24 janvier 2013

No steak, d'Aymeric Caron

No steak
d'Aymeric Caron

Bientôt, nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons définitivement de tuer des êtres vivants - 60 milliards d’animaux chaque année - pour nous nourrir.

D’abord parce que notre planète nous l’ordonne : en 2050 nous serons près de 10 milliards, et nos ressources en terres et en eau seront insuffisantes pour que le régime carné continue à progresser.

Mais au-delà des raisons économiques et écologiques, le passage au végétarisme va faire partie d’une nouvelle phase de notre évolution. La science nous prouve en effet un peu plus chaque jour que, contrairement à ce que nous avons longtemps prétendu, les animaux que nous exploitons sont des êtres sensibles, intelligents et sociaux. Dès lors, avons-nous encore le droit de les manger ? Le développement de l’éthique animale nous oblige aujourd’hui à reconsidérer nos devoirs vis-à-vis des autres espèces.

Aymeric Caron a mené l’enquête pour décrire, avec verve et humour, tous les aspects de notre étrange rapport à la viande. Pourquoi les chats et les chiens ont-ils un palace qui leur est dédié au Canada alors qu’en Chine ils peuvent finir au fond d’une casserole ? Pourquoi avons-nous choisi de manger en priorité des cochons, des poulets et des boeufs ? Comment ces animaux de consommation sont-ils produits ? Pourquoi Bill Clinton, Carl Lewis et Bryan Adams ont-ils décidé d’arrêter la viande ? Les végétariens vivent-ils vraiment plus longtemps que les carnivores ? Comment peut-on remplacer les protéines animales ?

Lui-même végétarien depuis plus de vingt ans, Aymeric Caron nous fait partager son expérience. Se gardant de tout prosélytisme et refusant les catéchismes de tout bord, il nous explique de manière limpide pourquoi, un jour, la viande disparaîtra.

No steak, Aymeric Caron, Editions Fayard, janvier 2013, 360 pages

A propos de l'auteur

Aymeric Caron est journaliste. Il a été grand reporter, a travaillé à Canal + et Europe 1. Depuis septembre 2012, il fait partie de l’équipe d’On n’est pas couché, animée par Laurent Ruquier sur France 2.

Pour en savoir plus

- Le site d'Aymeric Caron
- Le site des Editions Fayard
- L'excellent documentaire : Ces animaux malades de l'homme
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub
- Bidoche, de Fabrice Nicolino
- Halal à tous les étals, de Michel Turin
- Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson
- Le site de l'association L214
- Vegan, pour un monde meilleur

Au sommaire

- Avant-propos : L'angoissante tristesse du végétarien
- Le Rien et le Lien : Infos pratiques pour la route
- Combien de végétariens dans le monde ?
Raison n°1 : Parce que la viande détruit la planète
- Deux végétariens dans les airs
- Le Québec et les animaux
- Les nouveaux mangeurs de viande
- La viande contribue à la faim dans le monde
- Viande, calories et déforestation
- 1 kilo de viande = une année de douche
- La viande accentue le réchauffement climatique
Raison n°2 : Parce que nous sommes incohérents avec les animaux
- Menus plaisirs pour chiens et chats
- Chiens et chats sans plaisir au menu
- Phobies et folies
- Salma l'entomophage
- Amours vaches, chiennes ou cochonnes : tout et son contraire
- Tout ce qui a quatre pieds, sauf les tables
- Aimer l'agneau ou les agneaux ?
- Domestique ? De compagnie ? Apprivoisé ?
- La gueule du maître
- Nos premiers amis sont des animaux
Raison n°3 : Parce que l'on n'assume pas la mort de l'animal que l'on mange
- Pas de mort à table
- Une page de pub
- La production industrielle remplace l'élevage
- Comment vivent les animaux que l'on mange ?
- Comment meurent les animaux que l'on mange ?
- Meurtre à distance
- Le jour où j'ai arrêté de manger de la viande
Raison n°4 : Parce que l'amour de la viande est culturel, pas naturel
- Végétariophobie : le racisme de l'assiette
- L'homme est-il programmé pour manger de la viande ?
- Des recettes qui divisent le monde
- Le camembert, le tofu et les oeufs qui puent
- Le goût et le dégoût
- Je remplis ma panse donc je suis
- On ne mange pas seulement pour se nourrir
- L'attachement symbolique à la viande
- La France, bonne élève de l'éducation à la viande
- La viande, un gouffre financier pour le contribuable
- Le ski, la fourrure et les Amérindiens
- L'homme aurait-il dû rester cannibale ?
- Antibiotiques, bactéries, farines animales, etc.
Raison n°5 : Parce que nous n'avons pas besoin de viande pour vivre
- Végétarisme, sport et sexe
- Moins je mange de viande, plus je vis vieux
- La viande tue deux fois
- Plus de protéines dans le soja que dans la viande
- Anne-Marie Roy, diététicienne sans viande
- Fabriquer de la viande... sans animaux
- Le plaisir de manger végétarien
Raison n°6 : Parce que les animaux que nous mangeons nous ressemblent
- "Ce n'est que des bêtes"
- L'illusion du propre de l'homme
- Le vernis de la culture pour cacher notre animalité
- Empathie
- Mettre les poules sur un divan
- L'animal est une personne intelligente
- Pourquoi l'homme a inventé l'animal
- Douleur et souffrance
- Les animaux que nous mangeons sont-ils moins sensibles que les autres ?
Raison n°7 : Parce que la morale nous commande d'arrêter la viande
- "La viande est un meurtre"
- Maltraiter un animal est (parfois) illégal
- L'animal, un bien auquel on fait du mal
- JBJV, le spécialiste français de l'éthique animale
-. Quel genre de philosophe êtes-vous ?
- Peter Singer, Tom Regan, Gary Francione
- Quels droits pour les animaux ?
- Défendre les animaux ou les hommes ?
- Mon éthique personnelle ?
- L'émergence du mouvement végan : de Bill Clinton à James Cameron
- Les végés étaient fermés de l'intérieur
Raison n°8 : Parce que le végétarisme est moderne depuis des millénaires
- Les Indiens Jaïns et Bishnoïs, peuples végétariens
- Le cheval de Nietzsche, le chien de Kundera et celui de Schopenhauer
- Adam et Eve étaient pourtant végétariens
- "Cela crie mais cela ne sent pas !" : l'héritage de Descartes
- Michel Onfray, intellectuellement végétarien
- Le théorème sans viande de Pythagore
- De Plutarque à Hubert Reeves : vingt siècles de végétarisme
- Conclusion
- Remerciements
- Notes

Un extrait du chapitre :
Le jour où j'ai arrêté de manger de la viande

../.. Nous sommes tous plus ou moins des saints Thomas qui ne croyons que ce que nous voyons. L'image sert à croire, mais elle sert surtout à comprendre. Il a fallu que la télévision nationale canadienne Radio-Canada, en 1964, diffuse des images très dures pour que la chasse au phoque soulève l'indignation. On y voyait un chasseur dépecer un bébé phoque, celui-ci étant encore vivant tandis que le couteau le transperçait et l'ouvrait de part en part.
Moi-même, je suis définitivement devenu végétarien un soir, aux alentours de minuit, en regardant des images. J'avais 21 ans et j'étais étudiant en école de journalisme. Le processus qui allait faire de moi un végétarien était déjà enclenché depuis longtemps, et ma consommation de viande avait déjà largement diminué. Au début de l'adolescence, j'avais décrété que je ne mangerais plus de viande d'animal jeune. Il me paraissait inutilement cruel de supprimer une vie à peine commencée au prétexte que le goût de la viande en est meilleur. J'ai donc cessé de manger de l'agneau et du veau.
Quelques années plus tard, je prolongeais mon raisonnement : pourquoi ôter la vie à des animaux de petite taille, dont la chair ne peut nourrir que très peu d'estomacs humains ? Quitte à tuer un être sensible pour satisfaire notre appétit, faisons au moins en sorte que ce sacrifice soit utile à un maximum de personnes, comme c'est le cas quand on exécute un boeuf ou un porc ! Je décidai alors de supprimer de mon alimentation les plus petites espèces, tels les lapins ou les oiseaux. J'en vins logiquement à bannir aussi de mes achats les morceaux de poulet. Je n'étais pourtant pas encore tout à fait tranquille. J'avais pleinement conscience du contenu réel de mon assiette et la viande me plaisait de moins en moins. Son goût et sa substance me devenaient presque désagréables. Le sang s'écoulant du bout de chair réchauffé à la poêle commençait à m'indisposer. J'étais par ailleurs de moins en moins à l'aise avec mes propres contradictions : alors que j'emmenais mes chiens chez le vétérinaire au moindre bobo, je fermais les yeux sur la souffrance des animaux d'élevage que je consentais encore à consommer. Mes proches, pour lesquels le végétarisme s'apparentait à cette époque à une secte étrange, me rassuraient en affirmant que les abattoirs n'en étaient plus au temps où l'on massacrait les animaux à la massue. Ils soutenaient que les bêtes étaient aujourd'hui tuées sans douleur. Et, sans chercher beaucoup plus loin, par facilité sans doute, j'acceptais de les croire. Cette assurance d'une "mort paisible" me permettait d'endormir quelque peu ma conscience.
Et puis, une nuit, je suis tombé sur un reportage dans le journal de France 2. Une vidéo tournée clandestinement dans un abattoir. Elle montrait comment les animaux sont traités lorsqu'ils sortent des camions qui les amènent à la mort. On y voyait entre autres une vache vivante suspendue par une patte au moyen de je ne sais plus quel engin, puis lâchée violemment sur le sol quelques mètres plus bas. Elle agonisait ensuite, secouée de spasmes. Une autre, visiblement blessée, ne pouvait pas se tenir debout et était frappée avec un bâton par un salopard en blouse. D'autres scènes similaires témoignaient des souffrances infligées à des bêtes apeurées quelques instants avant leur mort. C'était donc cela, nos abattoirs exemplaires ? C'était cela, la fin de vie des animaux d'élevage ? Mais alors, le reste de leur existence devait être à l'avenant !
Alors que l'écoeurement me gagnait devant ma télé, me revint aussi en tête l'image de ces camions régulièrement croisés sur l'autoroute, remplis de cochons entassés, cherchant un peu d'air à travers les grilles de leur cage roulante. Ces chargements qui m'avaient toujours indisposé, et dont je tentais immédiatement de chasser le souvenir après les avoir dépassés.
Beaucoup d'omnivores deviennent végétariens après avoir été confrontés à une réalité qu'ils découvrent dans un document vidéo. Ces preuves par l'image ont longtemps circulé dans les seuls milieux associatifs, mais Internet permet aujourd'hui davoir un accès facile à des centaines de films qui témoignent de la vérité de l'exploitation animale. Il est de plus en plus difficile d'affirmer : "Je ne pouvais pas le savoir." Aujourd'hui, deux ou trois clics suffisent.
Ce jour-là, devant ma télévision, à cet instant précis, je décidai que plus jamais je ne mangerais de viande. Et si j'avais su plus tôt, si j'avais vu plus tot, j'aurais arrêté plus tôt. Mais, comme un cancer qui nous ronge ou une femme qui nous trompe, a-t-on vraiment envie de savoir ? A-t-on envie de dire adieu à une tranquillité certes illusoire, mais confortable ? (fin du chapitre)

D'autres extraits
Source

Une vie de poule

Pratiquement chaque être humain sur terre a une poule pondeuse qui travaille pour lui, puisque au total on en dénombre 5 milliards (...) La France utilise 46 millions de poules pondeuses par an. Près de 80% d'entre elles sont élevées de manière industrielle, en batterie. Ces poules pondeuses vivent entassées à plusieurs dans ces cages alignées à l'intérieur de hangars qui contiennent jusqu'à 100.000 oiseaux. Dans sa cage de batterie, chaque poule européenne disposait jusqu'en 2012 d'un espace correspondant à une feuille A4 (550cm2). Désormais, elle bénéficie officiellement d'un espace supplémentaire équivalant à... un Post-it ! (...) Les poules vivent dans des conditions de stress et de détresse psychologique et physique qui génèrent de la violence, et même du cannibalisme (...) A cause de cela, il est fréquent qu'on leur coupe le bec (sans anesthésie, bien sûr) avec une lame chauffante peu de temps après leur naissance, ce qui, outre la souffrance immédiate, occasionne une excroissance qui les handicape ensuite pour manger.

Les poules vivent dans le noir (les hangars n'ont pas de fenêtres), mais des lumières électriques sont allumées régulièrement pour stimuler artificiellement la ponte, ce qui permet d'obtenir environ 300 oeufs en une année, soit deux fois plus que les races d'il y a cinquante ans. (...) Au bout d'un an, la poule finit comme bouillon cube, viande pour chiens et chats ou dans des raviolis.

Une industrie sous perfusion

Le marché de la viande tient largement grâce aux subventions. Subventions de l'Europe en premier lieu. L'association L214, qui lutte en France contre les souffrances infligées aux animaux d'élevage, révèle que le montant des aides de l'Union européenne aux productions animales s'élevait en 2009 à plus de 3 milliards d'euros. (...) L'Europe subventionne aussi les campagnes de promotion de la viande : ainsi, en 2008, le Centre d'information des viandes a décroché une aide de près de 900.000 euros sur trois ans. Et puis il y a les subventions nationales. Toujours selon L214, en 2008, la filière cunicole (les élevages de lapins) a bénéficié de 1 million d'euros. En 2009, les producteurs laitiers se sont vu attribuer une aide exceptionnelle de 15.000 euros par exploitation. (...) Selon l'OCDE, la pollution des eaux aux nitrates et aux pesticides coûte entre 1 et 1,5 milliard d'euros à la France chaque année. Payés par le contribuable.

Vive le steak de soja !

Pas de viande = pas de protéines. Voilà une idée reçue qu'il faut démentir une bonne fois pour toutes. D'ailleurs, l'aliment qui fournit le plus de protéines n'est pas d'origine animale : il s'agit du soja. Il en contient environ 40%, soit deux fois plus que la viande (de 15 à 20%). D'autres légumineuses sont des sources importantes de protéines : les haricots secs, les lentilles et les pois chiches (autour de 20%), ou encore l'arachide (près de 30%). En ce qui concerne les céréales, on compte entre 10 et 15% de protéines dans le riz, le blé, l'orge, le millet, le seigle, le sarrasin, l'avoine, le quinoa, le maïs, le Kamut et l'épeautre. On en trouve environ 25% dans le germe de blé (...) Les graines oléagineuses telles que les graines de lin, de sésame, de tournesol et de pavot contiennent environ 20% de protéines. Les épinards, les brocolis ou les algues sont également particulièrement riches en protéines. (...) Dernier argument des ardents défenseurs de la viande : la vitamine B12, qui sert à la formation des globules rouges dans le sang, ne se trouve quasiment pas dans les plantes. Serait-ce enfin la preuve qu'on ne peut se passer de viande ? Eh bien, non. Car la B12 est présente dans le lait et dans les oeufs.

Le mythe de la mort douce

Depuis 1964, la loi française oblige à étourdir les animaux de boucherie avant la saignée, et ce pour deux raisons : réduire la douleur de l'animal au moment de la mise à mort et assurer la sécurité du personnel. L'étourdissement se pratique soit à l'aide d'un matador (un pistolet qui perfore le crâne jusqu'à la cervelle), soit par électronarcose (la tête est plongée dans un bac rempli d'un électrolyte - c'est la méthode utilisée pour les volailles), soit par administration d'une décharge électrique derrière la tête, soit par gazage.

L'étourdissement doit garantir que l'animal est inconscient lorsqu'il est tué. Mais, dans les faits, les choses ne se passent pas toujours ainsi. (...) Fréquemment, le courant utilisé pour l'étourdissement par décharge électrique n'est pas suffisamment fort, ou les pinces sont mal placées sur la tête de l'animal. Il faut donc recommencer l'opération, ce qui occasionne une douleur supplémentaire. Pour l'électronarcose, les volailles sont suspendues par les pattes afin que leur tête soit plongée dans un bain électrifié. Mais, souvent, l'animal relève la tête, échappant à l'anesthésie, ou bien se débat au moment où il est accroché par les pattes : ses ailes touchent alors l'eau électrisée, ce qui lui vaut une violente décharge électrique, sans l'endormir pour autant. Parfois encore, le temps entre l'étourdissement et l'égorgement est trop long et l'animal reprend conscience. L'étourdissement n'est donc pas une garantie de mort tranquille.

"Pourquoi on ne mangera plus de viande"
Entretien avec Aymeric Caron
Propos recueillis par Alexandre Le Drollec
Source

Aymeric Caron publie “No Steak” (Fayard). Le chroniqueur de "On n’est pas couché", lui-même végétarien, prédit l’avènement du végétarisme universel dans un futur proche.

Ecrire "No Steak" semble vous avoir libéré d’un poids.

Ce n’est pas un coming out mais, oui, j’avais des choses à dire sur ce que j’éprouve depuis vingt ans que je suis végétarien. J’ai souvent dû faire face à des sarcasmes à cause de ce régime alimentaire qui, aux yeux de beaucoup, paraît bien particulier. Pendant des années, je n’ai pas souhaité me justifier. Mais quand on est végétarien, on doit forcément expliquer pourquoi. Aujourd’hui, j’en parle très librement.

Comment êtes-vous devenu végétarien ?

Ca s’est fait sur une dizaine d’années. J’ai d’abord réalisé que l’homme avait un problème dans ses rapports avec les animaux : précautionneux avec les animaux de compagnie, tout l’inverse avec les autres. J’ai un temps été bercé par l’illusion que les animaux mangés étaient bien traités. Mais un jour, j’ai vu un reportage sur la réalité des abattoirs. J’ai basculé "dans l’autre monde".

“Le végétarien est chiant”, écrivez-vous. Vous êtes chiant ?

Oui, le végétarien est chiant. Il ennuie tout le monde. Il est celui qui, à table, quand il est invité, créé un problème. Le végétarien est aussi celui qui remet en cause les certitudes des autres. Il force le non-végétarien à s’interroger. Donc il est chiant. Et puis si on ne mange pas de viande, c’est qu’on n’aime pas les plaisirs de la chair. Le végétarien est morne, triste, chiant.

“L’animal est une personne intelligente”, écrivez-vous. C’est une conviction ?

Je m’appuie sur des travaux de scientifiques qui ont étudié le comportement des éléphants, des dauphins ou des rats. Ce sont des faits. Je fais là mon métier de journaliste. Quand j’ai couvert les conflits en Irak ou en Afghanistan, de la même manière, je m’appuyais sur des faits. Ce ne sont pas des convictions sorties de nulle part.

Vous vous défendez de tout prosélytisme. Le parti pris est pourtant là.

J’apporte des informations. Maintenant, le livre s’appelle “No Steak”. Donc, évidemment, le parti pris est d’expliquer pourquoi on ne mangera plus de viande et pourquoi je suis partisan du fait qu’on n’en mange plus. Je l’assume. Ce serait hypocrite de dire le contraire.

Vous avez été grand reporter : en Irak, au Kosovo, en Afghanistan. Le terrain ne vous manque pas ?

Ce sont des terrains qui abiment. On est toujours dans l’intranquillité. Une intranquillité liée à l’endroit d’où l’on revient, et à l’endroit où on va partir. Aujourd’hui, j’ai gagné en sérénité.

Vous avez rejoint “On n’est pas couché” en septembre. Comment vivez-vous votre nouvelle médiatisation ?

Je n’y pense pas vraiment, même si j’ai bien conscience que cette émission a changé quelque chose dans ma vie. Ca a été une chance. “On n’est pas couché” est l’un des rares espaces de liberté pour les journalistes, et pour la pensée en général. On y est moins formatés et plus libres que dans d’autres émissions dites plus journalistiques.

Ca a été facile de trouver le ton juste ?

Je suis arrivé dans une émission qui obéit à une mécanique que tout le monde connait. Natacha Polony avait déjà ses marques, pas moi. J’ai dû essayer de trouver ma place. Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre l’émission de l’intérieur. Donc oui, il y a eu des choses à régler et des ajustements à trouver. Au niveau de la rythmique, de la tonalité et du bon moment pour intervenir.

Quels sont vos projets ?

Faire de "No Steak" un documentaire. Avec une équipe, on travaille d’ores et déjà sur un synopsis.

Avec la sortie du livre, le chroniqueur va désormais être chroniqué ?

Et c’est bien normal. Je suis très heureux d’être chroniqué, d’être critiqué même. A partir du moment où mon rôle consiste à proposer une lecture critique du travail des autres, il est tout à fait normal que mon travail soit, lui aussi, soumis au feu des critiques. Je suis prêt à jouer le jeu à 100%. Ca va peut-être permettre à certaines personnes de se défouler. Qu’elles ne s’en privent pas surtout !

23 janvier 2013

Halal à tous les étals, de Michel Turin

Halal à tous les étals
de Michel Turin

Ce qui se passe dans les abattoirs est un des derniers tabous de notre société. L’insoutenable y est la norme, et l’intérêt bien compris de la filière viande est de cacher ce sang que nous ne saurions voir. Ce tabou en recouvre un autre, plus strict encore : celui des abattages rituels musulman et juif, qui sont censés être strictement codifiés, encadrés et contrôlés. Par dérogation, la loi autorise dans ces cas un égorgement des animaux sans qu’ils soient étourdis au préalable, comme c’est la règle pour l’abattage "traditionnel". Cela induit de grandes souffrances, surtout quand l’abattage est opéré par des sacrificateurs sans formation.

Saviez-vous que dans les faits c’est plutôt la règle que l’exception, comme l’est d’ailleurs l’abattage rituel lui-même ? Ainsi nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est "convertie" au tout-rituel.

Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont de halal que le nom, car l’absence de toute norme officielle ou autorité reconnue comme légitime favorise la prolifération de certifications frauduleuses, opportunistes, ou simplement bâclées, ce dont toute la filière semble s’accommoder. C’est que des intérêts financiers majeurs sont en jeu…

Le statu quo risque donc de durer. Ce sont les consommateurs de toutes croyances ou sans croyance qui en font les frais, mais aussi et surtout les animaux d’abattoir, qui continuent à mourir, toujours plus nombreux, dans d’atroces souffrances.

Une partie de la classe politique s’est emparée du halal et en a fait un thème de campagne en 2012. Mais la question, qui déchaîne les passions, mérite plus et mieux : une véritable enquête, sans oeillères, préjugés ni arrière-pensées sur "l’extension du domaine du halal" qui affecte nos vies de façon parfois inattendue. La voici.

Halal à tous les étals, Michel Turin, Editions Calmann-Lévy, 2013, 336 pages

A propos de l'auteur

Michel Turin est journaliste économique. Il a été responsable des pages finances des Echos pendant une dizaine d'années. Parallèlement à ses activités de journaliste dans plusieurs journaux et magazines économiques et financiers, il a tenu pendant une quinzaine d'années une chronique quotidienne sur Radio Classique. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont "Profession escroc" (François Bourin, 2010).

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Calmann-Lévy
- Le dossier de l'association L214 : Abattage rituel
- L'article Viande, la nouvelle guerre de religion
- L'article Halal : ce que nous cachent les abattoirs
- L'excellent documentaire : Ces animaux malades de l'homme
- Le reportage d'Envoyé Spécial : Le scandale de la viande halal
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub
- Bidoche, de Fabrice Nicolino

"La souffrance des animaux dépasse les considérations religieuses"
Un entretien avec Michel Turin,
par la Fondation 30 Millions d’Amis

Source

Chaque mois, 30millionsdamis.fr donne la parole à une personnalité investie dans la protection des animaux et de la nature. Le journaliste Michel Turin, auteur de l’ouvrage "Halal à tous les étals", revient sur les conditions d’abattage des animaux en France et dénonce un scandale économique et sociétal.

Fondation 30 Millions d’Amis : Vous êtes journaliste économique. Pourquoi un ouvrage sur les abattoirs français et la souffrance animale ?

Michel Turin : Je compte parmi mes amis un inspecteur vétérinaire, un fonctionnaire qui travaille dans une préfecture. Son travail est de contrôler les abattoirs mais aussi de vérifier que des animaux ne sont pas abattus clandestinement lors de certaines fêtes religieuses. En discutant avec lui, j’ai découvert un véritable sujet de société dont j’ignorais tout. C’était en 2006. J’ai décidé de mener mon enquête, à la fois pour mieux connaître ce qui est en réalité un véritable business, mais aussi ses conséquences, comme la souffrance des animaux.

F30MA : Selon de nombreux spécialistes, cette souffrance est accrue lors d’un abattage sans étourdissement préalable (dit aussi rituel). Etes-vous parvenu à la même conclusion ?

M.T. : Oui. Mais je dois reconnaitre que je n’ai pas pu visiter un seul abattoir, quelle que soit la forme d’abattage pratiquée dans celui-ci. Ces structures sont très méfiantes ! Je me suis donc appuyé sur les nombreuses vidéos en caméra cachée qui ont été réalisées par des associations de protection animale. S’il est certain que les abattoirs sont loin d’être des paradis, l’abattage sans étourdissement préalable est une souffrance supplémentaire infligée aux animaux. D’ailleurs, les experts qui affirment le contraire sont toujours juges et parties : ils défendent l’abattage sans étourdissement, ce qui soulève quelques doutes sur leur objectivité. Aux Pays-Bas, une loi visant à supprimer l’abattage sans étourdissement a finalement abouti - après avoir été retoquée une première fois - à la réalisation d’un "post étourdissement" : si l’animal égorgé est toujours conscient après 40 secondes, il doit être étourdi. C’est pour moi la preuve que l’étourdissement atténue de manière évidente les souffrances de l’animal.

F30MA : Votre ouvrage ne stigmatise pas les communautés qui respectent l’abattage "rituel". Que cherchez-vous à démontrer dans ce livre ?

M.T. : Je souhaite que chacun comprenne que, contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, les consommateurs qui achètent de la viande issue de l’abattage rituel n’ont rien demandé ! Et que stigmatiser ces communautés est une erreur, voire une faute politique. L’industrie de la viande en France - qui se porte mal, il faut le rappeler - n’a de cesse d’instrumentaliser la religion pour servir ses propres intérêts. Aujourd’hui, les professionnels de la viande se servent de ce produit pour asseoir leur marché et continuer à vendre de la viande. Mais ils ne veulent pas que le consommateur le sache, d’où l’absence d’étiquetage pour ne pas nuire à la vente de viande issue d’animaux qui n’ont pas été étourdis. C’est d’autant plus condamnable que les acteurs économiques sont en train de créer un véritable apartheid alimentaire, à la fois sur le dos des consommateurs, mais aussi au mépris le plus total du bien-être animal.

F30MA : Dans certains pays, l’abattage sans étourdissement est interdit. Pourquoi est-il toujours toléré en France en dépit d’un débat passionné ?

M.T. : Il y a un manque de volonté, que je qualifierai même de lâcheté, de la part de nos responsables politiques. Ils refusent, quel que soit le courant idéologique qu’ils défendent, d’aborder de front le problème des viandes halal et casher. A cela s’ajoute un véritable tabou puisque ceux qui s’y attaquent sont, du fait d’une argumentation parfois simpliste, taxés d’islamophobie ou d’antisémitisme. Ce n’est pas avec des arguments violents et empreints d’intolérance que le sujet sera abordé avec sérénité. C’est à chacun de réfléchir et d’agir de façon citoyenne, et cela vaut pour tous les modes d’abattage ; car aujourd’hui, de nombreux animaux souffrent, bien au-delà des pratiques religieuses.

F30MA : Tout livre participe à construire son auteur. Qui êtes-vous devenu après la rédaction de celui-ci ?

M.T. : Cette enquête m’a ébranlé. Je me pose dorénavant beaucoup plus de questions, à la fois sur l’abattage mais aussi sur l’élevage des animaux que je consomme. Je pense que je dois réduire ma consommation de viande et faire attention à son origine. Et peut-être un jour, prendre une décision radicale : nous avons les uns et les autres des animaux de compagnie pour lesquels nous avons beaucoup d'affection ; mais pourquoi leur vie vaut-elle davantage à nos yeux que celle d’une vache ou d’un mouton ? C’est une réflexion qui suit désormais son cours dans mon esprit, et j’espère que mon livre soulèvera les mêmes interrogations dans l’esprit des lecteurs.

Signez la pétition demandant la fin de l'abattage sans étourdissement préalable.
A lire aussi : Viandes : la barbarie des élevages américains dénoncée.



Des extraits du livre
Source

Le halal, une niche pour la grande distribution

- Les consommateurs de produits halal ne peuvent pas rater la "zone identifiée halal" du Géant Casino de Roubaix. Stratégiquement située au beau milieu de l'hypermarché, surmontée d'une grande banderole Wassila, la marque halal de Casino emprunte sa décoration à l'univers des "Mille et une nuits". Les linéaires, bien remplis, parcourus par des clientes voilées et non voilées, sont une invitation au voyage subméditerranéen : nouilles chinoises halal, sauces chinoises halal, produits du Maroc et d'Algérie, vinaigre Le Bled d'une grande vinaigrerie constantinoise sur l'étiquette duquel est écrit "halal", sans plus de précision, vinaigre d'alcool coloré Philippe Dessaux (un produit tunisien pour lequel il est précisé : "La consommation du vinaigre est tolérée suite à la lettre de Monsieur le Mufti de Tunisie en date du 10 juin 1981"), nuggets de dinde Réghalal, certifiés par la mosquée d'Evry, poulet jaune et poulet blanc Wassila, Shems, des steaks hachés ("traçabilité 100% halal, sacrifice dans le respect du rite islamique, boeuf français"). Les hypermarchés Géant Casino proposent plus de 400 références de produits halal, soit 3% à 4% de leur offre totale. Gilles Briand, adhérent Intermarché, responsable du marketing de l'enseigne, annonçait qu'Intermarché Hyper élargissait son offre en 2011 aux prix Mousquetaires avec "des produits traditionnels et une tendance au bio, halal, ethnique."
Comme d'autres enseignes, Carrefour a longtemps hésité à afficher ouvertement sa volonté de conquérir les consommateurs de confession musulmane. Le groupe de distribution a franchi le pas fin 2010 en lançant pour les fêtes du foie gras... musulman, plat traditionnel s'il en est. -

Un instrument de torture médiéval

- D'après l'article 2 de l'arrêté du 12 décembre 1997, "dans le cas de l'abattage rituel, l'immobilisation des animaux des espèces bovine, ovine et caprine doit être assurée au moyen d'un procédé mécanique appliqué préalablement à l'abattage et maintenu jusqu'à la saignée". Les abattoirs sont équipés d'un box de contention. Il s'agit d'un énorme cylindre métallique pesant 6 tonnes, faisant 3 mètres de longueur, 2,5 mètres de largeur et 2,6 mètres de hauteur - pour reprendre les caractéristiques techniques d'un modèle commercialisé par la société normande Norman, un spécialiste français des équipements pour l'abattage et la manutention des viandes. "C'est une sorte de gros tonneau en métal", dit Jean-Pierre Kieffer, le président de l'OABA (Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoir). La description effrayante du box d'abattage rituel, telle qu'elle apparaît sur le site de Norman, ressemble à s'y méprendre à celle d'un instrument de torture médiéval. Voici le mode d'emploi : "L'animal est introduit dans le box depuis le couloir d'amenée (son couloir de la mort, pour appeler les choses par leur nom, comme ne le fait pas, bien sûr, le fabricant). Un dispositif anti-recul situé à l'arrière du box permet d'avancer et de maintenir l'animal à l'avant du box. La contention de l'animal est assurée par serrage haut et bas du panneau latéral. La tête est ensuite bloquée par un système de guillotine et de mentonnière permettant l'immobilisation de la tête nécessaire au sacrifice rituel. Après avoir effectué une demi-rotation, le box présente la gorge de l'animal, renversé sur le dos, à la lame du couteau du sacrificateur" -


22 janvier 2013

Vive la malbouffe ! de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet et Olivia Recasens

Vive la malbouffe !
écrit par Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet
et Olivia Recasens
illustré par Wozniak

Voici le premier guide enthousiaste de la malbouffe ! Comme elle est partout, il s’agit donc de positiver ! Le lecteur pourra ainsi, à coup sûr, choisir les tomates les plus insipides, apprendre à reconnaître les pommes qui ont reçu le plus de pesticides, se préparer à déguster les poulets javellisés importés des Etats-Unis, dénicher les produits les plus gras, s'extasier devant l'inventivité de l'agro-industrie : l'huile de moteur dans l'huile de tournesol, les vieux fromages réincorporés dans les fromages fondus, le pain industriel fabriqué à partir de pâte surgelée, etc.

Visitez la France des abattoirs qui ne respectent pas les normes d'hygiène, les saumons d'élevage assaillis par les poux de mer, les élevages de veaux piqués aux anabolisants et hormones de croissance ! Découvrez les lobbys qui à votre insu rajoutent du sel dans vos plats préparés, bourrent vos enfants de sucreries, assaisonnent d'allégations santé fantaisistes leurs pubs pour yaourts... Et bon appétit à tous !

Illustré par les dessins de Wozniak, ce guide est composé de textes courts et drôles reprenant des informations servies toutes chaudes dans la rubrique spécialisée d'un célèbre hebdomadaire satirique. Elles ne dépassent pas la date de péremption, promis !

Vive la malbouffe ! écrit par Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet et Olivia Recasens, illustré par Wozniak, Editions Hoëbeke, 2009, 192 pages

A propos des auteurs

Christophe Labbé et Olivia Recasens sont journalistes au Point. Jean-Luc Porquet et Wozniak sont journaliste et dessinateur au Canard enchaîné.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Hoëbeke
- L'excellent documentaire Ces animaux malades de l'homme
- Toxic Food, de William Reymond
- Mauvaises nouvelles de la chair, de Marie Rouanet
- La rubrique Industries et lobbys pour d'autres livres sur le même thème

"Animal on a mal"
un article de Jean-Luc Porquet,
paru dans "Le Canard Enchaîné" du 14.03.2007

L'agro-alimentaire est là pour nous régaler, mais elle fait surtout "déguster" la planète. La faute à qui ? A tous : du consommateur à l'agriculteur. C'est ce qu'en conclut Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard qui, de sa plume aiguisée, traite la sortie du film-documentaire "Notre pain quotidien". A voir résolument, même si cela nous renvoie tous devant notre responsabilité collective mais aussi individuelle...

Tiens, si on parlait des animaux ? On ne les entend pas beaucoup, dans cette campagne. Nous autres humains avons déjà assez à faire : s'il fallait, en plus, s'occuper des bestioles, n'est-ce pas...

Voici pourtant l'occasion : pour le film "Notre pain quotidien", qui sort cette semaine, Nikolaus Geyrhalter a planté sa caméra dans les abattoirs, les élevages industriels, les serres géantes, les champs, les mines de sel, les vignes de notre moderne Europe. Il nous montre ce que nous n'aimons pas voir : comment fonctionne l'énorme machinerie grâce à laquelle nous remplissons nos assiettes.

Non, nous ne voulons pas voir ces milliers d'animaux qui passent leur vie entassés, enfermés dans leurs boîtes, leurs cages, leurs prisons ; voir ce boeuf qui tremble de terreur devant le tueur qui va l'exécuter d'un coup de pistolet électrique, et son cadavre être retourné par un robot, saisi par les pattes arrière, suspendu à la chaîne, et son successeur s'affoler à cette vue, rouler des yeux effarés et trembler devant le pistolet qui s'approche... C'est trop facile de jouer sur notre sensibilité de citadins, sur notre, lâchons le mot, sensiblerie.

Nous savons bien qu'on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs ni de steaks saignants sans tuer les boeufs. Ne nous montrez pas ces robots qui tuent, éventrent, découpent, trient ; et qui laissent à de rares salariés le soin de faire ce que les machines ne peuvent encore exécuter habilement, édenter les porcelets, leur couper la queue, etc. Ne nous montrez pas ces ouvriers solitaires, enfermés dans le mutisme et le boucan mécanique, esclaves de la cadence imposée par la machine, cheptel pas moins entravé que l'autre.

Que l'industrie agroalimentaire n'ait plus aucun rapport avec la ferme d'antan ; que le vivant y soit formaté pour la consommation de masse ; que ses méthodes déshumanisent, nous le savons, évidemment. Mais nous préférons croire au monde enchanté des publicités, où de braves paysans aux tronches authentiquement "à l'ancienne" nous vantent leurs "produits du terroir". Nous voulons du rêve et de la légende, pas du réel.

La dernière fois qu'on nous a parlé d'animaux, c'était il y a un mois, lorsque le virus H5N1 a débarqué dans un élevage de dindes anglais. 860 bêtes en sont mortes, mais, plutôt que de soigner ou d'épargner les autres, on a préféré les tuer. 160.000 dindes exécutées. Oublions vite. Arrêtez de nous parler des animaux...

Jean-Luc Porquet

Le même article en image


La loi de la "junk"
un article de Jacky Durand
paru dans Libération du 08.06.2009

C’est le genre de bouquin qui vous donne envie de hurler "Beurk !" au fond de votre cuisine. Et pourtant quel délice salutaire de dévorer Vive la malbouffe ! Parce que ce bouquin va décomplexer tous les névrosés du rata, les angoissés du graillon, les frigides du fourneau, les toxicos de la junk food en leur démontrant magistralement une évidence : la malbouffe est partout dans notre assiette , des amuse-bouche aux mignardises, en passant par entrée-plat-fromage-dessert et quart de rouge compris. Et ne rigolez plus à la truffe de votre clébard quand il s’enfile son infâme pâté ou ses croquettes qui fouettent : "27% des produits alimentaires premier prix vendus en France sont au-dessous des normes de qualité exigées pour les aliments pour chien et chat." C’est le docteur Christian Recchia, éminent chercheur en science des aliments et expert en "stratégie qualité" pour 27 filières agroalimentaires, qui le dit dans le livre. Vous reprendrez bien un peu de Canigou ou de Ronron ?

Allez, on range nos boulettes à deux balles pour s’attabler devant un autre constat majeur de Vive la malbouffe ! : on ne sait plus à quoi ressemble la queue d’un radis, une plume de poulet ou une écaille de hareng parce que 70% de la production agricole est directement acquise par les industriels de l’agroalimentaire qui achètent à notre place les produits frais. Vous n’êtes toujours pas rassasié. Alors voilà par le menu quelques tranches de Vive la malbouffe !

Apéro

Vous prendrez bien un petit verre de vin, mais gare au truandage en bouche, du genre vin en camion-citerne déguisé en AOC. Les auteurs citent une étude de la répression des fraudes sur les vins servis durant l’été 2004 dans 4.000 établissements français : près du tiers était en infraction, la palme revenant à un restaurateur de Haute-Garonne, dont la carte affichait 45 "erreurs" sur les 50 bouteilles proposées. Et puis, vous grignoterez bien une petite rondelle de saucisson : "Une équipe de l’Inra a découvert que deux staphylocoques (carnosus et xylosus) pouvaient enrichir les saucissons en cétones, des composés organiques qui dégagent de délicieuses odeurs épicées." Vous pourrez aussi croquer dans un cornichon. Ceux de Bangalore en Inde où poussent 60% de la production mondiale achetée 20 centimes d’euro le kilo aux paysans locaux. "Petit hic : comme il fait très chaud à Bangalore, les bactéries transmises par les insectes sont plus coriaces et il faut utiliser plus de pesticides pour en venir à bout."

Entrée

Ah, les bonnes tomates aux pesticides arrosées d’une huile d’olive qui n’a rien de vierge. Vive la malbouffe ! cite les joyeusetés débusquées par la Répression des fraudes en 2007 : "Des huiles d’olive composées pour plus de moitié d’huiles de tournesol, l’incorporation de graisses industrielles et d’huile de grignon (en clair, du tourteau d’olives, le déchet qui reste après le pressurage des olives), des huiles espagnoles bas de gamme changées en huiles d’olive françaises…" Quant à la tomate, elle a perdu de ses arômes et sa chair est farineuse depuis que "dans les années 90, on l’a dotée d’un gène qui lui a permis d’allonger de trois semaines sa durée de vie après cueillette".

Poisson

Vous préférez ouvrir une boîte de sardines ? Attention, vous n’avez qu’une chance sur vingt et une de tomber sur de véritables sardines depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a contraint l’Union européenne à accepter que sous l’appellation "sardine" soient vendus la sardinelle, le hareng, le spart ou le sardinop du Pérou, soit au total 21 "produits de type sardine". Vous voulez vous consoler avec une poêlée de coquilles Saint-Jacques ? Alors gaffe aux tricheurs nous expliquent les auteurs de Vive la malbouffe ! : certains n’hésiteraient pas à tremper dans l’eau les noix de Saint-Jacques pour qu’elles pèsent 30% de plus sur la balance…

Volaille

Il faut pas moins de 84 jours pour qu’un poulet élevé en plein air atteigne son poids d’abattage contre 40 jours pour un poulet industriel. Cherchez l’erreur ? Une "viande dure et fade" pour le volatile qui a poussé le plus vite.

Viande

C’est une triste vérité : le cochon industriel (corps allongé pour accueillir plus de viande autour de la colonne vertébrale, cuisses musclées pour donner de beaux jambons) a un petit moral. La faute à un gène d’hypersensibilité au stress dont il est affublé et qui peut le terrasser d’une crise cardiaque à la moindre contrariété. Du coup, certains cherchent à leur offrir de meilleures conditions de vie. A quand les saucisses au Prozac ?

Légumes

Sachant qu’avec 77.000 tonnes utilisées par an, la France est le troisième plus gros consommateur de pesticides au monde, ça fait réfléchir quand on doit manger cinq fruits et légumes par jour. Si vous optez pour le bio, il n’y en aura pas pour tout le monde, puisqu’en France l’agriculture biologique ne couvre que 2% des surfaces cultivées. Et puis ça coûte de l’oseille de becqueter sain : "Manger entièrement bio revient 50% plus cher", explique Vive la malbouffe !

Fromages

Edifiant ce constat : "Depuis un décret pondu en avril 2007, les fromages 'fermiers' n’ont plus besoin d’être fabriqués de A à Z à la ferme. Un industriel peut faire la tournée des éleveurs pour acheter le fromage en blanc (caillé, égoutté et moulé), l’affiner dans son usine, puis coller dessus l’étiquette 'fermier' et le prix qui va avec (jusqu’à 20% plus cher en épicerie fine)."

Dessert

Envie d’une petite glace ? Pleine de sirop de maïs (à la place de sucre blanc), d’arômes plutôt que de vrais fruits, de lactosérum et de vent. Oui de vent car il suffit d’insuffler de l’air dans un sorbet industriel pour lui faire prendre du volume. Que Choisir révélait ainsi en mars 2008 qu’un sorbet d’une grande marque de surgelés n’affichait sur la balance que 561 grammes de matière par litre…

21 janvier 2013

Au suivant de ces pandas... de David Taylor

Au suivant de ces pandas...
Un vétérinaire de zoo raconte
de David Taylor

Comment administrer un lavement de café noir à un guépard ? Comment anesthésier un poisson ? Faire une prise de sang à un marsouin ? Plâtrer la patte d'un tatou ?

David Taylor vous l'apprendra dans ce livre. Après son "Allô docteur mon puma a avalé une pelote de ficelle !", l'un des livres les plus drôles de l'année, il nous invite cette fois à visiter en sa compagnie tous les parcs zoologiques où il est appelé en urgence.

Avec un humour et une tendresse de tous les instants, David Taylor vous fera découvrir l'extraordinaire diversité de ce monde animal qu'il connaît mieux que personne, où le lion somnole vingt heures sur vingt-quatre, la girafe ferme l'oeil sept minutes par nuit, et le dauphin ne se repose que par courtes étapes de trente secondes.

Et les pandas dans tout cela ? Ils ne sont pas oubliés, loin de là. David Taylor est incollable à leur sujet : le vétérinaire qui a guéri Chan Chan, le panda madrilène, de son ulcère à l'estomac, c'est lui !

Au suivant de ces pandas..., David Taylor, Editions Presses de la Cité, 1985, 186 pages

A propos de l'auteur

Dès son plus jeune âge, David Taylor s'obstine à soigner les animaux qui l'entourent. Il deviendra, tout naturellement, vétérinaire, exerçant ses talents sur une clientèle composite, constituée d'animaux familiers ou domestiques. Toutefois, la passion de son métier, liée à son amour des bêtes, le fait vite se tourner vers les animaux exotiques. Il devient dès lors vétérinaire de zoo et nous entraîne dans une série d'aventures tour à tour drôles, passionnantes ou attendrissantes...

Pour en savoir plus

- Allô docteur mon puma a avalé une pelote de ficelle ! de David Taylor
- Allo véto ? Bobos... de Jean-Louis Patin
- Un éléphant dans ma salle d'attente, de Florence Ollivet-Courtois
- Des livres de Marie-Claude Bomsel
- Des livres de Philippe de Wailly
- D'autres récits de vétérinaires

Allô docteur mon puma a avalé une pelote de ficelle ! de David Taylor

Allô docteur,
mon puma a avalé une pelote de ficelle !
Les souvenirs extraordinaires
d'un vétérinaire des zoos
de David Taylor

Comment un vétérinaire destiné à soigner les chats, chiens et vaches devient par amour des bêtes le docteur des animaux exotiques...

Que faites-vous quand...

- Votre puma a avalé une pelote de ficelle ?
- Un python vous entraîne irrésistiblement dans les bras de sa maîtresse, une strip-teaseuse de second ordre ?
- Un jeune dauphin essaye de se suicider en retenant son souffle ?
- Douze girafes sont en train de mourir à 2.500 km de chez vous, d'un excès de pêches pourries ?
- Un inoffensif dugong est retenu prisonnier par un indonésien persuadé que ses larmes sont un puissant aphrodisiaque ?

Ce sont tous ces problèmes et bien d'autres qu'a dû affronter David Taylor à ses débuts, en soignant les animaux exotiques. Il lui a fallu surtout vaincre le scepticisme des vieux gardiens de zoos ou de réserves, l'impossibilité d'approcher des bêtes dangereuses et l'absence d'intérêt porté par ses confrères aux espèces sauvages. Ce n'est qu'au bout de 10 ans de pratique - la période couverte par ce livre - qu'il a commencé à récolter les fruits de ses efforts.

Sa détermination à soigner les animaux sauvages n'a jamais faibli : la voie qu'il s'est choisie l'a conduit en outre dans des lieux eux-mêmes des plus exotiques. Ces passionnantes années de formation nous sont livrées ici dans une série d'aventures où se mêlent humour et tendresse.

Allô docteur mon puma a avalé une pelote de ficelle, David Taylor, Editions Presses de la Cité, 1984, 177 pages

A propos de l'auteur

Dès son plus jeune âge, David Taylor s'obstine à soigner les animaux qui l'entourent. Il deviendra, tout naturellement, vétérinaire, exerçant ses talents sur une clientèle composite, constituée d'animaux familiers ou domestiques. Toutefois, la passion de son métier, liée à son amour des bêtes, le fait vite se tourner vers les animaux exotiques. Il devient dès lors vétérinaire de zoo et nous entraîne dans une série d'aventures tour à tour drôles, passionnantes ou attendrissantes...

Pour en savoir plus

- Au suivant de ces pandas... de David Taylor
- Allo véto ? Bobos... de Jean-Louis Patin
- Un éléphant dans ma salle d'attente, de Florence Ollivet-Courtois
- Des livres de Marie-Claude Bomsel
- Des livres de Philippe de Wailly
- D'autres récits de vétérinaires

20 janvier 2013

Le petit monde du Docteur Herriot, de James Herriot

Le petit monde du Docteur Herriot
Chroniques d'un vétérinaire de campagne
de James Herriot
préface de Philippe de Wailly

Vétérinaire de campagne en Angleterre, James Herriot nous conte ses mille et une aventures auprès des animaux qu'il est amené à soigner et des gens qui les entourent. Mais James Herriot n'est pas un vétérinaire comme les autres : en plus de sa passion pour le monde et la psychologie des animaux, il possède, en bon Anglais, un sens aigu de l'humour. Les situations cocasses abondent dans cet ouvrage enchanteur, les bêtes n'étant pas les dernières à afficher des comportements qui prêtent à rire. Profondément amoureux de la nature et de sa féérie, l'auteur nous fait également partager ses émotions et ses sentiments devant les paysages qui s'offrent à lui au cours de ses tournées. Les inconditionnels de la beauté et de la tendresse ne sauraient manquer la publication de ce livre qui nous réconcilie avec toutes les créatures qui respirent sur cette terre. Une invitation à l'harmonie retrouvée et au partage fraternel. Le lecteur ne regardera plus jamais la prunelle d'un animal de la même façon après avoir suivi James Herriot dans ses randonnées pathétiques, joyeuses et fascinantes.

Le petit monde du Docteur Herriot, James Herriot, Préface : Philippe de Wailly, Editions Presses de la Cité, 1994, 365 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Histoires de chiens (1987)
- Pour l'amour des bêtes (1982)
- Toute la sagesse du monde (1979)
- Des clients de tout poil (1976)
- Toutes les créatures du Bon Dieu (1975)

L'avis d'une lectrice
Source

James Herriot est le pseudonyme d'un vétérinaire de campagne anglais, qui a débuté sa carrière peu de temps avant la deuxième guerre mondiale. Il s'est alors installé dans le Yorshire, au Nord de l'Angleterre, dans une région d'élevage très vallonnée.

Bien plus tard, il a publié ses mémoires, dont ce livre est le 8è tome.

Les tout premiers parlent d'une médecine vétérinaire avant la vaccination systématique, les antibiotiques, les traitements anti cancéreux, etc.

Dans celui-ci, les soins sont moins "exotiques" que dans les premiers, mais reste l'essentiel de ce qui a fait le succès des romans de James Herriot, en Angleterrre et encore plus aux Etats-Unis :
L'amour que l'auteur porte aux animaux est évident dans chaque ligne, et par extension celle qu'il porte aux autres humains, ses collègues, sa famille, les fermiers, le patron du pub...

S'ensuit un récit parfois gai, parfois triste, souvent émouvant (ceux et celles qui sont bon public, on prévoit les mouchoirs) mais toujours passionnant. Je viens d'acheter ce livre d'occasion pour l'offrir et suis extrèmement déçue, le reste de la série semble introuvable dans le commerce. De plus, ces romans ont été rarement édités, publiés dans n'importe quel ordre, en un mot massacrés.

La plupart de ces romans sont en ce moment introuvables en Français, mis à part dans les bibliothèques et d'occasion, ce commentaire est donc caduque...

19 janvier 2013

Pour l'amour des bêtes, de James Herriot

Pour l'amour des bêtes
Nouveaux souvenirs d'un vétérinaire
de James Herriot

Après la guerre, James Herriot reprend son travail de vétérinaire dans les Dales du Yorkshire, mais bien des choses ont changé. La découverture de nouveaux médicaments - notamment les sulfamides et la pénicilline, puis les antibiotiques - et la mise au point d'interventions chirurgicales beaucoup plus perfectionnées font des miracles parmi ses patients grands et petits ; l'insémination artificielle fait son apparition et le décornage des bovins est à la mode, ce qui ne va pas toujours sans problèmes pour le praticien chargé d'opérer. Herriot est à présent père de deux jeunes enfants aux personnalités fort différentes, dont la présence à ses côtés ensoleille ses heures de travail.

Heureusement, le Yorkshire, lui, n'a pas changé et les souvenirs de James Herriot, ses victoires et ses défaites, les petites comédies ou tragédies quotidiennes, qui mettent en scène hommes et bêtes, sont toujours aussi chaleureux et savoureux que peuvent le souhaiter ses lecteurs.

James et sa charmante Helen, Siegfried et Tristan, et de nombreux autres amis, anciens et nouveaux, sont de retour pour partager l'étonnante magie de cette histoire vécue, dans le cadre enchanteur des superbes paysages du Yorkshire.

Pour l'amour des bêtes, Nouveaux souvenirs d'un vétérinaire, James Herriot, Editions Albin Michel, 1982, 303 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Le petit monde du Docteur Herriot (1994)
- Histoires de chiens (1987)
- Toute la sagesse du monde (1979)
- Des clients de tout poil (1976)
- Toutes les créatures du Bon Dieu (1975)

18 janvier 2013

Toute la sagesse du monde, de James Herriot

Toute la sagesse du monde
Souvenirs d'un vétérinaire
de James Herriot

James Herriot nous offre un nouveau volume de ses souvenirs, où l'humour et l'humanité sont toujours si étroitement mêlés.

Avec sa charmante femme Helen, Siegfried et Tristan, et de nombreux autres amis, anciens et nouveaux, ils sont de retour pour partager l'étonnante magie de cette histoire vécue, dans le cadre enchanteur des superbes paysages du Yorkshire.

Toute la sagesse du monde, Souvenirs d'un vétérinaire, James Herriot, Editions Albin Michel, 1979, 309 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Le petit monde du Docteur Herriot (1994)
- Histoires de chiens (1987)
- Pour l'amour des bêtes (1982)
- Des clients de tout poil (1976)
- Toutes les créatures du Bon Dieu (1975)

17 janvier 2013

Des clients de tout poil, de James Herriot

Des clients de tout poil
Souvenirs d'un vétérinaire
de James Herriot

Après "Toutes les créatures du Bon Dieu", le "livre le plus heureux de l'année (1975)", voici la suite des aventures de James Herriot, le joyeux vétérinaire du Yorkshire. On y retrouve la même verve, la même chaleur humaine, le même talent de conteur. Notre ami le vétérinaire a bel et bien épousé la charmante Helen. Celle-ci désormais est auprès de lui, efficace et tendre, elle lui donne dans sa vie privée le bonheur qu'il trouvait déjà dans son travail. D'autres personnages, vifs, colorés, apparaissent ou réapparaissent au fil des pages : les paysans du Yorskshire, bien sûr, Siegfried le chirurgien vétérinaire, associé d'Herriot, son frère Tristan, Mrs Bond folle de chats, et la redoutable Mrs Donovan, marchande de poudres miracles pour animaux malades… Mais ce sont eux, les animaux - chevaux, chiens, chats ou perruches qui occupent la première place dans ce récit qui leur est dédié. "Des clients de tout poil", oui, et surtout des amis dont les maux, bénins ou plus graves, nous font de la peine, dont la guérison nous enthousiasme, dont la présence nous paraît toujours fraternelle. James Herriot possède, à leur sujet, un inépuisable trésor d'anecdotes. Tout cela, exprimé avec un humour éclatant et par un homme comme on n'en voit plus beaucoup - si gai, si plein d'affection pour tout ce qui vit ! -, contribue à faire de ce livre quelque chose de vraiment exceptionnel : un enchantement, un régal, une fête.

Des clients de tout poil, Souvenirs d'un vétérinaire, James Herriot, Editions Albin Michel, 1976, 317 pages

A propos de l'auteur

James Herriot est le plus connu des vétérinaires-conteurs anglais. Il est né et a grandi en Ecosse, et c'est à l'Ecole vétérinaire de Glasgow qu'il a fait ses études. Après avoir obtenu son diplôme, il a trouvé dans les Dales du Yorkshire, auprès de Siegfried Farnon, le personnage si attachant de ses livres, un emploi qu'il n'a jamais quitté. Tous ses livres - il en a écrit plus de dix - sont des best-sellers et ont inspiré des séries télévisées à succès. En dehors de son métier, ses principaux intérêts sont la musique, le football et les chiens. James Herriot est marié et père d'un fils vétérinaire et d'une fille médecin.

Du même auteur

- Le petit monde du Docteur Herriot (1994)
- Histoires de chiens (1987)
- Pour l'amour des bêtes (1982)
- Toute la sagesse du monde (1979)
- Toutes les créatures du Bon Dieu (1975)

L'avis d'une lectrice
Source

Délicieux !

Cet ouvrage ne constitue qu'une partie du merveilleux travail de James Herriot, l'écrivain-vétérinaire anglais qui hélas nous a quittés depuis plus de quinze ans déjà. Cette série de livres, qui malheureusement se trouve difficilement dans le commerce maintenant (merci Amazon !), est à conseiller à tous. Je ne l'ai moi-même découverte que récemment, alors qu'elle est parue dans les années 70 et 80.
Mais l'humour et la chaleur humaine (... et animale!) sont des valeurs qui ne se démodent pas, et j'encourage chacun à la lecture de tous les ouvrages de James Herriot.

16 janvier 2013

Les émotions des animaux, de Marc Bekoff

Les émotions des animaux
de Marc Bekoff
préface de Jane Goodall

Petit up de cette note pour signaler une bonne nouvelle : la sortie de ce livre en format poche !

Un scientifique de renom étudie la joie, la peine et l'empathie animales en expliquant leur importance.

Les animaux éprouvent-ils des sentiments ? C'est une question à laquelle on acquiesce largement aujourd'hui. Notre perception de ces êtres n'est plus celle de Descartes, qui ne voyait en eux que des automates. Mais quelles sont ces émotions, comment naissent-elles, comment se manifestent-elles, comment les comprendre pour communiquer avec les animaux ? C'est ce à quoi répond ici Marc Bekoff, professeur émérite de biologie à l'Université du Colorado.

Dans la lignée de Darwin et de son ouvrage sur "L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux" (traduit dans cette même collection), il étaye son propos par quantité d'exemples, d'anecdotes, de comptes-rendus d'expériences éthologiques, pour nous amener à voir que tous ces sentiments ne sont pas des réactions instinctives et isolées, mais la manifestation d'une véritable vie affective, aussi riche que profonde.

Privilégiant l'étude sur le terrain, l'observation des animaux au sein de leur environnement (comme Jane Goodall, qui présente cet ouvrage), l'auteur dialogue constamment avec les théories et les conclusions des autres chercheurs. Cela lui permet de ne pas se cantonner dans l'étude des canidés (dont il est spécialiste), d'élargir son propos à l'ensemble de la gent animale, pour montrer que les animaux ne sont pas seulement doués de sentiments, mais aussi d'une certaine forme de pensée rationnelle et d'une véritable moralité.

Accepter et comprendre cette vie émotionnelle, c'est prendre conscience de la manière dont les humains, aujourd'hui, traitent souvent les animaux de façon inhumaine, c'est appeler à changer de point de vue et de comportement, pour vivre à l'avenir en meilleure intelligence avec ces êtres qui partagent notre vie.

Les émotions des animaux, Marc Bekoff, Préface de Jane Goodall, Traduit de l'anglais par Nicolas Waquet, Editions Payot, 2009, 320 pages

A propos de l'auteur

Spécialiste de renommée mondiale du comportement animal, Marc Bekoff est professeur de biologie à l'Université du Colorado. Il est cofondateur avec Jane Goodall de Ethnologists for the Ethical Treatment of Animals.

Aucune frontière nette ne sépare l'espèce humaine du reste du règne animal.

"Avec 'Les Emotions des animaux', une voix puissante vient s'ajouter au choeur toujours plus vaste de ceux qui tentent de transformer nos comportements vis-à-vis des animaux, ces êtres avec lesquels nous partageons cette planète.

Joignant l'intuition et le bon sens à une méthodologie scientifique scrupuleuse, ce livre sera un outil formidable pour tous ceux qui se battent afin d'améliorer la vie des animaux, dans des environnements où l'on fait preuve si souvent d'une incompréhension presque totale. J'espère simplement qu'il amènera les gens à reconsidérer la manière dont les animaux seront traités demain."

Jane Goodall, éthologue

Au sommaire

- Arguments en faveur des émotions animales ; raisons de leur importance
- Ethologie cognitive : intelligence et affectivité animales
- Les passions animales : ce qu'éprouvent les animaux
- Justice, empathie et fair-play : l'honneur chez les animaux
- Questions délicates : réponse aux sceptiques ; science et incertitude
- Choix éthiques : de l'usage de nos connaissances

Pour en savoir plus

- Les Editions Payot et Rivages
- L'avis de Végane aujourd'hui
- Emotions animales, de Karine Lou Matignon
- Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson
- Quand les éléphants pleurent, de Jeffrey Moussaieff Masson et Susan McCarthy
- Nous sommes ce que nous mangeons, de Jane Goodall
- Le cri de l'espoir, de Jane Goodall
- Ma vie avec les chimpanzés, de Jane Goodall
- La boutique L214

La couverture du livre en format poche

Les émotions des animaux, Marc Bekoff, Préface de Jane Goodall,
Traduit de l'anglais par Nicolas Waquet, Editions Rivages Poche, 2013, 288 pages


Un entretien avec Marc Bekoff
(sous-titré en français)