume, de Dian Fossey
- Dian Fossey au pays des gorilles, de Farley Mowat
- Gorilles : Les survivants des Birunga, de George Schaller
- Au secours des gorilles, de Fabrice Martinez
- D'autres livres sur le thème des gorilles
- Le documentaire Conversations avec Koko le gorille
- Les documentaires Un gorille dans la famille / Deux gorilles à la maison

Deux photos extraites de l'édition de poche



La préface du livre
par Despina Chronopoulos

Avant tout, ce récit se veut simple. Durant mon séjour en Afrique, je sentais à quel point les événements que je vivais étaient extraordinaires et je souhaitais les partager. Ainsi, j'ai commencé à écrire, chaque soir, ce qui se passait sur tous les plans : les déboires d'un projet pionnier dans un contexte africain, puis dans la guerre, mais surtout la plongée progressive dans l'univers mental des personnages inhabituels qui m'entouraient : les gorilles.
A mon sens, ces gorilles avaient grand besoin d'un intermédiaire simple, sans a priori, et qui ne les verrait pas à travers le prisme d'une discipline donnée. Car, contrainte par obligation et rigueur à ne communiquer que des résultats mesurables, la science s'est laissé orienter mais aussi limiter dans le domaine de l'observation animale : elle nous apporte, certes, des observations et des informations précieuses ; toutefois, la peur de l'anthropomorphisme, qui s'est amplifiée au cours de l'histoire des hommes, fait qu'une part importante de l'observation animale a été laissée de côté. Longtemps, tout scientifique qui osait évoquer l'existence de sentiments ou de conscience chez les animaux était honni d'emblée ! On ne s'aventure pas impunément hors des méthodes admises et des problèmes définissables.
Or, ce hiatus qui au départ n'est qu'un choix de méthode conduit à une équivoque pour le grand public : si on n'y touche pas, c'est que forcément il n'y a rien !
Du coup, en tant qu'humains, nous nous sommes condamnés à une triste solitude et nous risquons des malentendus fondamentaux entre nous et nos corésidents de la planète, les animaux. A quoi ressemblerait l'homme s'il était observé et décrit seulement à travers une discipline scientifique unique ?
Lorsque l'on passe dix heures par jour parmi les gorilles et que l'on doit assumer en outre un rôle éducatif destiné à encourager leur indépendance et à préparer leur retour à la nature, on obtient une vision spécifique de la vie de ces primates. Cette proximité permanente avec les gorilles m'a permis d'affûter ma perception de leurs besoins et de comprendre leurs règles sociales. Par une observation intense des expressions du visage, des postures, des vocalisations et des actions, j'ai appris à distinguer chez un gorille la suspicion, le soulagement, la confiance ou la colère, l'agressivité ou la tendresse. Au fil du temps, ces signes sont devenus pour moi aussi clairs que chez un humain.
Précisément parce qu'ils n'étaient pas sauvages, ces gorilles m'ont permis de porter un regard intime sur leur univers. J'espère que le message qu'ils m'ont transmis aidera à améliorer encore plus dans l'esprit du public l'image déjà existante de ces animaux et à susciter davantage de compréhension pour cette espèce magnifique.
J'ai décidé de décrire les gorilles comme je les ai perçus au cours des années. Pour faire mon travail, je n'ai eu à me conformer qu'aux gorilles eux-mêmes, mes observations et ma compréhension étant orientées par les résultats quotidiens obtenus avec ces animaux. Pour communiquer, j'ai dû m'adapter à leur système et à leur rythme. Le simple fait que cet échange ait fonctionné, qu'il ait évolué quotidiennement, démontre son existence.
La guerre civile au Congo a interrompu mon travail. L'introduction de ces gorilles et leur survie sont maintenant essentiellement aux mains des Congolais.
Il ne me reste plus qu'à servir de témoin, d'historienne de ma propre histoire et de la leur. et, à traxers mes expériences, à tenter de décrire mes gorilles orphelins : Kola le baptiste, Titi le macho, Mabinda le diplomate, Yambo le lunatique, Djembo la chipie, Massissa le respectable, Kabo le rêveur et tous les autres...

Despina Chronopoulos,
Paris, juillet 2000.

26 juillet 2010

Gorilles : Les survivants des Birunga, de George Schaller

Gorilles : Les survivants des Birunga
Texte de George Schaller
Photographies de Michael Nichols
Légendes de Nan Richardson

Le plus majestueux et le plus puissant de nos cousins a presque disparu, victime du genre humain qui lui refuse la place qui est la sienne dans la forêt. Peu nombreux, très localisés, les gorilles de montagne sont dramatiquement en voie d'extinction. Nous devons maintenant relever ce défi moral et prendre en main la sauvegarde de ces animaux. - George Schaller

George Schaller et Michael Nichols nous transportent au coeur des Birunga. Cette chaîne de volcans, située en Afrique centrale, surplombe de près de 3.000 mètres le Rwanda, la République démocratique du Congo et l'Ouganda, sur des kilomètres de jungle. Ici s'étend le domaine des derniers gorilles de montagne. Ces grands singes, traqués dans le passé par les braconniers, recherchés par les collectionneurs et repoussés hors de leur milieu naturel par le défrichage de la forêt, sont très vulnérables et leur existence est menacée. Si l'espèce venait à disparaître, c'est l'équilibre écologique de toute une région qui s'en trouverait bouleversé et les peuplades installées sur ces terres seraient, elles aussi, en péril. "Gorilles : Les survivants des Birunga" est un cri d'alarme. C'est aussi un saisissant témoignage en direct, au milieu de ces primates terriblement attachants.

Ce livre est né de la rencontre de deux Américains qui, à plusieurs reprises et séparément, sont allés explorer les Birunga : le chercheur George Schaller, spécialiste incontesté des gorilles auprès desquels il a passé une année entière, et le photographe Michael Nichols, considéré comme le plus intrépide des reporters de sa génération. Schaller décrit, avec la précision d'un scientifique et l'émotion d'un homme de coeur, son expérience auprès des gorilles "Beringei". Nichols a su prendre sur le vif des gros plans audacieux, saisir les scènes de la vie quotidienne et révéler les visages et les attitudes de ceux, hommes et singes, qui habitent ces hauteurs. Tous deux nous font découvrir un lieu insolite où la vie est riche, précaire, troublante et, par-dessus tout, précieuse. Si précieuse qu'il faut la préserver.

Gorilles : Les survivants des Birunga, Texte de George Schaller, Photographies de Michael Nichols, Légendes de Nan Richardson, Editions Nathan, 1989, 112 pages

A propos des auteurs

George Schaller est zoologue. Connu pour ses études sur les animaux sauvages, son ouvrage "Un an chez les gorilles" a été un best-seller et l'a rendu célèbre auprès du grand public. Schaller est aussi lauréat du National Book Award pour son ouvrage "Les lions du Serengeti".

Michael Nichols est, depuis 1982, reporter photographe à l'agence Magnum. Il a également collaboré à de grands magazines internationaux : Géo, Life, Paris-Match... Lorsque "l'Indiana Jones de la photographie" ne parcourt pas le monde, il vit en Californie avec sa femme et son fils.

Quelques extraits

Pages 32 et 33 - Photo de Ndume

Ndume, le dos argenté chef du groupe II. Alors qu'il était encore un dos noir (un jeune gorille mâle), Ndume dut assumer la charge de chef de groupe après la mort du dos argenté. Ndume et deux autres membres du groupe furent victimes des pièges des braconniers destinés notamment aux antilopes. Il n'a plus qu'une main.


Page 104 - Photo de Beetsme


Page 59 - Alan Goodall et Titus


Page 76



22 juillet 2010

Terre Sauvage - Mars 1990

Terre sauvage
Mars 1990, n°38
Propos recueillis par Elena Adam
Photos : Jörg Hess

Sept mois chez les gorilles de montagne
Une leçon de savoir-vivre

Sept mois durant, Jörg Hess a été l'invité spécial des gorilles de montagne à la station de Karisoke, au Rwanda.

Primatologue suisse, spécialiste du comportement mère et enfant, il accepte pour une fois d'aller au-delà de ses habituelles observations scientifiques. Lorsqu'il nous parle de ses hôtes, les différences s'estompent. Hommes? Gorilles?

Qu'importe, sinon la leçon de vie.

Voir aussi

- Grands singes, mère et enfant, de Jörg Hess
- Gorilles orphelins, de Despina Chronopoulos

Sommaire et extraits

Pages 38 et 39

Pages 41 et 43

20 juillet 2010

Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg

Des animaux et des femmes
d'Allain Bougrain-Dubourg
photographies
de Yann Arthus-Bertrand
et Philippe Bourseiller

Mise à jour : ajout du sommaire et des photos

Vivre une passion au risque d'en souffrir, parfois même d'en mourir, tel fut l'engagement prodigieux des douze femmes qui composent cet ouvrage. Elles ont en commun de servir la faune en péril et d'oeuvrer afin que le respect de la vie sauvage s'impose dans nos consciences.

L'enquête menée par Allain Bougrain-Dubourg, et mise en images par les célèbres photographes Yann Arthus Bertrand et Philippe Bourseiller, montre l'incroyable force engendrée par la passion. Dian Fossey sacrifiera sa vie pour la sauvegarde des gorilles, Stépahnie Powers abandonne les studios d'Hollywood pour la faune africaine, Sophie de Wilde plonge dans toutes les mers du monde pour photographier la vie sous-marine... Quant à Brigitte Bardot, elle mène son combat avec une égale détermination.

Pourquoi les femmes ? La réponse des intéressées est souvent laconique : "Les hommes pourraient faire de même." Excès de modestie ? En tous cas, le combat mené par ces femmes est exemplaire à plus d'un titre.

Des animaux et des femmes, Allain Bougrain-Dubourg, Photographies : Yann Arthus-Bertrand et Philippe Bourseiller, Editions Arthaud, 1995, 144 pages

A propos de l'auteur

Allain Bougrain-Dubourg fonde dès l'enfance un Club des Jeunes Amis des Animaux. Puis TF1 lui propose de venir parler de ces derniers dans des émissions pour les enfants. Il poursuivra sa carrière à Antenne 2 avec des émissions comme "Des animaux et des hommes", "Terre des bêtes" ou "Animalia" (France 2). Il a reçu l'Ordre National du Mérite pour son engagement en faveur de la faune et préside la "Ligue pour la Protection des Oiseaux". Allain Bougrain-Dubourg est également l'auteur de nombreux livres sur les animaux et l'environnement.

A voir sur ce blog, les autres livres de Allain Bougrain-Dubourg, de Yann Arthus-Bertrand, ou de Philippe Bourseiller.

Sommaire

P6 Préface
P9 Dian Fossey : La madone des gorilles
P25 Joy Adamson : Coeur de lion
P35 Kuki Gallmann : Pour que vive l'Afrique
P47 Cynthia Moss : Une mémoire d'éléphant
P61 Stephanie Powers : Pour l'amour des bêtes
P71 Jane Goodall : A l'école des chimpanzés
P83 Betty L. Melville : Le goût des grandeurs
P93 Patty Wilson : La faune sur la toile
P103 Polly Hessing : Pour le clan des morses
P115 Sophie de Wilde : Gros plan sur le grand bleu
P125 Claudia Feh : Dans l'intimité des chevaux sauvages
P139 Brigitte Bardot : Une cause juste (interview)

Quelques extraits en images
La photo centrale est un montage que j'ai fait à partir des présentations,
pour vous donner un aperçu du livre.


18 juillet 2010

Documentaire : Green, de Patrick Rouxel

Green
Documentaire
de Patrick Rouxel


Un film bouleversant qui dénonce la déforestation en Indonésie

Elle s'appelle Green. Elle est seule dans un monde qui ne lui appartient pas. Elle est une femelle orang-outan victime de la déforestation.

Ce film nous invite à accompagner Green au cours des derniers jours de sa vie. Dans son regard des moments d'émotion qui révèlent les trésors de la forêt indonésienne mais aussi les impacts dévastateurs de la déforestation.

Le site du film : Green

"Je suis un citoyen ordinaire qui consacre son temps à la préservation des forêts tropicales de la planète. Pour cela je réalise des films sur la beauté des forêts et de la vie, mais aussi sur les industries qui les détruisent.
Après "Larmes de Bois", "Losing Tomorrow" et "La Forêt Cathédrale", mon dernier film s’appelle "Green".
Il traite de la destruction de la forêt Indonésienne et de l’extinction des orangs-outans. Ce film a pour objectif de toucher le coeur des gens dans l’espoir de nous faire changer nos habitudes de consommation pour ne plus faire partie de cette destruction."

Patrick Rouxel

Pourquoi il faut éviter les marques qui utilisent l’huile de palme

L’Indonésie a un taux de déforestation le plus élevé au monde, avoisinant les 2 millions d’hectares par an. En 1950, la forêt occupait environ 160 millions d’hectares, aujourd’hui il en reste moins de 48 millions.

La déforestation massive en Indonésie a commencé dans les années 70 avec l’expansion de l’industrie du bois. Puis s'est développée l’industrie de la pâte à papier suivie de l’industrie de l’huile de palme. Aujourd’hui, les principales sources d’impulsion de la déforestation en Indonésie viennent de la demande internationale constamment croissante d’huile de palme. Un rapport publié en Octobre 2009 par l’UNEP indique que "deux tiers de l’expansion actuelle des cultures d’huile de palme en Indonésie est basée sur la coupe à blanc des forêts tropicales" et que "95% de l’augmentation de la production d’huile de palme en Malaisie et en Indonésie est issu de la demande croissante de biodiesel".

Cette demande provient essentiellement d’Inde, d’Europe et de Chine qui présentent le biodiesel issu de l’huile de palme comme l’énergie de demain pour combattre le réchauffement de la planète. Or les rapports montrent que transformer les forêt tropicales en cultures extensives d’huile de palme pour subvenir aux besoins du biodiesel ne fait qu'empirer la situation climatique. Le biodiesel issu de l’huile de palme n’aide pas a combattre les changements climatiques, il s’agit avant tout d’un nouveau business très lucratif.

L’huile de palme est aussi utilisée dans la fabrication d’un très grand nombre de produits de différents secteurs industriels : alimentation, détergents et savons, cosmétique, pharmacie, chimie, cuirs et textiles, etc.

Pour en savoir plus, visitez le site Green qui contient de nombreuses informations pour comprendre et agir, des graphiques, des photos, etc.

Patrick Rouxel conseille personnellement à ses amis de donner à Orangutan Outreach. Richard, qui gère Orangutan Outreach à New York, collecte des fonds pour les distribuer aux projets les plus sérieux et les plus efficaces dans la protection des orang-outans en Indonésie. Richard fera en sorte que votre argent servent réellement à la protection des orang-outans et de leur forêt. Pour soutenir Orangutan Outreach, cliquer ici.


Green - La bande-annonce

Green - Le documentaire en intégralité (48mn)
Quelques photos

16 juillet 2010

Vocation nature, de Chanee et Muriel Robin

Vocation nature
Notre combat pour la survie des singes
d'Aurélien Brulé, dit Chanee
et Muriel Robin
avec la collaboration d'Yves Paccalet


Muriel Robin accompagne Chanee dans cette réflexion sur sa 'vocation nature' afin de transmettre à chacun cette flamme qui permet d'agir.

A 13 ans, passionné par les gibbons, Aurélien passe tout son temps libre au zoo à les observer et, trois ans plus tard, publie un ouvrage qui va étonner les spécialistes des primates. Son désir d'aller en Thaïlande, pour aider à la conservation des gibbons, devient réalité grâce au soutien de Muriel Robin. Fascinée par sa détermination, elle finance son voyage et, depuis dix ans, suit son combat, participe à cette aventure, celle d'une "vocation". Et rien ne saurait mieux décrire leur rencontre que l'union de ces deux termes : "vocation" et "nature".

Le jeune homme et la femme se sont trouvés. Ils se sont vus, parlé, entendus. Ils travaillent ensemble : Aurélien devenu Chanee, au centre de Kalaweit, qu'il a fondé à Bornéo et dont il crée ou imagine diverses extensions à Sumatra, au Cambodge, au Bangladesh... Muriel, partout où elle peut l'aider à réaliser ce rêve : sauver quelques pans de la forêt tropicale - merveilleuse mais menacée par le développement intensif de la culture de palmiers à huile qui détruit sa richesse. Et ils agissent pour ceux qui y vivent, hommes, bêtes et plantes.

En pensant à tous ceux qui en auront besoin demain.
Au fils de Chanee, aux enfants des pays pauvres, à toutes les filles et à tous les fils de la Terre.

Vocation nature, Aurélien Brulé dit Chanee, Muriel Robin, avec la collaboration d'Yves Paccalet, Editions Arthaud, 2007, 192 pages

Pour en savoir plus

- L'association Kalaweit fondée par Chanee en 1997, dont l'objectif est la sauvegarde des gibbons et de leur habitat en Indonésie
- Ses vidéos (reportages, sauvetages...)
- Bornéo : Au nom de la vie, d'Aurélien Brulé
- Le nouveau-né, de Chanee
- Ces forêts qu'on assassine, d'Emmanuelle Grundmann
- Le documentaire : Green, de Patrick Rouxel
- L'humanité disparaîtra, bon debarras ! d'Yves Paccalet

A propos de l'auteur

Aurélien Brulé, dit Chanee, se passionne depuis l'enfance pour les animaux, plus que pour les études.

Alors qu'il n'a que 13 ans, il est embauché dans un zoo où il s'adonne à une observation minutieuse des primates qui n'ont de cesse de le fasciner. C'est que les singes ne sont "ni tout à fait nous-mêmes, ni tout à fait des autres", confie Chanee.

Un jour, alors que la morosité le ronge, une "gibbonne" lui prend la main et la lui serre, comme pour le réconforter. Profondément ému par ce geste de tendresse, il lui promet qu'il se battra pour la protéger, elle et les siens. Une promesse que Chanee honore en publiant "Le Gibbon à mains blanches" alors qu'il n'a que 17 ans, et qui surtout, nourrit son désir de s'envoler pour le pays des gibbons, la Thaïlande.

Puis, il rencontre Muriel Robin qui, admiratrice de sa détermination et de son engagement, décide de financer son voyage avant de suivre son combat 10 années durant. Soutenu par sa « bonne fée », Chanee se met en route pour la patrie des gibbons à mains blanches, où on le surnomme "Chanee" ("gibbon" en langue thaï). Comment appeler autrement un homme qui passe son temps à chercher des gibbons et dont le prénom, "Aurélien", est imprononçable dans la langue locale ?

En Thaïlande, puis en Indonésie, Chanee guette, observe et étudie les singes dont il s'est épris au fil du temps. Mais c'est en Indonésie qu'il souhaite donner vie à son projet Kalaweit; l'association Kalaweit voit le jour en 1997. En 1999, il crée ainsi le centre de Bornéo, avant d'ouvrir celui de Sumatra en 2003. Cette même année, l'association fait naître le premier média destiné à aider la conservation des gibbons en Indonésie : Kalaweit FM.

Toutes ces initiatives font de Kalaweit le plus grand programme actuel de réhabilitation de gibbons au monde. Mais la victoire reste encore loin. « Je rêve que l'homme apprenne un jour à aimer la vie, toute la vie. Et que Kalaweit n'ait plus de raison d'être », espère Chanee.

Ce combat de chaque jour, Aurélien Brulé le mène sur le terrain, sur l'île de Bornéo où il vit avec sa femme et son jeune fils. Ses livres, "Bornéo, Au nom de la vie" et "Vocation nature", publiés respectivement en 2004 et 2007, en retracent l'histoire. Une histoire qui n'est autre que celle d'une vocation nature exemplaire.




14 juillet 2010

Bornéo : Au nom de la vie, d'Aurélien Brulé

Bornéo : Au nom de la vie
d'Aurélien Brulé, dit Chanee

C'est le récit d'un petit bout de chemin pour la vie...
C'est une histoire racontée dans un verbe simple, parfois enfantin...
Pour être franc, je ne sais pas vraiment écrire ! Pourtant je voulais partager quelque chose, mon expérience, mon amour pour la vie, ma colère. Alors... Comment faire ?
J'ai retranscrit une conversation imaginaire. Je pouvais ainsi raconter, évitant une narration que je n'aurais pas su maîtriser. Elle a été imaginée pour retracer un parcours, celui d'un rêve ! A travers ce livre, j'ai raconté sa naissance, sa raison d'être... Le contexte est un endroit magique : une rivière dans la partie indonésienne de Bornéo. Le dialogue a lieu lors d'une ascension au coeur de la jungle : un voyage bien réel.
Depuis trois ans à Bornéo pour sauver les animaux, je voulais avec cet ouvrage, répondre à ces questions, devenues quotidiennes. Comment et pourquoi j'ai quitté la France à 18 ans, dans l'espoir de sauver des gibbons : des grands singes méconnus dont les chants hantent les fôrets d'Asie du sud-est... Tout ce que je raconte dans ce livre est vrai. Les endroits et les noms cités existent. Je n'ai rien changé dans la chronologie de l'histoire.
Mais ce livre, c'est aussi autre chose... Avec le récit d'anecdotes, j'ai voulu faire le portrait d'une Indonésie au bord de l'explosion, d'un peuple qui souffre... Relié à ce fil conducteur, cette remontée de la rivière jusqu'aux montagnes centrales de Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo), j'ai voulu faire comprendre la dureté de la vie des indonésiens, dans ces premières années de troisième millénaire.
Enfin, et vous le comprendrez, j'ai voulu exposer au grand public cette destruction massive de la vie au profit de l'argent, dans un pays tourmenté par des crises politiques, économiques et environnementales. C'est la perte d'un monde fascinant, de la forêt tropicale et de mes amis gibbons !
J'ai voulu faire comprendre pour ne plus être seul...
Laissez-vous emporter par Kalaweit...

Aurélien Brulé

Bornéo : Au nom de la vie, Aurélien Brulé, Editions Les Presses du Midi, 2004, 249 pages

A propos de l'auteur

Chanee, né en 1979, a grandi dans le Var. Passionné par les singes, dès l'âge de, 12 ans, il passe ses mercredis à observer les gibbons dans un zoo. A 16 ans, il publie un livre qui suscite l'intérêt des journalistes. Un article tombe dans les mains de la comédienne Muriel Robin qui décide de le soutenir. Il part en 1997 en Thaïlande pour 3 mois où il découvre les gibbons sauvages. Après un court retour en France, les terribles incendies qui détruisent l'Indonésie à cette époque le poussent à partir à Bornéo. Il y est installé depuis, où il a fondé sa famille. Il a créé le plus grand programme de sauvegarde des gibbons. Il emploie plus de 50 personnes, veille sur près de 250 gibbons et travaille à la protection de réserves, en partenariat avec les populations. Il a aussi créé une radio FM destinée aux jeunes : la radio Kalaweit.

Pour en savoir plus

- L'association Kalaweit fondée par Chanee en 1997, dont l'objectif est la sauvegarde des gibbons et de leur habitat en Indonésie
- Ses vidéos (reportages, sauvetages...)
- Le nouveau-né, de Chanee
- Vocation nature, de Chanee et Muriel Robin
- Ces forêts qu'on assassine, d'Emmanuelle Grundmann
- Le documentaire : Green, de Patrick Rouxel