07 mai 2012

Le scandale de l'animal-business, de Caroline Lanty

Le scandale de l'animal business
de Caroline Lanty

(Petit up de cette note)

Romantique : derrière la grâce si touchante de chiots et chatons jouant dans les vitrines d’animalerie… Réaliste : derrière le regard "désespéré" de chiots et chatons exposés dans les vitrines d’animaleries… se cache souvent une réalité sordide, celle d’un trafic d’animaux cruel mais si lucratif, échappant, on craint de savoir pourquoi, à tout contrôle douanier, policier, sanitaire ou économique - et curieusement absente du débat public et surtout politique. Une réalité occultée.

Or sait-on que ce trafic, de chats et de chiens principalement, est souvent organisé par des filières mafieuses en provenance d’Europe de l’Est, mais pas seulement… par de nombreux élevages en France également. Il alimente et favorise, au nez et à la barbe des autorités françaises censées la réguler, une demande toujours croissante et irresponsable d’animaux de compagnie, d’animaux objets, dont nos amis à quatre pattes font de plus en plus souvent les frais.

A-t-on une idée des sommes que ce marché génère dans ces conditions de prolifération idéale et bienveillante ? Et imagine-t-on un instant dans quelles conditions ces animaux-marchandises sont produits, élevés, transportés, vendus. Ce livre nous le dira, ainsi que le prix de souffrances et de morts payé par nos chiens et nos chats.

Quand il fut clair que le Grenelle de l’Environnement, conformément à la cécité générale et politique concernant l’animal, n’aborderait pas la question, l’ensemble des associations de protection des animaux, la SPA en tête, montèrent au créneau, réclamant au chef de l’Etat qu’une concertation ait lieu sur la place et le statut de l’animal dans la société française contemporaine.

Mais la montagne a accouché d’une souris… d’où ce livre, le cri d’une passionnée, habituée pourtant à garder la tête froide dans son combat quotidien à la tête de la SPA. On ne le sait pas assez, cette association ne se contente pas d’accueillir dans ses refuges des animaux abandonnés ou maltraités, elle est aussi dotée d’une cellule de choc, la cellule anti-trafic, destinée à lutter en France et en Europe contre les trafiquants d’animaux.

L’on verra que c’est le plus souvent avec une aide encore trop frileuse des gendarmes ou des policiers, paralysés par la procédure, par la Direction des Services Vétérinaires et par le manque d’intérêt évident du ministère de l’Agriculture.

Ce document fait la lumière sur des pratiques passées sous silence. Il remet en cause les préjugés liés aux chiens dits dangereux, et montre toute l’urgence des mesures à prendre pour protéger des animaux paradoxalement menacés par l’amour que nous leur portons.

Le scandale de l'animal business, Caroline Lanty, Editions du Rocher, 2009, 224 pages

A propos de l'auteur

Caroline Lanty, 28 ans, avocat au Barreau de Paris, a été présidente nationale de la "Société protectrice des animaux" de 2006 à 2008. Elle souhaite aujourd'hui sensibiliser et interpeller l'opinion publique pour dénoncer le commerce des animaux de compagnie, trop sauvent relégué au rang de l'anecdote et du fait divers.

Le mot de l'auteur

Chers amis,

Je suis très heureuse de vous annoncer la sortie de mon livre "Le Scandale de l’Animal business" le vendredi 15 mai 2009.

Ce livre aborde plusieurs thèmes que j’avais à coeur de développer auprès du plus grand nombre:

- Faire connaître la réalité du commerce de l’animal de compagnie : ses dérives, le manque de contrôle et de suivi des autorités (Ministères, DSV, police, gendarmerie, justice), les trafics de chiens et chats en France ou issus des "pays de l’est", les conditions dans lesquelles sont élevés ces animaux, mettre en évidence l’ignorance du grand public sur ce thème, et expliquer en quoi consistent les saisies d’animaux réalisées par la Cellule anti-trafic de la SPA.

- Informer, sensibiliser, alerter le grand public sur les cas de maltraitance, d’actes de cruauté commis sur les animaux. Le mettre en garde sur l’acquisition d’un animal de compagnie, lui expliquer les différentes filières, les différentes façons d’acquérir un animal. Se poser les bonnes questions avant l’acquisition. Savoir accueillir un animal chez soi.

- Insister sur l’ineptie des lois successives sur les chiens dits "dangereux", sur la méconnaissance de ce sujet par "ceux" qui font les lois (Ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture, parlementaires), sur l’odieuse mise à l’index de ces chiens, sur la volonté affichée de les exclure totalement de notre société, du peu de cas du sort réservé à ces animaux après la psychose savamment orchestrée par les médias et les politiques.

- Expliquer en quoi ont consisté les "Rencontres Animal et Société" (Grenelle de l’Animal) et insister sur la grande déception des associations de protection animale à l’annonce des conclusions.

- Essayer (!) de sensibiliser nos élus (Mairies, Conseils régionaux et généraux, parlementaires, Ministres et Président de la République) sur l’urgente nécessité à mettre en oeuvre une politique de l’animal, et leur dire qu’ils ne pourront éternellement traiter ce sujet par le mépris. Etre force de proposition auprès d’eux.

- Enfin, expliquer le fantastique travail des associations de protection animale, et notamment celle que je connais le mieux pour l’avoir présidée pendant deux ans, la SPA (son fonctionnement, ses refuges, ses salariés et bénévoles, sa cellule anti-trafic, ses délégués-enquêteurs, ses actions…).

Ce document montre toute l’urgence des mesures à prendre pour protéger les animaux.

J’espère que vous aurez plaisir à le lire et à le diffuser autours de vous !

Avec toute mon amitié,
Caroline Lanty

Droits d’auteur intégralement reversés à des associations de protection animale.

04 mai 2012

Toutes les créatures du Bon Dieu, de James Herriot

Toutes les créatures du Bon Dieu
Les souvenirs allègres
et chaleureux d'un vétérinaire
de James Herriot

Dans la verdoyante campagne anglaise, un vétérinaire frais émoulu de l'école apprend son métier sous l'aile d'un patron encore jeune, devenu rapidement un ami. Son métier : l'art de soigner les bêtes, mais aussi celui de conquérir les coeurs des paysans, toujours un peu méfiants à l'égard des nouveaux venus...

L'histoire allègre et chaleureuse de ces années d'apprentissage nous vaut mille anecdotes pleines de saveur ou d'émotion. Tantôt notre vétérinaire doit se coucher dans le fumier, un bras dans le ventre de la vache qui est près de mettre bas; tantôt il tranquillise une riche propriétaire dont le pékinois est suralimenté; tantôt il réconforte un vieillard dont le chien - son unique compagnon - vient de mourir; tantôt, enfin, il ausculte un gentil petit cochon que sa maîtresse élève... comme un coq en pâte !

Mais quels que soient ses "patients" (du chaton au cheval de course), quels que soient ses clients (du laboureur mal embouché à la charmante fille de fermier dont il tombera amoureux...), le courageux et habile jeune homme fait son travail avec passion, et avec un sens de "l'humain" qui, évidemment, n'exclut aucune des créatures du Bon Dieu...

Car ce qui est merveilleux dans ce livre, c'est de voir si étroitement mêlés humour et humanité, amour des bêtes et amour de la vie. "Toutes les créatures du Bon Dieu" n'est pas une autobiographie comme les autres. On y trouve, en même temps que les tragi-comédies de la vie quotidienne d'un vétérinaire, une tendresse, des élans gais et généreux qui prouvent chez l'auteur cette chose si rare : le goût du bonheur.

Il faut lire ce récit alerte, truculent même, et parfois poétique, cette profession de foi humble mais exaltante d'un homme qui a la chance d'avoir su vivre selon sa vocation.

Toutes les créatures du Bon Dieu, James Herriot, Editions L'Ecole des Loisirs, 1992 (1ère édition : 1975), 287 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Le petit monde du Docteur Herriot (1994)
- Histoires de chiens (1987)
- Pour l'amour des bêtes (1982)
- Toute la sagesse du monde (1979)
- Des clients de tout poil (1976)

L'avis d'une lectrice
Source

Le goût du bonheur

Une hilarante semi autobiographie d'un grand auteur écossais.
Alfred Wight (1916-1995), alias James Herriot, vétérinaire de son état, était un des auteurs les plus lus à l'époque de sa mort.
Une histoire pleine de fraîcheur, racontant avec beaucoup de verbe, les débuts d'un vétérinaire, dans la campagne écossaise.
Les livres de JH ont suscité beaucoup de vocations, et pour cause.
L'histoire d'un vétérinaire pas comme les autres, laisse transparaître, le goût du métier, l'amour des bêtes, et l'amour de la vie.
Même dans les situations les plus ardues auxquelles la théorie ne l'avait pas préparé, il trouve la touche ironique, par un langage très à propos qui tourne en dérision les moments les plus durs.
Depuis la riche propriétaire du pékinois obèse, jusqu'au pauvre paysan veillant à côté de sa vache, sa seule richesse, et la guérissant à force de soins et d'amour, chaque histoire vous laissera un souvenir agréable et tendre.
Une bouffée d'air frais où les moments les plus émouvants se mêlent avec les plus drôles, faisant des anecdotes de cet ami des bêtes un moment de détente, pour lire au coin du feu.
Un livre qui vous fait sentir l'importance de faire ce que l'on aime et d 'aimer ce que l'on fait, de voir toujours le bon côté des situations.
Le livre, avec le titre en anglais a été porté au cinéma, et les DVD se trouvent sur le site Amazon.

L'avis d'une autre lectrice
Source

Un chef d'oeuvre oublié (5 étoiles et plus si affinités)

Ces vraies / fausses mémoires d'un vétérinaire débutant, stagiaire dans le Yorkshire dans les années 30, ont été écrites par l'auteur au début des années 70.
Vraies, car l'auteur était un véritable vétérinaire et les aventures de James Herriot sonnent très juste du point de vue technique. Pour décrire des vêlages de cette façon, il faut en avoir connu sa part, à une époque ou la Césarienne n'était pas encore la norme.
Fausses car l'auteur écrivait sous pseudo, et que ce livre est très loin d'être une simple biographie, il s'agit d'une oeuvre littéraire de très grande tenue, un véritable chef d'oeuvre méconnu.
Le livre est bâti comme un assemblage de nouvelles, 37 en tout, mais des nouvelles qui forment un tout cohérent et écrites avec une plume d'excellente qualité. Un style d'une richesse et d'une fluidité digne des plus grands. La couleur des nouvelles varie en fonction des évènements relatés : certaines sont touchantes, amusantes, tristes, rocambolesques, mais le ton est toujours délicat, emprunt d'un humour très british et d'une profondeur psychologique absolument remarquable. Pour ne rien gâcher, les collègues du jeune Herriot sont des personnages formidables, je pense en particulier à Siegfried, vraiment impayable.
C'est un livre qui parle de la vie d'un vétérinaire, des animaux qu'il soigne, mais aussi et surtout d'amour, qu'il s'agisse d'amour pour les bêtes ou de celui que se portent les animaux à deux pattes. Les deux scènes de rendez vous avec Helen sont hilarantes, il n'y a que les anglais pour arriver à retranscrire la mortification avec un tel flegme.
C'est formidable de bout en bout, il n'y a rien à jeter, courrez chez votre bouquiniste le plus proche et commencez à remuer la poussière.
Car si James Herriot a eu beaucoup de succès dans les années 70 et 80, surtout dans les pays Anglo saxons, s'il est à l'origine de bon nombre de vocations, si ce volume est le premier d'une longue série, ceux ci sont malheureusement aujourd'hui introuvables actuellement en Français. Il y a certainement là de quoi faire un omnibus de très grande qualité, si un éditeur lit ces lignes, qu'il n'hésite pas, j'en achèterai un, promis.
Un grand merci à la personne qui dans un élan de générosité digne de James Herriot m'a prêté son exemplaire sacré.

Histoires de chiens, de James Herriot

Histoires de chiens
Souvenirs d'un grand vétérinaire
de James Herriot

Ce merveilleux livre rassemble toutes les histoires qui, dans les ouvrages du célèbre vétérinaire anglais, mettent en scène des chiens - de Tricki Woo le pékinois à Jake le lévrier bâtard. Toutes sont délicieusement illustrées par Victor Ambrus.

Outre sa longue et passionnante introduction, James Herriot (de son vrai nom Alfred Wight) a écrit une note d'accompagnement pour chacune des histoires, dans laquelle il développe un détail particulier ou bien raconte ce qui est arrivé ensuite au chien et à son maître.

Ce livre du grand vétérinaire enchantera tous les amis des chiens, de toute taille et de toute race.

Histoires de chiens, James Herriot, Editions Albin Michel, 1987, 410 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Le petit monde du Docteur Herriot (1994)
- Pour l'amour des bêtes (1982)
- Toute la sagesse du monde (1979)
- Des clients de tout poil (1976)
- Toutes les créatures du Bon Dieu (1975)

Le sommaire

Introduction
1. Tricki Woo
2. Un triomphe de la chirurgie
3. L'instinct maternel
4. Clancy
5. Mme Donovan
6. Une naissance de marque
7. Jock
8. Outrage aux moeurs
9. Abandonné
10. Penny
11. Cindy
12. Gyp le taciturne
13. Les Dimmock
14. Magnus et compagnie
15. Cédric
16. Wesley
17. Le doigt bandé
18. Shep s'amuse
19. Mick
20. La strychnine
21. Le problème de M. Pinkerton
22. Gentillesse oblige
23. Jingo et Skipper
24. Monsieur Je-Sais-Tout
25. Le petit mendiant
26. Théo, "terrier de bar"
27. La grande évasion
28. Roddy Travers et Jake
29. Judy, chienne infirmière
30. Vénus
31. Ambre
32. L'amateur de poubelles

02 mai 2012

Un éléphant dans ma salle d'attente, de Florence Ollivet-Courtois

Un éléphant dans ma salle d'attente
Aventures d'une vétérinaire

de Florence Ollivet-Courtois

et Sylvie Overnoy


(Petit up de cette note)

Le récit captivant d'une vétérinaire au chevet des animaux sauvages.

L’éléphant n’arrive pas à se relever ? Les lionnes se sont échappées ? L’aigle des steppes s’est mis à boiter ? Le guépard a l’air bizarre ? C’est Florence Ollivet-Courtois qu’on appelle. Seule vétérinaire libérale en France à exercer exclusivement sur la faune sauvage et les animaux de parcs zoologiques, elle a entre autres imaginé une technique insolite pour faire une prise de sang à un mâle otarie de quatre cents kilos, convaincu une femelle chimpanzé diabétique de prendre chaque jour son insuline et fait faire ses premiers pas à un éléphanteau nouveau-né. D’une robustesse de Daktari quand il faut déménager un rhinocéros, Florence joue aussi les Dr House quand il s’agit d’élucider le mystère du panda roux aux mains enflées, ou autre énigme médicale dont la faune sauvage a le secret. Cette femme de science et d’action est mue par le désir de faire avancer la médecine vétérinaire autant que par un profond amour des animaux. A l’heure où les parcs zoologiques et animaliers se rapprochent de plus en plus des conditions naturelles, son témoignage est une plongée passionnante dans les rapports entre l’humain et le sauvage.

Un éléphant dans ma salle d'attente, Florence Ollivet-Courtois, Sylvie Overnoy, Editions Belin, 2012, 240 pages

A propos des auteurs

A six ans, Florence Ollivet-Courtois assure la réanimation des chiots nés par césarienne, à sept, elle se retrouve dans les bras d’un chimpanzé : née dans une famille de vétérinaires, elle sait très tôt qu’elle représentera la quatrième génération. Passionnée par la faune sauvage, elle entreprend d’y consacrer sa carrière dès le début de ses études à l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort. Plusieurs stages aux Etats-Unis, en particulier au Zoo de Washington lui permettront d’exercer pendant dix ans au zoo de Vincennes, puis en libéral.

Le livre a été écrit avec Sylvie Overnoy, directrice de la rédaction du magazine Cosmopolitan, et auteur de plusieurs romans, dont "Bienvenue au club" et "Surprises au club, journal intime du cheval Crac" aux Editions Belin.

Sur le même thème

- Les livres de Marie-Claude Bomsel
- Les livres de Philippe de Wailly
- D'autres récits de vétérinaires

30 avril 2012

Le comportement animal, Encyclopédie Solar des animaux

Le comportement animal
Encyclopédie Solar des animaux

Collectif


Enrichie de multiples exemples et de magnifiques illustrations des meilleurs artistes animaliers, une évocation détaillée de tous les aspects du comportement animal :

- techniques alimentaires et de défense
- habitat choisi
- mécanismes d'orientation et de navigation
- parade nuptiale et mode de reproduction
- rapport d'agressivité
- relations individuelles à l'intérieur des structures des différentes sociétés
...

Le comportemebt animal, Collectif, Encyclopédie Solar des animaux, 1990, 144 pages, nombreuses photos et illustrations en couleurs

Encyclopédie Solar des animaux
Les différents tomes

Les primates
Les carnivores et les édentés
Les ongulés et les lapins
Les rongeurs, les insectivores, les marsupiaux
Les insectes et autres Invertébrés
Les oiseaux des mers et des rivières
Les oiseaux des plaines et des forêts
Les amphibiens et les reptiles
Les poissons
Les mammifères marins
Le comportement animal
L'écologie Animale

28 avril 2012

L'écologie animale, Encyclopédie Solar des animaux

L'écologie animale
Encyclopédie Solar des animaux

Collectif


Quels sont les concepts élaborés par les écologistes pour améliorer notre compréhension de la nature ? Quelles sont les conditions de vie de la faune et de la flore dans les différentes zones climatiques ? Quelles sont les conséquences des grandes modifications naturelles provoquées par l'homme et son mode de vie ?

Un livre richement illustré de photos montrant les animaux dans leur milieu, de schémas et de planches en couleurs. Après un bon aperçu des grands thèmes de l'écologie, il fournit une description des grandes zones climatiques du globe, ainsi que de la faune et de la flore qui y vivent. La troisième et dernière partie présente les principaux problèmes écologiques auxquels l'homme se trouve confronté. Certains sujets, qui présentent un intérêt particulier, sont traités tantôt dans de petits encadrés jouxtant les textes, tantôt, lorsqu'ils méritent un réel approfondissement, dans une double page.

L'écologie animale, Collectif, Encyclopédie Solar des animaux, Tome 9, 1990, 144 pages, nombreuses photos et illustrations en couleurs

Encyclopédie Solar des animaux
Les 12 volumes de la collection

Les primates
Les carnivores et les édentés
Les ongulés et les lapins
Les rongeurs, les insectivores, les marsupiaux
Les insectes et autres invertébrés
Les oiseaux des mers et des rivières
Les oiseaux des plaines et des forêts
Les amphibiens et les reptiles
Les poissons
Les mammifères marins
Le comportement animal
L'écologie Animale

26 avril 2012

Semences de Kokopelli, de Dominique Guillet

Semences de Kokopelli
de Dominique Guillet


Cette onzième édition “2012” de 848 pages présente, tout d’abord, 260 pages d’articles sur la biodiversité alimentaire, l’agro-écologie, l’apiculture alternative, le recouvrement de dynamiques de co-évolution avec la Terre-Mère ainsi que trois essais de John Lash sur 2012 et la fin du Cycle Maya... mais aussi sur la confiscation du vivant, la folie des chimères génétiques, les nuisances agricoles dont les catalogues nationaux de variétés, l’imposture des nécro-carburants, la disparition des abeilles mellifères, la désertification de la planète, la tromperie des pratiques agricoles dites “sans labour”, le problème primordial de l’eau, l'imposture du réchauffement climatique dit “anthropique”, la confiscation des plantes médicinales, le scandale de l'interdiction des plantes sacrées et enthéogéniques, la pollution radioactive de la chaîne alimentaire planétaire suite à Fukushima...

“Semences de Kokopelli” est, ensuite, sur 578 pages, un manuel de jardinage et un manuel de production de semences pour le jardin familial avec des informations très détaillées permettant, à tous les jardiniers et maraîchers, de produire leurs propres semences en toute pureté variétale. “Semences de Kokopelli” présente aussi une analyse précise des processus d’érosion génétique pour chaque espèce alimentaire ainsi que des informations récentes quant à la présence de plantes transgéniques alimentaires dans diverses parties du monde. Cet ouvrage présente une collection planétaire de 2700 variétés et espèces qui sont principalement alimentaires mais qui incluent, cependant, des plantes médicinales et ornementales provenant de divers continents. ../..

Pour lire la suite de cette présentation détaillée de l'ouvrage et découvrir plusieurs aperçus du livre, cliquez sur ce lien.

Semences de Kokopelli, Dominique Guillet, 11ème édition, 848 pages comprenant 1300 photographies en couleurs

Pour en savoir plus

- Le site de l'association Kokopelli
- Cette playlist regroupant plusieurs vidéos sur le thème des semences
- Le documentaire Solutions locales pour un désordre global, de Coline Serreau, avec Dominique Guillet, Pierre Rabhi, Claude Bourguignon, Serge Latouche, etc

L'avis d'un lecteur
Source

Excellent ouvrage pour tous les amoureux du jardin et de la Terre, les curieux, les gourmands, ceux qui ont envie de préserver la diversité, les goûts, les formes et les couleurs au jardin (et pas seulement).
On y trouve une multitude de variétés de légumes et de semences, mais aussi de précieux
conseils et techniques.
Aux antipodes de l'incolore/inodore, du formatage, de l'uniforme.

L'association Kokopelli



24 avril 2012

Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon

Le sol, la terre et les champs
Pour retrouver une agriculture saine

de Claude et Lydia Bourguignon


(Mise à jour : ajout d'une vidéo)

L'agriculture aujourd'hui est dans une impasse. L'intensification n'a pas été capable d'arrêter la famine mais elle a épuisé des millions d'hectares de sol et dégradé la qualité nutritive des aliments.

Fondée sur une conception très réductrice du sol considéré comme un support inerte, l'agronomie n'a pas su développer une agriculture durable, elle s'enlise dans les OGM qui rendent les agriculteurs prisonniers des semenciers ainsi que dans les agro-carburants qui provoquent une hausse brutale du prix des denrées agricoles.

S'appuyant sur les expériences réussies d'autre forme d'agriculture dite biologique et sur les dernières recherches en microbiologie du sol, Claude et Lydia Bourguignon proposent dans ce livre une nouvelle voie pour l'agriculture du XXIe siècle.

L'agrologie, sciences de l'agriculture écologique, est fondée sur une perception fine des relations complexes qui unissent le sol, les microbes, les plantes, les animaux et l'homme. Elle développe l'usage de nouvelles espèces déjà sélectionnées par la nature pour leur aptitude à restructurer les sols, à récupérer les engrais lessivés par les pluies, à pousser sur des sols pauvres ou arides.

Dans cette nouvelle édition revue et augmentée de cet ouvrage de référence, les auteurs, remettant en cause le labour, exposent une nouvelle évolution verte, qui par l'application des lois de la biologie des sols, permet de restaurer une fertilité durable grâce à des techniques comme le semis direct sous couvert, le BRF, le compost, etc.

Le paysan devenu exploitant agricole doit maintenant devenir un véritable agriculteur qui pour la première fois dans l'histoire, cultivera la terre sans l'éroder en l'aimant et la respectant comme un être vivant.

Le sol, la terre et les champs, Claude et Lydia Bourguignon, Editions Sang de la Terre, 2008, 221 pages

A propos des auteurs

Lydia Bourguignon, maître ès sciences agroalimentaire, et Claude Bourguignon, ingénieur agronome, spécialiste de l'analyse physique, chimique et biologique des sols, ont dû quitter l’INRA car, quand ils ont démontré que les sols mouraient biologiquement, on leur a demandé de se taire. Ils se sont mis à leur compte, estimant de leur devoir de scientifiques d’alerter le monde agricole que la voie choisie n’était pas la bonne, qu’une agriculture ne peut être pérenne que si le sol est vivant. Ils ont fondé en 1990 leur propre laboratoire de recherche et d'expertise en biologie des sols (LAMS). Ils ont effectué plus de 5000 analyses complètes de sol et organisent des conférences à travers le monde.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Sang de la Terre
- De nombreux avis de lecteurs
- Le LAMS, laboratoire d'analyses microbiologiques des sols, crée par le couple Bourguignon
- Cette playlist d'entretiens et de documentaires avec Claude Bourguignon
- Le monde selon Monsanto, de Marie-Monique Robin
- Le livre noir de l'agriculture, d'Isabelle Saporta
- Agriculture et santé, de Guillaume Moricourt

Présentation du LAMS
Source

Le LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols) est le seul laboratoire de France à faire une analyse physique, chimique et biologique des sols au service des agriculteurs. Là où les autres laboratoires font de l’analyse de terre, le LAMS fait de l’analyse de SOL : la différence est fondamentale. Plutôt que d’analyser des échantillons envoyés par la Poste, l’équipe du LAMS vient sur le terrain et étudie le sol en place. Un ensemble de tests et le passage au microscope permet de cerner précisément la vie du sol. A l’issue de cette première étape, des analyses physiques, chimiques et biologiques sont réalisées au laboratoire sur des échantillons prélevés à différentes profondeurs. Les résultats de cette étude offrent une double opportunité : l’agriculteur connaît alors son capital sol, et il a tous les atouts en main pour le gérer le plus économiquement et rationnellement possible. En maîtrisant la vocation de son terrain, l’exploitant va prévoir des rotations de plantes parfaitement adaptées à une qualité optimale du produit et à la pérennité de son rendement. Si l’analyse de terre se termine toujours par des recommandations d’apports d’engrais, l’analyse de sol, elle, aboutit le plus souvent à la diminution des engrais et des pesticides, voire à leur arrêt, dans la perspective du respect de la terre associé à une meilleure rentabilité.

Quelques vidéos avec Claude et Lydia Bourguignon
De nombreux autres entretiens sont disponibles sur cette page.

Des extraits du documentaire
Solutions locales pour un désordre global



Discussion avec Claude Bourguignon, par l'Association Baraka



Un extrait du documentaire Alerte à Babylone



Un extrait du colloque Où va le monde ?



Un extrait de la conférence Vie ou mort des sols ?



Aberrations agricoles : Petits pois et crottes de lièvres



La terre féminine

22 avril 2012

Voler avec les oies sauvages, de Christian Moullec

Voler avec les oies sauvages
de Christian Moullec

préface de Jean Dorst


Accompagné par de nombreux oiseaux, Christian Moullec sillonne le ciel depuis 1995 à bord de son petit ULM. Sa passion de toujours lui a valu d'imaginer un projet extraordinaire de migration en compagnie d'une espèce d'oie sauvage en voie de disparition. Météorologiste de profession et grand amoureux des oiseaux, Christian a survolé une partie de l'Europe du Nord avec sa femme Paola (enceinte) et 20 oies naines. Elevées dès leur éclosion par le couple de pionniers, les jeunes oies ont suivi l'ULM équipé de flotteurs depuis le centre de la Suède jusque sur une réserve naturelle au bord du Rhin. Cette épopée incroyable le long des côtes sauvages de la mer Baltique est le fruit d'un itinéraire insolite qui a mené l'auteur depuis sa Bretagne natale jusqu'aux îles Kerguelen en passant par l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Sa quête pour une observation toujours plus profonde de la beauté du monde des oiseaux apparaît aussi comme l'énergie qui lui a permis de réussir cette aventure pleine d'espoir pour le retour des oies naines en Europe. Ce livre richement illustré de photographies époustouflantes est un véritable témoignage du miracle de la vie auquel Christian Moullec a voulu rendre ici son modeste hommage.

Voler avec les oies sauvages, Christian Moullec, Préface : Jean Dorst, Editions Ouest-France, 2000, 121 pages

Vous souhaitez voler en ULM biplace en compagnie des oiseaux ?
Visitez le site de Christian Moullec : Vol avec les oies

Un aperçu du livre


"Je décide d'approcher une importante centrale nucléaire, Paola s'insurge... les oies me suivent. Une demi-heure plus tard et 30 km plus loin, Paola qui est le plus souvent nerveuse en vol me dit très calmement : "Regarde ce qui nous arrrive en face... un missile ?" Tel un requin fonçant droit sur nous, un jet de l'armée allemande va dans un instant croiser notre exacte trajectoire en sens inverse. Ce qui n'était qu'un point à l'horizon se transforme en un éclair en un énorme obus qui esquive in extremis notre groupe... J'ai juste le temps de reconnaître un avion Tornado et de faire un geste de la main au pilote. Les oiseaux n'ont pas bronché. Paola ne reparlera qu'après avoir retrouvé sa respiration."



L'avis d'une lectrice
Source

un Nils Holgerson Breton du Cantal

Comment évoquer cette extraordinaire aventure qui, bien que relevant par de nombreux aspects de la catégorie des expériences extrêmes, soit avant tout très humaine, affirmation de la vie et de ses grands mystères... Paola et Christian Moullec nous donnent à voir, en toute simplicité, combien la passion ne signifie plus seulement souffrance, dès lors qu'elle est modérée par le désir simple et authentique de servir un au-delà de soi, et de partager les grandes choses que seule l'attention, investie dans les petites, réalise : Voler avec les oies sauvages, pour les inciter à emprunter des itinéraires de migration moins menaçants pour leur préservation, est un rêve affranchi de la vanité illusoire des exploits gratuits et uniquement hédonistes, une odyssée moderne qui n'est pas sans évoquer le précepte, en forme d'injonction, bergsonnien « Il faut agir en homme de pensées et penser en homme d'action ». Rêver est une chose certes, somme toute assez banale finalement, la réalisation d'un rêve est déjà plus rare et le plus souvent ne délivre qu'une satisfaction éphémère de l'ego. Ce que Christian et Paola nous suggèrent ici, où humilité et volonté de connaître se conjuguent, c'est une très belle expression du sens de la responsabilité dans l'accomplissement et la réalisation concrète de leurs engagements en faveur du petit peuple des airs, des richesses de la terre et de la vie à venir.
Le texte est aussi beau, dans sa simplicité nue, que les nombreuses et magnifiques photographies qui démontrent, et le rappel n'est pas inutile, que voir ne suffit pas, mais que comprendre commence par respecter et observer, dans un mouvement à la rencontre de ... Que l'on ne s'y trompe pas, l'auteur n'est pas un donneur de leçons, il n'évoque pas non plus les rêvasseries préfabriquées, ni les naïves émotions artificielles de certaines productions commerciales. Au contraire, il expose en une succession de tableaux vivants les aléas d'un projet qui s'affirme peu à peu et qu'il re-configure au fil des expériences, les péripéties d'une entreprise mûrement réfléchie, depuis sa Bretagne natale jusqu'au cantal, en passant par l'archipel de Kerguelen, Saint-Pierre et Miquelon, de Vézac à Oster Malma près de Stockholm. A bord d'un ULM biplace, Paola et Christian ont réalisé leur première migration d'envergure internationale avec un groupe de 27 oies naines de Suède en Allemagne, en prenant soin de tirer partie de l'expérience tragique d'une première migration dans l'hexagone en 1996, et dont certains médias s'étaient fait l'écho. L'expérience, malgré des moyens limités, s'est révélé un franc succès et appelle à sa poursuite ... Pour Jean Dorst l'épopée des Moullec et de leurs amis « donne presque réalité au merveilleux voyage du jeune Nils Holgerson, tel que l'a immortalisé Dema Lagerlöf. Et cela au service de la protection des oiseaux et de la nature. »
J'ajouterais, s'il m'est permis, que ceux que je me suis surpris à appeler par leur prénom, sont un vrai exemple de ce qu'une intelligence liant science et expérience humaine contribue à l'approfondissement et à la rencontre des mondes que nous côtoyons.

A voir, ces deux beaux reportages à propos de Christian Moullec



20 avril 2012

Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, de Konrad Lorenz

Il parlait avec les mammifères,
les oiseaux et les poissons

de Konrad Lorenz


Non, le renard n'est pas la plus rusée des bêtes de proie ! non, les colombes ne sont pas douces, surtout entre elles ! non, le poisson n'est pas un animal au sang "froid", mais au contraire le plus impétueux des amants !

C'est ainsi que Konrad Lorenz s'en va, bousculant les idées reçues, non par esprit de contradiction, mais par goût de la vérité et par amour pour ce qu'il y a en chaque animal, en chaque espèce, de complexe et de spécifique.

Mais ce livre n'est pas seulement une salutaire dénonciation de nos préjugés. Il nous présente une suite de portraits délicieux et drôlatiques : Hansl, corneille remarquablement éloquente, Martina, petite oie cendrée d'une exquise et encombrante tendresse, le chouca Tchok, fidèle compagnon de promenade.

Au fil de ces anecdotes, l'auteur nous livre de passionnantes réflexions sur l'inné et l'acquis chez les animaux, sur leurs rites et leurs langages. Chez Lorenz, science et tendresse se conjuguent et s'épaulent : l'amitié, souvent, suscite ses découvertes, lesquelles, à leur tour, ne font qu'accroître son amitié pour le monde merveilleux des bêtes.

Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, Konrad Lorenz, Traduit de l'allemand par Denise Van Moppès, Editions J'ai Lu, 1974, 178 pages

A propos de l'auteur

Biologiste autrichien, Konrad Lorenz (1903-1989) est l'un des fondateurs de l'éthologie (étude scientifique du comportement des êtres vivants dans leur milieu naturel). Il a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et écrit de nombreux ouvrages.

Au sommaire

- Préface
- Avant-propos
- Les animaux contrariants
- Un objet sans danger: l'aquarium
- Deux bêtes de proie dans l'aquarium
- Sang de poisson
- Les compagnons intemporels
- L'anneau de Salomon
- La petite oie Martina
- N'achetez pas de pinson !
- Pitié pour les animaux
- Les armes et la morale
- La fidélité n'est pas un vain mot
- Les bêtes dont on rit

L'avis d'un lecteur
Source

Un livre simple, rempli d'anecdotes et d'enseignements

Ce livre de Konrad Lorenz est sans aucun doute l'une de ses oeuvres les plus accessibles, car écrite pour le grand public afin, notamment, de le sensibiliser aux difficultés et aux problématiques de la possession d'animaux apprivoisés. Lorenz insiste sur la nécessité de préserver la dignité d'être vivant de l'animal et dénonce la détention d'animaux privés de la liberté de mouvement et d'action propre à leur espèce. En conséquence, Lorenz donne des conseils sur le choix des animaux domestiques, qui doivent être des espèces robustes (car aucun propriétaire ne peut s'occuper à plein temps de son animal) et acceptant "naturellement" les conditions de captivité en appartement ou en maison. Les besoins spécifiques des oiseaux sont parfois subtils et ne peuvent être connus du grand public : par exemple, Lorenz recommande, pour un citadin désireux de posséder un oiseau, de choisir entre le bouvreuil, le serin, ou l'étourneau mais "interdit formellement" le perroquet encagé et, surtout, le pinson qui panique à tout mouvement un peu brusque survenant dans son entourage... Certains détails peuvent heurter notre sensibilité car Lorenz recommande parfois de capturer l'oisillon au nid (dans le cas d'espèces bien déterminées), afin de provoquer la création d'un lien de relation personnel entre l'oiseau et son propriétaire. Lorenz fait aussi d'intéressants commentaires sur le comportement des chiens, en distinguant entre les chiens descendant du loup et les chiens descendant du chacal doré, qui sont les plus nombreux car les plus sociaux, en insistant d'ailleurs sur la dépendance affective du chien vis-à-vis de son maître et la monstruosité que représente, pour un chien, l'abandon de son maître.

Néanmoins, le livre de Lorenz n'est pas qu'un manuel à l'usage des propriétaires d'animaux. Il contient de nombreux faits d'observation qui ont permis à Lorenz de théoriser et d'étayer sa conception du comportement instinctif (cf ma critique des 3 essais sur le comportement). Il fourmille également d'anecdotes sur la vie de Lorenz avec ses animaux et leurs interactions avec sa famille et son voisinage. Il n'était pas de tout repos d'être le voisin de Lorenz ! Ces anecdotes sont souvent amusantes :
* un ami de Lorenz essayant de "parler" à des oies mais en langage "coin-coin" de canard, provoquant l'hilarité de Lorenz...
* Lorenz se déguisant (en père noël, etc.) pour manipuler ses corbeaux car le corbeau attaque, par comportement automatique instinctif, tout être vivant non corbeau qui s'empare d'un congénère. Or tout corbeau qui a attaqué le même individu plusieurs fois finit par l'assimiler à un ennemi ; aussi Lorenz ne devait pas être reconnu de ses corbeaux...

Certaines anecdotes sont aussi troublantes, en révélant le niveau insoupçonné d'individuation des animaux et leurs capacités à identifier un autre individu, et à se comporter spécifiquement envers lui. Plus que celles relatives aux animaux "supérieurs" (ex : le choucas Tchok, l'oie Martina, le corbeau Roa, etc.) avec lesquels Lorenz a su nouer une véritable relation d'intimité, ce sont celles concernant des espèces jugées sans intelligence qui m'ont le plus frappé. Lorenz rapporte ainsi le comportement exceptionnel d'un poisson-bijou, qu'il n'avait pu nourrir de la journée. Ces poissons forment des couples qui construisent un nid, dans lequel, chaque nuit, ils rassemblent leurs "enfants" qui nagent dans la journée autour du nid. Pour ce faire, la mère se met au-dessus du nid et appelle les "enfants" par des mouvements ondulatoires tandis que le père les pousse et si besoin prend dans sa bouche (ie il les gobe sans les avaler) les retardataires et/ou les récalcitrants pour les porter jusqu'au nid. Un jour, alors que les poissons n'avaient pu être nourris, Lorenz et ses étudiants donnèrent très tardivement de la nourriture aux poissons, qui avaient commencé à rassembler les "enfants". Le père, affamé, se jeta sur les morceaux de vers, qui emplissaient largement sa bouche, lorsqu'il vit soudain un de ses "enfants" qui nageait, solitaire. Il le ramassa aussitôt dans sa bouche, déjà pleine de nourriture. Lorenz vit alors le poisson se tétaniser, comme s'il était véritablement en train de réfléchir : après quelques secondes, il s'approcha du fond de l'aquarium, régurgita délicatement tout ce qu'il avait dans la bouche, puis mangea les morceaux de ver sans cesser de fixer de l'oeil son "enfant", posé immobile sur le sol. Une fois son repas fini, il prit "l'enfant" dans la bouche et le ramena au nid.

La préface (lors d'une réédition du livre)
Source : Le Bistrot Bar Blog

''Nous, à savoir : l'auteur qui n'avait encore jamais écrit de livre, l'éditrice qui est juriste et, accessoirement imprimeur, et n'avait encore jamais rien édité, et enfin le correcteur, plus malin qu'il n'en a l'air et le seul professionnel de nous trois, avions, par une aimable soirée de l'année dernière où l'on avait parlé des livres, bons ou mauvais, consacrés aux animaux, décidé de composer ce petit ouvrage. Nous sommes très fiers de notre oeuvre, mais nous ne nous dissimulons pas qu'elle présente quelques défauts.

Par exemple et pour commencer, le titre, Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, peut prêter à confusion puisqu'un de mes lecteurs m'a écrit qu'il avait été sur le point de reposer le volume, reçu en cadeau de Noël, ne sachant pas dans laquelle de ces catégories auxquelles je parais m'adresser il lui fallait se ranger.

Il y a encore l'affreuse histoire des hamsters dorés qu'on peut laisser en liberté dans une pièce car – à en croire le livre – ils ne rongent ni ne grimpent. J'escomptai des ennuis quand je découvris, peu après la parution de notre petit ouvrage, un nid de hamsters dorés dans un classeur de lettres posé sur un haut secrétaire du XVIIIème siècle. Un gros vieux hamster s'étant avisé que le papier était un excellent matériau, avait mis au point une technique étonnante pour se hisser entre le secrétaire et le mur et, finalement, creusé un trou au milieu de la liasse de lettres, utilisant la bourre de papier ainsi obtenue pour capitonner douillettement son nid. Il ne restait plus, des lettres rangées dans le classeur, qu'une espèce de paroi entourant le creux ; les lettres étaient d'autant plus détruites qu'elles étaient plus proches du centre de la liasse (selon une courbe que l'on peut aisément imaginer sans être grand mathématicien) et, seules les premières et les dernières étaient intactes. J'écarte systématiquement les missives de mes chers lecteurs qui, après quelques formules flatteuses sur l'ensemble de mon livre, abordent la question du hamster doré, car je ne sais que trop ce qui va suivre. Pour ma part, j'ai enfermé les hamsters dans leur cage, non à cause du classeur de lettres – ils n'ont vraiment rien dévoré d'autre jusqu'ici – mais parce qu'ils pourraient mettre en danger la gerboise qui depuis quelque temps vit en liberté dans ma chambre. Ma femme a, hélas, lors des derniers nettoyages ''à fond'', trouvé dans le nid de ladite rongeuse une importante pièce à conviction sous forme de laines bleues et rouges provenant du tapis (du grand tapis persan aux mouchetures qui, vert sombre autrefois, sont devenues depuis vert-jaune clair : voir page 16). Il faudra donc que le tapis ou la gerboise quitte ma chambre ; je n'ai pas encore décidé lequel je bannirai.

Pour finir, j'ai eu dernièrement tant de déboires avec mes aquariums que le titre du deuxième chapitre : « Un objet sans danger : l'aquarium », m'apparaît comme une provocation. Une des vitres du bassin de cent litres a tout récemment éclaté dans la nuit sans qu'on sache pourquoi, en inondant la pièce, et avant-hier à cinq heures du matin, les trois pompes ont d'un commun accord refusé tout service. Je me suis escrimé pendant sept heures pour en remettre une en marche et lutter contre l'asphyxie d'une nombreuse progéniture de cichlidés (Etropus maculatus). Mon livre contient force mises en garde contre le danger de placer un trop grand nombre de poissons dans un même récipient et insiste fermement sur la nécessité de ne jamais rompre l'équilibre biologique de l'aquarium. Celui dont je parle contenait malheureusement bien trois cents petits cichlidés de deux à trois centimètres de long, alors qu'il n'y aurait dû y en avoir au plus une trentaine. Si bien que le travail de réparation des pompes ressemblait aux efforts d'un chirurgien qui lutte contre une forte hémorragie sans arriver à localiser le vaisseau lésé. Mais dès demain, j'en fais serment, les deux cent soixante petits pensionnaires excédentaires seront répartis chez les divers marchands de poissons d'agrément de Vienne.
Ces mésaventures m'ont si fort irrité au sujet de mes têtes de chapitre que je me suis acheté deux pinsons pour la seule raison que le neuvième chapitre s'appelle « N'achetez pas de pinson ». Ce sont deux ravissantes petites créatures que ma collaboratrice, le docteur Ilse Prechtl-Gilles a élevées pour observer la façon dont les jeunes oiseaux chanteurs mendient de la nourriture. Pour l'instant, ces oiselets sont délicieusement dociles et on ne peut plus mignons. Ceci pour consoler mes lecteurs amis des oiseaux qui m'ont adressé des lettres de reproche à la défense du pinson.

Malgré tout, ce que j'ai écrit dans ce livre est vrai...au moins relativement. Qu'on essaye de laisser un écureuil en liberté dans sa chambre et l'on trouvera le hamster doré étonnamment inoffensif. Un aquarium ne provoque qu'exceptionnellement des dégâts, et les pinsons ne resteront pas longtemps aussi sages et gentils. Tout bien pesé, nous ne modifierons donc rien au texte de la première édition.''

Du même auteur
Les oies cendrées, de Konrad Lorenz

Editions Albin Michel, 1989, 308 pages