30 novembre 2012

Le dernier orang-outan, de Valérie Dayre

Le dernier orang-outan
de Valérie Dayre

Nouvelle

Gaëtan est un enfant chéri de ses parents, enfin était parce que depuis qu’un chaume orangé lui pousse sur le corps, qu’il ne dit plus un mot, ses parents sont tourneboulés. Experts de tout poil, médecin, ingénieur sont convoqués… Pas d’explication… Et incroyable, Gaétan est bientôt le dernier survivant des orangs-outans, attention précieux ! Farfelue, délicate et implacable à la fois, cette histoire troublera, irritera, ne laissera pas indifférent.

Le dernier orang-outan, Valérie Dayre, Editions Thierry Magnier, 2011, 48 pages

A propos de l'auteur

Valérie Dayre est tra­duc­trice et auteur d’une quinzaine de romans et albums pour la jeu­nesse. Ses jeunes per­son­nages affrontent sou­vent des ques­tions plus que sérieuses : la soli­tude (Tes petits cama­rades, Thierry Magnier, 2008), la cruauté (Les nouveaux mal­heurs de Sophie, L’école des loi­sirs, 2001) ou encore la mort (Miranda s’en va, L’école des loi­sirs, 2000). Dans Le dernier orang-outan, le jeune Gaëtan com­mence à se trans­for­mer en singe, au déses­poir de sa famille qui l’envoie dépé­rir au zoo. Conte sur­réa­liste ou fable phi­lo­sophique, ce très court texte met en scène la détresse du jeune enfant-singe dans un monde ver­sa­tile et, au fond, indifférent.

Pour en savoir plus

- Les éditions Thierry Magnier
- Un extrait de ce petit livre

A voir également, cette excellente sélection de livres sur le thème des animaux, pour les enfants et les ados

- Pour les 3-6 ans
- Pour les 6-9 ans
- Pour les 9-12 ans
- Pour les 12-15 ans

L'avis du site Ricochet

Gaëtan prononce un jour ces mots prémonitoires et définitifs : "Je suis le dernier orang-outan". Et Gaëtan le garçon devient Pati-Pato, l’orang-outan. Sa transformation est progressive, ses parents s’inquiètent, les scientifiques s’émeuvent. Personne ne comprend ce qui arrive, ne peut expliquer le pourquoi et le comment. Gaëtan le garçon est tout d’abord soigné à l’hôpital et scruté comme un monstre de foire ; Pati-Pato, le singe, est envoyé au Muséum, enfermé dans une cage triste et sombre. Bientôt Pati-Pato dépérit et, curieusement, les orang-outans de la planète meurent les uns après les autres, sans que l’on comprenne pourquoi. La prédiction de Gaëtan se réalise. Il ne reste plus sur terre qu’un seul singe, mal en point…

Cette fable insolite, parfois dérangeante, et très bien écrite, donne à réfléchir. Quelles relations entretenons-nous face aux étrangetés de la nature, à ce que l’on ne peut pas expliquer ? Aux animaux qui peuplent notre planète ? Comment expliquer la disparition progressive de certaines espèces ? Quelle est notre part de responsabilité ? Ne nous intéressons-nous à ces animaux que lorsqu’ils sont menacés ? A lire et à méditer.

28 novembre 2012

Rhinocéros, d'Eugène Ionesco

Rhinocéros
d'Eugène Ionesco

Pièce de théâtre

"Ce sont eux qui sont beaux. J'ai eu tort ! Oh ! Comme je voudrais être comme eux. Je n'ai pas de corne, hélas ! Que c'est laid, un front plat. Il m'en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ca viendra peut-être, et je n'aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J'ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d'un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur !..."

L’histoire se déroule dans une ville inconnue. Les habitants sont peu à peu touchés par la "rhinocérite", une maladie les transformant en rhinocéros. La peur et l’angoisse s’installent. Devant le nombre grandissant de victimes, les différents personnages s’interrogent sur la cause des transformations. Le personnage principal incarné par Bérenger semble faible. Alcoolique, hésitant, ne s’intégrant pas dans la société, il représente l’anti-héros de cette pièce. Ebranlé par les transformations de ses proches, il ne sait que penser ni quel parti prendre...

Rhinocéros (pièce écrite en 1959), Eugène Ionesco, Editions Gallimard, 1998, 246 pages

A propos de l'auteur

Eugène Ionesco (1909-1994) est un dramaturge et écrivain roumain et français. Il passe la majeure partie de sa vie à voyager entre la France et la Roumanie. Représentant du théâtre de l'absurde, il écrit de nombreuses oeuvres dont les plus connues sont "La cantatrice chauve", "Les Chaises" ou bien encore "Rhinocéros".

L'avis d'un lecteur
Source

Ionesco et les métaphores...

Rhinocéros raconte l'histoire d'un homme du commun, qui se fait malmener par ses amis, qui le trouve mou, peu dynamique, sans envie. Puis survient l'impensable: Un, puis plusieurs rhinocéros débarquent en ville....a partir de cet évenement presque anodins va se dérouler une histoire a couper le souffle, ou le protagoniste revelera des qualités méconnues.
Ionesco maitre de l'absurde nous livre ici un très bon livre dont le message est simple: ne cédez pas a la rhinopharingite!
D'origine roumaine, il a connu le totalitarisme stalinien et se bat donc contre tous les totalitarismes. Les rhinocéros sont les gens qui y ont céder et ont été infectés.
Ce livre est donc une métaphore filée d'une grande qualité, prenant, a condition d'aimer l'absurde bien sur.
Un grand classique

Rhinocéros : Résumé complet
(A ne pas lire si vous souhaitez conserver le suspense.)

Acte I

Une petite ville tranquille, un dimanche matin. Deux hommes, Bérenger, un employé de bureau timide et velléitaire, et son ami Jean, personnage imbu de sa personne, sont à la terrasse d'un café. Jean reproche à Bérenger son manque de personnalité. Bérenger se défend à peine.

Soudain un rhinocéros traverse bruyamment la grand-place. Les habitants du quartier ( une ménagère, un vieux monsieur, un logicien, le patron du café, la serveuse …) ont suivi sa course et commentent, interloqués, le passage de l'animal. Puis ils retournent à leur occupation.

Bérenger aperçoit alors la jeune Daisy, une de ses collègues de bureau, dont il est amoureux. Mais il est trop timide pour lui déclarer sa flamme. Il éprouve aussi un complexe d’infériorité vis à vis de Dudard, un autre collègue, avec lequel il ne s’estime pas en mesure de rivaliser.

A une table voisine, un vieux monsieur discute avec un logicien. Ce dernier lui explique ce qu’est un syllogisme : «Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat».

Apparaît alors, toujours aussi bruyamment, mais en sens inverse, un second rhinocéros. La serveuse laisse tomber son plateau, et la ménagère apparaît effondrée, en tenant dans ses bras son chat que le rhinocéros a écrasé.

Une discussion futile s’engage entre Jean et Bérenger. Ils se posent trois questions : Etait-ce le même rhinocéros ? Avait-il une ou deux cornes ? Etait-ce un rhinocéros d’Asie ou d’Afrique ?

Le ton monte, les deux amis s’emportent. Finalement, Jean s’en va, furieux. Le logicien y va de son commentaire :" il se peut que depuis tout à l’heure le rhinocéros ait perdu une de ses cornes ». Bérenger, lui regrette de s’être disputé avec Jean.

Acte II

Le lendemain matin, dans le bureau où travaille Bérenger. Sont présents , Daisy, la jolie dactylo, Botard, l’instituteur en retraite, Dudard, le sous-chef du bureau, et Monsieur Papillon, le chef de service. M. Bœuf, l’un des employés est absent. Tout le monde commente, incrédule, ce qui s’est passé la veille. Soudain apparaît Mme Bœuf , hébétée. Elle a été pourchassée par un rhinocéros en lequel elle a reconnu son mari.

Surgit alors un nouveau pachyderme. Mme Bœuf reconnaît son époux. Elle s'évanouit; on s'affaire pour la ranimer. Revenue à elle, elle s’enfuit en grimpant sur le dos du rhinocéros.

Les habitants de la ville sont de plus en plus nombreux à se métamorphoser en rhinocéros . Ils détruisent l’escalier. Les employés de bureau sont bloqués. Ils ne doivent leur salut qu’aux pompiers qui ne savent plus où donner de la tête. Ils les font descendre par une grande échelle posée contre la fenêtre.

Bérenger rend visite à son ami Jean. Ce dernier est souffrant et tient des propos effrayants. Il préconise un retour à l’état animal et critique l’espèce humaine. Puis il se métamorphose lui-même en rhinocéros sous le regard affolé de Bérenger.

Acte III

Bérenger est allongé sur le divan de sa chambre. Les rhinocéros continuent leur vacarme dans la rue. Il a un bandeau autour de la tête. Il tousse lui aussi, mais lutte pour résister à la maladie. Entre Dudard, son collègue qui vient prendre de ses nouvelles. Ils discutent de ce curieux phénomène. Bérenger, lui d’ordinaire si apathique, paraît inquiet. Dudard au contraire minimise la situation : Si épidémie il y a , elle n'est pas mortelle.

Incidemment, Dudard informe Bérenger que leur chef, M. Papillon, s’est lui aussi transformé en rhinocéros. Bérenger est indigné : « Il avait le devoir de ne pas succomber ». Dudard reproche à son collègue son intolérance et lui demande de faire preuve de compréhension.
Entre alors Daisy, un panier sous le bras. Elle se montre surprise de la contrariété de Bérenger. Elle lui apprend que Botard est lui aussi devenu rhinocéros. Il a même déclaré : «Il faut suivre son temps. »

Daisy a apporté de quoi déjeuner, bien qu’il ne soit pas facile de trouver des provisions. Dudard est invité à rester , mais il préfère retrouver le troupeau de rhinocéros, indiquant que «son devoir est de suivre ses chefs et ses camarades ».

Daisy et Bérenger restent seuls. Bérenger serre Daisy dans ses bras. Ils font des projets. Mais le téléphone sonne. On entend des barrissements. Bérenger se précipite vers son poste de radio. On ne parle que de ça. Rien ne peut plus empêcher Daisy d’aller les rejoindre. «Que veux-tu qu'on y fasse ? Il faut être raisonnable, tâcher de s'entendre avec eux. "

Bérenger lui parle de sauver le monde. Elle lui répond qu'il est fou. Il lui parle d'amour. En vain. Elle s'en va. Bérenger reste seul devant sa glace. Que faire ? Il hésite un instant se demandant s’il ne doit pas lui aussi les suivre. Mais il décide de résister. Il restera un homme, le dernier des hommes.

26 novembre 2012

La métamorphose, de Franz Kafka

La métamorphose
de Franz Kafka

Nouvelle
Texte intégral en ligne

Représentant de commerce faisant vivre son père, sa mère et sa soeur, Gregor Samsa se transforme un matin en un gros insecte. Il croit d'abord à un mauvais rêve, mais la métamorphose est bien réelle. Enfermé dans sa chambre par sa famille pour qui il est un objet de dégoût et de honte, nourri par sa soeur, Gregor se trouve peu à peu abandonné et sa chambre vidée de ses meubles devient un débarras...

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La métamorphose principale décrite dans ce récit n'est pas tant celle de Gregor. Sa transformation en insecte est réalisée dès les premières lignes de l'histoire, sans être explicitée. A l'inverse, elle entraine la métamorphose du reste de la famille Samsa, au fur et à mesure de la dégradation de la condition de Gregor. Ainsi, le père, à l'origine faible et somnolent, devient vigoureux, tandis que la soeur, affectueuse et casanière, se prend ensuite en main et précipite finalement le rejet de Gregor. Une nouvelle qui évoque le traitement social subi par ceux qui sont différents.

La métamorphose, Franz Kafka, Editions Le Livre de Poche, 1989, 157 pages

A propos de l'auteur

Franz Kafka (1883-1924) est considéré comme l'un des écrivains majeurs du XXe siècle. Il naît au sein d'une famille juive à Prague, alors sous la domination austro-hongroise. Son père, commerçant bourgeois autoritaire, lui inculque une éducation stricte. Il part faire ses études en Allemagne, où il sent naître en lui une passion pour la littérature. Il rédige le Procès, la Métamorphose (1915), une nouvelle fantastique, puis Lettre au père (1919). Atteint par la tuberculose, Kafka se sent à la merci d'un monde complexe et dangereux. Il cherche dans ses oeuvres un moyen d'échapper à la domination et la dépendance des autres. Il se décharge ainsi de ses angoisses profondes et représente souvent la cruauté du monde. Sa vie amoureuse se résume à un doute perpétuel et à des engagements jamais tenus. Il finit ses jours peu connu du public. Ses oeuvres seront publiées à titre posthume et découvertes seulement au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Des avis de lecteurs

J'avais en main l'édition "La métamorphose, et autres récits : Tous les textes parus du vivant de Kafka" (Ed.Gallimard, 1997). Si les "autres récits" m'ont laissée de marbre, en revanche la nouvelle "La métamorphose" m'a beaucoup plu, je vous la conseille.

Deux avis de lecteurs, choisis parmi tous ceux figurant sur Amazon :

Que sommes-nous en fait ?

Nous sommes au sein de la société notre apparence avec qualités et défauts et notre moralité empreinte de ces mêmes critères.
Cependant, quel aspect des deux nous identifie le plus auprès des autres ?
Je simplifie ainsi tout un raisonnement bien plus étayé par Kafka dans ce roman, mais la fibre est-là.
L'acceptation des différences, la remise en question et les préjugés, le racisme, la honte, la gêne et tellement d'autres sentiments sont ici traités, que cela fait un livre profond et riche.
La forme anticipation ou fiction est nécessaire pour mener un raisonnement sans à priori, alors passez le cap et plongez avec avidité derrière le texte ...

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Fable cruelle sur mode du grotesque et de la dérision

Gregor Samsa, employé sans tache, se réveille un jour dans la peau d'un cancrelat. Suscitant effroi, répugnance, incompréhension de sa famille chez qui il habite, il ne peut que rester reclus dans sa chambre. Sa première impulsion, pourtant, est d'aller travailler - réflexe coupable de l'employé modèle qu'il incarne. En fait, Gregor est une victime: victime du carcan social et familial, victime de sa passivité; le monde extérieur est une menace hostile et permanente dont il n'arrivera jamais à se libérer. Sa physionomie d'insecte est la métaphore parfaite de ce qu'il représente pour son entourage: gênant, insignifiant, c'est un parasite dont on aimerait bien se débarrasser.

Culpabilité, ostracisme, pesanteurs sociales, satire familiale: telles sont d'ailleurs quelques-uns des thèmes (qui peuvent faire l'objet de différentes interprétations) de cette courte fable surnaturelle qui fonctionne sur le mode du grotesque et de la dérision. La fin, particulièrement cruelle, laisse une sensation mêlée de tristesse et de révolte.

Le roman idéal, paraît-il, pour aborder l'oeuvre de Kafka.

La métamorphose : Résumé complet
(A ne pas lire si vous souhaitez conserver le suspense.)

Gregor Samsa, représentant de commerce, vit avec ses parents et sa soeur Grete. Les affaires de son père ont périclité et seul le travail de Gregor permet de faire vivre les siens et de leur assurer un train de vie assez confortable.

Un matin, il se réveille métamorphosé en une sorte de cafard. Devenu un insecte répugnant, il ne peut plus communiquer avec sa famille, mais comprend pourtant tout ce qu’il se dit. Il ne peut plus travailler, sortir, espérer la moindre vie sociale. Quant à ses parents, ils l’ignorent, n’éprouvent aucune compassion et ne cherchent pas à comprendre ce qu’est devenu leur "fils". Seule Grete le nourrit, nettoie la chambre, en faisant le plus vite possible pour ne pas voir l’être immonde et inquiétant enfermé dans la pièce.

Gregor est ainsi devenu un monstre que l’on cache et pourtant celui-ci culpabilise de ne pouvoir aider sa famille. Il tente de garder un peu de son ancienne humanité, suit de loin la vie dans l’appartement, et parcourt inlassablement les murs de sa prison dont on a ôté tous les meubles.

Pour subvenir aux besoins de la famille, une partie de l'appartement est louée. Un jour, Gregor sort de la chambre, attiré par la musique que sa soeur joue au violon, mais les locataires le voient et décident de s'en aller sans payer. Face à cette situation sans avenir, la soeur propose alors de s'en débarrasser. Tout le monde est d'accord, car ils pensent qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour lui.

Gregor est enfermé dans sa chambre. Meurtri psychologiquement et physiquement, il désespère et finit par se laisser mourir pour échapper à sa condition. Il est découvert mort au petit matin. Et sa mort est accueillie comme une véritable libération par ses parents et sa soeur, à peine attristés.

La métamorphose
Franz Kafka
Texte intégral

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24 novembre 2012

Drôles de couples, de Jennifer S. Holland

Drôles de couples
47 coups de foudre
dans le monde animal
de Jennifer S. Holland

47 histoires de convivialité animale entre espèces différentes dans le règne animal, entre mystère et explications scientifiques.

Un léopard lové contre une vache ; un chat qui s'enroule autour d'un iguane ; un éléphant qui se pelotonne contre un mouton, un lévrier qui protège un hibou... Voilà quelques-unes des 47 histoires vraies, émouvantes et étonnantes d'amitié au royaume des animaux que nous livre Jennifer S. Holland.

Si ces affinités singulières peuvent s'imposer pour des raisons de survie, elles nous renvoient aussi à nos vies d'hommes. Comme nous, les animaux ont ce besoin de tendresse et de complicité et sont capables de vivre de belles amitiés.

La présentation de l'éditeur

Imaginez un prédateur câlinant sa proie. Ou un oiseau se rapprochant d’un mammifère. Ou un poisson sortant la tête de l’eau pour se frotter contre le museau d’un chien. Ou encore un énorme gorille - dénommé Koko, célèbre pour son aptitude à communiquer à l’aide du langage des signes - serrant contre lui un minuscule chaton.

La journaliste scientifique Jennifer S. Holland raconte 47 histoires vraies d’un point de vue original. Dans certains cas, elle offre des explications scientifiques plausibles : un orphelin cherche du réconfort auprès d’un animal plus âgé ; un adulte aspire à prendre soin d’une créature sans défense. Il suffit de songer à la lionne qui a protégé un bébé oryx - une attitude surprenante et pourtant explicable. Il arrive qu’une amitié se noue par besoin, comme dans le cas du labrador aveugle et du chat qui le guidait. Parfois aussi, le mystère reste entier. Comment expliquer qu’Owen l’hippopotame et Mzee la tortue, issus d’espèces connues pour leur mauvais caractère, soient devenus les meilleurs copains du monde ?

Chaque histoire met en évidence le pouvoir de l’amitié et l’existence de certaines formes d’affection au sein du règne animal. Certes, l’idée suscitera peut-être les moqueries des scientifiques mais vous ne verrez plus les animaux de la même façon une fois terminé ce livre.

Drôles de couples, Jennifer S. Holland, Traduit de l’anglais par Marie Boudewyn, Editions JC Lattès, 2012, 200 pages

A propos de l'auteur

Jennifer S. Holland est une journaliste scientifique dont le magazine National Geographic publie régulièrement les articles sur l’histoire naturelle (les reptiles, les mammifères, les oiseaux, les amibes ; elle s’intéresse à tout ce qui vit). Elle habite avec son mari, leurs deux chiens et des douzaines de serpents et de lézards.

22 novembre 2012

Histoires de chiens extraordinaires, d'Eve Angeli

Histoires de chiens extraordinaires
d'Eve Angeli
avec la collaboration de Cyril Guinet

Chanteuse, actrice, chroniqueuse, star de la téléréalité... tout le monde connaît la délicieuse Eve Angeli. Mais parmi ses multiples activités, l'amour des animaux et spécialement des chiens, qui sont ses fidèles compagnons depuis l'enfance, a toujours été le pivot central de sa vie. Eve Angeli s'engage depuis longtemps pour leur défense et leur protection.

A travers le récit d'histoires de chiens extraordinaires, elle a choisi de rendre hommage au meilleur ami de l'homme. Vous découvrirez l'histoire du chihuahua top-modèle, du pinscher nain martyr de Perpignan, du berger écossais qui sauva son maître lors de l'effondrement du World Trade Center... Alors, embarquez avec Eve Angeli dans un livre que vous ne lâcherez plus !

Histoires de chiens extraordinaires, Eve Angeli, Avec la collaboration de Cyril Guinet, Editions de l'Arbre, 2012, 187 pages

A propos de l'auteur

Eve Angeli est depuis longtemps une ardente militante du bien-être animal. Elle est la marraine, depuis sa création, de l'association "Les gamelles du coeur" qui vient en aide aux personnes déshéritées qui ne peuvent nourrir leur fidèle compagnon. Avec la complicité du journaliste Cyril Guinet, elle a décidé de rendre hommage aux chiens les plus héroÏques, aventureux, fidèles de l'Histoire. En racontant ces histoires émouvantes qui sont toutes réelles; elle veut contribuer en reversant ses droits d'auteur à permettre à l'association de venir en aide à plus de personnes.

Voir également

- Ces animaux miracles, de Brad Steiger
- Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres, de Laetitia Barlerin
- Histoires vraies d'animaux exceptionnels, de Joëlle Dutillet
- Histoires vraies de chats extraordinaires, de Karen Dolan
- Des chiens au service des hommes, de Michel Girouille

20 novembre 2012

Des anges canins, de Marie-Claude Roy et Carole Villeneuve

Des anges canins
de Marie-Claude Roy
et Carole Villeneuve

Saviez-vous que les chiens sont davantage que des animaux de compagnie ?
En fait, ce sont nos anges canins.


Ils peuvent jouer plusieurs rôles :

- un indicateur de glycémie pour les personnes diabétiques ;
- un paramédical pour les personnes épileptiques ;
- une présence rassurante pour les personnes aux prises avec une maladie mentale ou un syndrome de stress post-traumatique ;
- un détecteur pour les personnes atteintes d’un cancer non encore diagnostiqué ;
- un fidèle gardien auprès des enfants autistes ;
- les yeux des personnes aveugles ;
- les oreilles des personnes sourdes ;
- les jambes des personnes à mobilité réduite.

Pour la première fois, un livre relate de nombreux témoignages d’enfants, d’adultes et de personnes âgées qui nous racontent à quel point leur chien d’assistance a amélioré leur qualité de vie.

Qu’elles soient diabétiques, épileptiques, atteintes d’un cancer, d’une maladie mentale, autistes, sourdes, handicapées physiques ou aveugles, les histoires de ces personnes diffèrent évidemment les unes des autres. Toutefois, elles ont toutes une chose en commun : une joie de vivre retrouvée grâce au soutien et à la présence d’un formidable ange canin !

Des anges canins, Marie-Claude Roy, Carole Villeneuve, Editions Roy and Newtown, 113 pages (existe en format Kindle ou en papier)

Pour en savoir plus

- Le site du livre
- Cette page où vous pourrez le feuilleter
- Ces animaux miracles, de Brad Steiger
- Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres, de Laetitia Barlerin
- Histoires vraies d'animaux exceptionnels, de Joëlle Dutillet
- Histoires vraies de chats extraordinaires, de Karen Dolan
- Des chiens au service des hommes, de Michel Girouille

A propos des auteurs
Biographie extraite du site du livre.

Marie-Claude Roy et Carole Villeneuve sont originaires de la région de Montréal. Depuis plus de 20 ans, elles travaillent dans les domaines du journalisme, de la traduction et de l’écriture.

En plus d’écrire pour des magazines, Marie-Claude a fait la recherche pour des biographies et des émissions documentaires présentées à Historia, Canal D, Canal Vie et Canal Évasion.

Carole a fondé son cabinet de traduction en 1989. Grâce à une formidable équipe de traducteurs, cette femme d’affaires est en mesure d’offrir des traductions en 15 langues. Carole partage ses temps libres comme comédienne dans des productions théâtrales. Amoureuse des arts de la scène, elle étudie la scénarisation cinématographique.

À l’automne 2009, à la suite d'un été vraiment moche au Québec, côté température, Marie-Claude et Carole ont décidé de faire un voyage en Californie. C’est ainsi qu’elles ont découvert Dogs for Diabetics, une fondation qui offre des chiens d’assistance aux personnes diabétiques ainsi que d’autres fondations. Bien que le but de ce voyage était de profiter du soleil et des plages californiennes, leur séjour s’est transformé en une escalade d’interviews et de rencontres exceptionnelles.

De retour au Québec, elles ont fait d’autres recherches et interviews. Les témoignages de gens ayant un chien d’assistance, peu importe le type, se sont avérés fascinants. L’interaction entre l’homme et le chien est vite devenu un sujet passionnant. Le concept du livre s’est développé de lui-même. C'est-à-dire des histoires courtes, quelques recherches scientifiques, le tout formulé dans un langage simple. Marie-Claude et Carole ont ensuite créé Roy and Newtown Publications.

Même si les recherches visant à démontrer les capacités extraordinaires des chiens d’assistance sont peu nombreuses, Marie-Claude et Carole croient qu’elles doivent les faire connaître au grand public. Ainsi, un plus grand nombre de personnes aux prises avec une maladie ou un état de santé quelconque pourraient bénéficier des différents types de chiens d’assistance.

POURQUOI NOUS AIMONS LES CHIENS

Lorsque des auteures décident d’écrire un livre sur les chiens, c’est évidemment parce qu’elles éprouvent un amour inconditionnel pour eux.

Carole adore les chiens. Cet amour pour ces charmantes bêtes lui a été transmis par son défunt père André Villeneuve. Aussi loin qu’elle se souvienne, il y a toujours eu un chien à la maison. Chacun d’eux a toujours été traité avec amour et respect. Chacun d’eux était un membre de la famille à part entière.

Quant à Marie-Claude, un chien lui a sauvé la vie lorsqu’elle était enfant. Voici son témoignage.

C’était un samedi ensoleillé du mois de mars. La neige commençait à fondre. La température était clémente, mais il y avait de forts vents. Je marchais sur le bord d’une rivière avec un compagnon de classe. Mon ami et moi, nous parlions de tout et de rien tout en regardant le paysage quand, soudain, il perdit sa casquette, emportée par le vent. J’ai couru pour la rattraper, au risque de m’aventurer sur les minces glaces de la rivière. Après avoir pris la casquette dans ma main, j’entendis le craquement de la glace sous mes pieds et, en un rien de temps, me retrouvai dans l’eau terriblement froide. Mon cœur battait la chamade. L’eau glaciale imbiba rapidement mon manteau d’hiver et mes vêtements et je me sentis de plus en plus lourde. On aurait dit que la rivière m’emportait avec elle. Plusieurs pensées traversèrent mon esprit. « J’aurais mieux fait d’écouter ma mère et ne pas m’aventurer à cet endroit. Je ne veux pas mourir. Je ne suis qu’une petite fille ». J’ignore combien de temps je me suis débattue pour ne pas me noyer. Je commençais à voir des points noirs. Je n’arrivais plus à bouger mes bras et mes jambes. J’éprouvais beaucoup de peine. J’avais à peine huit ans.

Puis j’ai repris conscience sur le bord de la rivière. En ouvrant les yeux, j’ai vu la tête d’un gros berger allemand qui léchait mon visage. J’ai sursauté car j’ai eu peur de lui. Il était si imposant. Régurgitant l’eau que j’avais avalée, je toussais à en fendre l’âme. En tentant de m’asseoir, j’ai croisé le regard de ce chien. Il semblait si doux, si affectueux. J’étais épuisée et j’avais tellement froid. Sans réfléchir, j’ai blotti mon corps contre le sien et il continua à lécher mon visage tendrement comme pour me dire : « Je suis là. Tu n’as plus rien à craindre maintenant ».

Quelques instants plus tard, j’entendis le claquement des portes d’une voiture. C’était mon ami en compagnie de son père. Dès qu’ils se sont approchés de moi, mon sauveur a pris la fuite. Le père de mon ami m’a ensuite transportée chez lui et prit soin de me donner un breuvage chaud et des vêtements secs. Il m’a fait promettre de ne rien dire à ma mère. Il disait que ça ne servait à rien de l’énerver. J’étais bien d’accord avec lui car je ne voulais pas qu’on me punisse. (À présent, je crois plutôt que ma mère aurait eu une syncope en apprenant la nouvelle !) Après avoir séché mes cheveux et mes vêtements, je suis retournée chez moi comme si rien ne s’était passé.

Évidemment, j’ai été aux prises avec une vilaine grippe les jours suivants. Quelque temps après, à l’école, mon ami m’a raconté que, pendant que je frôlais la noyade, un chien est arrivé en courant et s’est jeté à l’eau pour me secourir. Il a plongé tête première sous l’eau pour attraper le capuchon de mon manteau. Puis il m’a traînée jusqu’au rivage. C’est à ce moment que mon ami avait couru informer son père de ce qui venait de m’arriver.

J’ai tenu parole et j’ai gardé mon secret. Mes parents sont décédés depuis plusieurs années et jamais ils n’ont su pourquoi j’ai toujours eu si peur de l’eau, ni pourquoi j’adore les chiens. Quand j’y pense, c’est tout de même étrange. J’ai grandi dans un petit village où tout le monde se connaissait et où tout le monde connaissait les chats et les chiens du voisinage. Jamais je n’avais aperçu ce berger allemand auparavant et jamais je ne l’ai revu. Je l’ai cherché pendant longtemps dans le petit village et aux alentours. J’aurais tellement aimé revoir ce chien, ne serait-ce que pour jouer avec lui, le promener, le cajoler. J’adore les chiens. L’affection que j’éprouve pour eux frôle l’obsession. Chaque fois que j’en vois un, je ne peux m’empêcher de lui parler et de le cajoler.

J’ai raconté cette histoire en de rares occasions. Non pas parce que je tente d’oublier, mais plutôt parce que ce souvenir éveille un traumatisme. Parfois, je me pose des questions à savoir comment expliquer qu’un chien était là, à cet instant précis où j’allais sans doute me noyer ! Certaines personnes affirment qu’il s’agissait d’un ange. J’aime croire moi aussi que c’était un ange… un ange canin.

Marie-Claude

18 novembre 2012

Mon ami Ben, de Julia Romp

Mon ami Ben
Un chat sauve un enfant de l'autisme
Témoignage
de Julia Romp

Dans un texte autobiographique, Julia, mère célibataire londonienne, raconte la difficulté d’élever George, son petit garçon autiste. Coupé du monde, renfermé sur lui-même, George, neuf ans, montre une grande violence envers les autres en général, et sa mère en particulier.

L’arrivée d’un chaton aussi seul et perdu que lui va permettre au petit garçon de reprendre goût à la vie et de surmonter enfin sa terrible maladie. C’est grâce à ce chat nommé Ben, et à son caractère peu commun, que George va pouvoir s’ouvrir aux autres et rendre à sa mère tout l’amour qu’elle lui a donné.

Mais, un jour, cet équilibre retrouvé bascule. Parce que ses maîtres le laissent à l’occasion d’un court voyage, Ben s’échappe et George s’effondre sur lui-même.

C’est alors que Julia va se livrer, par amour pour son fils, à une quête désespérée pour retrouver le chat. Six mois passeront sans entamer sa volonté, et elle devra traverser le pays malgré la neige et les centaines de kilomètres, pour pouvoir enfin déposer Ben dans les bras de son fils pour Noël.

Un témoignage bouleversant prouvant une nouvelle fois combien l'amitié entre l'homme et l'animal peut faire des miracles.

Mon ami Ben : Un chat sauve un enfant de l'autisme, Julia Romp, Editions Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 416 pages

Pour aller plus loin

- Le site des éditions Jean-Claude Gawsewitch
- Des avis de lecteurs
- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre (prologue, ch1, ch2)
- Oline, le dauphin du miracle, de Pascale Noa Bercovitch
- L'interprète des animaux, de Temple Grandin
- La ronronthérapie, de Véronique Aïache

Un extrait du livre
Le prologue

Au premier coup d’oeil, Ben n’était pas franchement resplendissant. Il n’avait rien de l’adorable petit chaton aux reflets roux ou de l’adulte svelte à la robe écaille et blanc. De fait, sa fourrure noir et blanc était maculée de sang séché, son postérieur rouge était complètement dénudé et sa queue maigrichonne ressemblait plutôt à une touffe de cheveux filasse. Heureusement, je n’ai pas deviné tout de suite qu’il hébergeait aussi des centaines de puces et de mites d’oreille.
Mais, si rebutant d’aspect qu’il ait été, quand cette pauvre bête décharnée s’est mise à hanter mon jardin, j’ai pris l’habitude de lui laisser à manger, parce que j’avais toujours eu un faible pour les animaux. Même notre petit Fluffy, un lapin domestique, habite un appentis que j’ai décoré de grandes fleurs peintes, un véritable palace pour lapins. J’ai donc aménagé un lit pour ce chat dans un grand carton que j’avais laissé dans l’appentis - en espérant qu’il viendrait y dormir. Mais le pauvre semblait chaque jour un peu plus malade que la veille et je me suis promis de l’amener chez le vétérinaire dès qu’il se sentirait en confiance et se laisserait approcher.
"Pourvu qu’il soit venu dormir ici !", me disais-je chaque matin en traversant le jardin avec George, mon fils de dix ans, pour vérifier si la nourriture avait été mangée ou la couverture dérangée.
Tous deux, nous scrutions le fond de l’appentis obscur et voyions les yeux du chat qui nous observaient. Ils étaient d’un vert acidulé très clair, comme les premières feuilles d’un citronnier au printemps, et chaque fois que mon regard croisait le sien, je me figeais quelques instants. Mais il s’asseyait tantôt sur une étagère tantôt à côté d’un pot de fleurs et ne s’aventurait jamais jusqu’à son carton.
"Bouh !", lui criait George pour l’inviter à jouer à cache-cache avec lui quand nous allions le voir, et ça me faisait vraiment plaisir parce que George jouait rarement avec qui que ce soit.
Son autisme faisait de l’univers de George un endroit par moments très solitaire et les autres enfants le trouvaient souvent presque aussi incompréhensible que lui-même les trouvait énigmatiques. Ils redoutaient ses accès de fureur, les glapissements ou les hurlements qu’il poussait et eux effrayaient tout autant George avec leur tapage et leurs courses effrénées dans les couloirs et les escaliers de l’école. C’est pourquoi je fus ravie de voir George s’intéresser au chat même si le chat ne lui rendait guère son intérêt. Quand George ou moi nous approchions un peu trop, le chat sifflait et crachait, hérissait le poil et retroussait les babines. Il ne voulait manifestement rien avoir à faire avec aucun de nous deux.
Mais le temps et les bons repas ont un effet prodigieux sur les animaux - exactement comme sur les gens. Un beau jour, le pauvre orphelin s’est senti assez en sûreté pour dormir dans son carton, et quelques semaines plus tard, j’ai réussi à refermer la porte de l’appentis avec un manche à balai.
Quand j’ai emmené le chat chez le vétérinaire, je lui ai expliqué que je n’étais pas sa propriétaire en titre et je le lui ai confié en me disant que ma mission s’arrêtait là. J’avais placardé des affichettes dans le secteur avec une photo de lui ; si quelqu’un se présentait, je le mettrais en contact avec le vétérinaire. Mais son propriétaire s’abstint de me téléphoner et quelques semaines plus tard, je reçus l’appel que je redoutais secrètement.
"Vous donneriez un foyer à ce chat ?" me demanda le vétérinaire, une question qui me laissa sans voix - ce qui est, comme le savent mes proches, tout à fait inhabituel chez moi. Ma mère avait l’habitude de dire que l’expression "jamais à cours de répliques" avait été inventée pour moi et elle avait bien raison. Mais le jour où le véto m’a demandé de reprendre le chat, je ne savais plus quoi dire. D’abord parce que j’adore les animaux. Mais je m’étais juré de ne jamais avoir de chat parce que ma mère en hébergeait une telle quantité quand j’étais petite que je finissais par me sentir un peu à l’étroit à la maison. De plus, même si George avait paru intéressé par le petit vagabond, nous n’avions pas eu beaucoup de succès avec les animaux parce qu’il se liait très difficilement d’amitié avec qui que ce soit. Nous avions dû nous séparer de Polly la perruche parce que son raffut empêchait George de dormir, et il avait assez vite perdu tout intérêt pour Fluffy le lapin. Ce n’était pas sa faute, simplement mon fils n’avait pas les mêmes réactions que les enfants de son âge et je ne voulais pas reprendre d’animaux parce que m’occuper de George était déjà un travail à plein-temps.
Mais, sentant mon hésitation, le vétérinaire suggéra que nous pourrions peut-être lui rendre une petite visite.
- Il a l’air triste, me dit-il, il aimerait sans doute voir un visage ami…
Comment refuser ? Le coeur l’emporta sur la raison et j’emmenai George chez le vétérinaire où nous découvrîmes la petite boule de poils noirs et blancs enroulée sur elle-même dans une cage. Puis il se leva et je vis un grand carré de peau rasée à la hauteur de l’estomac avec une cicatrice bien nette. Il portait une collerette de plastique autour du cou afin de l’empêcher de s’arracher les fils. Il était plus laid encore qu’avant, mais cela ne semblait nullement rebuter George qui s’agenouilla aussitôt devant la cage.
- Benny Boo ! cria-t-il, d’une voix haut perchée, que je n’avais jamais entendue, frémissant d’excitation, l’air ravi de l’aubaine.
- Tu te sens mieux, maintenant, Ben, tu vas bien ? lui demanda George. Il parlait d’une voix chantante que je ne reconnus pas et le chat répondit à ses salutations par des miaulements.
- Je crois qu’il t’aime bien, fit, sourire aux lèvres, l’assistante vétérinaire qui nous avait fait entrer dans la pièce.
George se tut aussitôt. Il détestait parler à quiconque, par-dessus tout aux étrangers et il ne pouvait regarder les gens dans les yeux quand ils s’adressaient à lui. Il regardait un peu au-dessus d’eux, au loin - tout plutôt que de les fixer. Mais dès que la jeune femme vaqua à d’autres tâches et que George comprit qu’elle avait détourné le regard, il se pencha de nouveau vers la cage.
- Benny Boo ! dit-il de sa petite voix stridente, est-ce que tu as mal au ventre ?
Il pressa son visage contre les barreaux de la cage et j’esquissai un mouvement, certaine que le chat allait le menacer, le griffer à travers ces barreaux, exactement comme il l’avait fait quand nous étions allés le voir dans l’appentis. Mais j’ai stoppé net en voyant le chat décocher un regard grave à George et marcher à petits pas vers lui avant de frotter langoureusement son corps contre les barreaux. Qu’étaient devenus les sifflements et les crachotements que nous avions entendus la première fois ? Je n’en revenais pas. Quand j’entendis le chat pousser une sorte de feulement rauque et visiblement réjoui, je me dis que c’était une hallucination auditive. Il ondulait sous les petits mots doux de George.
- Ben, Ben ! psalmodia-t-il, tu vas bien maintenant ? Tu vas bien ?
Le chat renifla l’air et George se pencha un peu plus. Quand sa tête fut au niveau de celle du chat, ce dernier le fixa droit dans les yeux et j’étais sûre que George allait détourner le regard. Mais au lieu de regarder par-dessus la tête du chat ou de fixer le sol, il regarda son nouvel ami droit dans les yeux. Tous deux se regardèrent intensément quelques secondes pendant que George continuait à murmurer doucement. Je retins mon souffle et les fixai tous les deux, sous le choc : George parlait au chat et souriait comme si c’était habituel chez lui et, de son côté, le chat le couvait littéralement du regard. Un peu comme un vieillard qui en a beaucoup vu et qui sait d’instinct à qui il peut se fier.
Dès lors, je compris ce qu’il me restait à faire : comme on dit, l’espoir a la vie dure… Je ne savais pas pourquoi George aimait ce chat, ce n’était peut-être qu’un engouement fugace, peut-être savait-il que cette pauvre bête avec son air d’orphelin pitoyable aurait bien du mal à se faire une place dans ce monde, un peu comme lui. Mais j’avais discerné une lueur singulière dans le regard de George, une lueur que j’espérais voir depuis longtemps : l’étincelle de l’amour. Et ce chat semblait en éprouver tout autant pour lui. Je n’en demandais pas plus. Tout ce que j’espérais à l’époque, c’est que le chat devienne un bon compagnon pour George. Ce que je ne pouvais prévoir alors, c’est que ce chat allait changer notre vie pour toujours et bien plus radicalement que je n’aurais pu le prévoir.

La ronronthérapie, de Véronique Aïache

La ronronthérapie
Ces chats qui nous guérissent...

de Véronique Aïache

avec 1 CD audio

de 30 min de ronrons !

(Petit up de cette note!)
Que se passe-t-il lorsqu'un chat ronronne à vos côtés ? Vous témoigne-t-il son affection ? Vous fait-il part de sa satisfaction ? Sollicite-t-il votre attention ?

La réponse est tout cela à la fois... et bien plus encore. A priori mono-cordes, les ondes émises par ce mystérieux bourdonnement propre aux félins, ont un impact bienfaiteur sur le corps et l'esprit humains. Puissant anti-stress, régulateur de la tension artérielle, boosteur des défenses immunitaires, soutien psycho-moteur... Le ronronnement recèle en effet de nombreuses vertus thérapeutiques, révélées dans les années 1950 par le corps médical américain.

Premier du genre, cet ouvrage nous livre les secrets de ce remède naturel et met à la portée de tous les pouvoirs guérisseurs du ronronnement. Entre récits historiques, exercices pratiques, témoignages et photos, ce guide du mieux-vivre grâce à nos chers matous, devient le compagnon idéal des 7 à 77 ans. En cadeau bonus, un CD audio de ronronnements permet, à ceux qui n'ont pas encore de chat, de profiter déjà de ses bienfaits...

La ronronthérapie : Ces chats qui nous guérissent..., Véronique Aïache, Editions Le Courrier du Livre / Trédaniel, 2009, 165 pages, avec des photos couleur et 1 CD audio de 30 min de ronrons

A propos de l'auteur

Véronique Aïache, auteur et journaliste spécialisée dans la presse féminine, explore l'univers de la beauté et du bien-être depuis plus de dix ans. De sa rencontre avec un chat est née sa passion pour le monde des félins et pour leurs insoupçonnables pouvoirs guérisseurs sur notre corps et notre esprit.

Pour en savoir plus

- La ronronthérapie, sur le site des Editions Trédaniel
- Entre l'humain et l'animal, de Maryse de Palma
- Les effets bénéfiques des animaux sur notre santé, de Caroline Bouchard
et Christine Delbourg
- Bouillon de poulet pour l’âme de l’ami des chats
- Histoires vraies de chats extraordinaires, de Karen Dolan
- Le chat et ses mystères, de Daniel Lacotte
- La rubrique Effets bénéfiques pour d'autres livres sur ce thème

Quelques avis de lecteurs
Source

Livre très sympathique. Pour les habitués des chats, le CD ne remplace pas un vrai matou mais il compense correctement. Sinon le contenu du livre est sympathique et enrichissant, avec un brin d'émotion. Pour les amoureux de nos petits félins !

-

mmm adorrrrable

J'aime beaucoup, bouquin bien fait, documenté, joli style d'écriture et de mise en page, belles photos.

Un entretien avec Véronique Aïache
proposé par les Editions Trédaniel

Ronrons...

16 novembre 2012

Enfants et animaux : des liens en partage, de Karine Lou Matignon

Enfants et animaux,
des liens en partage
de Karine Lou Matignon
préface de Boris Cyrulnik

D'où vient la fascination des enfants pour les animaux? Comment les deux se comprennent-ils? L'attachement à un animal est-il différent des émotions et de l'intérêt qu'un jeune peut porter à son environnement humain? En quoi les bêtes ont-elles une influence sur le développement affectif et physique d'un enfant? Les liens qui se forgent entre eux dépendent-ils de la culture à laquelle ils appartiennent? Fréquenter des bêtes dans l'enfance participe-t-il à développer une pensée plus respectueuse de la planète et des hommes?

La relation entre l'enfant et l'animal est multiple, complexe, toujours fascinante et bien souvent salvatrice. Aborder les différents aspects de cette question, tel est l'objectif de cet ouvrage qui met en lumière le rôle clé tenu par les animaux dans le développement de la personnalité des enfants, le façonnement de leur pensée, la conscience de leur appartenance à la nature. Une relation privilégiée que Karine Lou Matignon explore en s'appuyant sur de nombreux témoignages scientifiques, sociologiques, ethnologiques et littéraires.

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Une autre présentation

Sauvage ou domestiqué, quelles que soient les espèces, les époques et les cultures, l'animal a toujours tenu une place importante dans la vie des enfants. Ce sont ces liens qu'explore l'ouvrage Enfants et animaux.

Karine Lou Matignon, journaliste et scénariste, auteur de nombreux livres sur la relation entre l'homme et l'animal, se penche ici sur le rôle et la place que tient l'animal auprès de l'enfant à chaque étape de sa vie et de son développement individuel et social.

Cet ouvrage très documenté et abondamment illustré s'appuie sur des témoignages d'écrivains, de scientifiques, de pédopsychiatres et d'éthologues reconnus. Il étudie cet univers en montrant l'interdépendance, les dimensions psychologiques, sociologiques et ethnologiques de ces liens et confronte ces différents points de vue.

Au-delà de la relation de complicité qui peut se nouer entre l'enfant et l'animal, l'ouvrage analyse aussi comment les bêtes deviennent des moteurs dans l'éducation et l'apprentissage, comment ils peuplent l'imaginaire et quelle est leur place dans différentes civilisations.

D'autres aspects de ces rapports fascinants sont également abordés comme le rôle de l'animal à l'hôpital ou dans la résolution de traumatismes. Autant d'exemples riches et variés qui donnent une vision large d'un univers encore méconnu et font de cet ouvrage un repère important.

Enfants et animaux, des liens en partage, Karine Lou Matignon, Préface : Boris Cyrulnik, Editions de La Martinière, 2012, 192 pages

A propos de l'auteur

Karine Lou Matignon est journaliste, écrivain et scénariste. Le thème de la relation entre l'homme et l'animal est son cheval de bataille depuis 20 ans. Elle s'intéresse aussi à l'enfance et traite ces sujets à travers l'édition, le documentaire, le cinéma, la scénographie.

Au sommaire

Des animaux pour grandir
- Compagnons au long cours
- Un monde à explorer
- Une histoire de liens

Des animaux pour apprendre
- L'animal, une source infinie de découvertes
- Variations animales
- Initiations sauvages

Des animaux pour guérir
- Du baume pour les coeurs et les corps
- Thérapie par l'animal
- Le coeur sur la patte

Pour en savoir plus

Des livres de Karine Lou Matignon
- A l'écoute du monde sauvage
- Emotions animales
- L'animal : objet d'expériences
- Sans les animaux, le monde ne serait pas humain
- La fabuleuse aventure des hommes et des animaux, de Boris Cyrulnik, Karine Lou Matignon et Frédéric Fougea

Des livres sur le thème des relations enfants / animaux
- Violences sur les animaux et les humains : Le lien, sous la direction d'Andrew Linzey
- Les animaux dans la vie des enfants, de Gail Melson
- L'enfant et l'animal, d'Hubert Montagner
- L'enfant et les animaux, de Lyonel Rossant et Valérie Villemin
- Entre l'humain et l'animal, de Maryse de Palma
- L'enfant et la médiation animale, de François Beiger
- Autisme et zoothérapie, de François Beiger et Aurélie Jean
- L'enfance entre chiens et chats, de Catherine Muller
- Les effets bénéfiques des animaux sur notre santé, de Caroline Bouchard et Christine Delbourg
- Ces animaux qui nous guérissent, de Philippe de Wailly

Quelques extraits

Pour voir ces images (et d'autres, en couleur) en grand format,
visitez le site des Editions de La Martinière.






14 novembre 2012

Les orphelins de Gaïa, de Michel Tarrier

Les orphelins de Gaïa
de Michel Tarrier

Un futur sans avenir ou un avenir sans futur ? Vous pouvez toujours voter Hollande, Joly, Bayrou, Le Pen, Mélenchon ou garder Sarko, de toute façon vos enfants n’hériteront de rien. Voire peut-être d’un cancer.

S’il est admis qu’un enfant doit préparer son avenir personnel et qu’il soit dirigé en ce sens, (éducation, scolarité, diplômes…), c’est un paradoxe ordinaire de constater que nos sociétés ne se soucient que trop peu de l’avenir commun. Nos enfants préparent donc un avenir… qui manque de futur.

Ce livre aborde l’écologie comme un thème universel, en qualité de cause majeure et d’enjeu primordial de notre humanité. Simplement parce que la Nature a toujours raison.

Ce nouvel opus de Michel Tarrier est aussi un manifeste d’écorésistance, laquelle a pour objectif de damer le pion au productivisme, notamment sous sa forme dangereusement masquée d’économie verte, verdie, reverdie, et ce, par des propositions radicales, lucides, indépendantes et pour la plupart dissidentes de l’écologisme électoral. L’écorésistance en appelle à Gaïa, à Pachamama, à la Terre-mère.

Une crise écologique se manifeste lorsque le milieu de vie d’une espèce ou d’une population évolue sur un mode défavorable à sa survie… Quand la moitié d’une humanité surnuméraire de 7 milliards d’âmes se rend volontairement malade par excès de nutrition, et que l’autre moitié souffre d’une malnutrition par défaut, on comprend bien que ça ne peut plus durer.

Bâtir sans détruire n’aura pas été un défi : déforestation, mort biologique des sols, désertification, sixième crise de la vie et extinction massive d´espèces, pollutions, réchauffement du climat, fonte des glaces, montée des océans, tarissement accéléré de toutes les ressources non renouvelables, nous entrons de plain-pied dans un monde à l´avenir barré.

La Terre vue du ciel : bientôt un cimetière, une fosse commune. Notre humanité est en voie de se faire à elle-même le coup des dinosaures d’il y a 65 millions d’années. Ce que nous voyons encore aujourd’hui, nos enfants ne le verront pas demain. Ce déshéritement n’est-il pas le plus intolérable des crimes ?

"Merci de laisser la planète dans l’état où vous l’avez trouvée en entrant" : nous n’avions pas cru bon placarder cet avertissement sur notre belle Maison du Quaternaire.

Derrière la porte verte, il n’y a plus rien, juste un dernier battement d’aile. De quoi avoir mal à la Terre, vraiment.

Les orphelins de Gaïa, Michel Tarrier, Editions Les Presses du Midi, 2012, 227 pages

A propos de l'auteur

Naturaliste, Michel Tarrier construisit très tôt sa vie autour de sa passion pour la nature. Persuadé que l'homme moderne va à sa perte en agressant outre mesure la biosphère, il se fait essayiste et publie des ouvrages d'écosophie qui font polémique. Sa théorie est qu'en détruisant son milieu, l'humain pratique une politique de la terre brûlée qui va le conduire à un véritable génocide.

Pour en savoir plus

- Les éditions Les Presses du Midi
- Des avis de lecteurs
- A écouter : deux interviews avec Michel Tarrier
- Dictature verte, de Michel Tarrier
- L'agroterrorisme dans nos assiettes, de Michel Tarrier
- La société toxique, de Pryska Ducoeurjoly
- Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon
- Le livre noir de l'agriculture, d'Isabelle Saporta
- Agriculture et santé, de Guillaume Moricourt
- Bidoche : L'industrie de la viande menace le monde, de Fabrice Nicolinot