20 avril 2012

Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, de Konrad Lorenz

Il parlait avec les mammifères,
les oiseaux et les poissons

de Konrad Lorenz


Non, le renard n'est pas la plus rusée des bêtes de proie ! non, les colombes ne sont pas douces, surtout entre elles ! non, le poisson n'est pas un animal au sang "froid", mais au contraire le plus impétueux des amants !

C'est ainsi que Konrad Lorenz s'en va, bousculant les idées reçues, non par esprit de contradiction, mais par goût de la vérité et par amour pour ce qu'il y a en chaque animal, en chaque espèce, de complexe et de spécifique.

Mais ce livre n'est pas seulement une salutaire dénonciation de nos préjugés. Il nous présente une suite de portraits délicieux et drôlatiques : Hansl, corneille remarquablement éloquente, Martina, petite oie cendrée d'une exquise et encombrante tendresse, le chouca Tchok, fidèle compagnon de promenade.

Au fil de ces anecdotes, l'auteur nous livre de passionnantes réflexions sur l'inné et l'acquis chez les animaux, sur leurs rites et leurs langages. Chez Lorenz, science et tendresse se conjuguent et s'épaulent : l'amitié, souvent, suscite ses découvertes, lesquelles, à leur tour, ne font qu'accroître son amitié pour le monde merveilleux des bêtes.

Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, Konrad Lorenz, Traduit de l'allemand par Denise Van Moppès, Editions J'ai Lu, 1974, 178 pages

A propos de l'auteur

Biologiste autrichien, Konrad Lorenz (1903-1989) est l'un des fondateurs de l'éthologie (étude scientifique du comportement des êtres vivants dans leur milieu naturel). Il a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et écrit de nombreux ouvrages.

Au sommaire

- Préface
- Avant-propos
- Les animaux contrariants
- Un objet sans danger: l'aquarium
- Deux bêtes de proie dans l'aquarium
- Sang de poisson
- Les compagnons intemporels
- L'anneau de Salomon
- La petite oie Martina
- N'achetez pas de pinson !
- Pitié pour les animaux
- Les armes et la morale
- La fidélité n'est pas un vain mot
- Les bêtes dont on rit

L'avis d'un lecteur
Source

Un livre simple, rempli d'anecdotes et d'enseignements

Ce livre de Konrad Lorenz est sans aucun doute l'une de ses oeuvres les plus accessibles, car écrite pour le grand public afin, notamment, de le sensibiliser aux difficultés et aux problématiques de la possession d'animaux apprivoisés. Lorenz insiste sur la nécessité de préserver la dignité d'être vivant de l'animal et dénonce la détention d'animaux privés de la liberté de mouvement et d'action propre à leur espèce. En conséquence, Lorenz donne des conseils sur le choix des animaux domestiques, qui doivent être des espèces robustes (car aucun propriétaire ne peut s'occuper à plein temps de son animal) et acceptant "naturellement" les conditions de captivité en appartement ou en maison. Les besoins spécifiques des oiseaux sont parfois subtils et ne peuvent être connus du grand public : par exemple, Lorenz recommande, pour un citadin désireux de posséder un oiseau, de choisir entre le bouvreuil, le serin, ou l'étourneau mais "interdit formellement" le perroquet encagé et, surtout, le pinson qui panique à tout mouvement un peu brusque survenant dans son entourage... Certains détails peuvent heurter notre sensibilité car Lorenz recommande parfois de capturer l'oisillon au nid (dans le cas d'espèces bien déterminées), afin de provoquer la création d'un lien de relation personnel entre l'oiseau et son propriétaire. Lorenz fait aussi d'intéressants commentaires sur le comportement des chiens, en distinguant entre les chiens descendant du loup et les chiens descendant du chacal doré, qui sont les plus nombreux car les plus sociaux, en insistant d'ailleurs sur la dépendance affective du chien vis-à-vis de son maître et la monstruosité que représente, pour un chien, l'abandon de son maître.

Néanmoins, le livre de Lorenz n'est pas qu'un manuel à l'usage des propriétaires d'animaux. Il contient de nombreux faits d'observation qui ont permis à Lorenz de théoriser et d'étayer sa conception du comportement instinctif (cf ma critique des 3 essais sur le comportement). Il fourmille également d'anecdotes sur la vie de Lorenz avec ses animaux et leurs interactions avec sa famille et son voisinage. Il n'était pas de tout repos d'être le voisin de Lorenz ! Ces anecdotes sont souvent amusantes :
* un ami de Lorenz essayant de "parler" à des oies mais en langage "coin-coin" de canard, provoquant l'hilarité de Lorenz...
* Lorenz se déguisant (en père noël, etc.) pour manipuler ses corbeaux car le corbeau attaque, par comportement automatique instinctif, tout être vivant non corbeau qui s'empare d'un congénère. Or tout corbeau qui a attaqué le même individu plusieurs fois finit par l'assimiler à un ennemi ; aussi Lorenz ne devait pas être reconnu de ses corbeaux...

Certaines anecdotes sont aussi troublantes, en révélant le niveau insoupçonné d'individuation des animaux et leurs capacités à identifier un autre individu, et à se comporter spécifiquement envers lui. Plus que celles relatives aux animaux "supérieurs" (ex : le choucas Tchok, l'oie Martina, le corbeau Roa, etc.) avec lesquels Lorenz a su nouer une véritable relation d'intimité, ce sont celles concernant des espèces jugées sans intelligence qui m'ont le plus frappé. Lorenz rapporte ainsi le comportement exceptionnel d'un poisson-bijou, qu'il n'avait pu nourrir de la journée. Ces poissons forment des couples qui construisent un nid, dans lequel, chaque nuit, ils rassemblent leurs "enfants" qui nagent dans la journée autour du nid. Pour ce faire, la mère se met au-dessus du nid et appelle les "enfants" par des mouvements ondulatoires tandis que le père les pousse et si besoin prend dans sa bouche (ie il les gobe sans les avaler) les retardataires et/ou les récalcitrants pour les porter jusqu'au nid. Un jour, alors que les poissons n'avaient pu être nourris, Lorenz et ses étudiants donnèrent très tardivement de la nourriture aux poissons, qui avaient commencé à rassembler les "enfants". Le père, affamé, se jeta sur les morceaux de vers, qui emplissaient largement sa bouche, lorsqu'il vit soudain un de ses "enfants" qui nageait, solitaire. Il le ramassa aussitôt dans sa bouche, déjà pleine de nourriture. Lorenz vit alors le poisson se tétaniser, comme s'il était véritablement en train de réfléchir : après quelques secondes, il s'approcha du fond de l'aquarium, régurgita délicatement tout ce qu'il avait dans la bouche, puis mangea les morceaux de ver sans cesser de fixer de l'oeil son "enfant", posé immobile sur le sol. Une fois son repas fini, il prit "l'enfant" dans la bouche et le ramena au nid.

La préface (lors d'une réédition du livre)
Source : Le Bistrot Bar Blog

''Nous, à savoir : l'auteur qui n'avait encore jamais écrit de livre, l'éditrice qui est juriste et, accessoirement imprimeur, et n'avait encore jamais rien édité, et enfin le correcteur, plus malin qu'il n'en a l'air et le seul professionnel de nous trois, avions, par une aimable soirée de l'année dernière où l'on avait parlé des livres, bons ou mauvais, consacrés aux animaux, décidé de composer ce petit ouvrage. Nous sommes très fiers de notre oeuvre, mais nous ne nous dissimulons pas qu'elle présente quelques défauts.

Par exemple et pour commencer, le titre, Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, peut prêter à confusion puisqu'un de mes lecteurs m'a écrit qu'il avait été sur le point de reposer le volume, reçu en cadeau de Noël, ne sachant pas dans laquelle de ces catégories auxquelles je parais m'adresser il lui fallait se ranger.

Il y a encore l'affreuse histoire des hamsters dorés qu'on peut laisser en liberté dans une pièce car – à en croire le livre – ils ne rongent ni ne grimpent. J'escomptai des ennuis quand je découvris, peu après la parution de notre petit ouvrage, un nid de hamsters dorés dans un classeur de lettres posé sur un haut secrétaire du XVIIIème siècle. Un gros vieux hamster s'étant avisé que le papier était un excellent matériau, avait mis au point une technique étonnante pour se hisser entre le secrétaire et le mur et, finalement, creusé un trou au milieu de la liasse de lettres, utilisant la bourre de papier ainsi obtenue pour capitonner douillettement son nid. Il ne restait plus, des lettres rangées dans le classeur, qu'une espèce de paroi entourant le creux ; les lettres étaient d'autant plus détruites qu'elles étaient plus proches du centre de la liasse (selon une courbe que l'on peut aisément imaginer sans être grand mathématicien) et, seules les premières et les dernières étaient intactes. J'écarte systématiquement les missives de mes chers lecteurs qui, après quelques formules flatteuses sur l'ensemble de mon livre, abordent la question du hamster doré, car je ne sais que trop ce qui va suivre. Pour ma part, j'ai enfermé les hamsters dans leur cage, non à cause du classeur de lettres – ils n'ont vraiment rien dévoré d'autre jusqu'ici – mais parce qu'ils pourraient mettre en danger la gerboise qui depuis quelque temps vit en liberté dans ma chambre. Ma femme a, hélas, lors des derniers nettoyages ''à fond'', trouvé dans le nid de ladite rongeuse une importante pièce à conviction sous forme de laines bleues et rouges provenant du tapis (du grand tapis persan aux mouchetures qui, vert sombre autrefois, sont devenues depuis vert-jaune clair : voir page 16). Il faudra donc que le tapis ou la gerboise quitte ma chambre ; je n'ai pas encore décidé lequel je bannirai.

Pour finir, j'ai eu dernièrement tant de déboires avec mes aquariums que le titre du deuxième chapitre : « Un objet sans danger : l'aquarium », m'apparaît comme une provocation. Une des vitres du bassin de cent litres a tout récemment éclaté dans la nuit sans qu'on sache pourquoi, en inondant la pièce, et avant-hier à cinq heures du matin, les trois pompes ont d'un commun accord refusé tout service. Je me suis escrimé pendant sept heures pour en remettre une en marche et lutter contre l'asphyxie d'une nombreuse progéniture de cichlidés (Etropus maculatus). Mon livre contient force mises en garde contre le danger de placer un trop grand nombre de poissons dans un même récipient et insiste fermement sur la nécessité de ne jamais rompre l'équilibre biologique de l'aquarium. Celui dont je parle contenait malheureusement bien trois cents petits cichlidés de deux à trois centimètres de long, alors qu'il n'y aurait dû y en avoir au plus une trentaine. Si bien que le travail de réparation des pompes ressemblait aux efforts d'un chirurgien qui lutte contre une forte hémorragie sans arriver à localiser le vaisseau lésé. Mais dès demain, j'en fais serment, les deux cent soixante petits pensionnaires excédentaires seront répartis chez les divers marchands de poissons d'agrément de Vienne.
Ces mésaventures m'ont si fort irrité au sujet de mes têtes de chapitre que je me suis acheté deux pinsons pour la seule raison que le neuvième chapitre s'appelle « N'achetez pas de pinson ». Ce sont deux ravissantes petites créatures que ma collaboratrice, le docteur Ilse Prechtl-Gilles a élevées pour observer la façon dont les jeunes oiseaux chanteurs mendient de la nourriture. Pour l'instant, ces oiselets sont délicieusement dociles et on ne peut plus mignons. Ceci pour consoler mes lecteurs amis des oiseaux qui m'ont adressé des lettres de reproche à la défense du pinson.

Malgré tout, ce que j'ai écrit dans ce livre est vrai...au moins relativement. Qu'on essaye de laisser un écureuil en liberté dans sa chambre et l'on trouvera le hamster doré étonnamment inoffensif. Un aquarium ne provoque qu'exceptionnellement des dégâts, et les pinsons ne resteront pas longtemps aussi sages et gentils. Tout bien pesé, nous ne modifierons donc rien au texte de la première édition.''

Du même auteur
Les oies cendrées, de Konrad Lorenz

Editions Albin Michel, 1989, 308 pages


18 avril 2012

Le loup hurle-t-il à la lune ? de Luc et Muriel Chazel

Le loup hurle-t-il à la lune ?
180 clés pour comprendre les carnivores

de Luc et Muriel Chazel


Les carnivores, représentés par 270 espèces, fascinent souvent, effraient parfois, passionnent toujours. Nous entretenons avec eux des relations faites d'un mélange de respect, d'admiration, mais aussi d'une peur dont l'origine probable remonte aux temps anciens des habitats cavernicoles.

Comment définir l'ordre des carnivores, qui réunit aussi bien les morses que les belettes ou les hyènes ? Les carnivores sont-ils tous des prédateurs ? Comment communiquent-ils ? Alors qu'ils sont en haut de la chaîne alimentaire, ont-ils pourtant des ennemis naturels ? Comment se répartissent-ils sur la surface de notre planète ? Quelles traces laissent-ils pour marquer leur territoire ? Ours ou loutre, coati ou lycaon, quelles sont leurs méthodes de chasse ? Les carnivores nous menacent-ils ou sont-ils aujourd'hui menacés ? Quelle est la réalité des mangeurs de chair humaine ? Peut-on imaginer apprivoiser une panthère ? Plus prosaïquement, quelles sont les espèces les plus grandes ? les plus rares ? les plus méconnues ? celles qui ont les plus petits ou les plus grands territoires ?

Voici 180 questions à dévorer pour en apprendre plus sur ces animaux souvent discrets à travers des thèmes originaux et "confidentiels" dans des domaines divers tels que classification, moeurs, relations avec les hommes, anecdotes, records, etc. L’auteur remet certaines idées à leur juste place grâce à un important travail de recherche iconographique, même sur certaines espèces restant très rares sur la pellicule.

Le loup hurle-t-il à la lune ? 180 clés pour comprendre les carnivores, Luc et Muriel Chazel, Editions Quae, 2011, 216 pages

A propos des auteurs

Passionné par la faune sauvage depuis toujours, Luc Chazel a été chargé d'études par le ministère de l'Environnement, conservateur de réserve naturelle, responsable d'un programme de recherche sur le lynx dans le parc national des Abruzzes et a été conseiller technique pour le service suisse de cartographie de la faune. Ses nombreux voyages l'ont amené à se spécialiser dans les mammifères carnivores.

Egalement spécialisée dans l'ichnologie, Muriel Chazel est coauteur d'ouvrages naturalistes et a participé à divers inventaires de faune. Elle réalise actuellement une base de données iconographiques sur les traces et indices de la faune sauvage et mène un projet de stages d'ichnologie de terrain.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Quae
- Kamala, une louve dans ma famille, de Pierre Jouventin
- Variations sauvages, d'Hélène Grimaud

Au sommaire

Quelques unes des 180 questions…

Les carnivores et la science

Comment les carnivores sont-ils classés ? / … / Pourquoi certains carnivores ont-ils plusieurs noms ? /… / Combien existe-t-il d’espèces de carnivores ? / … / Le nom de carnivore implique-t-il un mangeur de viande poilu ? / A quoi servent les carnivores ? /…

La vie privée des carnivores

Pourquoi les carnivores mangent-ils de la viande ? / Les carnivores communiquent-ils ? / … / Les griffes sont-elles propres aux carnivores ? / … / Que change l’hiver dans la vie des carnivores ? / … / Pourquoi les jeunes carnivores jouent-ils ? / … / Les carnivores laissent-ils des indices ? / … / Les carnivores se déplacent-ils au hasard ? …

Des carnivores particuliers

Comment chasse le lycaon ? / … / Comment le fennec survit-il en zone désertique ? / … / Qu’est ce que l’ours lune ? / … / Que sait-on de la biologie du petit panda ? / … / Le raton laveur mérite-t-il son nom ? / … / Que mange le glouton ? / … / Existe-t-il des lions blancs ? / … / Comment chassent les pinnipèdes ? / … / Que sait-on du phoque moine ?

Les carnivores et l’homme

Les carnivores sont-ils dangereux pour l’homme ? / … / Les carnivores s’apprivoisent-ils facilement ? / … / Y a-t-il des carnivores célèbres ? / … / Les carnivores sont-ils encore menacés ? Les carnivores ont-ils un avenir dans notre monde ?

16 avril 2012

Kamala, une louve dans ma famille, de Pierre Jouventin

Kamala, une louve dans ma famille
de Pierre Jouventin

préface de Boris Cyrulnik


En 1975, le zoologue accepte d'adopter une louve et de l'élever chez lui, dans son appartement, auprès de Line, sa compagne, et de leur fils. Il témoigne de cette expérience et de la relation quotidienne avec l'animal afin d'éclairer ses moeurs et comportements. Les anecdotes relatées révèlent un animal joueur, solidaire, affectif et doté d'un grand sens de la hiérarchie.

C'est un récit bouleversant, une réflexion scientifique passionnante. C'est une aventure hors du commun qui débuta un jour de 1975 : Pierre Jouventin accepte alors d'adopter un louveteau nouveau-né, que le zoo de Montpellier s'apprête à sacrifier. Lui, dont le métier est d'étudier le comportement des animaux sauvages dans leur environnement, sera amené à réaliser l'impossible : élever une louve en appartement ! Il deviendra non pas son maître, mais sa famille. Car la louve aimera Pierre, Line et leur fils comme s'ils étaient ses "parents", sa meute.

Ce livre remet en question toutes les croyances, tous les clichés sur notre plus vieil "ennemi". Et nous découvrons qu'il nous est plus facile de nous entendre avec un loup qu'avec un chimpanzé, notre cousin ! Le loup est un modèle de gestion des ressources naturelles, mais aussi de savoir-vivre en société. Craintif, puissant, éventuellement dangereux, il se révèle joueur, très solidaire, très affectueux et doté d'un sens strict de la hiérarchie. Il n'est pas docile, mais il veille sur ses proches et sait faire preuve d'altruisme - ce qui est démontré ici pour la première fois.

Cet ouvrage, rempli d'anecdotes sur la relation intime avec une louve, nous apprend mille choses sur les moeurs de cet animal sauvage et sur ceux de son descendant domestique, le chien. A être mieux compris, le loup en devient plus fascinant encore. Et à mieux connaître le loup, on en apprend beaucoup sur l'homme.

Kamala, une louve dans ma famille, Pierre Jouventin, Préface : Boris Cyrulnik, Editions Flammarion, 2012, 352 pages, 30 photographies

A propos de l'auteur

Pierre Jouventin (69 ans), écologue et éthologue, a été directeur de recherche au CNRS. Spécialiste international des oiseaux et des mammifères, il a découvert cinq espèces d'oiseaux et effectué vingt-deux missions de longue durée dans les Terres australes et antarctiques françaises. Il a aussi séjourné dans la forêt équatoriale pour étudier le comportement des singes. En 1990, son équipe a été la première au monde à suivre des oiseaux équipés de balises Argos. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques, de documentaires animaliers et d'ouvrages.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Flammarion
- Le site de Kamala, la louve avec de nombreuses informations : vidéos, photos, liens, etc
- Cette page où vous pourrez lire la préface et l'avant-propos en intégralité, ainsi que le début du premier chapitre
- Les confessions d'un primate, de Pierre Jouventin
- La raison des plus forts, de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique Utria
- Des livres de Boris Cyrulnik
- Variations sauvages, d'Hélène Grimaud

L'avis d'un lecteur
Source

Captivant, passionnant.
Bien sûr, on trouve dans ce livre l'aventure qu'a été pour la famille Jouventin l'adoption d'une louve, mais ce n'est que le point de départ d'une réflexion lumineuse sur la place de l'homme - et le rôle du loup - dans l'évolution. Des considérations sur notre passé et notre avenir, que personne ne devrait plus ignorer.
A lire absolument.

Au sommaire

Préface de Boris Cyrulnik
Avant-propos
1. Enfant-loup ou louve-enfant ?
2. Entre chien et loup
3. Comment changer le loup en chien
4. Fort comme un loup
5. Le loup dans la bergerie
6. Entrer dans le cerveau d'un loup (ou d'un chien)
7. Malin comme un loup
8. La culture de Kamala
9. Le langage des loups
10. Hurler avec les loups
11. Kamala apprend à parler
12. Un flair de loup
13. Une faim de loup
14. Le territoire de Kamala
15. Chasser avec les loups
16. Le savoir-vivre des loups
17. Un loup dans la ville
18. La galanterie des loups
19. L'altruisme de Kamala
20. L'animal le plus proche de l'homme
21. Qui a peur du grand méchant loup ?
22. Le loup peut-il entrer dans notre famille ?
23. La fin de Kamala
Bibliographie
Index des noms propres
Index des noms d'espèces
Pour en savoir plus
Remerciements

La présentation du livre par l'auteur
Le chien et l'homme expliqués par le loup
Source : Le site de Kamala, la louve

Quoi de plus saugrenu que d’élever un loup dans son appartement ? C’est, parait-il, impossible mais nous ne le savions pas et c’est cette aventure insolite, simplement due à un retard dans la construction de l’enclos, qui est contée 35 ans plus tard. On verra que c’est plutôt nous qui avons souffert, Kamala s’étant épanouie dans cette vie contre-nature comme trente photographies l’attestent.


Pour comprendre Kamala, cette histoire vécue nous amène à décrire en détail les mœurs des loups, longtemps mystérieux et aujourd’hui bien connus. On sait maintenant qu’ils sont les seuls ancêtres des chiens et c’est par la comparaison avec leurs frères sauvages que l’auteur explique le comportement intime de nos compagnons domestiques. D’autant mieux qu’il est un expert international de l’éthologie des animaux sauvages, longtemps Directeur de Recherche au CNRS et Directeur de laboratoire d’écologie. Il replace les mœurs des animaux dans le cadre de ces disciplines scientifiques récentes qui renouvellent la vision de l’animal mais aussi de l’homme.


Comment nous y sommes-nous pris pour transformer le loup en chien ? Comment comprendre le meilleur ami de l’homme et savoir l’élever sans connaître son ennemi le plus célèbre ? Humains et loups ont longtemps suivi une évolution parallèle de chasseurs en bande de gros gibier. Qu’avons-nous encore en commun avec notre double à quatre pattes ?


Longtemps notre rival, nous avons beaucoup à apprendre du loup, le mal aimé, qui nous oblige à nous pencher sur notre passé de prédateur pour affronter un avenir incertain. C’est en réalité un modèle pour la gestion des ressources naturelles et même pour le savoir-vivre en société, capable, comme nous le verrons, de se jeter à l’eau pour sauver un membre de sa famille, qu’il soit loup ou homme.


Ce livre est donc tout à la fois le témoignage d’une aventure incroyable, un ouvrage de vulgarisation scientifique, un guide d’éducation canine, un plaidoyer pour le loup et la cause animale, enfin une enquête sur la nature humaine !  


Un extrait de la préface, par Boris Cyrulnik
Pour lire la préface en intégralité, cliquez sur ce lien.

../.. Kamala ne savait pas que ses ancêtres avaient participé à une telle révolution culturelle mais, en s’attachant à la famille Jouventin, elle a permis de poser une série de problèmes philosophiques. Quand elle vole au secours d’un de ses proches qui risque de se noyer et le ramène à la berge en le tirant par un bras, elle témoigne d’un altruisme qui solidarise le groupe familial. Quand elle décode le moindre indice comportemental émis par le corps de ceux qu’elle aime, la louve prouve qu’elle est capable de cette empathie que de nombreux philosophes considèrent comme le fondement de la morale. Quand elle inhibe un comportement d’attaque envers un proche qui l’irrite ou qui transgresse un rituel d’interaction, elle manifeste une aptitude à freiner l’expression de ses émotions, une sorte d’interdit préverbal.

En lisant ce livre, le philosophe qui cherche le propre de l’homme sera bien ennuyé, car il trouvera chez les animaux tout ce qui prépare au propre de l’homme. Nous ne sommes pas d’une nature surnaturelle, nous appartenons au monde vivant, comme les animaux, parmi lesquels nous prenons une place humaine. ../..

Le début de l'avant-propos, par Pierre Jouventin
Pour lire l'avant-propos en intégralité, cliquez sur ce lien.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! » Cette phrase de Mark Twain résume bien notre histoire, car tous les spécialistes du loup considèrent comme impossible d’élever un tel fauve dans un appartement. Mais cela, je ne l’ai appris que bien plus tard, au moment où j’ai exhumé mon vieux carnet de notes et lu des ouvrages spécialisés pour rédiger ce livre…

Si vous pouvez lire ce texte, c’est grâce à une série de petits miracles. L’essentiel repose sur des notes que j’ai prises pendant mes cinq ans de cohabitation avec un loup, aussi joueur que destructeur, et durant lesquels j’ai vécu dans la hantise que le précieux cahier sur lequel j’écrivais ne soit déchiqueté par mon original animal de compagnie.

Depuis son enfance, Line, mon épouse, rêvait d’élever un loup. Anticonformiste précoce, elle pleurait à la fin du Petit Chaperon rouge parce que le loup est tué par les chasseurs ! Je dois avouer que mes motifs étaient au départ moins sentimentaux et plutôt de curiosité intellectuelle. J’étais directeur de recherches au CNRS, responsable d’une équipe de recherche en écologie animale, et je passais plusieurs mois par an de l’autre côté du globe, en particulier en Afrique équatoriale et dans l’Antarctique, à étudier les mammifères et les oiseaux. Dans l’île subantarctique Crozet où je séjournais fréquemment, la température oscille autour de 5°C, il pleut trois cent vingt jours par an et le vent souffle en moyenne à 60 km/h, avec des pointes à 250 km/h. J’y emportai mes notes et c’est là que j’écrivis une première mouture de ce livre, voilà plus de trente ans. Le soir et les jours de tempête, j’allumais une lampe à gaz, me blottissais dans mon duvet et griffonnais des histoires de loup pour me retrouver en famille.

Il a fallu du temps – un temps nécessaire – avant que je reprenne le texte et le complète avec des analyses autorisées par l’expérience et fondées sur des travaux récents. Toute ma vie j’ai été passionné par les animaux, poussé par le désir de les approcher, de les observer, de les comprendre et de communiquer avec eux. Quand j’eus l’occasion en 1975 d’adopter un loup, cette passion l’emporta sur la raison.

Ma formation en écologie et en évolution animale m’avait enseigné qu’on ne peut comprendre un animal hors de son environnement naturel. J’avais déjà publié bon nombre d’articles scientifiques sur les manchots, les albatros, les phoques, les mandrills et autres singes que j’avais longuement observés dans leur milieu. Tous les scientifiques ne pratiquent pas des expériences de vivisection, comme le croient certains. Pour moi, adopter un animal sauvage et l’élever en captivité portait déjà atteinte à son intégrité.

Notre louve aurait dû être malheureuse et ne rien m’apporter sur le plan scientifique. Certains collègues l’ont sans doute pensé, sans oser me le dire. Ce ne fut pas le cas. Non seulement elle vécut heureuse chez nous, mais elle m’offrit des occasions d’observations exceptionnelles. Car, dès que le louveteau a surgi dans notre vie, je ne l’ai pas seulement regardé avec les yeux d’un maître pour son chien, son chat ou tout autre animal de compagnie, mais aussi avec ceux du scientifique.

D’où ce récit à trois niveaux. Celui de la famille – ma femme, mon fils et moi – qui découvrit et éleva un loup, le plus souvent avec amour et joie, parfois dans l’exaspération. Celui de l’éthologiste et de l’écologue qui observait, analysait et vérifiait des hypothèses. Enfin, celui de l’écologiste citoyen ou, comme on disait à l’époque de La Fontaine, du « moraliste » qui s’appuie non sur une fable mais sur les récentes découvertes en éthologie et en préhistoire. Comme une « leçon de choses » d’antan, chaque chapitre de ce livre commencera par des « anecdotes » sur Kamala et de ces observations seront tirés des enseignements. Ainsi, nous expliquerons les comportements d’un loup de ville par ceux de ses congénères qui vivent dans la nature et les moeurs du « meilleur ami de l’homme », le chien, par ceux de leur ancêtre, avant de conclure sur l’homme.

Car, comble de folie, non seulement nous avons adopté un loup, mais nous l’avons fait dans un appartement, et non à la campagne dans un vaste enclos, comme c’est toujours le cas pour les amoureux des loups. Paradoxalement, ce fut la chance du scientifique, à défaut d’être celle du père de famille, car nous avons vécu avec Kamala dans une intimité forcée qui recréa les liens sociaux très forts d’une meute et nous permit de découvrir les sentiments les plus profonds de cet animal longtemps impossible à étudier sur le terrain. Cela me conféra un point d’observation sans pareil sur le loup. ../..

15 avril 2012

Entretien avec un pirate, de Paul Watson et Lamya Essemlali

Paul Watson
Entretien avec un pirate

Manifeste pour sauver nos océans

de Paul Watson

et Lamya Essemlali


Baleines, phoques, requins, dauphins... Autant d'espèces massacrées par l'homme, et que Paul Watson et son association écologiste Sea Shepherd tentent de protéger par tous les moyens.

Dans l'Antarctique, les baleiniers japonais tuent chaque année plusieurs centaines de cétacés. Pour contourner le moratoire sur la chasse commerciale des baleines, Tokyo pratique cette pêche sous couvert de programmes scientifiques.

Pourtant, les écologistes obtiennent des résultats : les pêcheurs japonais, qui avaient l'intention de tuer 850 baleines de Minke, ne sont revenus qu'avec 507 cétacés en 2010 et la Cour internationale de justice (CIJ) a été saisie afin d'obliger le Japon à mettre fin à son programme de chasse.

Les campagnes de Sea Shepherd (Berger des mers), contraignent les écologistes à passer plusieurs mois dans l'un des endroits les moins hospitaliers de la planète, pour une expérience que l'organisation déconseille aux grincheux, trouillards et à ceux qui aiment leur matelas...

Sea Shepherd Conservation Society a vu le jour en 1981, aux Etats-Unis, dans l'état de l'Oregon. Mais l'idée même de Sea Shepherd avait déjà germée dans l'esprit du capitaine Paul Watson avec la création de la Earth Force Society en 1977, à Vancouver.

Le but premier des deux organisations était la protection et la conservation des mammifères marins, avec pour objectif immédiat de mettre un terme à la chasse illégale des phoques et des baleines, Sea Shepherd s'est ensuite donné pour mission d'élargir son action à toute la faune marine. Sea Shepherd, avec son approche frontrale, est aujourd'hui l'organisation écologique la plus efficace.

Paul Watson, Entretien avec un pirate, Paul Watson, Lamya Essemlali, Editions Glénat, 2012, 320 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Glénat
- Sea Shepherd Conservation Society
- Myspace personnel de Paul Watson
- Au nom des mers, de Paul Watson
- La nuit des baleines, de Diane Ackerman
- Baleines en liberté, de Gérard Soury
- Requins en liberté, de Gérard Soury
- Dauphins en liberté, de Gérard Soury
- Le documentaire The Cove : La baie de la honte

A propos de l'auteur
Source : Editions Glénat

Parce qu’un castor avec qui il s’était lié d’amitié est tué par des trappeurs, le jeune Paul Watson âgé de 11 ans écume les alentours de son village du Nouveau-Brunswick pour trouver et détruire les pièges. C’est le point de départ de 40 ans d’activisme pour celui que le Time Magazine désignera en 2000 comme l’un des plus grands héros écologistes du xxe siècle.

En 1969, à tout juste 18 ans, Paul Watson devient le plus jeune cofondateur de Greenpeace. C’est aussi le premier homme à s’interposer entre une baleine et un harpon. En 1977, il quitte Greenpeace pour fonder Sea Shepherd Conservation Society (c’est-à-dire « berger de la mer ») qui devient dès lors l’organisation de défense des océans la plus combattive au monde : une dizaine de baleiniers illégaux coulés à quai, plusieurs navires éperonnés en mer, des centaines de longues lignes et de filets dérivants confisqués, plus de 250 expéditions dans toutes les mers du monde… et des centaines de milliers d’animaux marins sauvés.

Jamais aucun blessé, jamais aucune inculpation retenue mais pour ses opposants, Watson n’en est pas moins un « pirate », un « écoterroriste » – y compris pour ceux qui dirigent aujourd’hui Greenpeace, qu’il a quitté en 1977. Pour ceux qui, en revanche, pensent que « les pétitions et les banderoles ne suffiront pas à sauver les océans », il est un véritable héros.

A tous ses détracteurs, Paul Watson ne répond qu’une chose : « Trouvez-nous une baleine qui désapprouve nos actions et on vous promet de raccrocher ! »



Paul Watson on why his ship only serves vegan food


Vegan food on Sea Shepherd Antartica Campaign


14 avril 2012

Au nom des mers, de Paul Watson

Au nom des mers
Les confessions d'un éco-guerrier

du Capitaine Paul Watson


(Mise à jour)

Ce livre, aussi palpitant qu'un roman d'aventures, est l'histoire vraie du pirate écolo, le capitaine Paul Watson, co-fondateur de Greenpeace, aujourd'hui président du Sea Shepherd.

Filets dérivants, bébés phoques massacrés pour leur fourrure, pêche intensive des baleines et autres espèces menacées... Tout le monde est contre, mais rares sont ceux qui agissent vraiment.

Paul Watson, lui, a choisi de monter au front au nom des mers, pour faire appliquer les lois internationales de protection de la mer et faire la chasse aux braconniers, en usant de la manière forte. Il aborde, saborde, sabote les baleiniers et les bateaux de pêche qui mettent en danger les espèces menacées.

Bilan de ses interventions : huit baleiniers coulés, une usine de traitement de l'huile de baleine détruite à l'explosif, des milliers de kilomètres de filets dérivants confisqués, sans compter de nombreuses interventions sur la banquise (c'est lui qui y a entraîné Brigitte Bardot en 1977), notamment pour peindre les bébés phoques avec un colorant indélébile afin d'ôter toute valeur à leur fourrure...

Avec sa compagne, Lisa Distefano, descendante du corsaire français Jean Laffitte, il échafaude sans cesse de nouvelles opérations spectaculaires. Condamné à de multiples reprises - dont deux fois à la détention à vie - par les justices portugaise, canadienne, japonaise et américaine, il est menacé de mort par la mafia taiwanaise qui a mis sa tête à prix.

Au nom des mers, Les confessions d'un éco-guerrier, Paul Watson, Editions Pré aux Clercs, 1998, 399 pages

Pour en savoir plus

- Sea Shepherd Conservation Society
- Myspace personnel de Paul Watson
- Entretien avec un pirate, de Paul Watson et Lamya Essemlali
- La nuit des baleines, de Diane Ackerman
- Baleines en liberté, de Gérard Soury
- Requins en liberté, de Gérard Soury
- Dauphins en liberté, de Gérard Soury
- Le documentaire The Cove : La baie de la honte




L'avis d'un lecteur
"Au nom des mers", du Capitaine Paul Watson
Source

Un récit de voyages, au style un peu particuliers...

"AU NOM DES MERS" du Capitaine Paul Watson, est paru aux éditions Le Pré aux Clercs (tirage épuisé, il ne se trouve que d'occasion, mais je le fais circuler volontiers).

Le sous-titre du livre est "Confessions d'un eco-guerrier". Ca donne le style et l'ambiance :-))

Paul Watson est en effet l'un des membres fondateurs de Greenpeace, organisation qu'il a quittée dès la fin des années 70, pour fonder la "Sea Sheperd Conservation Society", une organisation pratiquant l'action directe reniée peu à peu par Greenpeace.

Depuis plus de 25 ans, les navires Sea Sheperd (1 et 2, puis d'autres) sillonnent les océans, avec à leurs commandes Paul Watson et son équipage, à la recherche des baleiniers pirates et des pêcheurs qui ne respectent pas la législation sur la pêche aux cétacés.

Les fraudeurs sont en effet nombreux et dévastent la faune aquatique sans pitié, avec des méthodes sanguinaires.

- Certains navires baleiniers pêchent par exemple toute l'année et s'attaquent à des espèces en voie de disparition, en dehors des quotas - déjà très élevés - autorisés par les Commissions Internationales.

- D'autres prétendent pratiquer une chasse "indigène", au nom de rites ancestraux, alors qu'il ne s'agit en réalité que d'alimenter en viande de baleine à bas prix des élevages industriels de porcs ou de visons.

- D'autres pratiquent la chasse à la baleine sous le prétexte de recherches scientifiques (par exemple pour étudier les raisons de leur disparition !!...), alors qu'il ne s'agit que d'un simple moyen de dépasser les quotas autorisés par la loi.

- Ailleurs, des pêcheurs massacrent sauvagement les dauphins qu'ils rendent responsables de la diminution des bancs de poissons (alors que les fautifs sont évidemment la pêche intensive et la pollution).

- Ailleurs encore, des gens se livrent chaque année à des tueries sur des globicéphales (qu'ils attirent sur la plage et frappent à coup de barres de fer), pour le simple plaisir (la viande n'est même pas consommée), au nom de soi-disant traditions ancestrales (un rite "viking") dépourvues de sens.

Etc etc...

Face à cela, Paul Watson n'y va pas par quatre chemin ! Il traque les baleiniers en infraction et... les coule.

La traque est souvent longue car les baleiniers opèrent dans la plus grande discrètion. Mais lorsqu'il réussit à en surprendre un, le Sea Shepherd ne fait pas de quartiers.

En une quinzaine d'années Paul Watson et son équipe ont envoyé par le fond près d'une dizaine de baleiniers et détruit l'appareillage de pêche de nombreux thoniers illégaux.

A leur actif également, la destruction d'abattoirs illégaux de viande de baleine (abattoirs autorisés par les gouvernements locaux, au mépris des lois internationales) ou l'abordage de thoniers utilisant des filets dérivants.

Ils se sont également interposés contre les massacres de dauphins dans divers endroits du monde.

Les confrontations sont souvent très physiques (poursuite par les gardes-côtes, batailles au canon à eau (et au canon projetant de la crême patissière !), interpellations musclées, séjours en prison, etc).

Le livre raconte tout cela, parmi d'autres choses. Paul Watson possède un talent de narrateur et une "grande gueule" qui donne beaucoup de sel à la lecture :-)

Il ne rate pas une occasion de montrer la corruption des gouvernements (le Canada en particulier) qui prennent fait et cause pour les baleiniers.

Il est encore plus sévère vis-à-vis de Greenpeace et de ses dirigeants, dont il brosse un tableau accablant : vivant confortablement aux dépens de l'organisation, gaspillant la bonne volonté des militants dans des actions dérisoires, dont le seul but est de préserver l'image "politiquement correcte" de l'organisation.

L'écologisme de salon de Greenpeace s'avère même encore plus retors par ses effets indirects : l'obtention d'un moratoire (contre une pratique de pêche ou contre des industriels) a le double effet de démobiliser l'opinion publique tout en permettant aux industriels visés de contourner la loi par les amendements négociés en coulisse...

Exemple parmi bien d'autres : l'autorisation de la pêche à la baleine sous des motifs scientifiques totalement bidons et absurdes).

A vrai dire, c'est encore pire que cela et plus simple à la fois : les gouvernements votent des lois qu'ils n'ont absolument pas l'intention de faire respecter...

Tous les accords internationaux sur la protection de l'environnement ne sont qu'une façade, comme on l'a vu aux sommets de Rio et de Copenhague...

C'est aux citoyens de faire respecter les lois, par leurs propres moyens, en ayant contre eux la police et les gouvernements.

"Au nom des mers" est un témoignage vigoureux et émouvant (descriptions de l'océan et des rencontres magiques ou tragiques avec les grands cétacés) par un pratiquant de l'action directe, un combattant convaincu de la cause écologique, dont la détermination et les arguments donnent à réfléchir.

Voici l'adresse du site : http://www.seashepherd.org/

Paul Watson on why his ship only serves vegan food

12 avril 2012

Les Héros de la biodiversité, d'Allain Bougrain Dubourg

Les Héros de la biodiversité
Passion nature

d'Allain Bougrain Dubourg


Ça y est, la prise de conscience est avérée. Nous sommes tous lucides sur le bilan : le vivant qui nous entoure agonise ! Reste qu'il convient d'agir. Allain Bougrain Dubourg qui, depuis plus de 30 ans, se bat sur le terrain pour enrayer le déclin de la biodiversité n'a pas manqué de pointer les causes de l'hémorragie. Avec la même conviction, il donne aujourd'hui la parole à ceux qui s'investissent pour inverser la tendance. Scientifiques, membres d'associations ou simples "écocitoyens", ces héros ont tous une histoire à raconter. Leur aventure nous éclaire sur les singularités de la vie animale et végétale et nous entraîne vers l'espoir d'un "vivant" enfin respecté. Chacun des 70 portraits d'acteurs de la biodiversité est accompagné d'un témoignage, d'un état des lieux du problème et d'un descriptif des actions mises en place.

Les Héros de la biodiversité, Passion nature, Allain Bougrain Dubourg, Editions Ouest-France, 2011, 304 pages

A propos de l'auteur

Engagé depuis plus de 30 ans dans la préservation de la biodiversité, Allain Bougrain Dubourg a sensibilisé le grand public à travers ses nombreuses émissions télévisées ou de radio, ses ouvrages, ses conférences... et ses actions de terrain. Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, il a réalisé la série "Les héros de la biodiversité" diffusée sur France Télévisions.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Ouest-France
- Les nombreux autres livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Le site de la LPO, la Ligue pour la Protection des Oiseaux
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Portraits nature, de Fabrice Delsahut
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot

Allain Bougrain Dubourg nous présente son livre en vidéo

10 avril 2012

Portraits nature, de Fabrice Delsahut

Portraits nature
L'Homme et l'animal sauvage :

les enjeux planétaires environnementaux

de Fabrice Delsahut

préface d'Allain Bougrain Dubourg


Les animaux représentent 2/3 des espèces vivant sur la terre. Bien que de plus en plus soucieux de son environnement et de son impact sur ce dernier, il semble que la place que l’homme accorde à la faune sauvage soit négligeable. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre est menacé de disparition et bien que le lion, l’éléphant ou la baleine continuent de fasciner, ils ne constituent désormais que les reliques d’une grande faune dont l’homme est le premier prédateur.

L’action prédatrice varie du simple prélèvement via la chasse ou la pêche, à des causes plus indirectes comme la pollution des biotopes ou l’introduction d’espèces exogènes. Le destin de cette faune est entre nos mains. Des hommes et des femmes parviennent malgré tout à agir activement sur la protection d’animaux sauvages et à la préservation de la biodiversité animale. Ils nous enseignent qu’une cohabitation est encore et toujours possible. Ce livre rend hommage à leur engagement indispensable à notre survie.

Le livre se propose donc de traiter des enjeux environnementaux liés à la préservation de la biodiversité animale. Il a pour vocation à la fois de sensibiliser à un enjeu environnemental en donnant des informations les plus rigoureuses possibles sur celui-ci et de faire découvrir au lecteur une personnalité et son association qui tentent, à leur échelon, de préserver cette biodiversité.

L’auteur a voulu mettre en parallèle l’action de personnalités très médiatiques, internationalement comme Yann Arthus Bertrand et Paul Watson ou nationalement comme John Wamsley, avec des hommes et des femmes qui travaillent davantage dans l’ombre comme Aurélien Brulé ou Catherine Le Page mais dont l’action est tout aussi remarquable. Ce parti-pris relève d’une volonté de montrer que l’action est aussi possible à son niveau et que l’impact de ces personnalités ne relève pas forcément d’une visibilité médiatique ou de diplômes ad hoc mais bien d’une passion.

Portraits nature, Fabrice Delsahut, Préface : Allain Bougrain Dubourg, Editions Pascal Galodé, 2012, 333 pages

A propos de l'auteur

Maitre de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne, Fabrice Delsahut est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles dans ce domaine. Il étudie aussi le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec l’animal sauvage.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Pascal Galodé
- Les nombreux livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Au nom des mers, de Paul Watson
- Bornéo - Au nom de la vie, d'Aurélien Brulé
- Vocation nature, de Muriel Robin et Aurélien Brulé
- La Terre vue du ciel, de Yann Arthus-Bertrand

Portraits nature : engagés pour la cause animale
Un article du site 20 minutes

Deux tiers des espèces vivants sur la Terre sont des animaux dont nous ne prenons pas assez soin. Pour susciter l'envie d'agir à leur égard, l'universitaire Fabrice Delsahut présente dans son ouvrage «Portraits nature», une vingtaine d'hommes et de femmes qui agissent au quotidien pour sauvegarder la biodiversité...

Le constat est sans appel. Fabrice Delsahut explique dès les premières lignes de son livre que les scientifiques ne cessent de découvrir de nouvelles espèces : de 67.000 espèces recensées au XVIIIè siècle, on est passé entre 1,5 à 1,8 million d’espèces connues et décrites à l’heure actuelle. Pourtant, la sixième grande extinction de masse est en cours. Et plus que jamais elle est le résultat de l’action de l’homme.

C’est donc un «curieux paradoxe que celui de la perte de notre biodiversité, alors même que cette dernière n’a jamais été autant appréhendée que ces dernières années. (…) De multiples espèces disparaissent avant même d’avoir été reconnues, caractérisées et décrites», déplore l’auteur dans l’introduction de son ouvrage.

Ces nombreuses disparitions, qui pourraient sembler anodines pour l’espèce humaine, ne le sont pas. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), explique dans la préface du livre que «l’arche du vivant continue de prendre l’eau. (…) Mais nous avons tout autant conscience que sauver la biodiversité, c’est servir directement les intérêts des hommes. L’approche économique en fait la démonstration. (…) La pollinisation génère 30% de la production agroalimentaire, soit un budget évalué à 158 milliards d’euros. Pouvons-nous nous passer des butineuses?»

Fabrice Delsahut a également souhaité rappeler à quel point protéger la biodiversité est le garant de notre humanité. Pour cela, il a publié des extraits de la « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary, parue dans Le Figaro littéraire en mars 1968, et dans laquelle le romancier français s’inquiète: «Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme et sa dignité sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.»

Un mot sur l’ouvrage

«Portraits nature» est en majeure partie une alternance entre présentation des enjeux planétaires environnementaux concernant l’homme et l’animal sauvage, et portraits ou interviews d’hommes et de femmes qui agissent activement sur le terrain. Des personnalités médiatiques, comme Yann Arthus-Bertrand (fondateur de GoodPlanet) ou Paul Watson (co-fondateur de Greenpeace), côtoient des gens plus «ordinaires», à l’image de Catherine Le Page, bénévole de longue date dans un hôpital pour koalas en Australie.

De nombreux thèmes sont ainsi abordés : l’environnement partagé, l’urbanisation, la déforestation, le trafic d’animaux, de l’ivoire, le commerce de viande de brousse, la diversité génétique, la pollution biologique ou marine, la surpêche, la pêche scientifique, la conservation ciblée, les espaces protégés et les parcs zoologiques.

Pour l’auteur, ces thèmes «sont autant de pistes (…) dans lesquelles l’engagement – au sens écologique – est souhaitable.» Il en appelle même les lecteurs à soutenir, voire s’engager, dans une association qui œuvre en faveur de la biodiversité. Car selon lui, «couper l’eau en se brossant les dents est un geste écologique important, mais il ne sauvera pas les tigres cambodgiens ou les baleines bleues. En revanche, soutenir Véronique Pestel-Audibert ou Paul Watson, via leurs fondations respectives les aidera certainement à maintenir la pression sur les communautés locales et internationales.»

On vous le dit, l’ère des seuls éco-gestes est révolue. Le temps est maintenant à l’action et à l’engagement citoyen !

A propos de l’auteur

Fabrice Delsahut est maître de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne. Il est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Ses recherches concernent également le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec les animaux sauvages.

08 avril 2012

Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot

Ces animaux qu'on assassine
Trafics, mafias, massacres
de Louis Bériot

En enquêtant au cours des deux dernières années sur la disparition du tigre, Louis Bériot nous apprend que le braconnage et le trafic de ce félin mythique sont l'arbre qui cache la forêt des prédations humaines contre la faune sauvage. Derrière "ces animaux qu'on assassine", c'est la planète tout entière qui est mise à mal, ses forêts, ses océans, ses barrières de corail, ses fleuves, ses lacs...

L'auteur révèle que l'épicentre du trafic se situe en Asie et que les grandes mafias du monde ont désormais supplanté les petits braconniers qui tuaient pour survivre. Leurs pièges rudimentaires ont été remplacés par des guerriers équipés d'hélicoptères, de kalachnikovs et de GPS. Un exemple : il y a dix ans, une demi-douzaine d'éléphants étaient massacrés chaque jour en Afrique pour leur ivoire ; en 2011, ce chiffre dépassait la centaine.

Peu surveillé, diffus, très rémunérateur et rarement sanctionné, le trafic des animaux est maintenant démultiplié par les ventes sur Internet. Il est considéré aujourd'hui par les instances internationales comme la principale activité criminelle devant celle des drogues, des armes et des humains. Dans son enquête à travers le monde, Louis Bériot nous fait découvrir, au cours de l’année 2010, année du Tigre pour les Chinois, l’ampleur de ce trafic, son développement, les nations impliquées et leur impuissance à le combattre. Il révèle aussi le courageux combat de centaines d’ONG pour tenter de le contrer, parfois au péril de la vie de leurs militants.

Tous les pays sont responsables, à commencer par la Chine, épicentre de tous les trafics, suivie de près par l’Asie et l’Amérique du Nord, au nombre des plus vastes marchés dans le monde. Une enquête détaillée, précise, et inquiétante. Selon l’auteur, cette razzia sur la faune menace non seulement des milliers d’espèces, mais aussi les grands équilibres naturels et au bout de la chaîne, l’Homme.

Ces animaux qu'on assassine, Louis Bériot, Editions du Cherche Midi, 2012, 310 pages

A propos de l'auteur

Connu pour ses enquêtes dérangeantes comme "Le bazar de la solidarité" ou "Abus de biens publics", Louis Bériot passe, cette fois, la planète au crible. Il est également l'auteur de nombreux romans, essais et documents, dont plusieurs sur l'écologie. Il est aujourd’hui écrivain, scénariste, et fondateur, à 68 ans, de la nouvelle entreprise "Planète sacrée" dont l’objectif est de promouvoir dans le monde toutes les actions et les innovations en faveur du développement durable.

Pour en savoir plus

- Ce lien où vous pourrez feuilleter le livre
- Les Editions du Cherche Midi
- A écouter : Louis Bériot nous présente son livre sur France Info (2mn25)
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- A la recherche des animaux insolites en voie de disparition, de Jean-François Lagrot et Isabelle Prouteau
- Animaux menacés, du collectif de scientifiques du WWF
- Animaux en péril, du collectif de scientifiques du WWF
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Espèces en danger, de Willi Dolder et Ursula Dolder-Pippke
- Le naufrage de l'arche de Noé, de Claude Combes et Christophe Guitton
- Le naufrage de Noé, de Diane Ackerman
- Le grand massacre, de François Ramade
- Demain, seuls au monde ? d'Emmanuelle Grundmann
- Ces forêts qu'on assassine, d'Emmanuelle Grundmann
- La peau de l'ours, de Sylvain Auffret et Stéphane Quéré
- Les derniers rhinocéros, de Lawrence Anthony
- L'Adieu au tigre, d'Armand Farrachi
- L'adieu aux bêtes, de Jean-Yves Domalain

Un court extrait

"La souffrance est inhérente à la vie, elle en est inséparable. Et la nature n'est pas tendre avec les animaux sauvages.
Elle est même implacable. Les animaux souffrent de tout, des prédateurs qui ne se soucient pas de savoir si leurs blessures ou leur mort sont ou non intolérables, des blessures ou des maladies qui les font souvent mourir dans des souffrances probablement atroces.
Nous sommes, nous humains, de nouveaux prédateurs dans l'histoire de l'évolution, mais il y a une différence : nous faisons souffrir massivement, et consciemment, des milliards d'êtres vivants, pour les besoins d'une seule espèce.

Nous ne pouvons éluder le fait que nous savons que nous faisons souffrir et que nous pourrions considérablement atténuer les effets de nos actions.
Notre conscience, qui serait ce qui nous différencierait des autres espèces, nous donne des devoirs à l'égard de la vie, de toute vie.
Et cette conscience nous dicte une morale.
Aussi, ce que nous faisons aux animaux, sur tous les plans, aussi bien par les recherches scientifiques et médicales que par les conditions d'élevage, est proprement immoral, et nous n'avons pas l'excuse de ne pouvoir agir autrement."

Un autre extrait en image : L'oeil du tigre
(le mot de l'auteur, qui figure au début de l'ouvrage)



Louis Bériot : "Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables"
Un article du site 20 minutes

Interview - Le journaliste a mené une enquête de 18 mois autour du globe sur la piste des trafiquants d'animaux sauvages...

Peaux de tigres, bile d’ours, cornes de rhinocéros… Avec des prix dépassant ceux de la drogue, ces produits causent la perte de milliers d’animaux sauvages chaque année. Victimes de croyances sur les vertus médicinales de leurs organes, ils sont la cible de mafias et de trafics que le journaliste Louis Bériot a pistés pour écrire son ouvrage Ces animaux qu’on assassine. Il porte un regard pessimiste sur l’avenir des espèces menacées et dénonce la cruauté des hommes.


Parmi les espèces victimes de trafic, votre livre évoque essentiellement les tigres. Pourquoi ?

J’étais en Inde quand j’ai rencontré Fateh Singh Rathore, l’homme qui a conseillé à Indira Gandhi de créer des réserves de tigres. A l’époque, l’Inde avait déjà perdu 98% de sa population de tigres. Grâce à ces réserves, les tigres sont revenus mais depuis une dizaine d’années leur nombre régresse à cause du braconnage, devenu le fait de mafias professionnelles. Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables, cela m’a interloqué. Le tigre est donc le fil que je tire pour découvrir l’ampleur du trafic et du danger qu’il représente pour la biodiversité.

Pourquoi le trafic des animaux sauvages est-il devenu si important ?

Le problème est simple: le trafic d’armes ou de drogue sont de plus en plus surveillés, tandis que le trafic d’animaux ne l’est quasiment pas. Les petits braconniers se sont mis au service de mafias internationales. Le bureau d’Interpol chargé de ce dossier ne dispose que d’un budget de 500.000 euros par an, et les douaniers font ce qu’ils peuvent. Quand ils arrêtent des trafiquants, les peines de prison ne sont pas suffisantes. Et parallèlement, le commerce de produits issus d’animaux sauvages a explosé avec la vente sur Internet.

Vous évoquez les fermes d’élevage de tigres en Asie. Ce qui semblait être une réponse à la demande de produits issus d’animaux sauvages encouragerait en fait le braconnage, pourquoi ?

C’est du snobisme… Comme pour le saumon chez nous, on se dit qu’il vaut mieux du sauvage que de l’élevage, que c’est plus efficace. Les riches Chinois veulent du tigre sauvage. Les responsables des médecines traditionnelles chinoises ont beau dénoncer cette superstition, personne ne les écoute. D’autre part, "l’éco-tourisme" dans ces réserves habitue les animaux à la présence humaine, ce qui les rend faciles à braconner. L’Inde a déclaré en 2011 qu’elle allait interdire le coeur des réserves à la visite, mais va-t-elle réellement le faire ?

Vous semblez très pessimiste sur l’avenir de la planète et des animaux. On ne peut plus rien faire, selon vous ?

C’est la première fois que je suis si pessimiste. Je rends bien sûr hommage aux associations, j’ai été frappé par leur courage et leur détermination. Ce que l’on peut faire à l’échelle individuelle est de ne plus acheter chinois pour montrer son désaccord avec la manière dont ce pays traite les animaux sauvages. Pour sauver la forêt indonésienne, on peut arrêter d’acheter des produits contenant de l’huile de palme et du papier fabriqué par des entreprises indonésiennes qui déforestent massivement.

05 avril 2012

Agriculture et santé, de Guillaume Moricourt

Agriculture et santé
L’impact des pratiques agricoles

sur la qualité de vos aliments

de Guillaume Moricourt

préface de Michel Mustin


(Mise à jour : Ajout du sommaire)

La qualité de notre alimentation a évolué, dans le mauvais sens. Nitrates, pesticides, additifs, ionisation, antibiotiques, anabolisants, érosion des sols, hydroponie, farines animales, bien-être des animaux, pollution de l'eau, nouvelle maladie de Creutzfeld-Jacob... sont autant de problèmes issus des "progrès" de notre modernité. Les OGM sont une nouvelle menace, et la qualité de notre eau est particulièrement problématique.

Ce livre explique aux consommateurs ce qu'est devenue notre agriculture et ce qu'elle pourrait, ou devrait être. La fabrication de divers produits de consommation est étudiée (pain, huiles, beurre, vin, sel, légumes, poissons, viandes, fromages...) et les différents modes agricoles (intensif, bio, raisonné...) sont passés en revue de façon accessible au néophyte. Tous ne se valent pas pour la qualité que le consommateur et le citoyen sont en droit d'attendre.

L'homme est malade d'un système intensif, qui a rendu la vache folle, fait trembler les moutons et donné la grippe aux volailles. Les avantages attendus, ou les risques tangibles ou potentiels concernant les OGM, divisent la communauté scientifique. On essaye pourtant de les imposer à un public qui les refuse justement, tant le bon sens incline en faveur d'un principe de précaution.

Agriculture et santé, Guillaume Moricourt, Editions Dangles, 2005, 317 pages

A propos de l'auteur

Guillaume Moricourt est un spécialiste de l'agriculture de par sa formation d'économiste spécialisé dans la filière agricole. Son livre constitue une référence et a été sélectionné et nominé pour le prix Nature et Environnement.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Dangles
- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre
- Une interview avec Guillaume Moricourt

L'avis d'une lectrice
Source

La vérité sur nos assiettes

Pour arrêter de vivre dans le monde aseptisé des supermarchés... Un livre intéressant pour ceux qui s'intéressent à leur santé et à l'avenir de notre planète !

Au sommaire

Préface
Préambule
Chapitre 1 : Les différentes agricultures
- L’agriculture conventionnelle
- L’agriculture biologique
- L’agriculture raisonnée
Chapitre 2 : Le fou et la vache folle
- Les farines animales
- Minimiser l’affaire
- Premières mesures de sauvegarde
- Farines encore plus trafiquées
- L’embargo contre la Grande-Bretagne
- Les contaminations croisées
- La France au-dessus de tout soupçon ?
- La traçabilité
- L’embargo contre la France
- Conclusions
Chapitre 3 : Les organismes génétiquement modifiés
- Brève histoire de la génétique
- Les végétaux
- Les animaux manipulés : jusqu’où iront-ils ?
- Un étiquetage virtuel
- Le big-bang des grandes surfaces
- Haro sur le moratoire de fait
- De nouvelles autorisations laborieuses
- Le big-bang des Verts allemands
- La fronde des régions de l’Union Européenne
- La contamination en action
- Le principe de précaution
Chapitre 4 : Auxiliaires et additifs alimentaires
- Les auxiliaires
- Les additifs
Chapitre 5 : Qualité de quelques produits
- Le blé et le pain
- Le riz
- Le maïs
- Le soja
- Les fruits et légumes
- Les poissons
- Les fruits de mer
- La viande bovine
- La viande de porc
- La volaille
- Les oeufs
- Le lait et les fromages
- Le beurre
- Le sucre
- Le chocolat
- Le sel
- Les huiles
- Les margarines
- L'eau
- Les jus de fruit
- Le café
- Le thé
- Le vin
Chapitre 6 : Les politiques agricoles
- Les organisations Communes de Marché
- La Politique Agricole Commune de 1962
- La Politique Agricole Commune de 1992
- Une nouvelle Politique Agricole tournée vers le bio ?
- La Politique Agricole Commune de 2005/2006
Conclusion.
Tables des matières
Abréviations

04 avril 2012

Le guide nature pour tous, de Frank Hecker

Le guide nature pour tous
La faune et la flore de nos régions
en 750 photographies

de Frank Hecker

Cet ouvrage est un guide d'identification des 550 principales espèces animales et végétales les plus communes en France et en Europe de l'ouest. Un classement par milieu facilite nettement l'identification. Le point de départ est l'endroit où vous vous promenez. Vous savez ainsi exactement où trouver dans le livre l'espèce que vous cherchez : en forêt ou dans les champs, en ville ou en milieu aquatique, en montagne ou sur le littoral. De plus, grâce à sa jaquette en plastique, votre guide est protégé des intempéries ! C'est le guide idéal pour les promenades en famille.

- 750 photographies en couleurs.
- Les principales caractéristiques d'un seul coup d'oeil.
- En annexe : les principales plantes comestibles, les plantes vénéneuses les plus communes, les oeufs d'oiseaux, les empreintes et traces en milieux forestier et aquatique, les coquillages, les exuvies de libellule, le frai de batraciens, etc.

Le guide nature pour tous, Frank Hecker, Editions Delachaux et Niestlé, 2007, 352 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin
- Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy
- Safari urbain, de Laurent Geslin

Un aperçu du livre