05 avril 2011

Théologie animale, d'Andrew Linzey

Théologie animale
d'Andrew Linzey


Pour la première fois traduit en français, Andrew Linzey, professeur de théologie à l’Université de Oxford et Directeur du Oxford Centre for Animal Ethics, ouvre une voie inédite pour la paix, à travers une réflexion inspirée sur la relation à l’animal.

A l’occasion du 125e anniversaire de la mort de Victor Hugo, qui a toujours pris position en faveur des animaux, One Voice a choisi de publier la traduction française du livre d’Andrew Linzey : Théologie animale.

Pour ce spécialiste de l’éthique, auteur de nombreux textes de référence dans ce domaine, la question du rapport à l’animal nous concerne tous. Penser l’animal, c’est aussi penser l’humain.

A travers son ouvrage, il nous livre une réflexion étayée sur notre mode de vie dans sa globalité, mise en perspective à travers des problématiques profondément actuelles, telles que les OGM ou l’environnement. Il démontre savamment les implications de la responsabilité des humains à l’égard des plus faibles, et propose de bousculer l’ordre établi pour accéder, enfin à un monde plus juste et pacifié.

Muriel Arnal déclare : « Publier l’ouvrage d’Andrew Linzey était une évidence. Son approche des droits des animaux et du respect de toute vie constitue une base de réflexion tout à fait pertinente, et documentée de manière particulièrement intéressante. Plus que jamais ancré dans l’actualité, cet ouvrage devrait éveiller les consciences. »

Théologie animale, Andrew Linzey, Editions One Voice, 2010, 246 pages

Un commentaire de l’auteur

Victor Hugo aurait été fier.

Victor Hugo a développé le concept d’une grande morale – une compassion élargie à toutes les formes de vie. Il est mort il y a 125 ans, le 22 mai 1885.

C’est le 22 mai 2010, date anniversaire de sa mort, qu’est publié le premier ouvrage en français sur la théologie animale.

Il est temps pour les églises de suivre ses traces et de rejoindre le mouvement de la protection animale. Théologie animale montre qu’il y existe des bases théologiques solides devant nous conduire à militer pour une justice envers les animaux.

One Voice est l’une des principales organisations de défense animale en France. Elle porte le flambeau dans la quête d’une relation plus respectueuse envers les animaux et mérite notre soutien chaleureux. C’est un grand honneur d’être publié par elle.

Professeur Andrew Linzey

A propos de l'auteur

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est également professeur honoraire à l’université de Manchester. Il a occupé à Oxford le premier poste académique au monde en théologie et bien-être animal. Entre autres fonctions, il a aussi occupé le poste de professeur honoraire à l’université de Birmingham de 1996 à 2007. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique, traduits pour la plupart dans de nombreuses langues. En 2006, il figurait sur la liste des 50 personnes oeuvrant pour un monde meilleur, établie par le journal The Independent.

A propos de One Voice

One Voice est une association Loi 1908 qui cultive son indépendance politique, religieuse et financière comme garantie de sa liberté de parole et d’action. Elle mène, depuis 1995, une lutte non violente pour les droits des animaux et le respect de toute vie perpétuant ainsi la vision du Tout et de l’unité des combats chère à son célèbre parrain, Théodore Monod. L’association est le représentant pour la France de la Coalition européenne pour la fin de l’expérimentation animale.

Pour en savoir plus

- Le site One Voice
- La boutique One Voice où vous pourrez acheter le livre
- Violences sur les animaux et les humains : Le lien, sous la direction d'Andrew Linzey
- La note de lecture d'Olivier Jelen
- La note de lecture d'Estiva Reus
- Les animaux, nos humbles frères, de Jean Gaillard

Le sommaire

Préface à l'édition française
Première partie : Principes de théologie
1. Respect de la vie, responsabilité et droits
- Le respect de la vie
- La responsabilité vis-à-vis des animaux
- Les droits des animaux
- L'orientation théocentrique
2. La priorité morale des faibles
- Le paradigme de l'égalité
- Le paradigme de la générosité
- Tracer la limite
- Des relations privilégiées : les enfants et les animaux
- Des biens mal acquis
- Deux objections
3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur
- Ce qui marque la singularité
- Le Dieu souffrant
- Un sacerdoce du sacrifice
- Un service au nom d'une spécificité
- Les objections
4. Une théologie de la libération pour les animaux
- Les dogmes de l'humanisme
- Un anthropocentrisme étriqué
- Retrouver les relations chrïstologiques
5. Les droits des animaux et la prédation
- Le dilemme du vampire
- Parasitisme et prédation
- Repenser la loi naturelle
- Un impératif moral transnaturel
- Les objections au végétarisme
Seconde partie : Bousculer nos habitudes morales
6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux
- Le fondement théologique de la valeur de la création
- Des implications morales
- Les animaux comme victimes sacrificielles
- Une critique des expériences sur les animaux
7. La chasse comme antiévangile de la prédation
- La chasse avec Jésus-Christ
- Comment tuer en restant un chrétien consciencieux
- Jésus notre Prédateur
- Le sacrifice pour tous
- L'affranchissement de la servitude
8. Le végétarisme comme idéal biblique
- La nourriture du paradis
- Une permission ambiguë
- Vivre sans violence
- Le Prince de la paix
- Pour approcher le Royaume de la paix
9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux
- La révolution animale
- Appartenir et exister pour
- Les brevets et la doctrine de la création
- La théologie discréditée du génie génétique
- Quatre objections
- Eugénisme et génie génétique
Guide bibliographique des ouvrages cités
Remerciements
Index
Notes

La présentation du livre
par le site One Voice



Dans cet ouvrage, publié en français par One Voice, les animaux ont droit au respect. A travers une relecture de la bible qui bouleverse les conventions généralement admises de la domination de l’humain sur les animaux, chaque être trouve sa place. Chaque vie a droit au respect.

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique.

Une date de choix

Le 22 mai 2010, date choisie pour la publication de ce premier ouvrage de théologie animale en français, est aussi celle du 125ème anniversaire de la mort de Victor Hugo. Victor Hugo, auteur cher à Linzey, était particulièrement sensible à la cause animale, et avait une vision assez claire quant au comportement humain : « Sans doute était-ce le premier devoir. (...) il fallait civiliser l'homme du côté de l'homme. La tâche est avancée déjà et fait des progrès chaque jour. Mais il faut aussi civiliser l'homme du côté de la nature. Là tout est à faire. »

Pour tous publics

Ce livre est une théologie, certes, mais dont l’analyse et la logique développent des thèmes accessibles et pertinents pour tous, croyants ou non, désireux de réfléchir à la problématique de la place de l’humain vis-à-vis des animaux. Le «fait que les animaux soient innocents et sans défense, loin de nous permettre de les exclure du champ de nos préoccupations morales, est précisément ce qui devrait nous obliger à leur accorder une attention particulière et à les traiter avec les scrupules et les soins les plus extrêmes. »

Une introduction dédiée au public français

Dans une préface spécialement écrite pour la version française de son ouvrage, Andrew Linzey explique avec brio le rôle tenu par les grands penseurs de notre pays dans l’évolution du statut de l’animal à travers le monde. Depuis Descartes, jusqu’à Victor Hugo, Linzey retrace les grands courants de pensée qui ont conduit l’animal à la place inconfortable qu’il occupe aujourd’hui.

Respecter la vie

Linzey nous invite non seulement à respecter la vie sous toutes ses formes, mais à accorder une priorité morale aux plus faibles. Il propose une relecture de la genèse où le concept de domination n’implique pas l’asservissement mais se substitue à la notion de responsabilité : « chaque fois que nous détenons un pouvoir vis-à-vis d’êtres qui sont plus ou moins sans défense, notre obligation morale de générosité n’en est que plus grande. S’il est bien un droit que nous confère notre pouvoir sur des animaux, c’est celui de les servir. » Refusant de faire du bien-être humain une priorité, il replace l’humain à sa juste position, au sein de la nature, n’hésitant pas à mettre en cause « des siècles d’anthropocentrisme chrétien (de la pire espèce) » dans la crise écologique actuelle.

Mettre fin à la souffrance

Mettre fin à la souffrance, libérer les animaux du joug des humains, faire évoluer le monde vers une plus grande mansuétude, ouvrir l’humain à une existence salutaire pour lui et la planète, Linzey ouvre aux chrétiens de nouvelles pistes pour le salut de leur âme. Il offre aussi ainsi à ses lecteurs une approche inédite de l’existence et une analyse étayée et solidement construite des textes religieux. Un monde où l’amour et la paix trouveraient enfin leur place.

Les animaux ne nous appartiennent pas

Linzey aborde les thèmes fondamentaux que sont l’expérimentation animale, la chasse, la consommation de viande et les manipulations génétiques en se basant sur la doctrine religieuse et les implications morales qui en résultent. « La doctrine chrétienne de la création nous oblige à considérer que notre estimation de notre propre valeur ne peut pas constituer l’unique critère pour déterminer la valeur d’autres créatures. » Dans un monde où partout la tyrannie s’exerce, il invite l’homme à renaître en bouleversant ses habitudes séculaires, pour une existence plus juste et une paix planétaire.

Quelques extraits et un article

Plutôt que de rédiger un avis sans grand intérêt pour le visiteur (car je ne suis pas douée pour cette tâche) sur un livre aussi intéressant et dense (et parfois complexe dans sa première partie) que Théologie animale d'Andrew Linzey, j'ai préféré sélectionner ces documents :

- Les présentations claires qui figurent au début de chaque chapitre
- De longs extraits du chapitre "Le végétarisme comme idéal biblique" à lire sur ce lien
- Ainsi que l'article remarquable écrit par Yves Tissier

Tous ces documents, ajoutés à la très bonne présentation (ci-dessus), vous donneront ainsi un aperçu du livre bien meilleur que je ne saurais le faire et, je l'espère, l'envie de le découvrir pour avancer dans votre spiritualité et par la même occasion, soutenir l'association One Voice.


Extraits : Les premières lignes de chaque chapitre

1. Respect de la vie, responsabilité et droits

Ce chapitre traite principalement de notre devoir moral envers les animaux, créatures de Dieu. Trois questions y sont soulevées : (1) Devons-nous faire preuve de respect envers les animaux ? (2) Avons-nous une responsabilité vis-à-vis des animaux ? (3) Les animaux ont-ils des droits ? Je propose pour ma part de répondre à ces trois questions par l'affirmative. Si je défends avec fermeté une doctrine des droits moraux des animaux, le lecteur pourra constater que, pour moi, une approche en termes de droits ne doit pas conduire à négliger d'autres notions comme le «respect» et la «responsabilité». J'ai traité en long et en large du problème des droits des animaux dans mes ouvrages Animal Rights : A Christian Assessment et Christianity and the Rights of Animals et je n'ai pas l'intention de répéter simplement la même argumentation ici. Mon idée est que le concept de droits est tout à fait compatible avec la théologie morale et qu'il convient de l'étendre aux animaux. En même temps, je m'oppose à l'idée que le droit puisse englober tout ce que l'on pourrait dire sur les animaux d'un point de vue théologique. Selon moi, il existe du point de vue théologique de bonnes raisons de reconnaître la valeur des animaux, de les respecter, d'accepter d'en être responsables et de reconnaître les droits que Dieu leur a donnés. (...)

2. La priorité morale des faibles

Le langage du respect, de la responsabilité et des droits permet-il de rendre aux animaux ce qui leur est dû en tant que créatures de Dieu ? Dans ce chapitre, j'explique que d'un point de vue théologique, il nous faut aller plus loin encore : une interprétation moralement satisfaisante de nos obligations envers les animaux implique nécessairement davantage qu'une simple exigence d'égale considération, contrairement à ce qu'avancent certains militants de la libération animale. A partir de la notion de générosité divine qu'incarne la personne de Jésus, je suggère que l'on accorde aux êtres faibles et sans défense une considération non pas égale mais plus grande. Une priorité morale devrait être donnée aux plus faibles. (...)

3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur

Il peut sembler que l'accent mis dans le chapitre précédent sur la communauté de destín entre humains et animaux occulte le credo traditionnel des chrétiens concernant le caractère unique du genre humain. On entend souvent dire que les partisans des droits des animaux ne voient aucune différence réelle entre animaux et humains et tentent de mettre les uns et les autres au même niveau du point de vue moral et théologique. Il est vrai qu'un certain nombre de défenseurs des droits des animaux remettent en cause la singularité du genre humain, parfois pour de bonnes raisons comme je vais le montrer. Cependant, faut-il en conclure qu'il n'est possible de vouloir un traitement éthique des animaux qu'au prix de l'abandon de la conception chrétienne traditionnelle selon laquelle l'être humain est particulier et unique ? Je ne le pense pas. Je vais m'efforcer de montrer qu'en réalité la conception selon laquelle les humains seraient moralement supérieurs tient une place centrale dans la théorie des droits des animaux. Partant de l'idée d'un Dieu qui souffre, j'explique que l'on peut définir ce caractère unique de l'être humain comme une capacité de servir et de se sacrifier. De ce point de vue, l'être humain est l'espèce à laquelle revient la mission exclusive d'exercer un ministère du don de soi, à l'image du Grand Prêtre, non pas seulement pour les membres de sa propre espèce mais pour toutes les créatures sensibles. Parce que les créatures gémissent et souffrent, il faut une espèce capable d'oeuvrer conjointement avec le Seigneur à la guérison et à la libération de la création. (...)

4. Une théologie de la libération pour les animaux

L'idée que l'être humain serait l'unique espèce capable d'oeuvrer avec Dieu à la libération et à la rédemption du monde nous amène naturellement à étudier la théologie de la libération. Toutefois, comme je le montre, la théologie de la libération ne tient aucunement sa promesse dès qu'il s'agit de l'oppression dont souffrent les animaux. Apparemment, au lieu de libérer la théologie de l'anthropocentrisme, les théologiens ne font que l'asservir à celui-ci, de façon toujours plus affirmée. À cet égard, leur étroitesse d'esprit est largement imputable à une christologie défaillante. Mon propos est de montrer comment il est possible - en restaurant cinq relations christologiques fondamentales - de concevoir une théologie de la libération qui rende justice à la souffrance de la création non humaine. (...)

5. Les droits des animaux et la prédation

Dans les chapitres qui précèdent, nous avons postulé que la volonté de Dieu était une création rachetée et libérée de la prédation et du parasitisme. C'est là une conception à contre-courant de la théologie moderne qui a admis, presque comme une évidence, que la rédemption divine dans le monde futur devait être limitée à la sphère humaine ou du moins, que le parasitisme et la prédation écologiques étaient la volonté de Dieu dans ce monde. Ici, je milite en faveur des projets de transformation du monde de la déité que je vois révélée en Jésus-Christ, et j'explique aussi que l'injonction de se comporter de façon « non naturelle » eu égard à nos habitudes de carnivores peut être un signe de grâce. Vivre sans tuer d'êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix. Ici comme ailleurs, je perçois un clivage fondamental entre ceux qui revendiquent une « éthique écologique» et les partisans d'une théologie de la libération fondée sur la création. (...)

6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux

L'idée que les animaux n'existeraient que pour notre usage a une longue histoire. Cette nouvelle idée selon laquelle il existe des limites morales à ce que nous pouvons faire aux animaux a mis longtemps à émerger et, dans ses implications pratiques, elle pourra sembler radicale et implacable. C'est dans l'utilisation des animaux pour la recherche scientifique que cela apparaît de la façon la plus claire. Dans ce chapitre, je commence par reprendre à mon compte le principe théologique selon lequel les animaux ont une valeur non utilitaire et irréductible, et je tente de montrer que cette notion se fonde sur la doctrine traditionnelle de Dieu en tant que Père, Fils et Saint-Esprit. J'en détaille ensuite les implications morales, et je montre comment, en pratique, de telles implications rendent indispensable le refus moral de sacrifier des animaux au bénéfice des humains. (...)

7. La chasse comme antiévangile de la prédation

Proche de l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre utilité, il y a l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre bon plaisir. Il est étonnant qu'une telle idée puisse avoir connu au sein de la tradition chrétienne un succès tel, que saint François de Sales, pour ne prendre qu'un exemple, aura pu considérer la chasse comme une de ces « innocentes récréations » dont « nous pouvons toujours faire bon usage » pour développer notre vie spirituelle. Au contraire, j'affirme que la chasse, loin d'être « innocente » ou moralement neutre, représente l'antiévangile de Jésus notre Prédateur. Je pense que rares sont ceux qui auront vraiment saisi ce que pouvait signifier théologiquement le fait de justifier la destruction de la vie sensible simplement pour le plaisir ou pour la distraction que cela procure. Pour que la chasse pour le plaisir puisse être justifiée, il faudrait que l'on célèbre le parasitisme en tant que plan divin. Quelles que soient les difficultés qu'on puisse avoir à imaginer un monde sans prédation, intensifier et renforcer - sans aucune nécessité morale - les forces parasitaires à l'oeuvre dans notre monde, c'est plonger encore davantage la création dans ces ténèbres dont l'espérance chrétienne est que nous serons tous libérés, les humains comme les animaux. (...)

8. Le végétarisme comme idéal biblique

De tous les défis moraux issus de la théologie animale, on peut soutenir que le végétarisme est celui qui bénéficie de la justification biblique la plus affirmée. L'acceptation du principe minimaliste consistant à éviter, dans la mesure du possible, de faire du mal aux êtres sensibles rend à elle seule inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie. Dans ce chapitre, je trace les grandes lignes du raisonnement que l'on peut tirer de la Genèse et du Livre d'Isaïe, tout en tenant compte également du fait que Jésus n'apparaît pas comme un végétarien dans les Évangiles canoniques. Même si nous admettons que, selon le chapitre IX de la Genèse, il est permis de manger de la viande à titre de concession particulière aux mauvais penchants de l'être humain, la question reste posée de savoir si le principe du régime carnivore peut se justifier. (...)

Un court extrait

(...) Dans le passé, nombreux ont été ceux - parmi lesquels, sans l'ombre d'un doute, les rédacteurs de la Bible eux-mêmes - qui ont pensé que tuer pour manger était essentiel et que notre existence même en dépendait. Or, comme je l'ai souligné au chapitre V, nous savons maintenant - du moins pour ceux d'entre nous qui vivent dans les pays riches de l'Occident - qu'il est parfaitement possible de se nourrir sainement sans le moindre recours à des produits à base de chair animale. Certes, il se peut que cela n'ait pas toujours été vrai dans le passé. Jusqu'à une date relativement récente, la croyance la plus ordinaire a toujours été que la viande était essentielle pour vivre bien.
Ceux qui optent pour le végétarisme peuvent le faire en sachant qu'ils vivent davantage en accord avec l'idéal biblique de paix que leurs contemporains mangeurs de viande. Voilà un fait qu'on ne devrait pas négliger. A bien des égards, il est difficile de savoir comment il serait possible de vivre de façon plus pacifique dans un monde marqué par la violence, l'avidité et le consumérisme. Souvent, l'individu se sent démuni face aux grands pouvoirs qui dominent la société et qui échappent même au contrôle démocratique. Choisir un mode de vie végétarien, c'est de façon pratique franchir une étape vers la cohabitation pacifique avec le reste de la création, une étape vers la réduction du nombre de mises à mort institutionnalisées dans le monde actuel. Un poulet en moins dans les assiettes, c'est un poulet en moins à l'abattoir. (...)

9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux

Dans ce chapitre, je rejette absolument l'idée que les animaux puissent faire l'objet de manipulations génétiques afin de devenir de meilleures machines à produire de la viande ou un meilleur matériel de laboratoire. Selon le point de vue de la théologie animale, remodeler génétiquement des animaux pour qu'ils ne soient plus que des moyens servant des fins humaines est moralement équivalent à l'institutionnalisation de l'esclavage humain. Il y a donc quelque chose de moralement douteux dans le développement indéfini d'une science génétique qui n'admet pas d'autres limites morales que celles du progrès dans le contrôle des espèces. Les défenseurs d'une justice morale pour les animaux ne sauraient se contenter de moins que le démantèlement de cette science en tant qu'institution. Nous atteignons ici les limites absolues de ce que peut tolérer une théologie de la création digne de ce nom. (...)

Théologie animale : un livre capital d'Andrew Linzey
Un article publié par Yves Tissier

dans son Ebook gratuit
Etre végétarien, le bon choix ?

Théologie animale : ce titre a de quoi déconcerter. Tout d’abord, la théologie est souvent considérée comme un système philosophique empreint de dogmatisme et qui privilégie la pensée abstraite, sans rapport direct avec notre quotidien. [ De theos -dieu et logos -science, la théologie est l'« étude des questions religieuses fondée principalement sur les textes sacrés, la tradition etc », nous dit le Grand Robert ]. Par ailleurs, une théologie de l’animal paraît un sujet bien étrange, à contre-courant de la pensée chrétienne traditionnelle. En effet, habituellement la théologie est plutôt utilisée comme écran de fumée, pour étayer une doctrine qui justifie l’asservissement de l’animal par l’homme, d’où la méfiance couramment répandue à son égard.

Mais Andrew Linzey n’est pas un auteur comme les autres. Vers 1970, il fit partie du groupe d’Oxford aux côtés de Peter Singer, lequel publia en 1975 La libération animale, un essai philosophique qui marqua les esprits. Autrefois secrétaire de l’Association végétarienne d’Oxford, Andrew Linzey créa en 2006 l’Oxford Center for Animal Ethics. Il a publié de nombreux livres sur la cause animale, sujet dont il est devenu un spécialiste reconnu. En 2001, l’archevêque de Cantorbery lui a décerné le titre de docteur en théologie en reconnaissance pour son travail. Publiée en anglais en 1994, Animal theology est son œuvre majeure. C’est aussi son premier livre traduit en français, paru en mai 2010. Il faut saluer ici le courage éditorial de l’association de défense des animaux One Voice qui publie le texte en français.

Sans marquer le moindre pédantisme, Andrew Linzey impressionne par sa grande érudition, alignant une bibliographie de 32 pages ! Il aborde avec aisance aussi bien l’analyse critique de l’œuvre d’Aristote ou de Saint Thomas d’Aquin, que la pensée d’Albert Schweitzer ou d’un philosophe anglais de la Renaissance complètement méconnu. Faisant preuve d’un esprit francophile, Andrew Linzey a gratifié le lecteur français d’une préface spéciale qui mesure l’abîme séparant la pensée de Descartes de celle de Victor Hugo, l’un de ses auteurs favoris.

Théologie animale s’articule en deux parties. Dans la première, Principes de théologie, l’auteur développe ses conceptions concernant la place de l’animal dans la doctrine chrétienne. Dans la seconde partie, Bousculer nos habitudes morales, il en développe les applications pratiques. Au passage, il s’attarde sur la vivisection, la chasse, le végétarisme et les manipulations génétiques, montrant que la théologie n’est pas nécessairement une discipline austère, mais peut être une matière vivante et captivante par ses implications dans notre vie quotidienne. Pour illustrer le dynamisme de la pensée d’Andrew Linzey, on relèvera que, pour étayer sa démonstration, il peut successivement faire une longue métaphore sur le vampirisme, citer La ferme des animaux de George Orwell, ou même Mein Kampf comme contre-exemple et qu’il n’hésite pas à relever les faiblesses de ses propres arguments. C’est là l’indication d’une grande honnêteté intellectuelle. Par ailleurs, le fait qu’Andrew Linzey soit un prêtre anglican lui confère sans doute une plus grande liberté de pensée que s’il provenait du sérail catholique, à la pensée bien calibrée. [ Notons au passage que la Grande Bretagne jouit depuis le milieu du XIXème siècle d'une longue tradition de militantisme d'inspiration biblique en faveur de la protection animale et du végétarisme ]. En lisant Linzey, on découvre à quel point la position théologique de l’église catholique a peu évolué depuis le Moyen Âge.

Linzey nous montre en effet que, en ce qui concerne notre relation avec le règne animal, la doctrine de l’église contemporaine est restée plus ou moins celle de Saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), qui a lui-même repris sans discussion deux axiomes d’Aristote ; à savoir que, contrairement aux humains, les animaux n’auraient pas la capacité de raisonner et que leur seule raison d’être serait de servir les humains. Aristote, le père de la rhétorique, s’avère ainsi également celui du sophisme, argument à logique fallacieuse. L’éthologie moderne (science du comportement animal) reconnaît pourtant aux animaux : intelligence, langage évolué, émotivité, sensibilité à la douleur, capacité d’entraide, voire le rire jadis le propre de l’homme. Mais d’après Linzey, « la position de saint Thomas d’Aquin peut se résumer ainsi : considérés en eux-mêmes, les animaux n’ont pas de raison et aucun droit, et les humains n’ont aucune responsabilité à leur égard ». Le dictionnaire de théologie morale de 1962 ne va guère au delà de cette position, et, malgré quelques déclarations encourageantes de Jean-Paul II, la théologie catholique romaine n’a pas évolué sur le fond.

Linzey utilise souvent des exemple parallèles : « L’idée que les animaux n’existeraient que pour le service ou le profit des humains est moralement aussi grotesque que de considérer que les enfants sont la propriété de leurs parents et que ces derniers peuvent en disposer à leur aise ». Il n’hésite pas à aller bien au delà de la pensée de Peter Singer qu’il qualifie d’anthropocentrique. Linzey montre au contraire que l’exemple de Jésus – « paradigme de la générosité » – est marqué par « la priorité morale du faible » et « suppose de notre part un changement radical de notre attitude vis à vis des animaux ».

Même le célèbre théologien Hans Küng postule que « le bien des humains est l’unique préoccupation de Dieu », oubliant au passage tout le reste de la création, animaux compris.

Rempli de compassion à l’égard de la souffrance animale, Andrew Linzey nous invite à la non-violence : « Vivre sans tuer d’êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix ». À ses yeux, le fait de choisir un régime alimentaire végétarien n’est pas anodin. Dans un style qui n’aurait pas déplu au Mahatma Gandhi, il écrit : « le végétarisme – loin d’être une sorte de supplément moral facultatif ou un aspect moral secondaire – est en fait un acte théologique implicite de la plus grande importance. En refusant de tuer et de manger de la chair animale, nous témoignons d’un ordre supérieur de l’existence […], qui ne demande qu’à advenir par nous ».

Concernant l’expérimentation animale en laboratoire, qui possède de farouches opposants en Grande-Bretagne, Linzey nous lance une mise en garde : « Nous ne devons pas oublier que, théologiquement parlant, l’utilisation que nous faisons des animaux est un usufruit : nous en sommes responsables devant Dieu. Les animaux ne nous appartiennent pas ». Cela rappelle ce que Khalil Gibran disait au sujet des enfants dans son texte inspiré Le Prophète.

Nous précisant que la France détient le triste record européen du nombre de chasseurs – avec 1,5 million de permis – Linzey se montre sans complaisance à leur égard : « Les chasseurs n’imitent pas la cruauté de la nature : ils la créent ». A cet égard, j’ajouterai que l’ours s’avère très dangereux dans les régions où il est chassé comme dans les Montagnes Rocheuses et en Sibérie. Au contraire, il ne s’attaque pas à l’homme dans les zones reculées où il est laissé en paix, comme certaines vallées isolées d’Alaska. Par ailleurs, au niveau des conséquences karmiques de la chasse, dans mon e-book Être végétarien, le bon choix ?, je cite l’exemple de l’empereur François-Joseph (page 124). J’avais oublié celui de Louis XVI, autre passionné de chasse, qui termina sa vie tragiquement comme un vulgaire gibier. Les animaux commencent du reste à se révolter, puisqu’en Biélorussie, on a noté récemment une dizaine d’attaques par des écureuils, et un renard atteint par le chasseur qui voulait l’achever à coup de crosse a même grièvement blessé celui-ci d’un coup de fusil en actionnant la gâchette pour se défendre (Courrier International n°1055 p.54).

Ce n’est que dans l’avant dernier chapitre de Théologie animale qu’Andrew Linzey aborde « Le végétarisme comme idéal biblique ». Pour lui, le principe de non-violence rend « inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie ». Il argumente longuement les passages du chapitre de la Genèse qui ont été repris par l’ensemble des exégètes et son interprétation ne manque pas d’intérêt. Mais il serait beaucoup trop long d’exposer ici l’argumentation de Linzey, à partir d’un texte dont l’ambiguïté a permis la plus grande complaisance par le passé. Précisons seulement que Linzey garde en ligne de mire l’idéal messianique évoqué au livre d’Isaïe, le végétarisme étant clairement pour lui un préambule à « l’idéal d’un règne de paix universelle ».

Linzey aborde également la question de savoir quel était le régime alimentaire de Jésus. À ce propos, il considère « l’évangile des esséniens » que nous citons p.83-84 de notre livre comme probablement inventé à une époque relativement récente. Si tel était le cas, cela n’enlève rien à la beauté et à la puissance du texte.

Concernant les manipulations génétiques, cette pratique inspire à Linzey une sainte horreur. Il voit dans ce que nous qualifions pudiquement de « génie génétique » un système organisé d’exploitation et d’asservissement du monde animal. Pire, il considère cette pratique comme une insulte envers le créateur, l’homme prétendant interférer pour améliorer une création jugée imparfaite. Il voit dans cette abomination l’héritage d’Aristote, qui considérait que les animaux sont de par leur nature les esclaves des humains. De surcroît, la théologie chrétienne donne une interprétation permissive de la notion de domination de l’homme sur l’animal telle que l’expose la Genèse (I, 26-28) « interprétée comme une tyrannie autorisée sur le monde, et sur les animaux en particulier ».

Pour Linzey, les manipulations génétiques sont une façon de transformer les animaux en objets brevetables. « Ce qui est nouveau, c’est le fait que nous utilisions à présent des moyens technologiques permettant l’asservissement absolu de la nature des animaux, de telle sorte qu’ils deviennent totalement et complètement des biens de propriété humaine ». Pour Linzey, une telle approche de l’animal est clairement incompatible avec la doctrine chrétienne qui considère les animaux comme des créatures de Dieu. « Aucun être humain ne saurait être fondé à revendiquer la propriété absolue des animaux, pour la bonne raison que la création n’appartient qu’à Dieu ». Linzey nous met en garde contre les tentations d’eugénisme de nos savants, les expérimentations sur les animaux pouvant être le prélude d’expériences sur les humains, largement pratiquées du reste par les nazis.

Pour finir, Linzey nous rappelle que l’être humain fait partie intégrante de la nature et que toute intervention aboutissant à perturber l’équilibre de celle-ci parvient à bousculer l’homme lui-même.

04 avril 2011

Etre végétarien, le bon choix ? d'Yves Tissier

Etre végétarien, le bon choix ?
d'Yves Tissier


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Il est désormais parfaitement établi que les végétariens vivent plus vieux, en meilleure santé et sont moins sujets aux maladies de civilisation telles que l'obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et certaines formes de cancer.

Mais il y a bien d'autres raisons d'être végétarien : écologiques, morales, religieuses... On peut être végétarien suite à une prise de conscience, parce que cela est plus économique en ressources naturelles, parce que l'on aime les animaux et qu'on les respecte, ou parce que cela correspond à une pratique religieuse.

Si vous cherchez avant tout à vous nourrir sainement et à vivre en harmonie avec le monde qui vous entoure, ce livre vous apportera matière à réflexion. Pour votre bonne santé et celle de la planète, découvrez toutes les bonnes raisons de devenir végétarien.

Militant de la non-violence et du végétarisme, le Mahatma Gandhi sert de fil conducteur à cet ouvrage puissant et inspiré.

Etre végétarien, le bon choix ? Yves Tissier, Fichier PDF : 3,96 Mo, nouvelle édition 2011, 230 pages, 55 illustrations couleur

A propos de l'auteur

Yves Tissier est un écrivain indépendant qui s'intéresse en particulier aux plantes médicinales, à la diététique et aux doctrines religieuses orientales. Il est l'auteur du livre Les vertus de l'Ortie, paru en 2009 et le webmaster de 2 blogs.

Le mot de l'auteur
(Extrait de l'avant-propos, p11)

(...) La plupart des livres qui traitent du régime végétarien se contentent d'aborder la question sous l'angle de la santé et de l'écologie. Sans négliger pour autant ces deux points essentiels, je me suis intéressé aux aspects éthique et spirituel du végétarisme et à leurs implications quant aux liens qui nous unissent au monde animal.

Puisse cet ouvrage inciter le lecteur à s'interroger sur lui-même et à adapter son mode de vie vers plus d'authenticité. (...)

Pour en savoir plus

- Cette page où vous pourrez télécharger le livre
- Les vertus de l'Ortie, d'Yves Tissier
- Le blog de l'auteur Etre végétarien, le bon choix ?
- Son autre blog Urticamania - La tribune de l'ortie
- Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson
- Théologie animale, d'Andrew Linzey
- Végétarisme et non-violence, de Marjolaine Jolicoeur
- Le Rapport Campbell, de Colin et Thomas Campbell

Le sommaire

Avant-propos
Introduction
- Un retour aux sources très « tendance »
- Végétarien, végétalien, végan ?
- Le végétarisme dans le monde
- De bonnes raisons de devenir végétarien
1. Les risques du végétarisme
- Régime lacto-végétarien
- Régime végétalien
- Régime macrobiotique
- Régime crudivore
- Régime frugivore
- Carences vitaminiques et minérales
2. Les bénéfices d'un régime végétarien
Végétarisme et maladies de civilisation
- L'obésité
- Les maladies cardiovasculaires
- Le diabète de type II
- Les cancers du colon et de la prostate
- L'ostéoporose
- La dégénérescence maculaire
- La maladie d'Alzheimer ?
Le secret des peuples centenaires
- Les Hunzas
- Les Crétois
- Les Okinawaïens
- Les Abkhazes
- Les indiens de Vilcabamba
3. Gaspillage et pollution organisés
- L'élevage de boucherie : une hérésie économique
- Soja brésilien OGM et élevage intensif
- Culture du soja et déforestation en Amazonie
- Élevage et pénurie d'eau
- Élevage intensif, pollution et santé humaine
4. Motivations philosophiques et religieuses
- Les philosophes végétariens
- Dans la Bible
- L'évangile « oublié »
- La position de l'Église catholique
- Autres religions monothéistes
- L'hindouisme
- Le végétarisme de Gandhi
- Autres religions de l'Inde
- Le Bouddhisme
- La position du « Petit Bouddha » népalais
5. L'aube d'une nouvelle ère
- Vers une humanité végétarienne ?
- Little Tyke, la lionne végétarienne
- Un avant-goût du paradis
- Médiumnité et monde animal
- Maitreya et l'illumination des animaux
- Ami, l'extraterrestre végétarien
- Panorama des journées hebdomadaires sans viande
6. Objections courantes au végétarisme
- Hitler était-il végétarien ?
- Les plantes ne souffrent-elles pas aussi quand on les mange ?
- Si l'on ne tuait pas le gibier, il détruirait les cultures !
- Le végétarisme ne serait-il pas un phénomène sectaire ?
- Pour être fort, il faut manger de la viande !
- Les végétariens souffrent de carences en fer !
- Les légumes ne contiennent pas de protéines !
- Le fromage est-il compatible avec un régime végétarien ?
7. Sujets à controverse
- Le régime végétarien est-il adapté aux enfants ?
- Le soja est-il toxique ?
- Quelle justification y a-t-il aux expériences animales ?
- Bactéries multirésistantes et élevage industriel
- Les éleveurs dans l'impasse
- Les dérives de l'abattage rituel
- L'avis des savants
8. Aliments revitalisants
- Les algues
- Les graines germées
- Les lentilles
- Le sarrasin
- La châtaigne
- La noix
- Les courges
- L'épeautre
- La graine de chanvre
- Le quinoa
Conclusion
Postface
Annexes
Conseils diététiques pour rester en bonne santé
Théologie animale : un livre capital d'Andrew Linzey
Position du Karmapa sur le végétarisme
L'horreur dans un abattoir du groupe Charal
Brigitte Bardot appelle l'Europe à manger végétarien
Intervention de Paul Mac Cartney devant le Parlement Européen
Élevages intensifs de lapin
Bibliographie
Droits iconographiques

Quelques extraits

P14 De bonnes raisons de devenir végétarien

Une question qui m'a souvent été posée concerne le motif de mon renoncement à la viande et au poisson. J'y réponds généralement en disant qu'il y a plusieurs raisons à cela, mais qu'une raison suffisante est qu'aimant les animaux, je ne souhaite pas les tuer, ni que quelqu'un d'autre le fasse à ma place. (...)

P54-55 L'élevage de boucherie : une hérésie économique

À une époque où la Terre compte près de 7 milliards d'habitants et où la superficie des terres arables ne cesse de réduire – du fait de l'érosion, de la désertification, de la salinité des sols et de l'urbanisation – il est important de s'interroger sur le bien-fondé de notre système agroalimentaire fondé sur l'élevage intensif. (...)

(...) Récemment, l'OMS et la FAO29 ont publié une nouvelle estimation pour un hectare de terre cultivée : la pomme de terre permet de nourrir 22 personnes, le riz 19, le boeuf et l'agneau seulement 1 à 2 personnes. En effet, pour produire 1 kg de boeuf, il faut environ 16 kg de céréales (d'après le Département d'État US à l'Agriculture). Et 64 % de l'ensemble des terres agricoles du monde sont consacrées à l'élevage, directement ou indirectement ; c'est à dire en faisant le cumul des prairies et des cultures destinées à l'alimentation du bétail. Par ailleurs, ce grave déséquilibre va aller en s'accentuant avec la part croissante des terres agricoles consacrées aux agrocarburants (déjà plus de 100 millions d'hectares). Ainsi, le prix des produits agricoles est artificiellement dopé par la demande mondiale de viande, ainsi que par la hausse du prix du baril de pétrole, qui rend les agrocarburants compétitifs. (...)

P57-59 Soja brésilien OGM et élevage intensif

(...) Par ailleurs, le soja importé pour l'alimentation animale est principalement du soja OGM. Cela représente environ 78 % des importations françaises de soja, car si nous avons interdit la culture des OGM chez nous, nous continuons à en importer. Dans la nature, les animaux sauvages refusent de consommer des aliments OGM, que ce soient les oies sauvages, les cerfs, les ratons laveurs, les souris ou les rats. En Inde en 2006, dans l'état d'Andhra Pradesh, des milliers de moutons sont morts (¼ des troupeaux) après avoir été en pâture sur des champs de coton OGM, où ils avaient mangé les restes après la récolte. Des expériences menées sur les vaches et les porcs ont montré qu'ils délaissent les aliments OGM quand ils ont le choix. C'est pourtant ce que mangent les animaux qui se retrouvent dans votre assiette. Il est donc pour le moins dangereux d'avoir construit notre production animale sur une plante aussi ambivalente.

Il n'y a qu'un moyen de ne plus consommer d'OGM cachés : manger BIO. Et comme cela n'arrange pas les grandes compagnies - qui ont investi des milliards dans les organismes génétiquement modifiés - que les consommateurs boudent leurs produits, elles essayent de jeter le doute sur l'agriculture biologique. Ainsi, on entend régulièrement à la radio ou à la télévision des membres du corps médical ou des journalistes douteux nous dire que rien ne prouve la supériorité des produits bio. Apparemment, une tortue est plus intelligente que ces gens là, car elle sait faire la différence entre une laitue bio et une qui ne l'est pas. Évidemment, elle préfère la première. Certes, il y a toujours une possibilité de fraude occasionnelle sur les produits bio, surtout en importation, mais dans l'ensemble les contrôles sont efficaces et les producteurs bio ont plus de moralité que les techniciens agricoles qui pratiquent l'élevage intensif. (...)

(...) En ce qui concerne le porc, animal naturellement forestier et fouisseur, c'est une hérésie de l' « élever » sur un sol en béton, coincé dans des boxes étroits. [Note: On lui administre des antibiotiques destinés à stimuler sa croissance, pratique favorisant les infections multirésistantes chez les humains qui en consomment la viande.] Cet animal intelligent devient alors fou ou dépressif et son agonie à l'abattoir est un déchirement de douleur.


Comment peut-on vivre sainement en mangeant la chair d'animaux qui ont souffert toute leur vie dans un univers concentrationnaire ? Un minimum de réflexion conduit en effet à penser que la souffrance subie par l'animal se transmet inévitablement à celui qui en consomme la chair dénaturée. Dés lors, n'est-il pas nécessaire de boycotter les poulets et oeufs de batterie, non seulement à la maison, mais dans les plats préparés, au restaurant, à la cantine ? Mis à part dans la restauration haut de gamme, il faut savoir en effet que la grande majorité des poulets et oeufs utilisés proviennent d'élevage de batterie. Et il ne faut pas s'attendre à manger autre chose dans un fast food. Il faut savoir également que, pour chaque portion de viande hachée d'un hamburger, c'est 5 m₂ de forêt qui disparaissent.

P62-63 Élevage et pénurie d'eau

Alors que partout dans le monde, rivières et lacs s'assèchent et que le niveau des nappes phréatiques baisse dangereusement, l'élevage tient une grande part de responsabilité dans cet état de fait.

En effet, l'élevage intensif, c'est à dire la grande majorité des exploitations actuelles, est très gourmand en eau. Il ne s'agit pas seulement de l'eau bue par les animaux, mais de celle qui a servi à nettoyer le sol en ciment de leur box, ainsi qu'à irriguer les cultures pour produire les aliments qu'ils consomment. Car comme chacun sait, le maïs a besoin de beaucoup d'eau, mais le soja aussi. Et justement, ils rentrent tous deux pour un part importante dans l'alimentation du bétail, comme de la volaille. Ainsi, produire 1 kg de boeuf nécessite pas moins de 15.500 litres d'eau. Pour 1 kg de poulet, c'est « seulement » 3.900 litres, tandis que des cultures comme la luzerne (aux racines profondes), le blé et surtout la pomme de terre sont relativement économes en eau. Les abattoirs sont aussi de gros consommateurs d'eau : 20 litres d'eau pour un poulet. Au total, le bétail utilise 60 % des réserves d'eau mondiale.

D'après Claude Aubert, en France, il faut 500 litres d'eau par jour pour produire la nourriture d'un végétarien. Un français moyen omnivore en use 2.000 litres et un carnivore, mangeant de la viande à tous les repas, en consomme 4.000 litres, rien que pour produire sa nourriture d'une journée. Alors que les pluies deviennent erratiques et que la sécheresse touche le sud de l'Europe, il convient de s'interroger sur nos habitudes de vie. Déjà des grandes villes chinoises sont périodiquement privées d'eau ou sévèrement rationnées. A quoi nous serviront nos piscines, nos salles de bain et nos machines à laver si nous n'avons plus d'eau dans quelques années ?

P81 Motivations philosophiques et religieuses


Deux anecdotes, rapportées par One Voice, prouvent que les animaux sont des êtres sensibles et évolués :

« En 1999, Lulu, un cochon nain du Vietnam, a sauvé la vie de Joanne Altsmann. Le jour où celle-ci a été victime d'un infarctus, Lulu s'est précipitée hors de la maison et s'est couchée sur la route, obligeant une voiture à s'arrêter. Lulu a alors guidé le conducteur vers Joanne. »

« Un boeuf, nommé Barnaby, était très affecté par la mort d'Alfred Grünemeyer, un fermier de Roedental, en Allemagne. Il s'est échappé pour trouver la tombe d'Alfred à plus d'un kilomètre. Il y est resté pendant deux jours. »

C'est bien là la preuve que, lorsqu'il est attaché à son maître, un boeuf ou un cochon est capable de faire preuve d'un dévouement exemplaire, à l'instar d'un chien.

P150 Les légumes ne contiennent pas de protéines !

(...) De nos jours, l'idée est couramment répandue qu'on ne trouve des protéines que dans la viande, le poisson, les oeufs, le fromage et les légumineuses. Or les légumes verts sont également une bonne source de protéines contenant tous les acides aminés essentiels. On y trouve en particulier de la lysine, dont les céréales sont déficitaires, ainsi que de bonnes quantités de valine et de thréonine. Et ceci est vrai pour tous les légumes, ce qui en fait un excellent complément alimentaire des céréales. Il suffit de les consommer en quantité suffisante et de varier les apports alimentaires pour absorber une quantité de protéines suffisante.

La soi-disant supériorité des protéines animales sur les protéines végétales n'a aucune base scientifique. Il s'agit d'un prétexte destiné à complaire les gens dans une alimentation de riche au détriment de la Nature.

P151 Le fromage est-il compatible avec un régime végétarien ?

Effectivement, la grande majorité des fromages sont fabriqués à l'aide de présure animale. Cet agent coagulant sert à préparer la caséine du petit-lait. Or, la préparation de la présure nécessite l'utilisation de la caillette de jeunes veaux non sevrés. La caillette est l'une des quatre poches digestives des ruminants. Elle est recueillie chez les jeunes bêtes pour les enzymes (chymosine et pepsine) qu'elle contient. Découpée en fines lanières, la caillette est mise à macérer durant 5 jours dans de l'eau salée. Elle est ensuite utilisée pour faire cailler le lait à raison de 0,02% maximum. Cette méthode est violente puisqu'elle implique l'abattage des animaux. La plupart des fromages à pâte dure sont fabriqués suivant cette méthode. (...)

P163-164 Quelle justification y a-t-il aux expériences animales ?

Au nom du principe de la non-violence ou tout simplement de la compassion à l'égard du monde animal, les défenseurs des animaux dénoncent énergiquement les expérimentations animales en laboratoire. Ils déclarent notamment que les résultats obtenus sur des souris, des lapins ou des singes ne sont pas nécessairement transposables à l'échelle humaine. Ils citent en exemple la thalidomide, aux effets tératogènes, qui avait pourtant subit avec succès les tests de laboratoire sur le rat.

Pour sa part, l'association de défense des animaux One Voice dénonce le double langage de l'État français, qui encourage la cruauté envers les animaux au nom de la recherche scientifique, alors que les mêmes actes sont punis par la loi chez les particuliers. Cela, alors même qu'il existe des méthodes substitutives fiables, rapides et économiques. (...)

(...) Gandhi avait une position radicale sur la vivisection : « La vivisection m'inspire une horreur sans nom. J'estime impardonnable ce massacre de vies innocentes, perpétré, soit-disant, au nom de la science et dans l'intérêt de l'humanité. Je dénie toute valeur aux découvertes scientifiques souillées par un sang innocent. L'humanité aurait pu fort bien découvrir la théorie de la circulation sanguine sans pratiquer de vivisection. Mais je vois venir le jour où l'honnête savant répugnera à de telles méthodes de recherches.»

P169 En guise de conclusion

Créé après la IIème guerre mondiale, le système d'élevage industriel était censé procurer à tous les plaisirs d'une alimentation carnée, symbole de richesse et de réussite sociale. Cela n'a été possible qu'au prix de notre santé, en sacrifiant l'environnement et en martyrisant le monde animal censé nous servir de compagnon de route dans la grande aventure de la vie.

Bien entendu, la viande d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celle des fermes d'autrefois, mais cela suffit à ceux qui se contentent du monde des apparences.

Inévitablement, les souffrances effroyables endurées par le peuple animal pour aboutir au steak, à la tranche de jambon, à la cuisse de poulet ou au poisson pané de notre assiette ne peuvent que rejaillir sur nous. C'est l'inexorable loi du Karma. Et il se pourrait bien que cela se manifeste par de grandes épidémies décimant une humanité affaiblie.

Si nous ne voulons pas à notre tour servir de « chair à pâté », il importe de changer radicalement notre mode de vie.

02 avril 2011

Confessions d'une mangeuse de viande, de Marcela Iacub

Confessions d'une mangeuse de viande
Pourquoi je ne suis plus carnivore

de Marcela Iacub


"Il y a quelques mois, un événement tragique a complètement transformé l’idée que je me faisais de mon passé. Depuis, je sais que la seule chose digne d’intérêt qui me soit arrivée, c’est le fait d’avoir mangé de la viande." - Marcela Iacub

Entre récit autobiographique et essai sur le rapport qu'entretient l'homme avec les animaux, l'auteure, juriste et mangeuse de viande invétérée, montre comment un cas de jurisprudence fit d'elle une végétarienne. Elle s'interroge sur la façon dont l'intégration des animaux dans la société et la vie des hommes remet en cause la définition donnée par l'homme à l'humanité et son mode de vie.

Confessions d'une mangeuse de viande, Marcela Iacub, Editions Fayard, 2011, 162 pages

A propos de l'auteur

Née à Buenos Aires, Marcela Iacub est juriste spécialisée dans la bioéthique et chercheur au CNRS. Elle travaille notamment sur les problèmes posés par l’évolution des technologies de la procréation et les revendications contemporaines touchant à la sexualité, et est l'auteur de plusieurs ouvrages.

Pour en savoir plus

- L'article Pouvons-nous continuer à manger les animaux ?
- Le cri de la carotte, de Sandrine Delorme
- Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson
- La boutique L214

Au sommaire

- Plaisirs de la chair
- L'humanisme carnivore
- Utopies animalistes
- Une passion féroce
- La supplication des brochettes
- Rêveries végétariennes

“Notre civilisation carnivore est devenue folle”
Un entretien avec Marcela Daub

Source :
Le Figaro Madame

Pourquoi je suis végétarienne : « C’est une nécessité intime. Pourtant, en Argentine où j’ai grandi, j’ai été élevée dans le culte de la viande. Au pays des “asados”, ces grillades fameuses qu’on partage à la moindre occasion dans ma famille, c’était barbecue tous les jours. Mais il y a un an, à la lecture d’un texte du philosophe grec Plutarque, j’ai brusquement ouvert les yeux sur l’abomination de cet acte. Dès lors, je ne pouvais plus physiquement avaler de la chair animale. Manger des êtres vivants capables de sentir, de souffrir, d’espérer, d’aimer et de jouir de la vie m’est devenu intolérable. »

Mon boucher et moi : « Entre eux (parce qu’il y en a eu plusieurs) et moi, ce fut longtemps passionnel. Dès que j’entrais dans leurs boutiques, les bouchers détectaient d’instinct chez moi la mangeuse de viande invétérée que j’étais. Ma gourmandise était totalement insouciante. Et criminelle. »

Mon coup de sang : « Le débat actuel sur la viande se focalise sur la souffrance des animaux, comme s’il s’agissait de les tuer de manière éthique. Il nous détourne de l’absurdité de leur mise à mort. Pourquoi cache-t-on ces tueries dans des abattoirs situés loin des grandes villes ? Si l’on entendait les cris de peur et de douleur des animaux, on jugerait cela intolérable. Aujourd’hui, lorsque je vois une brochette, j’entends le bêlement de l’agneau qu’on assassine. J’ai écrit ce livre pour dénoncer notre aveuglement collectif et interpeller notre civilisation devenue folle. »

Ma philosophie de la viande : « C’est plutôt une utopie ! Je voudrais que l’on intègre les animaux à l’humanité. Tracer une frontière entre eux et nous n’a plus aucun sens. L’humanité se réconciliera avec elle-même si elle intègre les animaux en son sein. Si elle leur accorde le droit à la vie. »

01 avril 2011

La nouvelle tendance végétarienne, de Virginie Péan

La nouvelle tendance végétarienne
de Virginie Péan

préface de Caroline Lanty


Le végétarisme, alimentation partagée par plusieurs centaines de millions d'humains sur Terre, connaît un engouement sans précédent en France.

Qu'est-ce qu'au fond le végétarisme ? Une exclusion des produits carnés, à savoir la viande, le poisson et les fruits de mer. Oui, mais encore ? En Occident, le végétarisme s'affiche avant tout comme un choix de vie. Alimentation respectueuse des animaux par excellence, ses effets s'avèrent bénéfiques pour soulager nombre de nos préoccupations contemporaines : réchauffement climatique, déforestation, pollution, faim dans le monde, obésité, problèmes cardio-vasculaires, etc.

La tendance végétarienne la plus en vogue, le bio végétarisme, se présente comme celle qui maximise ces effets tout en alliant au mieux éthique et pratique. Au croisement de philosophies environnementalistes et pour les droits des animaux, le bio végétarisme privilégie les ingrédients et cuissons sains, tout en séduisant le grand public par ses saveurs subtiles et originales. Cet ouvrage se veut un livre d'initiation.

Découvrez l'histoire du végétarisme, ses motivations (diététiques, environnementalistes, éthiques et spirituelles), ainsi que les notions nutritionnelles essentielles. Et, pour vous accompagner au jour le jour, l'auteur explore tout l'univers des aliments bio végétariens, jusqu'aux plus méconnus : millet, miso, tempeh, algues, quinoa, etc. Enfin, 70 recettes faciles et savoureuses, organisées par menu (dîner d'hiver, repas de Noël, pique-nique, etc.), satisferont autant les débutants que les initiés.

La nouvelle tendance végétarienne, Virginie Péan, Préface de Caroline Lanty, Anagramme Editions, 2008, 128 pages

A propos de l'auteur

Végétarienne de longue date, Virginie Péan publie ses créations culinaires dans plusieurs revues (Végétariens Magazine, EcoloPop, FemininBio.com). Passionnée, elle fait du végétal la clef de voûte de ses expérimentations, aussi inventives que raffinées. Son blog de cuisine, Absolutely Green, est désormais devenu une référence. Virginie Péan est également thérapeute en Respiration consciente.

Pour en savoir plus

- Cet article de VeganPower (avec plusieurs photos du livre)
- Le site de l'auteur Absolutely Green
- Son ebook Cuisine française vegan 75 recettes à télécharger gratuitement
- Cuisine Vegan Facile, de Virginie Péan, Lucie Ancibure et Joëlle Pradère
- Le scandale de l'animal-business, de Caroline Lanty

31 mars 2011

Etre végétarien, de Belda Sisso

Etre végétarien
Pourquoi ? Comment ?
de Belda Sisso
Ce guide de base vous donnera les indispensables notions d'hygiène de vie et d'équilibre alimentaire pour conserver la santé ou la retrouver.

Comment, jour après jour, manger végétarien, équilibré et sans carence ? Quelles sont les méthodes de cuisson respectueuses des nutriments ? Comment pratiquer les bonnes associations alimentaires ?...

Les très nombreuses informations et conseils pratiques que vous trouverez ici pour optimiser votre alimentation dépassent largement le seul régime végétarien.

Solidement documenté, cet ouvrage à contre-courant de bien des idées reçues, nous montre aussi comment alimentation, santé et environnement sont indissociables et interdépendants. L'auteur nous invite à réfléchir sur les conséquences personnelles et collectives de nos choix en matière d'aliments.

Etre végétarien : Pourquoi ? Comment ? Belda Sisso, Editions Clair de Terre, 2007, 173 pages

A propos de l'auteur

Belda Sisso est professeur de yoga, conseillère en nutrition et s’est formée à la naturopathie. Spécialiste de la spiruline depuis de nombreuses années, elle a créé et dirige La Maison de la spiruline.

Pour en savoir plus

- La note de lecture de Veggie Gastronomie : " Être végétarien. La bible ! "
- La spiruline, de Belda Sisso
- Initiation au végétarisme, de Vincent Gerbe
- L'alimentation saine, d'Henri-Charles Geffroy

Faut-il être végétarien ? de Claude Aubert et Nicolas Le Berre

Faut-il être végétarien ?
Pour la santé et la planète

de Claude Aubert et Nicolas Le Berre

préface de Pierre Rabhi


Effet de serre, déforestation, gaspillage d'eau et de terres, vache folle, risques accrus de cancer et de maladies cardiovasculaires : l'élevage et la viande sont sur le banc des accusés. Faut-il pour autant renoncer au steak juteux, à la blanquette de veau façon Grand'mère, au poulet rôti à point ? Ce livre répond à cette question à la lumière des dernières connaissances en la matière, tant sur l'impact de l'élevage sur l'environnement que de la consommation de viande sur notre santé.

La réponse, sans appel, remet en question la place de la viande et des autres produits de l'élevage dans notre assiette. Elle invite à redécouvrir une alimentation dans laquelle les produits animaux constituent le complément d'une base végétale et non plus l'élément central. Avec, de manière très concrète, toutes les clés - recettes de cuisine comprises - pour réconcilier protection de l'environnement, santé et plaisirs de la table.

Faut-il être végétarien ? Pour la santé et la planète, Claude Aubert et Nicolas Le Berre, Préface : Pierre Rabhi, Editions Terre Vivante, 2007, 152 pages

A propos des auteurs

Claude Aubert est ingénieur agronome, pionnier de l'agriculture biologique et auteur de livres sur l'agriculture biologique, l'alimentation saine et les relations entre environnement et santé.

Nicolas le Berre est médecin homéopathe, acupuncteur, professeur de yoga, conférencier et auteur de livres sur l'alimentation saine.

Pour en savoir plus

- Le portrait de Claude Aubert
- Le portrait de Nicolas Le Berre
- Les laitages : Une sacrée vacherie ! de Nicolas Le Berre
- Maisons écologiques d'aujourd'hui, de Claude Aubert

Le sommaire

Introduction
Un tiers de l'effet de serre et 35 à 40% des cancers sont dans notre assiette
- L'agriculture, c'est deux fois plus d'effet de serre que nos voitures
- Nos habitudes alimentaires réchauffent la planète
- Nous creusons, plus que jamais, notre tombe avec nos dents
Au XXe siècle, un bouleversement inouï de nos habitudes alimentaires
- Une révolution en quelques décennies
- Du végétal à l'animal
- Toujours plus gras et plus sucré
- Toujours plus pauvre en nutriments : de la forte densité nutritionnelle à la calorie vide
- Des associations calamiteuses
Protéines et autres nutriments indispensables
- Les protéines : des fonctions multiples et essentielles
- Les glucides, premier carburant de l'organisme
- Les lipides ou matières grasses, indispensables avec discernement
- Les minéraux et les vitamines
- Les constituants qui nous protègent
Les protéines animales en question
- Beaucoup de viande nuit à notre santé
- Les produits laitiers contestés
- Fer et calcium, deux mauvaises raisons pour manger "animal"
- Le poisson entre bienfaits, pollution et pénurie
- Les protéines animales, grandes gaspilleuses de terre, d'énergie et d'eau
- Pourquoi les vaches réchauffent beaucoup la planète
- Adieu veaux, vaches, cochons ?
Le retour des protéines végétales
- Fabuleuses légumineuses
- Indigestes ?
- Les céréales, des sources de protéines méconnues
- D'autres sources de protéines végétales
Animal ou végétal : faut-il choisir ?
- Un bilan écologique et sanitaire très favorable aux protéines végétales
- Trouver le bon équilibre
Trois modes d'alimentation à dominante végétale
- L'alimentation méditerranéenne et le régime crétois
- L'alimentation asiatique et les centenaires d'Okinawa
- Végétarisme et végétalisme
Vers une proposition
- Des produits bio
- Des produits complets, peu transformés et locaux
- Apprendre à nous observer
- Les grandes familles d'aliments et leur préparation
- Du petit-déjeuner au dîner
- Une semaine parmi d'autres
- Dix règles de base
Le coin des recettes
- Quelques préparations à base de légumineuses
- Recettes à dominante végétale
Conclusion
Bibliographie
Références scientifiques
Index

Un extrait du livre

Un tiers de l'effet de serre et 35 à 40% des cancers sont dans notre assiette

L'habitude, hélas, émousse le regard et l'alimentation ambiante nous paraît tellement «naturelle» que nous avons du mal à nous en extraire pour la regarder avec un minimum d'objectivité. Les quelques centenaires actuels n'en croient pas leurs yeux, ils ont vécu la transition entre deux mondes presque étrangers. La deuxième moitié du XXe siècle est sans conteste une des grandes périodes de remaniement de l'alimentation humaine, une véritable révolution. Nous n'en avons pas assez conscience. Pourtant le langage courant en rend compte : en 1900 on gagne son pain avec son travail, vers 1950 on fait son beurre, vers 70-80 on défend son bifteck, en 2000 il n'y a plus de référence à l'alimentation, on gagne tout simplement de l'argent, ou «des tunes» selon les générations. L'aliment ne compte plus en tant que repère de base tant la pléthore organisée l'a banalisé et quelque part désacralisé. L'aliment n'est plus un don de la terre, une chance, un cadeau, parfois durement acquis. Ce n'est plus qu'un simple objet de consommation évalué pour le plaisir procuré, son faible coût et le peu de temps consacré à le préparer même si, en ce début de XXIe siècle, apparaît une relative référence santé devant l'ampleur des différentes «épidémies».

Parallèlement, les habitudes alimentaires, qui avaient peu changé au cours des siècles précédents, ont été totalement bouleversées. Au début du siècle, l'alimentation, dont le budget représente 60 à 70 % des ressources d'une famille, est alors essentiellement basée sur les céréales et autres féculents (pomme de terre, châtaigne dans certaines régions), les produits animaux n'étant qu'un appoint ou réservés aux jours de fête. Dans les milieux aisés, le repas à quatre temps (hors-d'oeuvre, plat de résistance, fromage, dessert) est déjà symbole de réussite avec la présence de produits animaux au quotidien et la blancheur des céréales raffinées. Le pain blanc éclaire déjà les tables riches, les moulins industriels permettant d'obtenir des farines bien plus fines, plus blutées que celles des meules de pierre des moulins artisanaux, encore très actifs à cette période. Pendant toute la première moitié du XXe siècle ces nouveaux modes d'alimentation vont s'implanter progressivement, mais les moyens financiers des familles sont encore limités et les techniques de production et de distribution balbutiantes.

30 mars 2011

Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson

Le cochon qui chantait à la lune
Le monde émotionnel
des animaux de ferme
de Jeffrey Moussaieff Masson

Le dernier livre de Jeffrey Moussaieff Masson sort aux éditions One Voice ! Découvrez, à travers une multitude de témoignages et d’observations, la vie émotionnelle des animaux de ferme, dont la sensibilité demeure méconnue du plus grand nombre.

Une collaboration passionnante

Jeffrey Moussaïeff Masson et One Voice ont décidé de s’associer pour l’édition de la traduction française du « Cochon qui chantait à la lune ». Pour cet auteur de best-sellers, spécialiste de la vie mentale des animaux, comme pour l’association, un seul objectif : contribuer à ce que les animaux soient mieux connus du grand public, pour mettre un terme à leur exploitation. Avec ce livre, l’accent est mis sur les animaux élevés dans les fermes : cochons, vaches, moutons, chèvres, poules et canards.

Des cochons surprenants

Dans son nouveau livre, Masson fait définitivement tomber les idées reçues concernant les cochons. Leur personnalité, autant que leurs comportements sociaux et leurs préférences alimentaires les font étrangement ressembler à nos semblables. Il décrit des animaux intelligents et attachants, qui remuent la queue comme les chiens lorsqu’ils sont contents et sont capables d’aimer les humains, sans doute bien plus que de raison...

Des poules qui câlinent

Masson raconte aussi comment se comportent les poules lorsqu’elles ne craignent pas l’humain, rapportant notamment le cas de certaines aimant beaucoup se faire câliner… Il relate aussi l’histoire de l’une d’entre elles, particulièrement taquine, qui prend un malin plaisir à faire sursauter un chat. Les poules acquièrent grâce à lui une identité, et s’avèrent, bien plus que des volatiles stupides, des oiseaux sensibles capables de choses surprenantes lorsqu’on leur permet seulement d’exister et de nous faire confiance !

Des facéties des chèvres aux canards pacifiques

A travers une multitude d’anecdotes, de rencontres et d’observations, Masson lève le voile sur les animaux les plus intensément exploités. Il nous livre ainsi de fascinants témoignages sur les facéties des chèvres et leur grande intelligence, mais aussi de belles histoires d’amitiés entre des moutons ou des veaux et, plus surprenant encore, celles de canards pacifiques et altruistes...

Changer le regard

Au fil des pages, on comprend que si nous ignorons tant de choses à propos de ces animaux, c’est sans doute parce que nous ne voulons pas les connaître, pour pouvoir continuer à les exploiter - impunément. Car une fois que l’on a ouvert les yeux sur le trésor de leur existence, on ne peut plus les considérer comme d’insensibles machines à produire...

Agir ensemble

Vous pouvez nous aider à sensibiliser le plus grand nombre à la vie émotionnelle des animaux des fermes en achetant ce livre et en l’offrant à vos proches.

" ./. faisons preuve de sagesse, de justice et de compassion.
C’est bien le minimum nécessaire"

Jeffrey Moussaieff Masson

Le cochon qui chantait à la lune, Le monde émotionnel des animaux de ferme, Jeffrey Moussaieff Masson, Traduction de Marc Rozenbaum, Editions One Voice, 2011, 216 pages

A propos de l'auteur

Jeffrey Moussaieff Masson est un auteur américain, aujourd’hui installé en Nouvelle-Zélande. Il est titulaire d’un doctorat de l’université de Harvard (en sanskrit) et diplômé de l’Institut de psychanalyse de Toronto. Totalement opposés à toute forme d’exploitation de l’animal, lui et son épouse, qui est pédiatre, sont vegans et leurs enfants sont végétariens. Il est convaincu de la valeur qui réside en toute vie, qu’elle soit humaine ou animale. Y porter atteinte, de quelque manière que ce soit, constitue selon lui une grave injustice et c’est ce qu’il essaye de montrer dans ses livres.

Pour en savoir plus

- Le site One Voice
- Sa boutique où l'on peut acheter ce livre (et d'autres)
- Un entretien avec Muriel Arnal, présidente de l'association
Du même auteur, les livres
- Quand les éléphants pleurent
- Un chien ne ment jamais en amour
- Les neuf vies émotionnelles du chat
Concernant les émotions des animaux
- Les émotions des animaux, de Marc Bekoff
- Emotions animales, de Karine Lou Matignon
- Le documentaire Rires de baleine et larmes de croco
Concernant les élevages industriels
- Un éternel Treblinka, de Charles Patterson
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub
- Le documentaire Ces animaux malades de l'homme

Le sommaire

Félicitations
Préface
Remerciements
Introduction : Une existence heureuse
1. Les cochons sont nos égaux
2. Le poulet a-t-il besoin d'une raison ?
3. Séparer les brebis des chèvres
4. Jusqu'au retour des vaches
5. Comme des canards sur l'eau
6. La nature du bonheur
Conclusion : Ne pas manger ses amis
Index
Notes

Petit avis

Saviez-vous qu'un coq est capable d'indiquer à la poule, par un cri spécifique, la qualité de la nourriture qu'il est en train de goûter ? Et qu'il peut aussi pratiquer la tromperie en faisant revenir une poule qui s'est trop éloignée, par un cri indiquant de la nourriture, même en l'absence de toute nourriture ? Saviez-vous qu'un cochon peut déplacer des balles de foin afin d'y monter pour pouvoir ouvrir une porte ? Et que, de tous les animaux, le porc est celui dont la chair ressemble le plus à la chair humaine ? Troublant, non ?

Après avoir exploré le monde émotionnel des animaux sauvages, des chiens et des chats, Jeffrey Masson explore celui des animaux de ferme. Dans chacun des chapitres, une approche de la vie émotionnelle de chaque espèce sous différents angles. Recueil d'observations et de témoignages, c'est une mine d'informations pour nous permettre de mieux connaître et respecter ces animaux. Car comme l'écrit si bien l'auteur, dont je salue la position sans détour en faveur du végétalisme : La question n'est pas : Que mangez-vous ?, mais : Qui mangez-vous ?

Un excellent ouvrage à lire et à offrir pour sensibiliser vos proches au sort de ces animaux qui font partie de notre quotidien, sont tués par milliards, mais que l'on ne voit pas et que l'on ne connaît pas.

"Il suffit d'imaginer à quel point il serait gratifiant de contempler la supériorité émotionnelle des animaux en matière de compassion et d'amour, pour se dire que nous avons quelque chose à apprendre d'eux." - Jeffrey Masson

Quelques extraits du livre

Avant-propos

./. La plus terrible de toutes les injustices consiste à ôter la vie à un animal, QUEL QU’IL SOIT, car il ne peut plus exprimer sa raison d’être qui est simplement d’être, d’exister et de faire tout ce à quoi son évolution l’a conduit : ressentir des émotions, nouer des relations, vivre en liberté dans un environnement naturel sans être exploité par un autre être. Il n’existe aucune excuse pour tuer un animal et nous devons nous garder des tentatives de justification au nom de la nécessité ou d’un droit divin. Félicitations à One Voice pour avoir pris au sérieux cette philosophie et pour l’avoir mise en pratique.

Préface

[Un extrait de l'histoire à l'origine du titre "Le cochon qui chantait à la une", un cochon célèbre nommé Piglet qui vivait sur une plage en Nouvelle-Zélande.]

P11-P12 ./. On nous a raconté un certain nombre d'histoires sur ce cochon étonnant, qui allait nager tôt le matin, au moment où la mer était calme, et qui aimait la compagnie des enfants, lesquels venaient s'asseoir à côté de lui et lui donnaient une caresse avant de repartir. Ce cochon était tout propre, distingué, sensible, intelligent et aimable avec les étrangers. Le jour où nous l'avons finalement rencontré, nous nous sommes rendu compte qu'on ne saurait trouver un meilleur voisin ni un meilleur ambassadeur pour défendre la cause des animaux d'élevage. Ses émotions étaient particulièrement visibles. On pouvait savoir à tout moment ce qu'il ressentait : la plupart du temps, c'était évident d'après son sourire, surtout quand il nageait ou quand il jouait avec ses petits amis humains.

Cependant, ce cochon n'avait pas fini de nous surprendre. Il était sensible à la musique et aimait notamment entendre jouer du violon. Il semblait apprécier plus particulièrement la musique sur la plage durant les nuits de pleine lune. Récemment, un soir de pleine lune, Tony a pris une photo de Piglet alors que celui-ci émettait les sons les plus doux, comme s'il chantait véritablement à la lune. Cette photo, ci-contre, est un témoignage de l'affinité particulière que ce cochon entretient avec la musique, avec la mer, avec la nuit et avec la lune. C'est là une raison supplémentaire de penser que les animaux - et en premier lieu les cochons - peuvent être sujets à des sentiments que les humains ne connaissent pas encore. Si nous écoutions avec assez d'attention les chants que Piglet et ses semblables chantent à la lune, les découvertes que nous pourrions faire sur les émotions nous ouvriraient des perspectives de plaisir insoupçonnées. ./.

Introduction : Une existence heureuse

P16 ./. Songeons à la vache dont les veaux lui sont retirés à la naissance et qui est ensuite traite de façon intensive pendant plusieurs années. Pour qu'elle produise du lait, on fait en sorte qu'elle soit gestante pratiquement en permanence, mais sans qu'elle puisse jamais garder son veau. Enfin, parce que sa productivité laitière a diminué, cette vache est tuée, bien avant d'avoir atteint sa longévité naturelle. Pouvons-nous dire qu'une telle vache a eu une existence heureuse ? ./.

P17 ./. J'ai remarqué qu'à table, quand j'explique aux gens que j'écris des livres sur la vie émotionnelle des animaux de ferme, j'ai droit à des sourires en coin, comme si j'avais dit quelque chose d'un peu ridicule. Ensuite, chacun reprend une bouchée de son steak, de son tagine d'agneau, de sa fricassée de poulet ou de son rôti de porc sans sembler éprouver la moindre curiosité concernant l'existence de l'animal qu'il est en train de manger.

La question qui me vient alors aux lèvres n'est pas "Que mangez-vous ?", mais "Qui mangez-vous ?". ./.

Les cochons sont nos égaux

P27 ./. Le fait que les cochons deviennent extrêmement amicaux envers les humains, dès qu'on leur en laisse la moindre possibilité, est une chose qui tient du miracle, quand on considère la façon dont nous les avons pratiquement toujours traités. ./.

P30 / Les porcs, comme les pachydermes, ont besoin de se rouler dans la boue. C'est la boue qui protège leur peau sensible contre les coups de soleil qui seraient dangereux pour ces animaux. Elle les protège aussi contre les mouches et autres parasites. Les porcs ne sont donc pas sales, bien au contraire. Un porc n'ira jamais déféquer à proximité de sa couche ou de l'endroit où il mange. Le porc est un animal particulièrement soigneux. Kim Sturla a déjà vu à plusieurs reprises de vieilles truies arthritiques se réveiller tôt le matin, se dresser sur leurs pattes non sans de très gros efforts et se traîner dans la boue sur de longues distances pour aller uriner. On ne peut qu'imaginer les souffrances des porcs enfermés dans des stalles, des espaces si réduits qu'ils se refusent à les souiller comme l'ont observé les membres de Compassion in World Farming et d'autres encore.

P49 ./. Kim Sturla m'a expliqué que les cochons étaient extrêmement tactiles et adoraient, plus que tout autre chose, qu'on les touche. Dès le premier contact physique, ils ferment les yeux et attendent qu'on les masse. Cela leur procure un immense plaisir. Je me suis dit que si toute personne ayant déjà mangé du jambon dans sa vie pouvait connaître la paix et la confiance mutuelle d'une telle rencontre et contempler la majesté de ces animaux dans leur propre environnement, ce serait peut-être la fin de l'industrie du porc. ./.

Le poulet a-t-il besoin d'une raison ?

[Les premières lignes du chapitre] P55 Une poule m'avait volé dans les bras. Je ne savais même pas que les poules volaient, et voilà que soudain, une poule atterrissait sur moi. Je visitais un refuge pour animaux de ferme. Enfant, j'aurais prié mes parents de me permettre de la ramener chez nous. Ne m'avait-elle pas choisi ? Peut-être choisissait-elle de la même manière les autres visiteurs, mais qu'importe ! Elle était particulièrement affectueuse. Elle me gratifiait de petites roucoulades bizarres et se blottissait dans mes bras comme un chaton heureux. Elle m'avait conquis. Décidément, je ne trouvais pas cette poule ordinaire.

En réalité, c'était une poule tout ce qu'il y a de plus ordinaire, si ce n'est qu'elle n'avait aucune raison de croire qu'on lui voulait du mal. C'est ainsi que devraient être les relations entre poules et humains si l'une des deux espèces n'était pas exploitée par l'autre. Comme entre chiens et chats, il suffit que l'occasion se présente. ./.

Séparer les brebis des chèvres

P88 ./. Des éleveurs de moutons néo-zélandais m'ont raconté que, de temps à autre, un agneau particulièrement intelligent apprenait à défaire le verrou d'une porte, une aptitude évidemment fréquente, et qu'ils craignaient alors que cet agneau apprenne à ses congénères moins doués à faire la même chose. Telle que la chose m'était présentée, c'était une preuve de l'intelligence du mouton, ce que tous leurs collègues n'étaient pas disposés à reconnaître. Malheureusement, ils allaient me révéler une pratique curieuse (et à mes yeux dégoûtante) :
- Que faites-vous des moutons qui sont capables de défaire un verrou ? ai-je demandé innocemment.
- On les tue, pour qu'ils ne puissent pas transmettre leur connaissance.
Les autres ont hoché la tête en signe d'approbation. Ils avaient tous des anecdotes à raconter sur un mouton particulièrement intelligent que ses prouesses avaient valu d'être abattu. ./.

Comme des canards sur l'eau

P139 ./. J'ai entendu parler d'un canard qui se montrait particulièrement attentif vis-à-vis d'une cane, alors même que la saison des accouplements était terminée, ce qui est inhabituel chez les canards. Le Dr Arthur Peterson, de DeBary, en Floride, avait dans sa propriété un grand lac, et il avait remarqué ce comportement peu commun. Pour en savoir davantage, il a lancé un filet sur la tête de la cane, en vue de l'examiner. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il s'est rendu compte qu'elle était totalement aveugle ! Dès qu'il l'a relâchée, son guide est revenu et s'est tout de suite approché d'elle, a émis des sons rassurants et l'a reconduite au lac. Il était son canard guide d'aveugle. ./.

Pour accompagner cette lecture, le documentaire tiré du livre
The Emotional World of Farm Animals
du cinéaste Stanley Minasian, a
vec Jeffrey Masson
(durée : 52 min, en anglais)


29 mars 2011

Pique-Nique Ethique, l'ebook de VG-Zone et 100% Végétal

Pique-Nique Ethique
35 recettes à partager
sur une nappe à carreaux

l'ebook de VG-Zone et 100% Végétal


Présentation par VG-Zone

Voici l’été ! Et du coup, c’est la saison des pique-niques qui renaît… Seulement, on se rend vite compte que l’on se retrouve toujours à manger les mêmes pâtés en boite entre deux tranches de pains, quelques légumes crus et un paquet de chips… Rien de bien folichon, en fait ! Pourtant, c’est si simple de se préparer des bonnes petites choses.

Alors si vous êtes en manque d’idées, voici 35 recettes inédites, végétaliennes et bio, réunies pour vous dans un nouvel e-book, intitulé Pique-Nique Ethique.

Ce livre numérique de 90 pages, richement illustré, est le fruit de la collaboration entre VG-Zone et 100% Végétal. Vous pouvez l’acquérir pour la modique somme de 7€ seulement.

Pique-Nique Ethique, ebook de VG-Zone et 100% Végétal, 2011, Format PDF, 7€

Pour en savoir plus

- La boutique en ligne
- Vegan Solo, l'ebook de VG-Zone, Végéta-Löu et 100% Végétal
- Les Cupcakes, l'ebook de Laura Veganpower

Les Cupcakes, l'ebook de Laura Veganpower

Les Cupcakes
à la manière de Laura Veganpower


Présentation par VG-Zone
(Cliquez sur le lien pour avoir un aperçu de l'ebook)

Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie de notre nouvel eBook intitulé « Les Cupcakes à la manière de Laura Veganpower ».

27 recettes inédites (dont 9 sans gluten) ont été rassemblées dans cet ouvrage de 66 pages au format A4.

Richement illustré en photographies et disponible au format PDF afin d’être compatible sur toutes les plateformes (Windows, Os X, Linux, iOS, Android), il est en vente au prix de 6€.

Qu’on se le dise, concevoir et réaliser un livre de recettes n’est pas chose aisée, c’est le fruit de plusieurs mois de travail et c’est bien là le strict nécessaire pour vous offrir une qualité digne d’un véritable livre. Nous espérons qu’il saura vous plaire et qu’il vous aidera à concocter pleins de bons cupcakes pour vous, votre famille et vos amis.

Acheter cet eBook c’est avant tout pour votre plaisir mais c’est aussi pour soutenir VG-Zone qui vous fournit une information gratuite et libre d’accès depuis bientôt 4 ans. La mission VG-Zone est bénévole mais pas sans frais. Un geste de nos fidèles lecteurs sera très apprécié.

Les Cupcakes, eBook de Laura Veganpower, Editions VG-Zone, 2011, Format PDF, 6€

Pour en savoir plus

- La boutique en ligne
- Vegan Solo, l'ebook de VG-Zone, Végéta-Löu et 100% Végétal
- Pique-Nique Ethique, l'ebook de Sébastien Kardinal, Marie Laforêt et Laura Veganpower