12 avril 2012

Les Héros de la biodiversité, d'Allain Bougrain Dubourg

Les Héros de la biodiversité
Passion nature

d'Allain Bougrain Dubourg


Ça y est, la prise de conscience est avérée. Nous sommes tous lucides sur le bilan : le vivant qui nous entoure agonise ! Reste qu'il convient d'agir. Allain Bougrain Dubourg qui, depuis plus de 30 ans, se bat sur le terrain pour enrayer le déclin de la biodiversité n'a pas manqué de pointer les causes de l'hémorragie. Avec la même conviction, il donne aujourd'hui la parole à ceux qui s'investissent pour inverser la tendance. Scientifiques, membres d'associations ou simples "écocitoyens", ces héros ont tous une histoire à raconter. Leur aventure nous éclaire sur les singularités de la vie animale et végétale et nous entraîne vers l'espoir d'un "vivant" enfin respecté. Chacun des 70 portraits d'acteurs de la biodiversité est accompagné d'un témoignage, d'un état des lieux du problème et d'un descriptif des actions mises en place.

Les Héros de la biodiversité, Passion nature, Allain Bougrain Dubourg, Editions Ouest-France, 2011, 304 pages

A propos de l'auteur

Engagé depuis plus de 30 ans dans la préservation de la biodiversité, Allain Bougrain Dubourg a sensibilisé le grand public à travers ses nombreuses émissions télévisées ou de radio, ses ouvrages, ses conférences... et ses actions de terrain. Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, il a réalisé la série "Les héros de la biodiversité" diffusée sur France Télévisions.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Ouest-France
- Les nombreux autres livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Le site de la LPO, la Ligue pour la Protection des Oiseaux
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Portraits nature, de Fabrice Delsahut
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot

Allain Bougrain Dubourg nous présente son livre en vidéo

10 avril 2012

Portraits nature, de Fabrice Delsahut

Portraits nature
L'Homme et l'animal sauvage :

les enjeux planétaires environnementaux

de Fabrice Delsahut

préface d'Allain Bougrain Dubourg


Les animaux représentent 2/3 des espèces vivant sur la terre. Bien que de plus en plus soucieux de son environnement et de son impact sur ce dernier, il semble que la place que l’homme accorde à la faune sauvage soit négligeable. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre est menacé de disparition et bien que le lion, l’éléphant ou la baleine continuent de fasciner, ils ne constituent désormais que les reliques d’une grande faune dont l’homme est le premier prédateur.

L’action prédatrice varie du simple prélèvement via la chasse ou la pêche, à des causes plus indirectes comme la pollution des biotopes ou l’introduction d’espèces exogènes. Le destin de cette faune est entre nos mains. Des hommes et des femmes parviennent malgré tout à agir activement sur la protection d’animaux sauvages et à la préservation de la biodiversité animale. Ils nous enseignent qu’une cohabitation est encore et toujours possible. Ce livre rend hommage à leur engagement indispensable à notre survie.

Le livre se propose donc de traiter des enjeux environnementaux liés à la préservation de la biodiversité animale. Il a pour vocation à la fois de sensibiliser à un enjeu environnemental en donnant des informations les plus rigoureuses possibles sur celui-ci et de faire découvrir au lecteur une personnalité et son association qui tentent, à leur échelon, de préserver cette biodiversité.

L’auteur a voulu mettre en parallèle l’action de personnalités très médiatiques, internationalement comme Yann Arthus Bertrand et Paul Watson ou nationalement comme John Wamsley, avec des hommes et des femmes qui travaillent davantage dans l’ombre comme Aurélien Brulé ou Catherine Le Page mais dont l’action est tout aussi remarquable. Ce parti-pris relève d’une volonté de montrer que l’action est aussi possible à son niveau et que l’impact de ces personnalités ne relève pas forcément d’une visibilité médiatique ou de diplômes ad hoc mais bien d’une passion.

Portraits nature, Fabrice Delsahut, Préface : Allain Bougrain Dubourg, Editions Pascal Galodé, 2012, 333 pages

A propos de l'auteur

Maitre de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne, Fabrice Delsahut est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles dans ce domaine. Il étudie aussi le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec l’animal sauvage.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Pascal Galodé
- Les nombreux livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Au nom des mers, de Paul Watson
- Bornéo - Au nom de la vie, d'Aurélien Brulé
- Vocation nature, de Muriel Robin et Aurélien Brulé
- La Terre vue du ciel, de Yann Arthus-Bertrand

Portraits nature : engagés pour la cause animale
Un article du site 20 minutes

Deux tiers des espèces vivants sur la Terre sont des animaux dont nous ne prenons pas assez soin. Pour susciter l'envie d'agir à leur égard, l'universitaire Fabrice Delsahut présente dans son ouvrage «Portraits nature», une vingtaine d'hommes et de femmes qui agissent au quotidien pour sauvegarder la biodiversité...

Le constat est sans appel. Fabrice Delsahut explique dès les premières lignes de son livre que les scientifiques ne cessent de découvrir de nouvelles espèces : de 67.000 espèces recensées au XVIIIè siècle, on est passé entre 1,5 à 1,8 million d’espèces connues et décrites à l’heure actuelle. Pourtant, la sixième grande extinction de masse est en cours. Et plus que jamais elle est le résultat de l’action de l’homme.

C’est donc un «curieux paradoxe que celui de la perte de notre biodiversité, alors même que cette dernière n’a jamais été autant appréhendée que ces dernières années. (…) De multiples espèces disparaissent avant même d’avoir été reconnues, caractérisées et décrites», déplore l’auteur dans l’introduction de son ouvrage.

Ces nombreuses disparitions, qui pourraient sembler anodines pour l’espèce humaine, ne le sont pas. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), explique dans la préface du livre que «l’arche du vivant continue de prendre l’eau. (…) Mais nous avons tout autant conscience que sauver la biodiversité, c’est servir directement les intérêts des hommes. L’approche économique en fait la démonstration. (…) La pollinisation génère 30% de la production agroalimentaire, soit un budget évalué à 158 milliards d’euros. Pouvons-nous nous passer des butineuses?»

Fabrice Delsahut a également souhaité rappeler à quel point protéger la biodiversité est le garant de notre humanité. Pour cela, il a publié des extraits de la « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary, parue dans Le Figaro littéraire en mars 1968, et dans laquelle le romancier français s’inquiète: «Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme et sa dignité sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.»

Un mot sur l’ouvrage

«Portraits nature» est en majeure partie une alternance entre présentation des enjeux planétaires environnementaux concernant l’homme et l’animal sauvage, et portraits ou interviews d’hommes et de femmes qui agissent activement sur le terrain. Des personnalités médiatiques, comme Yann Arthus-Bertrand (fondateur de GoodPlanet) ou Paul Watson (co-fondateur de Greenpeace), côtoient des gens plus «ordinaires», à l’image de Catherine Le Page, bénévole de longue date dans un hôpital pour koalas en Australie.

De nombreux thèmes sont ainsi abordés : l’environnement partagé, l’urbanisation, la déforestation, le trafic d’animaux, de l’ivoire, le commerce de viande de brousse, la diversité génétique, la pollution biologique ou marine, la surpêche, la pêche scientifique, la conservation ciblée, les espaces protégés et les parcs zoologiques.

Pour l’auteur, ces thèmes «sont autant de pistes (…) dans lesquelles l’engagement – au sens écologique – est souhaitable.» Il en appelle même les lecteurs à soutenir, voire s’engager, dans une association qui œuvre en faveur de la biodiversité. Car selon lui, «couper l’eau en se brossant les dents est un geste écologique important, mais il ne sauvera pas les tigres cambodgiens ou les baleines bleues. En revanche, soutenir Véronique Pestel-Audibert ou Paul Watson, via leurs fondations respectives les aidera certainement à maintenir la pression sur les communautés locales et internationales.»

On vous le dit, l’ère des seuls éco-gestes est révolue. Le temps est maintenant à l’action et à l’engagement citoyen !

A propos de l’auteur

Fabrice Delsahut est maître de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne. Il est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Ses recherches concernent également le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec les animaux sauvages.

08 avril 2012

Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot

Ces animaux qu'on assassine
Trafics, mafias, massacres
de Louis Bériot

En enquêtant au cours des deux dernières années sur la disparition du tigre, Louis Bériot nous apprend que le braconnage et le trafic de ce félin mythique sont l'arbre qui cache la forêt des prédations humaines contre la faune sauvage. Derrière "ces animaux qu'on assassine", c'est la planète tout entière qui est mise à mal, ses forêts, ses océans, ses barrières de corail, ses fleuves, ses lacs...

L'auteur révèle que l'épicentre du trafic se situe en Asie et que les grandes mafias du monde ont désormais supplanté les petits braconniers qui tuaient pour survivre. Leurs pièges rudimentaires ont été remplacés par des guerriers équipés d'hélicoptères, de kalachnikovs et de GPS. Un exemple : il y a dix ans, une demi-douzaine d'éléphants étaient massacrés chaque jour en Afrique pour leur ivoire ; en 2011, ce chiffre dépassait la centaine.

Peu surveillé, diffus, très rémunérateur et rarement sanctionné, le trafic des animaux est maintenant démultiplié par les ventes sur Internet. Il est considéré aujourd'hui par les instances internationales comme la principale activité criminelle devant celle des drogues, des armes et des humains. Dans son enquête à travers le monde, Louis Bériot nous fait découvrir, au cours de l’année 2010, année du Tigre pour les Chinois, l’ampleur de ce trafic, son développement, les nations impliquées et leur impuissance à le combattre. Il révèle aussi le courageux combat de centaines d’ONG pour tenter de le contrer, parfois au péril de la vie de leurs militants.

Tous les pays sont responsables, à commencer par la Chine, épicentre de tous les trafics, suivie de près par l’Asie et l’Amérique du Nord, au nombre des plus vastes marchés dans le monde. Une enquête détaillée, précise, et inquiétante. Selon l’auteur, cette razzia sur la faune menace non seulement des milliers d’espèces, mais aussi les grands équilibres naturels et au bout de la chaîne, l’Homme.

Ces animaux qu'on assassine, Louis Bériot, Editions du Cherche Midi, 2012, 310 pages

A propos de l'auteur

Connu pour ses enquêtes dérangeantes comme "Le bazar de la solidarité" ou "Abus de biens publics", Louis Bériot passe, cette fois, la planète au crible. Il est également l'auteur de nombreux romans, essais et documents, dont plusieurs sur l'écologie. Il est aujourd’hui écrivain, scénariste, et fondateur, à 68 ans, de la nouvelle entreprise "Planète sacrée" dont l’objectif est de promouvoir dans le monde toutes les actions et les innovations en faveur du développement durable.

Pour en savoir plus

- Ce lien où vous pourrez feuilleter le livre
- Les Editions du Cherche Midi
- A écouter : Louis Bériot nous présente son livre sur France Info (2mn25)
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- A la recherche des animaux insolites en voie de disparition, de Jean-François Lagrot et Isabelle Prouteau
- Animaux menacés, du collectif de scientifiques du WWF
- Animaux en péril, du collectif de scientifiques du WWF
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Espèces en danger, de Willi Dolder et Ursula Dolder-Pippke
- Le naufrage de l'arche de Noé, de Claude Combes et Christophe Guitton
- Le naufrage de Noé, de Diane Ackerman
- Le grand massacre, de François Ramade
- Demain, seuls au monde ? d'Emmanuelle Grundmann
- Ces forêts qu'on assassine, d'Emmanuelle Grundmann
- La peau de l'ours, de Sylvain Auffret et Stéphane Quéré
- Les derniers rhinocéros, de Lawrence Anthony
- L'Adieu au tigre, d'Armand Farrachi
- L'adieu aux bêtes, de Jean-Yves Domalain

Un court extrait

"La souffrance est inhérente à la vie, elle en est inséparable. Et la nature n'est pas tendre avec les animaux sauvages.
Elle est même implacable. Les animaux souffrent de tout, des prédateurs qui ne se soucient pas de savoir si leurs blessures ou leur mort sont ou non intolérables, des blessures ou des maladies qui les font souvent mourir dans des souffrances probablement atroces.
Nous sommes, nous humains, de nouveaux prédateurs dans l'histoire de l'évolution, mais il y a une différence : nous faisons souffrir massivement, et consciemment, des milliards d'êtres vivants, pour les besoins d'une seule espèce.

Nous ne pouvons éluder le fait que nous savons que nous faisons souffrir et que nous pourrions considérablement atténuer les effets de nos actions.
Notre conscience, qui serait ce qui nous différencierait des autres espèces, nous donne des devoirs à l'égard de la vie, de toute vie.
Et cette conscience nous dicte une morale.
Aussi, ce que nous faisons aux animaux, sur tous les plans, aussi bien par les recherches scientifiques et médicales que par les conditions d'élevage, est proprement immoral, et nous n'avons pas l'excuse de ne pouvoir agir autrement."

Un autre extrait en image : L'oeil du tigre
(le mot de l'auteur, qui figure au début de l'ouvrage)



Louis Bériot : "Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables"
Un article du site 20 minutes

Interview - Le journaliste a mené une enquête de 18 mois autour du globe sur la piste des trafiquants d'animaux sauvages...

Peaux de tigres, bile d’ours, cornes de rhinocéros… Avec des prix dépassant ceux de la drogue, ces produits causent la perte de milliers d’animaux sauvages chaque année. Victimes de croyances sur les vertus médicinales de leurs organes, ils sont la cible de mafias et de trafics que le journaliste Louis Bériot a pistés pour écrire son ouvrage Ces animaux qu’on assassine. Il porte un regard pessimiste sur l’avenir des espèces menacées et dénonce la cruauté des hommes.


Parmi les espèces victimes de trafic, votre livre évoque essentiellement les tigres. Pourquoi ?

J’étais en Inde quand j’ai rencontré Fateh Singh Rathore, l’homme qui a conseillé à Indira Gandhi de créer des réserves de tigres. A l’époque, l’Inde avait déjà perdu 98% de sa population de tigres. Grâce à ces réserves, les tigres sont revenus mais depuis une dizaine d’années leur nombre régresse à cause du braconnage, devenu le fait de mafias professionnelles. Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables, cela m’a interloqué. Le tigre est donc le fil que je tire pour découvrir l’ampleur du trafic et du danger qu’il représente pour la biodiversité.

Pourquoi le trafic des animaux sauvages est-il devenu si important ?

Le problème est simple: le trafic d’armes ou de drogue sont de plus en plus surveillés, tandis que le trafic d’animaux ne l’est quasiment pas. Les petits braconniers se sont mis au service de mafias internationales. Le bureau d’Interpol chargé de ce dossier ne dispose que d’un budget de 500.000 euros par an, et les douaniers font ce qu’ils peuvent. Quand ils arrêtent des trafiquants, les peines de prison ne sont pas suffisantes. Et parallèlement, le commerce de produits issus d’animaux sauvages a explosé avec la vente sur Internet.

Vous évoquez les fermes d’élevage de tigres en Asie. Ce qui semblait être une réponse à la demande de produits issus d’animaux sauvages encouragerait en fait le braconnage, pourquoi ?

C’est du snobisme… Comme pour le saumon chez nous, on se dit qu’il vaut mieux du sauvage que de l’élevage, que c’est plus efficace. Les riches Chinois veulent du tigre sauvage. Les responsables des médecines traditionnelles chinoises ont beau dénoncer cette superstition, personne ne les écoute. D’autre part, "l’éco-tourisme" dans ces réserves habitue les animaux à la présence humaine, ce qui les rend faciles à braconner. L’Inde a déclaré en 2011 qu’elle allait interdire le coeur des réserves à la visite, mais va-t-elle réellement le faire ?

Vous semblez très pessimiste sur l’avenir de la planète et des animaux. On ne peut plus rien faire, selon vous ?

C’est la première fois que je suis si pessimiste. Je rends bien sûr hommage aux associations, j’ai été frappé par leur courage et leur détermination. Ce que l’on peut faire à l’échelle individuelle est de ne plus acheter chinois pour montrer son désaccord avec la manière dont ce pays traite les animaux sauvages. Pour sauver la forêt indonésienne, on peut arrêter d’acheter des produits contenant de l’huile de palme et du papier fabriqué par des entreprises indonésiennes qui déforestent massivement.

05 avril 2012

Agriculture et santé, de Guillaume Moricourt

Agriculture et santé
L’impact des pratiques agricoles

sur la qualité de vos aliments

de Guillaume Moricourt

préface de Michel Mustin


(Mise à jour : Ajout du sommaire)

La qualité de notre alimentation a évolué, dans le mauvais sens. Nitrates, pesticides, additifs, ionisation, antibiotiques, anabolisants, érosion des sols, hydroponie, farines animales, bien-être des animaux, pollution de l'eau, nouvelle maladie de Creutzfeld-Jacob... sont autant de problèmes issus des "progrès" de notre modernité. Les OGM sont une nouvelle menace, et la qualité de notre eau est particulièrement problématique.

Ce livre explique aux consommateurs ce qu'est devenue notre agriculture et ce qu'elle pourrait, ou devrait être. La fabrication de divers produits de consommation est étudiée (pain, huiles, beurre, vin, sel, légumes, poissons, viandes, fromages...) et les différents modes agricoles (intensif, bio, raisonné...) sont passés en revue de façon accessible au néophyte. Tous ne se valent pas pour la qualité que le consommateur et le citoyen sont en droit d'attendre.

L'homme est malade d'un système intensif, qui a rendu la vache folle, fait trembler les moutons et donné la grippe aux volailles. Les avantages attendus, ou les risques tangibles ou potentiels concernant les OGM, divisent la communauté scientifique. On essaye pourtant de les imposer à un public qui les refuse justement, tant le bon sens incline en faveur d'un principe de précaution.

Agriculture et santé, Guillaume Moricourt, Editions Dangles, 2005, 317 pages

A propos de l'auteur

Guillaume Moricourt est un spécialiste de l'agriculture de par sa formation d'économiste spécialisé dans la filière agricole. Son livre constitue une référence et a été sélectionné et nominé pour le prix Nature et Environnement.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Dangles
- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre
- Une interview avec Guillaume Moricourt

L'avis d'une lectrice
Source

La vérité sur nos assiettes

Pour arrêter de vivre dans le monde aseptisé des supermarchés... Un livre intéressant pour ceux qui s'intéressent à leur santé et à l'avenir de notre planète !

Au sommaire

Préface
Préambule
Chapitre 1 : Les différentes agricultures
- L’agriculture conventionnelle
- L’agriculture biologique
- L’agriculture raisonnée
Chapitre 2 : Le fou et la vache folle
- Les farines animales
- Minimiser l’affaire
- Premières mesures de sauvegarde
- Farines encore plus trafiquées
- L’embargo contre la Grande-Bretagne
- Les contaminations croisées
- La France au-dessus de tout soupçon ?
- La traçabilité
- L’embargo contre la France
- Conclusions
Chapitre 3 : Les organismes génétiquement modifiés
- Brève histoire de la génétique
- Les végétaux
- Les animaux manipulés : jusqu’où iront-ils ?
- Un étiquetage virtuel
- Le big-bang des grandes surfaces
- Haro sur le moratoire de fait
- De nouvelles autorisations laborieuses
- Le big-bang des Verts allemands
- La fronde des régions de l’Union Européenne
- La contamination en action
- Le principe de précaution
Chapitre 4 : Auxiliaires et additifs alimentaires
- Les auxiliaires
- Les additifs
Chapitre 5 : Qualité de quelques produits
- Le blé et le pain
- Le riz
- Le maïs
- Le soja
- Les fruits et légumes
- Les poissons
- Les fruits de mer
- La viande bovine
- La viande de porc
- La volaille
- Les oeufs
- Le lait et les fromages
- Le beurre
- Le sucre
- Le chocolat
- Le sel
- Les huiles
- Les margarines
- L'eau
- Les jus de fruit
- Le café
- Le thé
- Le vin
Chapitre 6 : Les politiques agricoles
- Les organisations Communes de Marché
- La Politique Agricole Commune de 1962
- La Politique Agricole Commune de 1992
- Une nouvelle Politique Agricole tournée vers le bio ?
- La Politique Agricole Commune de 2005/2006
Conclusion.
Tables des matières
Abréviations

04 avril 2012

Le guide nature pour tous, de Frank Hecker

Le guide nature pour tous
La faune et la flore de nos régions
en 750 photographies

de Frank Hecker

Cet ouvrage est un guide d'identification des 550 principales espèces animales et végétales les plus communes en France et en Europe de l'ouest. Un classement par milieu facilite nettement l'identification. Le point de départ est l'endroit où vous vous promenez. Vous savez ainsi exactement où trouver dans le livre l'espèce que vous cherchez : en forêt ou dans les champs, en ville ou en milieu aquatique, en montagne ou sur le littoral. De plus, grâce à sa jaquette en plastique, votre guide est protégé des intempéries ! C'est le guide idéal pour les promenades en famille.

- 750 photographies en couleurs.
- Les principales caractéristiques d'un seul coup d'oeil.
- En annexe : les principales plantes comestibles, les plantes vénéneuses les plus communes, les oeufs d'oiseaux, les empreintes et traces en milieux forestier et aquatique, les coquillages, les exuvies de libellule, le frai de batraciens, etc.

Le guide nature pour tous, Frank Hecker, Editions Delachaux et Niestlé, 2007, 352 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin
- Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy
- Safari urbain, de Laurent Geslin

Un aperçu du livre



03 avril 2012

Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy

Guide des curieux de nature
en 150 scènes
de Vincent Albouy
illustrations de Claire Felloni

150 scènes de la nature ordinaire décryptées et illustrées.

Un tronc d’arbre enduit de boue, une chenille acrobate, un groupe d'insectes qui patinent sur l'eau, des tortillons de vase sur la grève, une bourse de soie dans un pin, un coeur de libellules au bord de l'étang, un nid douillet sous une vieille tôle, des graffitis sous une feuille de ronce, une feuille de graminées pliée en Z... qu'est-ce que tout cela peut bien signifier ?

La nature ne se livre pas toujours au premier venu. Il faut savoir entrer dans son intimité pour découvrir ses secrets, apprendre à lire les signes qu’animaux et végétaux laissent sur le chemin du promeneur attentif. Voici donc, à travers ce guide, les clés qui permettront aux curieux de nature de comprendre son langage.

- 150 scènes de la nature les plus remarquables, classées par saison, pour comprendre le langage parfois mystérieux de la nature.

- 150 illustrations en couleurs d'une grande précision naturaliste figurent les observations et fournissent les explications visuelles.

- Des photos indiquent de manière pratique les "trucs" à faire pour mieux observer la nature (technique de récolte, d'observations...).

- Des conseils pour approfondir vos connaissances naturalistes en faisant l'acquisition de matériel et d'une documentation spécialisés.

Le guide des curieux de nature se révèle essentiel pour s'émerveiller tout simplement en parcourant le bord des chemins. A consulter en famille, en groupe d'animation nature ou en solitaire.

Guide des curieux de nature, Vincent Albouy, Illustrations : Claire Felloni, Editions Delachaux et Niestlé, 2005, 224 pages

A propos des auteurs

Vincent Albouy est entomologiste, membre d'association de protection des insectes et de la nature (Opie et Ponema notamment). Il a publié plusieurs ouvrages, en particulier sur les insectes. Il est l'auteur chez Delachaux et Niestlé du Guide des curieux du bord de mer (2004) et du Jardin des insectes (2002).

Diplômée de l'école Boulle, Claire Felloni est illustratrice depuis plus de 25 ans, spécialisée dans le dessin naturaliste (faune et flore). En 1996, elle obtient le premier prix d'illustration au salon des artistes naturalistes du Muséum national d'histoire naturelle.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- Le site de Claire Felloni où vous trouverez un aperçu des illustrations du livre
- Animaux sauvages de nos villes, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy
- Le guide nature pour tous, de Frank Hecker
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin
- Safari urbain, de Laurent Geslin
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux
- Paris animal, d'Hélène Hatte et Valérie Rialland-Haddach

L'avis d'un lecteur
Source

L'entomologie, la botanique et la zoologie rendus attractifs !

Ce livre nous propose des explications sur des scènes, des indices qu'on peut observer au cours des randonnées, couramment pour certains, plus exceptionnellement pour d'autres.

Le livre est divisé en 4 parties correspondant à ce qu'on peut observer dans chacune des 4 saisons. Chaque scène est décrite sur une page avec de très belles illustrations et un texte intéressant. Pour s'y retrouver, il y a un sommaire, un index à partir des noms des espèces, un autre index par thème, catégorie, pour retrouver ce qu'on cherche en rentrant d'une promenade où on a observé quelque chose de particulier.

Très bon livre, qui permet de retrouver l'adaptation, la lutte passionnante pour la survie des espèces derrière des comportements, des indices en apparence anodins.

02 avril 2012

Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy

Guide des curieux de nature en ville
12 promenades citadines
de Vincent Albouy

Comment végétaux, insectes et mammifères colonisent et exploitent utilement les micromilieux urbains - friches, voies de communication, bords des eaux, parcs, petits jardins, toits, murs de façade, trottoirs, pavés, tunnels, caves...

Cet ouvrage vous propose : La découverte d'un patrimoine naturel encore commun mais fragile et menacé, qui mérite notre curiosité, notre respect et notre protection ; Un guide de découverte nécessaire pour connaître la nature partout où elle reprend ses droits et pour apprendre à évaluer la "santé" de nos milieux urbains ; 12 promenades citadines, de la périphérie de la ville jusqu'à son centre, de l'extérieur vers l'intérieur des bâtiments. Plus de 100 photographies étonnantes et 250 illustrations en couleurs d'une remarquable précision naturaliste pour une identification facile de la flore et de la faune qui peuplent la jungle urbaine. Une partie consacrée aux migrateurs, aux hivernants et aux espèces méridionales qui profitent du microclimat urbain, pour remonter vers le nord. Un ouvrage à consulter en famille, en groupe d'animation ou en solitaire.

Guide des curieux de nature en ville, Vincent Albouy, Editions Delachaux et Niestlé, 2006, 240 pages

A propos de l'auteur

Vincent Albouy est entomologiste, membre d'association de protection des insectes et de la nature (Opie et Ponema notamment). Il a publié plusieurs ouvrages, en particulier sur les insectes. Il est l'auteur chez Delachaux et Niestlé de nombreux livres dont La nature la nuit (2006), illustré par Jean Chevallier et Le Guide des curieux de nature (2005), illustré par Claire Felloni.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- Animaux sauvages de nos villes, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy
- Safari urbain, de Laurent Geslin
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux
- Paris animal, d'Hélène Hatte et Valérie Rialland-Haddach
- Le guide nature pour tous, de Frank Hecker
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin

La présentation du livre
par Cécile Fargue du site Univers Nature

Alors qu'une large majorité d'entre nous vit en ville, entre béton et bitume, et que, paradoxalement, nous sommes également de plus en plus nombreux à la recherche d'un eldorado de verdure, de nature, de liberté, d'authenticité… ce guide est le sésame de ce monde perdu !

Les villes ont colonisé la Terre certes, mais la résistance s'est également organisée. La Nature a su composer et se réapproprier des espaces insoupçonnés.

Le livre se décompose en "12 promenades citadines", ou si vous préférez, explore 12 micro-milieux urbains : le long des voies de communication, au bord de l'eau, dans les grands parcs, les jardins de banlieue, les terrains vagues et friches industrielles, les alignements d'arbres et parterres de fleurs, les aires de jeu, les trottoirs et pavés, les tunnels et égouts, sur les murs et les toits, dans les maisons et immeubles, et enfin la dernière promenade s'intéresse aux oiseaux migrateurs qui n'hésitent pas à faire halte dans nos villes au cours de leurs périples. Bref, chacun de ces milieux recèle un microcosme que nous croisons tous les jours sans le voir, sans même soupçonner sa présence. Une ignorance que ce livre permet enfin de réparer.

L'auteur, Vincent Albouy débute chaque promenade par une présentation en règle du microcosme en question, évoquant l'influence de l'homme sur ces paysages. Puis, comme un détective contentieux, il liste les plantes et animaux vivant dans ces lieux. Pour chacun, illustration, anecdotes sur le mode de vie et autres petites informations permettent une meilleure connaissance et reconnaissance de ceux et celles qui peuplent nos quotidiens.

Côté présentation, le "Guide des curieux de nature en ville" est clair et lumineux. Plus de 100 photos et 250 illustrations égayent et rendent vivantes les 237 pages de ce livre. Pour ce qui est de sa lecture, plusieurs solutions s'offrent à nous : on peut le lire d'une traite, ou flâner entre les 12 promenades proposées. Une chose en tout cas est certaine, après lecture, vous n'aurez plus qu'à partir en balade dans votre ville à la recherche des plantes et animaux dévoilés entre ces pages. Une balade à faire seul, entre amis ou avec des enfants…


30 mars 2012

La personnalité des animaux, d'Elien

La personnalité des animaux
Tome 1 - Livres I à IX

d'Elien

Traduit et commenté par Arnaud Zucker


"Que les bêtes brutes, elles aussi, possèdent, par nature un certain sens moral, et qu'elles partagent avec l'homme bon nombre de privilèges qui ont été impartis aux humains, voilà bien, pour le coup, quelque chose de grandiose." s'émerveille Elien qui, dans La personnalité des animaux, prend résolument le parti des bêtes.

Elien de Préneste, maître de rhétorique du IIe-IIIe siècle ap.JC, a utilisé une documentation énorme (et pour l'essentiel perdue aujourd’hui) afin de réaliser cette inestimable anthologie du savoir zoologique grec.

Cet ouvrage réunit, sous forme de courtes notices, d’innombrables observations, anecdotes et curiosités sur la faune grecque, mais aussi africaine et asiatique, en accordant une grande importance à l’éthologie et à la psychologie animales.

La personnalité des animaux témoigne d’une curiosité illimitée, d’une admiration sans bornes et du profond respect de son auteur pour ces êtres que l’on dit "sans raison" et qui, chacun à sa manière, manifestent l’intelligence, la beauté et la vertu de leur caractère et de la Nature.

Ecrivain érudit et conteur de talent, Elien nous offre une oeuvre de science, d’art et de plaisir qui est un des plus beaux livres de zoologie jamais écrits.

La personnalité des animaux, Tome 1, Livres I à IX, Elien, Traduit et commenté par Arnaud Zucker, Editions Les Belles Lettres, 2001, 302 pages


Pour en savoir plus

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La couverture du Tome 2


La personnalité des animaux, Tome 2, Livres X à XVII, Elien, Traduit et commenté par Arnaud Zucker, Postface de Jean-Christophe Bailly, Editions Les Belles Lettres, 2002, 320 pages


28 mars 2012

Animalement vôtre, de Chantal Knecht

Animalement vôtre
Procès d'animaux

Histoires d'hommes

de Chantal Knecht


De tout temps, des hommes ont jugé d’autres hommes. Mais un fait très curieux s’est produit pendant la période du Moyen Age et jusqu’au XVIIIe siècle environ, dans l’Europe chrétienne et rurale : des hommes ont jugé des animaux pour délits, en leur intentant des procès en bonne et due forme.

Ce livre nous dévoile un fait historique trop longtemps ignoré, celui des procès d’animaux dans l’Ancien Régime. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces procès ont réellement existé, véritables mises en scène judiciaires, calquées sur celles du monde des humains, avec président de cour, avocat de la défense, gardiens de prison, bourreaux, plaignants…

Sous forme de contes et nouvelles, voici dix histoires de procès d’animaux : une truie tueuse d’enfant, un perroquet contre-révolutionnaire trop bavard, un chien royaliste, une faible brebis, une jument boiteuse, des chats maudits, des dauphins trop envahisseurs, des fourmis trop gourmandes, un âne bien têtu et de gloutons charançons ! Tous au tribunal !

Aujourd’hui, ces procès d’animaux mettent en évidence la tendance irrésistible de l’homme à « humaniser » l’animal, et à lui faire subir les pires souffrances, avec bonne conscience.

Animalement vôtre, Procès d'animaux, Histoires d'hommes, Chantal Knecht, Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, 2011, 166 pages

Sur le même thème, voir aussi la plaquette Les animaux devant les tribunaux dans l'Histoire, de Charly Guilmard et Philippe Typhagne.

A propos de l'auteur

Chantal Knecht a été productrice de documentaires et éditorialiste. Elle est aussi l'auteur de deux pièces diffusées sur France Culture.

Le compte-rendu de lecture
de La Fondation Droits Animal Ethique et Sciences

L'ouvrage se compose d'une dizaine d'anecdotes, présentées d'une manière romancée, relatant notamment des procès d'animaux, si fréquents en Europe jusqu'au XVIIIe siècle, et dont l'introduction nous rappelle qu'ils pouvaient être de trois types : procès ecclésiastiques "dirigés contre des masses d'insectes, de rongeurs, d'oiseaux, considérés comme nuisibles" (p.12), procès criminels ordinaires, lorsqu'un animal avait tué un humain, et procès de bestialité, à la suite de relations sexuelles avec un animal, quant à lui d'ailleurs "condamné d'avance" (p.12). L'ouvrage dépasse d'ailleurs la notion même de "procès" au sens juridique du terme, en nous faisant assister à la mort d'anrmaux, martyrisés simplement parce qu'ils sont supposés porter malheur Comme ces malheureux chats pendus puis brûlés pour fêter la Saint-Jean. Pas de vrai procès d'animaux non plus quand les tribunaux de la terreur, face à un perroquet qui criait "Vive le roi ! Vive l'Eglise ! Vive les nobles !..." (p.36) ne feront de procès qu'à son maître, le marquis de la Viefville, qui, avec sa fille, finit guillotiné. Le perroquet eut plus de chance que le chien "royaliste" d'un tavernier parisien de la même époque, qui fut, sans procès non plus, abattu après son maître. D'où aussi le complément du sous-titre, qui à "procès d'animaux" ajoute "histoires d'hommes". Mais d'autres cas entrent clairement dans les catégories des procès traditionnels Celui de la truie de Falaise, tueuse de nourrisson humain. Celui qui condamne à mort un laboureur et une brebis pour avoir eu des rapports sexuels ; "ce n'est pas l'agneau de Dieu que nous jugeons aujourd'hui, berger, mais sa mère, la brebis du dérnon, perfide, lubnque, n'hésitant pas à copuler avec un homme..." (p.64). La malheureuse brebis, on le voit, est jugée responsable de son martyre. De même que. dans une autre histoire, la jument qui avait subi l'assaut sexuel de son propriétaire : de ce dernier le "corps sera brûlé vif ainsi que le corps de ladite jument avec laquelle il a commis le délit de bestialité" (p.158). Je reprendrai volontiers à ce propos une formule souvent citée par feue ma mère qui disait que seule la bêtise humaine lui donnait vraiment le sens de l'infini. Les différents procès intentés contre "le crime des charançons" (p.71) pourraient en être un autre exemple : "Puisque les charançons ne veulent pas obéir à l'ordre divin, je prononce l'excommunication des insectes" (p.89). Généralement l'animai dont on veut se débarrasser est dévalorisé, comme les dauphins qui avaient envahi le port de Marseille, qualifiés de "ces créatures immondes, ces dauphins, fils du diable" (p.93), comme cet âne Grégoire récalcitrant traité de "mauvaise graine lubrique, têtue, vicieuse et belliqueuse" (p.119). Seules les fourmis qui avaient élu domicile sous un monastère semblent avoir été sensibles à l'ordre de Dieu et avoir accepté de quitter les lieux : "en poussant de petits cris aigus, des milliers de fourmis quittèrent précipitamment le territoire" (p.132). Quant à nous, une phrase, attribuée à un des défenseurs de l'âne Grégoire nous servira de conclusion morale : "Si les hommes ont des droits, pourquoi ne pas en reconnaître aussi aux animaux ?" (p.119).

La présentation de l'ouvrage par l'éditeur
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Chantal Knecht est auteure de projets de documentaires (écriture et concepts). Elle a été productrice de documentaires, responsable d’achats de documentaires, téléfilms et longs métrages, éditorialiste et conseillère en matière de programmes et d’opérations spéciales (Arte France et la chaîne Histoire). Elle est aussi co-auteure d’une nuit consacrée aux Marx Brothers sur Arte France et auteure de deux pièces diffusées sur France Culture.

Déjà en janvier 2009, sur France Culture, elle racontait le crime des vers ! Voici ce qu’elle disait alors :

"Ces procès ont réellement existé : de véritables mises en scène judiciaires étaient calquées sur celles du monde humain avec président de cour, avocat de la défense, gardiens de prisons, bourreaux, plaignants. La procédure était différente selon la nature des animaux qu'il fallait poursuivre ou juger : ainsi, les insectes et autres animaux nuisibles, qui ne pouvaient être jugés individuellement, comparaissaient devant un tribunal ecclésiastique et étaient pour la plupart excommuniés par l'Eglise ; alors qu'un porc, un boeuf, un cheval, auteur d'un délit, était jugé devant un tribunal criminel ordinaire, emprisonné, et souvent mis à mort sur la place publique ! En Suisse, des anguilles, des sangsues infectant des lacs, des étangs, des mares, sont jugés et excommuniés par des tribunaux ecclésiastiques. En France, des dizaines de procès d'animaux sont recensés parmi lesquels un nombre impressionnant de porcs, mais aussi des chevaux, des chats, des rats, des moutons, des vaches, des hirondelles, des brebis, des coqs, et bien d'autres encore ! Sous forme de fiction, voici l'histoire de deux procès bien singuliers intentés par l'Eglise contre des insectes, des vers. L'un d'eux se situe en Suisse, à Lausanne, au XVème siècle, et les accusés sont des vers blancs, ravageurs de récoltes (d'après les travaux de l'historienne Catherine Chêne : Juger les vers, exorcismes et procès d'animaux dans le diocèse de Lausanne).
Le second procès, bien plus insolite celui-là, concerne des vers de bois, coupables d'avoir rongé et détruit le trône d'un évêque à Besançon en 1520 (d'après les recherches de l'écrivain Julian Barnes dans Une histoire du monde en dix chapitres et demi).
Comment ne pas rire et s'étonner des insultes dont les juges ecclésiastiques abreuvaient les pauvres vers, victimes impuissantes et muettes de leurs délires religieux et incantations verbales ? Un témoignage drôle, saisissant et inattendu de la folie humaine d'une époque."

Histoire de vous mettre les mots à la bouche, voici, en avant première, l’introduction de ce livre très bien écrit et copieusement documenté. Rapidement, dès les premières pages, on est pris par l’histoire. On s’étonne, on rit, on s’indigne... Vraiment les hommes ne savent pas quoi inventer pour se dédouaner et se donner bonne conscience. C’est un pan méconnu de notre Histoire que nous révèle ce livre et nous en sommes gré à Chantal Knecht.

De drôles d’histoires…
… si singulières, si insolites et souvent bien cruelles, que ces procès d’animaux.

Petit rappel des faits

Du XIIe au XVIIIe siècle environ, essentiellement dans l’Europe chrétienne et rurale, des hommes ont intenté de véritables procès à des animaux, domestiques pour la plupart : vaches, cochons, brebis, juments, chevaux, chiens, chats mais aussi : limaces, papillons, rats, souris, taureaux, dauphins, sangsues, corbeaux, coqs, chenilles...
Les porcs et leurs familles (truies, pourceaux) figuraient au hit-parade des animaux incriminés et condamnés. Mis en cause pour leur férocité supposée, ils vivaient très souvent à proximité des hommes, dans les villes comme dans les campagnes. Mais surtout « animaux maudits » dans la Bible, ils ne pouvaient qu’être montrés du doigt et soumis à la vindicte humaine.
Tous ces animaux, dans le prétoire ! Celui des hommes, bien sûr. Et des hommes d’Eglise. Ces faits ont réellement existé et ont donné lieu à d’authentiques débats et procédures judiciaires.
L’énoncé de ces simples faits frappe immédiatement la raison et donnerait même à sourire, comme si l’on ne pouvait y croire. En réalité, ils piquent au vif notre curiosité : comment est-il possible, en effet, de juger des animaux, se dit-on, aujourd’hui ?
S’agissant du Moyen Age, là même où tout a commencé, l’Eglise exerçait sa toute-puissance sur les populations pour s’assurer argent, sécurité, pouvoir. Et les juges étaient essentiellement des ecclésiastiques.

Pourquoi des procès faits aux animaux ?

Pour l’Eglise, la réponse est évidente : les animaux font partie de la création divine, comme les hommes ; de ce point de vue, hommes et bêtes sont logés à la même enseigne, avec cette différence que les animaux sont inférieurs aux hommes et leur doivent obéissance. Cette supposée malédiction fait des animaux des victimes expiatoires des grandes peurs humaines (inondations, famines, peste…) et elle les livre, pattes et queues liées, à des tribunaux humains qui, néanmoins, pour sauver la face de l’Eglise, leur donnent un cadre judiciaire précis, calqué à la sentence près sur celui des hommes.
Si des animaux commettaient un délit ou un crime, ils étaient dénoncés, convoqués au tribunal, représentés par un avocat commis d’office, jugés, condamnés.
Simulacres de procès ? Singeries ? Stupides facéties ? Certainement pas, mais affaire de mentalités, de croyances, d’idées-forces, caractéristiques d’époques où la foi était au centre du monde.

Trois grands types de procès.

La procédure était différente selon la nature des animaux qu’il fallait poursuivre.

1. Les procès ecclésiastiques.

Ils étaient dirigés contre des masses d’insectes, de rongeurs, d’oiseaux, considérés comme nuisibles par les paysans pour les biens des hommes. Ils étaient accusés de ravager les récoltes, ronger les mobiliers en bois dans les églises, ou encore de détruire la faune des lacs.
L’homme comme l’animal étaient assistés d’un avocat.
La condamnation ?
- Soit l’anathème, sommation adressée à l’animal (le démon), au nom de Dieu, de reconnaître la toute-puissance divine et de déguerpir des lieux ravagés ;
- Soit l’exorcisme, expulsion des démons du corps de l’animal par des prières et des supplications ;
- Soit l’excommunication, condamnation ultime ! L’animal est expulsé de la communauté chrétienne, de manière définitive ou provisoire.

2. Les procès criminels ordinaires.

Ces procès étaient intentés contre des bêtes accusées de crimes envers les êtres humains. « Appréhendé » au corps, selon l’expression de l’époque, jugé individuellement, l’animal coupable d’avoir tué un enfant ou un homme était emprisonné, jugé, torturé, condamné à mort, exécuté sur la place publique. La mort par pendaison était la plus courante, puis venaient l’enfouissement en terre, l’étranglement ou l’incinération.
L’Eglise n’était pas vraiment étrangère à ces procès, même si les juges n’étaient pas des clercs ; les références bibliques servaient de base même à l’acte d’accusation.
« Si un boeuf tue un homme ou une femme d’un coup de corne, le maître sera jugé innocent, mais le boeuf sera lapidé, et on ne mangera pas sa chair. » (Exode XXI, 28)
Dans ce cas aussi, des avocats défendaient chacune des parties, l’homme comme l’animal.

3. Les procès de bestialité.

C’était des procès faits aux hommes et aux animaux coupables de relations sexuelles, « charnelles », entre eux. Le mot « sodomie » était souvent employé à la place du mot « bestialité ».
L’homme était jugé, sans avocat. L’animal n’était pas convié au procès car il était condamné à l’avance.
L’homme et l’animal étaient étranglés, brûlés vifs, ensemble.

Une étrange fascination…

Ces procès avaient un très grand pouvoir attractif sur la plupart des gens dans la mesure où ils répondaient à un besoin de spectacles et de joutes oratoires fort ordinaires. La clé de ce phénomène de foule est évidemment la passion.
Alors, si l’on additionne tous ces éléments (spectacle, foule, passion, religion) présents dans les procès d’hommes, il est possible de comprendre toute la puissance imaginative qu’inspiraient ces procès d’animaux.
Ce que montrent ces procès, c’est une sorte de parité entre l’homme et l’animal, une « fraternité » apparente instaurée sur un mode religieux. Mais ne nous y trompons pas : c’était un jeu de dupes : l’animal était coupable et condamné d’avance.
Mais ils nous apprennent surtout que l’homme n’a jamais cessé d’attribuer à l’animal sa propre nature, son propre regard, ses propres référents, religieux ou pas.
Certes l’animal ne se trouve plus, aujourd’hui, dans le box des accusés, mais il est toujours sous l’emprise des hommes, de leurs langages, de leurs pratiques et de leurs lois.
Les récits proposés ici ne sont pas des récits historiques. Ce sont des histoires d’hommes, de femmes, d’animaux, fondés sur des faits établis. Les dates évoquées, les zones géographiques citées, les animaux choisis sont tous réels.

Animalement vôtre,

Signé : La truie de Falaise, le perroquet d’Arras, les chats de la Saint-Jean, la brebis auvergnate, les charençons savoyards, les dauphins de Marseille, l’âne parisien, les fourmis brésiliennes, le chien de Paris, la jument de Moulins… dont les joies, les malheurs, les procès sont narrés dans les pages qui suivent.*

* Il est à noter qu’aucun de ces animaux n’a jamais pu répondre, au cours de son procès, à l’impérieuse injonction de la justice des hommes : « Accusé, levez-vous ! »

26 mars 2012

Les animaux devant les tribunaux dans l'Histoire, de Charly Guilmard et Philippe Typhagne

Les animaux devant les
tribunaux dans l'Histoire

"Bêtise" ou réalité ?

Texte de Charly Guilmard
Dessins de Philippe Typhagne


Présentation par Florentin

Charly Guilmard, un historien de chez nous, vient de publier une plaquette originale, intitulée "Les animaux devant les tribunaux dans l'histoire". Il est tombé un jour sur un jugement rendu en 1394 près de la Vicomté de Mortain et qui disait qu'un enfant avait été mordu et tué par un porc, ce qui avait valu à l'animal d'être condamné à la pendaison. Intéressé, il a continué ses recherches et en a trouvé tout de suite un nouvel exemple, tout aussi croquignolet, celui d'une sentence prononcée dans la région de Lessay au début du XVe siècle, sentence tout de même plus clémente puisque elle laissait le choix aux charançons et sauterelles qui dévastaient les récoltes du lieu soit de quitter le diocèse soit d'être excommuniés. Charly Guilmard était ferré. Il s'est documenté et a relevé une centaine de procès en France entre le XIIe siècle et 1741. Comme, par exemple, celui qui a abouti à l'excommunication des anguilles du lac Léman ou celui qui a condamné un coq au bûcher pour sorcellerie (il avait, semble-t-il, pondu un oeuf !). "Démonstration de la bêtise humaine", conclut l'auteur. J'ajouterai bêtise aussi de l'Eglise de ces époques ...

Les animaux devant les tribunaux dans l'Histoire, Texte de Charly Guilmard, Dessins de Philippe Typhagne, Editions Fleur de Lys, 2010, 26 pages

Comment l'obtenir

Cette plaquette (26 pages), petite synthèse des différentes formes de jugements, de juridictions qui à travers les siècles (du XIIe à 1741) ont procédé à des condamnations de toutes sortes d'animaux des plus insolites, est disponible à la vente au prix de 7€ (+ frais de port) à l'adresse suivante :

Charly Guilmard
39 rue des Religieuses
50700 Valognes

Pour en savoir plus

- Le site de Philippe Typhagne
- Sur le même thème, le livre Animalement vôtre, Procès d'animaux, Histoires d'hommes, de Chantal Knecht