08 août 2010

Parole de chat ! de Robert de Laroche

Parole de chat !
de Robert de Laroche

Et si votre chat se mettait soudain à parler pour vous dire ce qu'il a sur le coeur ? S'il vous apprenait à décoder son comportement : la signification d'une oreille à demi relevée, d'un miaulement, d'une queue dressée, bref, s'il vous livrait les clés de sa psychologie de chat ?

Cette drôle d'aventure, Robert de Laroche l'a vécue. Un matin, Méphisto, dit Toto-la-Terreur, s'est lové contre son épaule : un long et passionnant dialogue s'en est suivi. Enthousiasme, renoncements, accès d'humeurs et d'humour... : c'est cette conversation que Robert de Laroche restitue ici. Le plus fidèlement possible.

Ce livre aborde toutes les facettes du comportement félin : toucher, odorat, langage du corps, caresses et câlins, toilette, instinct maternel, vieillesse... Nourri des travaux les plus récents menés par les éthologues, Parole de chat ! vous fera découvrir votre chat sous un jour nouveau. Et vous aidera, qui sait, à le rendre plus heureux.

Parole de chat ! Robert de Laroche, Editions L'Archipel, 1998, 258 pages

A propos de l'auteur

Difficile d'être plus chat que Robert de Laroche ! Vivant entre ses trois ports d'attache, Paris, Venise et la Normandie, il écrit toujours en étroite collaboration avec Méphisto. On lui doit de nombreux ouvrages consacrés au félin domestique, dont Chats de Venise (La Renaissance du Livre, 1991), L'ABCdaire du chat (Flammarion, 1996), et Chats de légende (La Renaissance du Livre, 2000). Les éditions de l'Archipel ont publié en 1998 Parole de chat !, premier livre écrit à deux mains et deux pattes.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Archipel
- Parole de chien ! de Robert de Laroche
- La série du chat Moune, de Philippe Ragueneau


Parole de chien ! de Robert de Laroche

Parole de chien !
de Robert de Laroche
illustrations de Bernard Vercruyce
préface de Françoise Bourdin

Dans Parole de chat !, le maître de Toto-la-Terreur découvrait avec stupéfaction que son chat de gouttière était doté de la parole. Une nouvelle surprise attend Robert, au début de ce livre : Willy, son labrador, sait lui aussi parler ! D'où un étonnant dialogue à babines retroussées.

Willy y dévoile des facettes peu connues de la psychologie canine : les sentiments qui lient le chien à l'homme et la façon dont il le manipule, les étonnantes informations que lui livre sa truffe, les raisons de l'hostilité ou l'attirance qu'il éprouve immédiatement envers ses congénères, la façon dont il ressent le temps, la sexualité et les chats.

Une confrontation non dénuée d'humour, qui livre bien des clés du comportement canin, de la petite enfance au troisième âge : alimentation, sommeil, jeu, maternité, place dans la maison et au sein de la famille. Cette conversation mordante s'appuie sur les dernières découvertes en matière d'éthologie.

Parole de chien ! Robert de Laroche, Illustrations : Bernard Vercruyce, Préface : Françoise Bourdin, Editions L'Archipel, 2005, 273 pages

A propos de l'auteur

Robert de Laroche, qui vit entre la Normandie et Venise, a consacré nombre d’ouvrages au chat et à la cité des Doges. On lui doit notamment Parole de chat ! et Plus chat que moi… (L’Archipel, 1998 et 2000). Il vient de publier un recueil de nouvelles : Contes et légendes du chat (Ouest-France, 2005). Il est aussi fou de chiens que de chats.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Archipel
- Parole de chat ! de Robert de Laroche

07 août 2010

Chat plume, de Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet

Chat plume
60 écrivains parlent de leurs chats

de Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet


Le meilleur ami du chat, c'est l'écrivain. Personne n'en a jamais mieux parlé que lui. Et les chats le savent bien. Jamais encore un livre n'a ainsi révélé les rapports étroits qu'entretiennent ces deux êtres, finalement aussi étranges l'un que l'autre : l'écrivain et son chat. Ou plutôt, le chat et son écrivain.

Chat plume, Marcel Bisiaux, Catherine Jajolet, Editions Horay, 1998, 319 pages

Les personnalités au sommaire

Marcel Arland, Dominique Aury, René Barjavel, Marcel Béalu, Béatrix Beck, Yves Berger, Hector Bianciotti, Jean Blot, Alphonse Boudard, Muriel Cerf, René-Jean Clot, Régine Deforges, Pierre Desproges, Jean-Philippe Domecq, Jean Duvignaud, Michel Fardoulis-Lagrange, Serge Fauchereau, Jean-Pierre Faye, Léonor Fini, Remo Forlani, Bernard Frank, Claire Gallois, Eugène Guillevic, Anne Hébert, Frédérique Hébrard, Jacques Laurent, Renée Massip, Félicien Marceau, Thierry Maulnier, Jean-Michel Maulpoix, Claude Mauriac, Maryvonne Miquel, Michel Mohrt, Pierre Monnier, Maurice Nadeau, Louis Nucéra, René de Obaldia, Claude Ollier, Jean Paris, Jacques Perry, André Pieyre de Mandiargues, Bernard Pivot, Maurice Pons, Suzanne Prou, Juliette Raabe, Patrick Reumaux, Angelo Rinaldi, Maurice Roche, Claude Roy, André Ruellan, Robert Sabatier, André Stil, Jean Tardieu, Jean Thibaudeau, Henri Thomas, Michel Tournier, Frédéric Vitoux, Jean-Noël Vuarnet, Romain Weingarten, Françoise Xenakis.

06 août 2010

Les chats de hasard, d'Anny Duperey

Les chats de hasard
d'Anny Duperey

Récit


"Il m'est venu l'envie d'écrire un livre doux. Pas vraiment sur les bêtes mais plutôt autour, à propos des rapports que nous avons avec certaines d'entre elles. Pourquoi avons-nous une telle faim de leur tendresse, de leurs qualités particulières ?

Envie de rendre hommage, aussi, à ces personnes animales rares qui accompagnent parfois un temps notre existence et y apportent paix et simplicité."

Anny Duperey

Les chats de hasard, Anny Duperey, Editions Seuil, 1999, 124 pages

L'avis du site Les voyages immobiles de Madame Charlotte
Cliquez sur le lien pour voir sa présentation complète.

Tendre et drôle, dur et poignant, ce livre est avant tout un hommage aux chats, et va au-delà de la simple autobiographie. Toutefois, il faut aimer les animaux pour comprendre son attachement aux chats en particulier, la relation spéciale qui peut exister entre l’homme et l’animal.
Le récit de la mort de ses chats de hasard et les réactions de sa famille prend à la gorge durant plusieurs pages, et vous donne envie d’aller câliner votre chat frénétiquement.
À lire par tous les amis des "personnes-animales".

Quelques extraits

Page 16 ./. Il n'est même pas besoin que je parle de tout ce qui vit en cage, en totale dépendance, grosses ou petites bêtes à poil ou à plume de n'importe quelle couleur. Non, ce n'est pas pour moi. Un écureuil tournant névrotiquement sans fin dans sa roue, la tristesse d'un petit oeil fixé sur vous derrière une grille... La vue seule de cet emprisonnement me fait mal. Je n'y peux trouver aucun plaisir, si beau soit le plumage ou si belle la fourrure. Les barreaux sont toujours des barreaux et les chaînes des chaînes. Le spectacle de la sujétion forcée me rend triste et m'amoindrit, il me rappelle que je suis de la race des geôliers. Je ne veux pas de ce rôle-là non plus. ./.

Page 47 ./. Accepter qu'une bête entre dans sa maison, s'y installe à demeure, inclut du même coup l'engagement de lui rendre la vie la meilleure possible, suivant ses moyens, de l'aimer et d'en prendre soin jusqu'à sa mort, quoi qu'il arrive. C'est comme un mariage ou une véritable adoption. Si c'est un chat ou un chien on "en prend" pour 15 ou 20 ans. C'est dire si c'est grave et s'il faut bien réfléchir avant d'ouvrir sa porte et son coeur. Rien ne doit être fait ou décidé à la légère. Dans cette optique, c'est une personne à part entière qui va s'installer chez vous, une personne-chat, une personne-chien ou une personne-cheval, en tout cas quelqu'un dont il faut découvrir le caractère, avec ses qualités et ses défauts, et avec qui il faut chercher à avoir une relation particulière, parfois surprenante, l'entretenir et l'enrichir ensuite - sans parler des soins physiques.

Page 63 ./. [En compagnie de Jean Mercure, comédien] Puis, comme je lui avais fait à déjeuner, nous en vînmes, entre autres sujets de conversation, à parler de la nourriture. La qualité de la nourriture le préoccupait beaucoup.
"Fais très attention à ce que tu manges...", me dit-il soudain.
Puis il me raconta gravement qu'on lui avait demandé de prendre position contre l'exploitation industrielle de veaux en batterie. Ne voulant pas donner sa signature à la légère - y a-t-il quelque chose que Jean faisait à la légère ? - il avait souhaité se rendre compte par lui-même en visitant un élevage.
"Tu ne peux pas savoir, c'est terrible..."
Sa voix s'était soudainement cassée, et à ma grande stupéfaction je vis ses yeux se remplir de larmes. De vraies larmes.
"Ils sont dans le noir, tu comprends ? Ils ne peuvent pas bouger. On les attache les pattes écartées pour que leurs déjections ne les souillent pas. Et quand tu entres là-dedans, qu'une porte s'ouvre et qu'un rayon de lumière s'infiltre dans leur nuit, toutes les têtes de ces pauvres bêtes se tendent ensemble vers la clarté, le cou tordu, l'oeil désespérément écarquillé, suppliant, vers la porte ouverte. Vivre dans le noir, sans pouvoir bouger ni se coucher... Quelle horreur, quelle souffrance ! Te rends-tu compte ? Jamais je n'oublierai les regards de ces bêtes vers moi..."
Puis, ayant contenu son émotion, il poursuivit :
"Mais nous allons le payer cher, tu sais. Les hommes paieront très cher les souffrances qu'ils infligent aux animaux. On ne fait pas tant d'atrocités, on ne provoque pas tant de douleur impunément. Vont apparaître des maladies, dégénérescences, il y en a déjà, et d'autres choses encore... Je suis persuadé que la souffrance reste inscrite dans la chair, dans les gènes. Elle marque, elle empoisonne, elle se transmet. Et nous, les bourreaux, qui mangeons cette chair imprégnée de souffrance, cette chair torturée par nous, nous le paierons, oui..."
Puis il me parla de sa révolte concernant la façon dont on disposait de la vie animale, de ne pas reconnaître ses droits.
Jean était un homme aux yeux ouverts. Sa sensibilité, son intelligence et sa lucidité appréhendaient le beau, l'enthousiasmant autant que l'horrible et le désespérant. A 80 ans passés, il voyait tous les spectacles, il suivait passionnément les événements artistiques et autres. Et aussi il pleurait sur la tragédie que vivent les animaux en batterie et sur les massacres des peuples. Il se tenait au courant de tout et il était traversé par tous les drames du monde. Il pensait aussi que l'on vit trop vieux, maintenant...
Jean a usé du grand privilège réservé aux humains : pouvoir choisir l'heure de sa mort. J'ai appris voilà quelques jours qu'il s'est suicidé avec sa femme Jandeline, la compagne de toute sa vie. Suicide concerté, préparé de sang-froid, peut-être depuis longtemps. Il aurait dit à l'un de ses amis, qui souhaitait le voir la semaine suivante et qui n'a pas compris bien sûr le sens définitif de la réponse de Jean : "Non, désolé, nous ne pourrons pas nous voir. Mardi nous serons partis..."
Ils ont choisi de quitter ce monde dignement, ensemble, en toute connaissance de cause, à leur heure et à leur manière. On ne peut guère "placer la barre" plus haut. Est-ce pour éviter d'être victimes de la vieillesse, de subir une dégénérescence inévitable et peut-être une séparation si la mort venait à emporter l'un d'eux, laissant l'autre seul ? Ou bien a-t-il choisi de quitter ce monde parce que l'horrible était en train de l'emporter sur le beau ?
En tout cas, voilà ce qu'il m'avait dit sur la souffrance des bêtes. Et je l'ai vu pleurer pour cela. Il ne le dira plus, il ne pleurera plus. J'aime à le transmettre en souvenir de lui.
Au revoir, Jean.

05 août 2010

100 Chats de légende, de Stefano Salviati

100 Chats de légende
de Stefano Salviati


Le chat est depuis de nombreux siècles l'animal de compagnie le plus populaire. Cette adulation reflète la fascination de l'homme pour cette merveille qu'est le chat domestique. Au cours de l'Histoire, bien des chats se sont rendus célèbres. Qu'eurent donc en commun Richelieu, Victor Hugo, Picasso, Colette et le général de Gaulle sinon l'amour des chats ? Quel animal peut se vanter, comme le chat, d'avoir été vénéré sous diverses identités, dans plusieurs pays à travers le monde, et d'être malgré cela si proche de nous ? Qu'ils soient mythiques ou réels, inquiétants ou adorables, magiques ou paisibles, inspirateurs ou simples compagnons, vedettes ou divinités, 100 chats de légende se donnent la patte, dans ce livre, pour une parade féline tout à leur gloire. Tous apportent aux hommes la fascination de leur beauté, la douceur de leur présence, leur affection et leur fidélité si particulières. Ils ne peuvent que vous séduire.

100 Chats de légende, Stefano Salviati, Editions Solar, 2008, 143 pages

Voir aussi : 100 Chiens de légende, de Christel Matteï.

L'avis d'une lectrice
Source

Pour les amoureux des Chats et de l'Histoire

Un très bel ouvrage avec de nombreuses illustrations. Ce livre permet, de faire découvrir les compagnons de personnages célèbres de Richelieu à Clinton. Le seul ouvrage que j'ai trouvé où il n'est pas question de standard et de race. Un livre pour les amoureux du caractère félin et les amateurs d'anecdotes historiques.
Couverture de l'édition 2002

04 août 2010

100 Chiens de légende, de Christel Matteï

100 Chiens de légende
de Christel Matteï


"Le chien est le meilleur ami de l'homme". L'expression n'est certes pas exagérée. Depuis la Préhistoire où le chien s'est laissé approcher puis apprivoiser, il est resté indéfectiblement dévoué aux hommes. Aujourd'hui encore, partout dans le monde, le chien est un partenaire de jeux, de travail et un ami fidèle, qu'il soit berger, chasseur, sauveteur, soldat, guide, animal de compagnie. A côtoyer ainsi les hommes, le chien a fait une entrée dans leur imaginaire, devenant ainsi l'inspirateur d'innombrables légendes, tableaux, livres ou films.

Des chiens de rois au célèbre Rintintin et au malicieux Milou, ce livre offre, à travers une galerie de 100 portraits de chiens connus ou anonymes, réels ou imaginaires, un panorama historique et artistique de la gent canine. Il est également un hommage à tous nos petits, grands, intrépides, affectueux compagnons à quatre pattes et comblera autant les amoureux des chiens que les cynophiles avertis.

100 Chiens de légende, Christel Matteï, Editions Solar, 2001, 144 pages, 250 photos

Voir aussi : 100 Chats de légende, de Stefano Salviati.

Sommaire

Les chiens mythiques
Contes et légendes
Les chiens de cour
Les fidèles compagnons
Les braves
Les chasseurs
Les bergers
Les sportifs
Les grands gabarits
Les petits formats
Les coquets
Les chiens du monde
Les modèles
Les héros à lire
Etoiles et vedettes
Donner sa langue au chien
Glossaire
Index
Adresses utiles
Bibliographie

03 août 2010

Les animaux de l'Histoire, de Valérie de Lore

Les animaux de l'Histoire
de Valérie de Lore
préface de François Cavanna

Au cours des siècles, certains Rois, ainsi que des Reines, des musiciens, des peintres, des poètes, des auteurs, ont aimé les animaux. D'autres pas. Les "Animaux de l'Histoire" nous parlent de ces personnages célèbres et de leurs animaux familiers.

Grande amie des animaux et de la nature, Valérie de Lore a renoncé au métier de cinéaste pour mettre son goût de l'écriture au service de la détresse, tant humaine qu'animale.

Les droits des "Animaux de l'Histoire" seront partagés de manière à pouvoir aider la Fédération Nationale des Ecoles de chiens guides d'aveugles et les refuges d'animaux.

Les animaux de l'Histoire, Valérie de Lore, Editions Tourne-Feuilles, 1991, 224 pages

Le mot de l'auteur

Vénérés ou haïs, les animaux ont été de tous temps intimement liés à l'Histoire des hommes. Les découvrir au cours des siècles, c'est apprendre non seulement à les connaître et à les aimer, mais c'est aussi s'acheminer vers plus de justice, vers plus de bonté.

Valérie de Lore

Quelques mots de Pierre Desnoyers

Les histoires de Valérie de Lore ne sont pas uniquement charmantes, amusantes, parfois tragiques. Elles sont aussi le témoignage du rôle civilisateur de l'animal. Notre animalité commune a construit un passé. De cette animalité indissociable, que naîtra-t-il demain ? "L'urbanimalisation" au sens du respect de la vie animale sous toutes ses formes, voilà le grand défi des années à venir. Le XXIe siècle sera "urbanimalisé" ou ne sera pas.

Pierre Desnoyers
Fédération Nationale des Ecoles de chiens guides d'aveugles

Voir également

- Les animaux qui ont une histoire, de Michel de Decker
- Animaux 1989, d'Allain Bougrain-Dubourg et Brigitte Bulard-Cordeau
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux

La préface, signée François Cavanna

Les animaux n'ont pas d'Histoire.

L'Histoire ne veut connaître que les hommes. S'ils y montrent parfois le bout du museau, ou du sabot, ou de la trompe, comme les éléphants d'Hannibal, le cheval d'Alexandre ou les oies du Capitole, les animaux n'y apparaissent qu'anecdotiquement, en tant que fidèles compagnons, bêtes de somme ou sauveurs occasionnels. Sans l'avoir voulu, ils participent aux guerres des hommes, y souffrent et y meurent en masse, cela n'a jamais ému les historiens. On nous vante le glorieux sacrifice des cuirassiers de Reichshoffen, on ne nous dit rien des milliers de chevaux massacrés. On nous montre les chrétiens dévorés par les lions, on ne nous dit pas qu'on laissait d'abord presque mourir de faim les lions, et qu'après le spectacle on les tuait, à leur tour, dans la coulisse. Si l'on nous présente les petits chiens de Henri III, c'est pour mieux se moquer de ses manières efféminées...

Les animaux n'ont pas d'Histoire, parce que les animaux ne font pas de politique, ni de guerre, n'ont pas d'ambition, ne savent pas ce que c'est que l'honneur, la patrie, la gloire et toutes ces chimères qui mènent les hommes, en font des héros et des assassins.

Les animaux ne sont qu'innocence et amour. Ils n'intéressent pas l'historien.

Cavanna.

Quelques extraits choisis

Le chien de Lord Byron (p19-p20)

Au cours d'une promenade dans les montagnes d'Ecosse, Lord Byron fut surpris par l'un de ces brouillards impénétrables qui sont une particularité de ce pays.
La visibilité s'étant réduite à quelques mètres à peine, il perdit rapidement son chemin, ne sachant plus si ses pas le dirigeaient au nord ou au sud. Inquiet, il continua malgré tout sa route, espérant trouver un abri. Mais brusquement son pied se prit dans une touffe de bruyère et, perdant l'équilibre, il tomba dans un ravin.
Son chien, un dogue magnifique, d'une force exceptionnelle, eut le réflexe extraordinaire de l'attraper par son habit et freina la chute autant qu'il le put. Cela permit à Lord Byron d'agripper une grosse racine à laquelle il s'accrocha de toutes ses forces.
Jugez de son effroi lorsque le brouillard se fut dissipé et qu'il se vit suspendu au-dessus d'un précipice, dont il pouvait à peine mesurer la profondeur. Après maintes tentatives infructueuses pour remonter, il prit le parti de descendre jusqu'au fond, et passa là une nuit terrible, pensant surtout à l'inquiétude dans laquelle devaient se trouver les siens.
Il faisait affreusement froid et Byron ne pouvait s'empêcher de grelotter. "Ralph" se coucha alors tout contre son maître, pour le réchauffer. Au matin une faim cruelle les tenaillait tous les deux. Prenant soudain son élan, le chien se mit à escalader la paroi. Se croyant abandonné le lord ne put retenir ses larmes, il était désespéré et ne voyait pas d'issue à la situation. Et pourtant... une heure plus tard le chien était de retour, tenant dans sa gueule un morceau de pain qu'il déposa devant son maître. Byron pleura à nouveau, mais cette fois c'était le remords d'avoir douté de son ami qui lui faisait verser des larmes. Une idée lui vint. Il griffonna un billet dans lequel il raconta sa mésaventure et l'attacha au cou de l'animal, en priant pour que celui-ci retourne chercher du pain lorsqu'il aurait faim.
Ce fut en effet ce qui se passa. Vers le soir, Ralph s'élança une nouvelle fois à l'assaut de la paroi, et une heure plus tard il rapportait un autre quignon de pain. Les secours le suivaient de peu, Lord Byron put ainsi passer la nuit suivante bien au chaud dans son lit.

L'araignée de Pelisson (p150-p151)

Pelisson, l'homme de lettres, pour avoir témoigné publiquement de sa fidélité à Fouquet, son ancien protecteur, tomba en disgrâce et fut mis à la Bastille par ordre de Louis XIV.
Des consignes sévères ayant été données pour le régime de sa détention, on alla jusqu'à le priver des joies que fournit l'étude à un homme intelligent. On lui ôta livres, papier et encre. Il fut obligé de se contenter de la seule société d'un prisonnier Basque, stupide et morne, qui ne savait que jouer de la musette.
Pour vaincre son ennui, il s'inventa une occupation originale. Une araignée faisait sa toile à l'entrée d'un soupirail qui donnait du jour à la cellule ; il entreprit de l'apprivoiser. Pour cela, il déposait des mouches sur le rebord de l'ouverture, tandis que le Basque soufflait dans son instrument. Peu à peu l'araignée, comme subjuguée par la musique, s'accoutuma à sortir de son trou lorsque le musicien se mettait à jouer ; ensuite Pelisson posait sa mouche et l'araignée se précipitait pour s'en saisir. Il continua à l'appeler toujours de la même façon, mais en éloignant petit à petit sa proie. Il parvint, après plusieurs mois, à si bien discipliner l'insecte que celui-ci partait dès les premières notes chercher l'appât, qui parfois avait été placé au fond de la pièce, et d'autres fois sur les genoux mêmes du détenu.
Le gouverneur de la Bastille vint un jour voir Pelisson et lui demanda, avec un méchant sourire, à quoi il passait son temps. L'écrivain, d'un air serein, lui dit qu'il avait su se trouver un amusement, et donnant le signal il fît aussitôt venir l'araignée sur sa main. Le gouverneur ne l'eut pas plus tôt vue qu'il la fît tomber et l'écrasa du pied. "Ah ! monsieur, s'écria Pelisson, j'aurais mieux aimé que vous m'eussiez cassé le bras."
L'action était cruelle, en effet, elle ne pouvait venir que d'un homme sans coeur. Le roi en fut Informé. Il jugea par ce trait du caractère de l'individu, et lui ôta son emploi.

[A noter qu'il y a dans ce livre une autre histoire au sujet d'une araignée qui sortait de sa cachette au son du violon (et sans nourriture en jeu) et qui restait là à écouter... Les araignées seraient-elles mélomanes...?]

Le rat aveugle (p220-p221)

En 1757, Monsieur Puddew, aide-chirurgien â bord du vaisseau "Lancaster", écrivit cette note dans le "Journal Encyclopédique" :
"J'étais ce matin dans mon lit et je lisais. Je fus interrompu tout à coup par un bruit semblable à celui que font des rats qui grimpent entre une double cloison, et qui essayent de la percer.
Le bruit s'arrêtait de temps en temps, puis recommençait. Je n'étais qu'à deux pas, je me mis donc à observer attentivement.
Bientôt apparut un rat sur le bord du trou qu'il venait de pratiquer dans la paroi. Il regarda sans faire aucun bruit, et après avoir aperçu ce qui lui convenait il se retira. Un instant plus tard je le vis reparaître, conduisant par l'oreille un autre rat, plus gros que lui et qui paraissait vieux. Il le laissa sur le bord de l'ouverture.
Un autre jeune rat rejoignit alors le premier et tous deux se mirent à parcourir la chambre, ramassant des miettes de biscuit qui, au souper de la veille, étaient tombées de la table. Ils les portèrent ensuite au vieux rat. Une telle attention de la part de ces animaux m'étonna. J'observai plus attentivement et je m'aperçus que le plus âgé était aveugle, et qu'il ne trouvait qu'en tâtonnant la nourriture qu'on lui présentait. Ainsi les deux jeunes, qui devaient sans nul doute être les petits de l'aveugle, étaient aussi ses pourvoyeurs assidus et fidèles.
Je ne pus dès lors plus considérer de la même façon ces animaux, jusque là abhorrés.
Je suivais leur manège avec admiration lorsque quelqu'un entra.
Les deux jeunes rats poussèrent aussitôt un petit cri pour avertir celui qui ne voyait pas, et malgré leur frayeur ils ne voulurent pas se sauver avant qu'il ne fut en sûreté.
Ils ne rentrèrent qu'après lui dans le trou, lui servant, si on peut dire, d'arrière garde."

Parade (p222-p223)

Cette historiette figurait, en l'an VI (1798), dans le "Moniteur Universel" (journal officiel de la République Française).
"Un chien vient chaque jour prendre part à la parade qui se déroule devant les Tuileries.
L'animal s'installe entre les jambes des musiciens, il se met en marche avec eux et lorsqu'ils s'arrêtent il s'arrête aussi, mais sitôt la parade finie il disparaît jusqu'au lendemain, où il revient à la même heure se mettre à sa place habituelle.
Les musiciens, qui ont décidé de l'adopter, l'ont appelé "Parade", ils ont même pris l'habitude de l'inviter à dîner, tantôt chez l'un tantôt chez l'autre.
Celui qui l'invite dit en le caressant : "Parade, ce soir tu viendras dîner chez moi." Il n'en faut pas davantage, le chien suit aussitôt son hôte. Il est toujours satisfait de ce qu'on lui donne et mange de fort bon appétit, mais après son repas, constant dans ses goûts comme dans son indépendance, l'ami Parade prend congé sans que rien ne puisse le retenir. Il se rend ensuite à l'Opéra ou à la Comédie Italienne, et va même parfois au théâtre Feydeau. Il entre alors sans façon dans l'orchestre, s'installe dans un coin et ne ressort jamais avant que le spectacle soit fini.
On ne saura sans doute jamais à qui appartient ce chien. Probablement s'appartient-il à lui-même car, ayant arrangé sa vie de façon à avoir, pour ses besoins matériels, son couvert mis chez l'un ou chez l'autre, et une double ration musicale pour ses besoins intellectuels, il peut très bien se passer de maître."

02 août 2010

Les animaux qui ont une histoire, de Michel de Decker

Les animaux qui ont une histoire
de Michel de Decker

Pour parodier Brantôme, on aurait pu appeler ce livre 'La vie des Animaux Illustres' et le sympathique anecdotier de la renaissance ne nous aurait sans doute pas cherché la petite bête ! D'autant qu'il n'existe pas d'hommes ou de femmes illustres qui n'aient un jour vécu une étonnante histoire d'animal. Brantôme a raconté la vie de Louis XI ou celle du baron des Adrets ou celle de Charles Quint ; ici, c'est le chat du terrible baron qui se taille la part du lion ; ou l'âne de Louis XI qui invente la météorologie royale, ou le tout-puissant Charles Quint qui se trouve lamentablement mis en échec - et mat ! - par son chimpanzé. De la puce coquine de Mademoiselle Desroches à l'éléphant alpiniste d'Hannibal, tous les animaux sont surprenants. Un jour, c'est une jeune Anglaise qui accouche de lapins ; un autre, des lamproies assassinent un roi. On rencontre aussi une araignée mélomane, la girafe de Charles X et sa folle aventure, les mérinos de Louis XIV qui inondent le parquet de Versailles. On croise Beaumarchais qui doit la vie à un âne rabougri ; quant à Cléopâtre, elle doit la mort à un aspic qui change la face du monde… C'est le lion d'Androclès qui se laisse aussi aisément apprivoiser que les pigeons de Latude ou les rats du baron de Trenck. Et que dire de la bête du Gévaudan qui n'était peut-être qu'un satyre ? Les chevaux, bien sûr, ne sont pas absents de cette grande cavalcade des animaux historiques, ni les chiens Mabrouk et Rintintin. Et on retrouvera même quelques histoires… de cochons ! Un livre pour les lecteurs qui ne veulent pas être… les dindons de la farce ! Ennemis des bêtes, s'abstenir !

Les animaux qui ont une histoire, Michel de Decker, Editions Jean Picollec, 1993, 326 pages

A propos de l'auteur

Michel de Decker, écrivain historien, auteur d'une vingtaine de titres, est aussi producteur d'émissions TV, chroniqueur historique sur France Bleu et conférencier (conteur) fort apprécié. Président de la Société des Auteurs de Normandie il organise de nombreux Salons du Livre et participe à toutes les grandes manifestations littéraires de France et de Navarre. Il est également l'auteur de quelques spectacles du genre son et lumière ou comédies musicales.

Pour en savoir plus

- Le site de Michel de Decker
- Les animaux de l'Histoire, de Valérie de Lore
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux

30 juillet 2010

Gorilles orphelins, de Despina Chronopoulos

Gorilles orphelins
de Despina Chronopoulos

"Enfant déjà, ma passion pour la forêt vierge était une obsession. A dix ans, mes parents musiciens m’ont emmenée au Kenya. J’ai compris alors que ma vie était là, en Afrique. De retour en Autriche, mon pays natal, je me désespérais. A quatorze ans, j’ai craqué : j’ai volé de l’argent à mes parents et je me suis envolée pour Nairobi. Interpol m’a retrouvée. Trois jours plus tard. Retour à la case départ... Sauf que la gloire m’est tombée dessus, à l’improviste. Une fable, Le Secret de la chauve-souris blanche, que j’avais écrite en catimini, est devenue un best-seller. Je suis devenue un phénomène littéraire. La réalité m’a rattrapée. J’ai épousé un Français et je suis rentrée dans le moule. Je me suis installée à Paris, j’ai travaillé. J’étais heureuse - le jour. La nuit, c’était autre chose : je me réveillais en pleurs, avec une pensée lancinante : "Tu t’es trahie". Un documentaire télé sur les gorilles m’a fait l’effet d’un électrochoc. J’ai décidé de tout larguer, Paris, mon job, mon mari, pour le reportage animalier. John Aspinall, un milliardaire anglais, m’a confié un projet : la réintroduction de gorilles orphelins dans leur milieu naturel, au Congo. Pendant quatre ans, ce fut le bonheur. Je me suis réconciliée avec la petite fille que j’étais. Mais la guerre civile nous a rattrapés et nous a plongés, les gorilles et moi, dans le cauchemar..."

C’est le récit de cette incroyable aventure que nous livre ici Despina Chronopoulos, depuis son enfance peuplée de rêves d’Afrique, jusqu’au projet de réintroduction de gorilles orphelins dans la réserve de Léfini, au Congo - projet que la guerre viendra interrompre, hélas, alors que le succès était à portée de main. Despina Chronopoulos n’est pas une scientifique ; mais la perception et la compréhension intuitive qu’elle a de ces animaux attachants, sensibles et émouvants que sont les gorilles dépasse souvent de loin ce que peut nous offrir la pure "objectivité" de la science. Au Congo, les gorilles sont pourchassés, massacrés, découpés en morceaux, leurs os réduits en poudre et utilisés en tant que gris-gris, et leurs mains séchées vendues aux touristes comme cendriers ! Dans ces pages, Despina Chronopoulos se fait le porte-parole de cette espèce mise en danger par la cupidité humaine, au nom de Kola, de Bangha, de Kongho et de tous les autres gorilles orphelins de la forêt vierge...

Gorilles orphelins, Despina Chronopoulos, Editions Robert Laffont, 2000, 476 pages

A propos de l'auteur

Despina Chronopoulos est née en Grèce, a été élevée en Autriche, et fait des études de lettres à Paris. Devenue spécialiste de la protection des espèces menacées, elle vit aujourd’hui à Paris en attendant de retourner bientôt en Afrique.

Voir également

- Gorilles dans la brume, de Dian Fossey
- Dian Fossey au pays des gorilles, de Farley Mowat
- Gorilles : Les survivants des Birunga, de George Schaller
- Au secours des gorilles, de Fabrice Martinez
- D'autres livres sur le thème des gorilles
- Le documentaire Conversations avec Koko le gorille
- Les documentaires Un gorille dans la famille / Deux gorilles à la maison

Deux photos extraites de l'édition de poche



La préface du livre
par Despina Chronopoulos

Avant tout, ce récit se veut simple. Durant mon séjour en Afrique, je sentais à quel point les événements que je vivais étaient extraordinaires et je souhaitais les partager. Ainsi, j'ai commencé à écrire, chaque soir, ce qui se passait sur tous les plans : les déboires d'un projet pionnier dans un contexte africain, puis dans la guerre, mais surtout la plongée progressive dans l'univers mental des personnages inhabituels qui m'entouraient : les gorilles.
A mon sens, ces gorilles avaient grand besoin d'un intermédiaire simple, sans a priori, et qui ne les verrait pas à travers le prisme d'une discipline donnée. Car, contrainte par obligation et rigueur à ne communiquer que des résultats mesurables, la science s'est laissé orienter mais aussi limiter dans le domaine de l'observation animale : elle nous apporte, certes, des observations et des informations précieuses ; toutefois, la peur de l'anthropomorphisme, qui s'est amplifiée au cours de l'histoire des hommes, fait qu'une part importante de l'observation animale a été laissée de côté. Longtemps, tout scientifique qui osait évoquer l'existence de sentiments ou de conscience chez les animaux était honni d'emblée ! On ne s'aventure pas impunément hors des méthodes admises et des problèmes définissables.
Or, ce hiatus qui au départ n'est qu'un choix de méthode conduit à une équivoque pour le grand public : si on n'y touche pas, c'est que forcément il n'y a rien !
Du coup, en tant qu'humains, nous nous sommes condamnés à une triste solitude et nous risquons des malentendus fondamentaux entre nous et nos corésidents de la planète, les animaux. A quoi ressemblerait l'homme s'il était observé et décrit seulement à travers une discipline scientifique unique ?
Lorsque l'on passe dix heures par jour parmi les gorilles et que l'on doit assumer en outre un rôle éducatif destiné à encourager leur indépendance et à préparer leur retour à la nature, on obtient une vision spécifique de la vie de ces primates. Cette proximité permanente avec les gorilles m'a permis d'affûter ma perception de leurs besoins et de comprendre leurs règles sociales. Par une observation intense des expressions du visage, des postures, des vocalisations et des actions, j'ai appris à distinguer chez un gorille la suspicion, le soulagement, la confiance ou la colère, l'agressivité ou la tendresse. Au fil du temps, ces signes sont devenus pour moi aussi clairs que chez un humain.
Précisément parce qu'ils n'étaient pas sauvages, ces gorilles m'ont permis de porter un regard intime sur leur univers. J'espère que le message qu'ils m'ont transmis aidera à améliorer encore plus dans l'esprit du public l'image déjà existante de ces animaux et à susciter davantage de compréhension pour cette espèce magnifique.
J'ai décidé de décrire les gorilles comme je les ai perçus au cours des années. Pour faire mon travail, je n'ai eu à me conformer qu'aux gorilles eux-mêmes, mes observations et ma compréhension étant orientées par les résultats quotidiens obtenus avec ces animaux. Pour communiquer, j'ai dû m'adapter à leur système et à leur rythme. Le simple fait que cet échange ait fonctionné, qu'il ait évolué quotidiennement, démontre son existence.
La guerre civile au Congo a interrompu mon travail. L'introduction de ces gorilles et leur survie sont maintenant essentiellement aux mains des Congolais.
Il ne me reste plus qu'à servir de témoin, d'historienne de ma propre histoire et de la leur. et, à traxers mes expériences, à tenter de décrire mes gorilles orphelins : Kola le baptiste, Titi le macho, Mabinda le diplomate, Yambo le lunatique, Djembo la chipie, Massissa le respectable, Kabo le rêveur et tous les autres...

Despina Chronopoulos,
Paris, juillet 2000.

26 juillet 2010

Gorilles : Les survivants des Birunga, de George Schaller

Gorilles : Les survivants des Birunga
Texte de George Schaller
Photographies de Michael Nichols
Légendes de Nan Richardson

Le plus majestueux et le plus puissant de nos cousins a presque disparu, victime du genre humain qui lui refuse la place qui est la sienne dans la forêt. Peu nombreux, très localisés, les gorilles de montagne sont dramatiquement en voie d'extinction. Nous devons maintenant relever ce défi moral et prendre en main la sauvegarde de ces animaux. - George Schaller

George Schaller et Michael Nichols nous transportent au coeur des Birunga. Cette chaîne de volcans, située en Afrique centrale, surplombe de près de 3.000 mètres le Rwanda, la République démocratique du Congo et l'Ouganda, sur des kilomètres de jungle. Ici s'étend le domaine des derniers gorilles de montagne. Ces grands singes, traqués dans le passé par les braconniers, recherchés par les collectionneurs et repoussés hors de leur milieu naturel par le défrichage de la forêt, sont très vulnérables et leur existence est menacée. Si l'espèce venait à disparaître, c'est l'équilibre écologique de toute une région qui s'en trouverait bouleversé et les peuplades installées sur ces terres seraient, elles aussi, en péril. "Gorilles : Les survivants des Birunga" est un cri d'alarme. C'est aussi un saisissant témoignage en direct, au milieu de ces primates terriblement attachants.

Ce livre est né de la rencontre de deux Américains qui, à plusieurs reprises et séparément, sont allés explorer les Birunga : le chercheur George Schaller, spécialiste incontesté des gorilles auprès desquels il a passé une année entière, et le photographe Michael Nichols, considéré comme le plus intrépide des reporters de sa génération. Schaller décrit, avec la précision d'un scientifique et l'émotion d'un homme de coeur, son expérience auprès des gorilles "Beringei". Nichols a su prendre sur le vif des gros plans audacieux, saisir les scènes de la vie quotidienne et révéler les visages et les attitudes de ceux, hommes et singes, qui habitent ces hauteurs. Tous deux nous font découvrir un lieu insolite où la vie est riche, précaire, troublante et, par-dessus tout, précieuse. Si précieuse qu'il faut la préserver.

Gorilles : Les survivants des Birunga, Texte de George Schaller, Photographies de Michael Nichols, Légendes de Nan Richardson, Editions Nathan, 1989, 112 pages

A propos des auteurs

George Schaller est zoologue. Connu pour ses études sur les animaux sauvages, son ouvrage "Un an chez les gorilles" a été un best-seller et l'a rendu célèbre auprès du grand public. Schaller est aussi lauréat du National Book Award pour son ouvrage "Les lions du Serengeti".

Michael Nichols est, depuis 1982, reporter photographe à l'agence Magnum. Il a également collaboré à de grands magazines internationaux : Géo, Life, Paris-Match... Lorsque "l'Indiana Jones de la photographie" ne parcourt pas le monde, il vit en Californie avec sa femme et son fils.

Quelques extraits

Pages 32 et 33 - Photo de Ndume

Ndume, le dos argenté chef du groupe II. Alors qu'il était encore un dos noir (un jeune gorille mâle), Ndume dut assumer la charge de chef de groupe après la mort du dos argenté. Ndume et deux autres membres du groupe furent victimes des pièges des braconniers destinés notamment aux antilopes. Il n'a plus qu'une main.


Page 104 - Photo de Beetsme


Page 59 - Alan Goodall et Titus


Page 76