18 février 2013

L'incroyable instinct des fourmis, de Bert Hölldobler et Edward O. Wilson

L'incroyable instinct des fourmis
De la culture du champignon
à la civilisation

de Bert Hölldobler
et Edward O. Wilson

Parmi toutes les espèces de fourmis, il en est une qui, durant des centaines de millions d’années, a connu un extraordinaire succès évolutif : les fourmis coupeuses de feuilles ou champignonnistes, à l’origine des premières "sociétés agricoles", et ce, bien avant l’homme de l’époque néolithique.

S’appuyant sur une très riche iconographie et sur les études les plus récentes, ce livre décrit l’éclosion et le développement de leur exceptionnelle civilisation instinctuelle : communication, coopération, division du travail, mutualisme, défense, solidarité, hiérarchie, sacrifice, hygiène…

Ces fourmis d’Amérique tropicale, dont les colonies jouent un rôle fondamental dans l’écologie des forêts, des savanes et des prairies, sont le plus remarquable de tous les superorganismes jamais découverts.

Des vols nuptiaux au décès de la reine, du travail de ses millions de descendantes à la culture de leur champignon nourricier, du chef-d’oeuvre architectural de leur nid au million de neurones de leur cerveau formidablement structuré, tout chez ces fourmis champignonnistes provoque l’émerveillement.

L'incroyable instinct des fourmis, Bert Hölldobler, Edward O. Wilson, Traduction : Christian Cler, Editions Flammarion, 2012, 208 pages, avec des photos, format papier et ebook

A propos des auteurs

L'entomologiste et myrmécologue allemand Bert Hölldobler a enseigné la zoologie à l'université Harvard.

Edward O. Wilson est biologiste, spécialiste des fourmis, de la biodiversité et des extinctions massives du XXe siècle.

Au sommaire

Prologue
1. Les superorganismes ultimes
2. La percée attine
3. L'ascension des coupeuses de feuilles
4. Le cycle de vie des fourmis coupe-feuilles
5. Le système de castes des Atta
6. La récolte de la végétation
7. La communication chez les Atta
8. Le mutualisme fourmi-champignon
9. L'hygiène dans la symbiose
10. La gestion des déchets
11. Agroprédateurs et agroparasites
12. Nids de coupe-feuilles
13. Pistes et grandes routes
Remerciements
Glossaire
Notes
Index
Table des illustrations

Pour en savoir plus

- Ce lien pour feuilleter le livre
- Cet entretien audio avec Alain Lenoir, spécialiste des fourmis (RFI, 26mn)
- Le comportement des animaux, avec la participation de Berthold Holldobler et Edward Wilson
- Les insectes et les hommes, de Michel Lamy
- Les sociétés animales, de Frank Cézilly, Luc-Alain Giraldeau et Guy Théraulaz
- Les sociétés animales, de Rémy Chauvin

Le génie des fourmis
un article de Françoise Monier, du site L'Express
Source

Deux scientifiques se penchent sur l'organisation fascinante des Attines du Nouveau Monde, espèce de fourmis dont la rigueur hiérarchique impressionne.


Elles tracent des autoroutes, construisent des cités abritant des millions d'individus, pratiquent l'agriculture, domestiquent des bactéries pour lutter contre les infestations et trouvent des solutions pour éliminer leurs déchets. Les fourmis Attines du Nouveau Monde fascinent par l'intelligence de leur organisation. Elles formeraient le superorganisme le plus performant du monde animal.

Les ancêtres des Attines remonteraient à 60 millions d'années. Elles ont eu le temps de mettre au point ces sociétés de coopération où la division du travail est implacable. Chaque reine peut vivre jusqu'à vingt ans, produire 100 à 200 millions de descendants. Quand elle fonde sa colonie, elle emporte un échantillon d'un champignon quasi magique dont la colonie va se nourrir. Premiers oeufs, premières ouvrières, la colonie se met en place très vite. Les coupeuses montent dans les arbres récolter les feuilles que des transporteuses chargent sur leur dos où se juchent d'autres fourmis, plus petites, chargées de repousser les mouches. Une fois au nid, le matériel végétal est haché menu, arrosé de fèces, pour cultiver les champignons nourriciers.

Des "majors", soldates formées pour repousser les attaques, aux minuscules "minors", toiletteuses de la reine, chacune connaît son rang et sa fonction. A coup de phéromones et de stridulations, on communique en permanence, pour, si nécessaire, changer de stratégie. Des photos montrent les vols nuptiaux, les nids immenses avec leurs chambres reliées par des tunnels, les mandibules effrayantes des coupeuses de feuilles et les jardins souterrains où prospèrent les champignons.

On comprend qu'Edward Wilson, le plus célèbre myrmécologue du monde - auteur de ce livre avec son disciple Bert Hölldobler - se soit passionné pour ces fourmis. En effet, Wilson n'est pas seulement l'inventeur du concept de biodiversité. Il est aussi fondateur de la sociobiologie, cette discipline qui étudie le moteur des sociétés animales. En 1975, dans un livre qui secoue le monde des chercheurs, Wilson écrit que l'objectif de ces groupes organisés est de transmettre leur patrimoine génétique dans les meilleures conditions possibles. Une thèse aussitôt attaquée, surtout par les marxistes européens. Les Attines semblent pourtant lui donner raison.




16 février 2013

Les sociétés animales, de Frank Cézilly, Luc-Alain Giraldeau et Guy Théraulaz

Les sociétés animales :
lions, fourmis et ouistitis
de Frank Cézilly,
Luc-Alain Giraldeau
et Guy Théraulaz

Quel est le point commun entre les poules, les bourdons et les gorilles ? Chacune de ces espèces vit en société. Et attention, la vie sociale des animaux n'est pas synonyme de vie en groupe. Communication, coopération, répartition des tâches, mais aussi conflits sociaux ou familiaux, la vie sociale des animaux est régie par des comportements complexes et très variés selon les espèces. Comment ces sociétés se sont-elles développées ? Comment sont-elles organisées ? Que dire de la sociabilité animale ?

Quels sont les facteurs qui contribuent à déterminer la taille d'une meute de lionnes ? Comment les sociétés de fourmis parviennent-elles à coordonner leurs multiples activités ? Pourquoi, chez les ouistitis, certaines femelles sont monogames et d'autres polyandres ? Répondre à ces questions implique de comprendre les fondements du comportement social des espèces animales. Des bandes anonymes de pigeons aux sociétés de termites, à travers un festival coloré d'écailles, de plumes et de poils, nous percevons comment nécessité de survivre et de se reproduire, coopération et conflits entre congénères, et capacités d'auto-organisation cadencent le pas de l'évolution des sociétés animales.

Les sociétés animales : lions, fourmis et ouistitis, Frank Cézilly, Luc-Alain Giraldeau, Guy Théraulaz, Editions Le Pommier, 2006, 192 pages

A propos des auteurs

Franck Cézilly est professeur d'écologie comportementale à l'université de Bourgogne à Dijon, et directeur adjoint de Biogéosciences au CNRS.

Luc-Alain Giraldeau est professeur à l'université du Québec à Montréal et codirecteur du Groupe de recherche en écologie comportementale et animale.

Guy Théraulaz est directeur de recherche sur la cognition animale, au CNRS de Toulouse.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Le Pommier
- La note de lecture d'Epistème la tortue
- Les sociétés animales, de Jacques Goldberg
- Les sociétés animales, de Rémy Chauvin
- Kaluchua, de Michel de Pracontal
- Les insectes et les hommes, de Michel Lamy
- Les animaux ont-ils une culture ? de Damien Jayat

Au sommaire

- Coopérer, communiquer, se battre... vivre ensemble
par Luc-Alain Giraldeau
- Organisation sociale et reproduction sexuée
par Franck Cézilly
- L'intelligence collective des sociétés d'insectes
par Guy Théraulaz
- Conclusion générale

L'avis d'un lecteur
Source

Une lecture agréable et utile

Un petit livre précis, pertinent et pédagogique, et pourtant facile d'accès, qui aborde de manière dynamique l'éthologie au travers d'anecdotes et de compte-rendus d'expériences utilisées ici pour exposer et expliquer les grands concepts de l'éthologie (stratégie évolutivement stable, sélection de parentèle, information publique...).

L'essentiel est illustré et clairement expliqué, depuis les stratégies de recherche alimentaire jusqu'au fonctionnement des sociétés de fourmis en passant par la diversité des stratégies de reproduction (un mâle pour plusieurs femelles, plusieurs mâles pour une seule femelle, plusieurs femelles pour plusieurs mâles, couples monogames, il y en a pour tous les goûts !).

Ce livre sera apprécié des curieux de biologie et s'avèrera également très (très) utile pour les étudiants en biologie. A lire et relire.

L'avis de la Revue du CERAP
Source

Cet ouvrage, fruit de conférences prononcées à la Cité des sciences, est l'oeuvre de deux spécialistes d'écologie comportementale et d'un spécialiste de cognition animale. Il constitue une approche fascinante non seulement des sociétés animales, mais plus largement de la science des comportements, qui se situe à l'interaction de logiques multiples : une logique d'organisation sociale, une logique de reproduction, des éléments d'auto-organisation (qui ne sauraient s'opposer à la sélection naturelle). Il faut ainsi faire appel à des notions qui, chez certains insectes, ne rélèvent pas de la "magie", comme l'intelligence collective. Un ouvrage accessible, même s'il oblige à un mode rigoureux de lecture. Une intelligente petite bibliographie classée avec trois degrés de difficulté.

Un extrait de l'introduction

Pour la plupart d'entre nous, le fait de vivre avec les autres paraît aller de soi. Mais pour l'écologiste comportemental qui considère le comportement selon une approche évolutive, la vie grégaire est une bizarrerie. Comment la nature en est-elle arrivée à pousser certains individus à vivre si près les uns les autres, les condamnant à composer avec la compétition pour les ressources, alors qu'une existence solitaire les dispenserait de cet inconvénient important ? Sans doute les animaux retirent-ils certains bénéfices à vivre ensemble, mais lesquels et comment ? Et est-ce vraiment le cas ?

La vie grégaire existe sous plusieurs formes, dont chacune résulte probablement de pressions sélectives qui lui sont propres. Par exemple, les forces évolutives qui ont mené les sardines à former des bancs compacts capables de répondre avec une cohésion remarquable à l'approche d'un prédateur peuvent être fort différentes de celles qui ont poussé les frelons vers une société de castes. L'origine évolutive de sociétés comme celle des lionnes est fort différente de celle des troupeaux de gnous ou des bandes d'oiseaux migratoires.

Pour nous repérer au sein de ces divers mécanismes, nous regrouperons les sociétés animales en deux grandes catégories : une première, la bande anonyme, dont la durée et la composition varient ; une seconde, la société, dont la stabilité permet l'établissement de relations durables et souvent individualisées.

Ces deux types de regroupements ont des origines évolutives distinctes : la bande anonyme se compose d'individus isolés que les circonstances ont amenés à vivre en compagnie de semblables ; la société, elle, se compose d'individus en cours de reproduction ou issus d'une même famille et dont la dispersion a été retardée ou carrément supprimée. Nous nous pencherons d'abord sur la bande anonyme, puis nous aborderons le cas des sociétés.

14 février 2013

Des signes dans la forêt, de Martine Camboulives

Des signes dans la forêt
Chimpanzés et communication
de Martine Camboulives

Des signes ou des singes ? Sémiologie ou simiologie ? Cet ouvrage - qui ne prétend à aucune expertise en primatologie - livre des observations de terrain sur des primates en voie de réinsertion en milieu naturel dans la Réserve de Conkouati (Congo) avec tout ce que cela suppose d'anthropocentrisme. Ces observations sont suivies de commentaires et d'interrogations sur l'interaction et l'intentionnalité telles qu'elles s'expriment sans le secours du langage.

Des signes dans la forêt, Martine Camboulives, Editions L'Harmattan, 2000, 124 pages

A propos de l'auteur

Martine Camboulives est orthophoniste à Paris. Spécialisée dans les pathologies lourdes, elle s'intéresse au langage non-verbal humain et animal

Au sommaire

Introduction
Carnets
- Sur la petite île
- Sur la grande île
Commentaires
I. Les actions individuelles
II. Les interactions
III. L'expression des émotions
Epilogue
Bibliographie

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Harmattan
- Ce lien où vous pourrez feuilleter le livre
- Cet autre lien (avec des extraits différents)
- Le site de l'association HELP Congo
- Cet article : Comment les chimpanzés perçoivent la mort
que j'ai découvert grâce à Christine Chaume, du site : Résolument chiens et chats
- L'âge de l'empathie, de Frans de Waal
- De la réconciliation chez les primates, de Frans de Waal
- Le bon singe, de Frans de Waal
- Quand les singes prennent le thé, de Frans de Waal
- L'intelligence de l'animal, de Jacques Vauclair
- Le cri de l'espoir, de Jane Goodall
- L'école des chimpanzés, de Roger Fouts et Stephen Tukel Mills
- Le requiem des primates, de Nathalie Schwarz-Revol
- Le documentaire Le projet Nim, réalisé par James Marsh

Les premières lignes de l'introduction

Pendant toute l'année 1988, je suis partie vivre en Afrique. J'ai passé là-bas des moments très forts. J'y ai fait la connaissance de Gaston, chimpanzé de trois ans. Il m'a apprivoisée, tyrannisée - comme il le fait de tous ceux qui l'approchent -, et totalement captivée.

En 1989, je suis revenue à Paris. Pour moi, le monde avait changé. J'ai découvert que mes congénères ne sont pas ces visages pâles qui m'entourent. Ils ont des bras et des jambes poilus terminés par de longues mains pour s'agripper, ce dont ils ne se privent pas. Les idées fourmillent dans leurs têtes dures et, je crois, souvent leurs gestes devancent leurs idées. Ils détestent le monde ordonné et peuvent mettre à sac un espace vaste en quelques secondes ou piétiner avec délice un parterre de fleurs. Ils peuvent aussi, au petit matin d'Afrique, se prélasser sur le dos pendant des heures, clignant des yeux d'aise à sentir les rayons du soleil leur chauffer le ventre.

Je les ai aimés, admirés et surtout enviés. Ces sentiments m'ont beaucoup dérangée. Il m'a fallu les analyser, puis les confirmer. Pour cela, j'ai trouvé au Congo un projet de réinsertion dans leur environnement naturel de primates plus ou moins éclopés (en général saisis par des douanes, parfois confiés par leurs propriétaires).

Il s'agissait du projet HELP (Habitat Ecologique et Liberté des Primates), conçu, organisé et toujours principalement financé par une personne privée qui y consacre sa fortune personnelle dans le cadre d'une association à but non lucratif ayant pour objectif de sauver les primates. L'action de HELP au Congo comporte un volet nursery, où sont soignés les animaux blessés et les bébés, et un volet sanctuaire où les animaux sont progressivement réhabitués à une existence autonome. Ces deux volets s'inscrivent dans un programme plus vaste de protection totale de la faune et de la flore dans la Réserve de Conkouati, programme soutenu par le gouvernement congolais et diverses instances internationales.

A l'été 1992, je suis donc partie cinq semaines au bout de la lagune de Conkouati, à 200km au nord de Pointe-Noire.


12 février 2013

Les grands singes, de Christian Zuber

Les grands singes
Caméra au poing
de Christian Zuber

Quatre grandes expéditions ont été nécessaires pour rédiger ce livre :

- Bornéo : les orangs-outans et les gibbons
- la Tanzanie : les chimpanzés
- Madagascar : les lémuriens
- le Gabon : les chimpanzés et les gorilles

Durant ces randonnées, Christian Zuber a pris plus de 3000 photographies et a observé les primates en liberté. Pendant près de 100 jours, il a étudié le comportement des grands singes.

Ouvrage complet sur les animaux proches de l'homme, ce livre constitue également un témoignage étonnant sur la vie secrète des primates.

Qui savait que l'orang-outan fait chaque soir un nouveau nid, que les jeunes gorilles nés d'amours illégitimes quittent les premiers la tribu, que les lémuriens font l'amour toute l'année, qu'un gorille mâle près de 200kg, que le rameau des lémuriens blancs, à apparence presque humaine, a plus de 70 millions d'années ?

Christian Zuber a voulu que ce livre soit utile à la protection de la nature. Il dénonce les scandales des trafiquants de gorilles, le martyre des bêtes de zoos et de laboratoires, les tortures inimaginables du dressage pour les cirques, la mort silencieuse de milliers d'animaux.

Une série d'admirables documents photos en couleurs (dont plus de 30 pleines pages) permet au lecteur de revivre ces nouvelles aventures de Christian Zuber.

Membre du Fonds Mondial pour la Nature, l'auteur tire un signal d'alarme. Il montre aussi les résultats positifs obtenus à travers le monde pour le sauvetage des grands singes.

Les grands singes, Christian Zuber, Editions Flammarion, 1977, 303 pages, avec des photos en couleurs et des dessins en noir et blanc

A propos de l'auteur

Après une brève carrière à l'Education nationale, Christian Zuber (1930-2005), passionné de nature, s'est vite intéressé au cinéma pour tourner dans les années 1960 plusieurs longs métrages, notamment aux îles Galapagos, aux Seychelles et en Afrique. "C'est l'information qui sauvera la nature", insistait cet écolo avant l'heure. Mais c'est surtout sa "Caméra au poing", une émission de télévision hebdomadaire d'une demie-heure, qui l'a fait connaître au grand public tout au long des années 1970 en trouvant un immense écho auprès des jeunes. Parallèlement, les missions de Christian Zuber sur le terrain ont donné lieu à la publication de nombreux livres : "Caméra au poing aux îles Galapagos", "Paradis des bêtes", "Les plus belles îles du monde", "Vivre pour les animaux", "Laissez-les vivre", etc. Il donnait régulièrement des conférences sur ses sujets favoris à travers la France.

Au sommaire

1. Sur la trace des hommes des bois
2. Les derniers singes libres
3. L'exploration de la vie sauvage
4. Nos amis les chimpanzés
5. Sur l'île des lémuriens
6. Le grand cri des gorilles

L'avis d'un lecteur
Source

Un magnifique ouvrage

Un livre vérité sur la vie que nous imposons à ces magnifiques anthropoïdes. Un constat alarmant. Des images chocs et des textes qui nous exposent le triste sort que certains réserves à nos plus proches parents. L'auteur, à juste titre, ne ménage pas le lecteur. Ce livre devrait nous faire prendre conscience qu'il est vraiment temps d'agir pour la préservation de notre faune.




10 février 2013

Documentaires : Un gorille dans la famille / Deux gorilles à la maison

Un gorille dans la famille
Documentaire (2x52mn, 2007)
1ère partie : Des parents dévoués
2ème partie : Une séparation impossible

Le documentaire en deux parties de Quincy Russel nous fait pénétrer dans le quotidien de Pierre et Eliane Thivillon, propriétaires du zoo de Saint-Martin-la-Plaine près de Lyon, et de Digit, leur "fille adoptive" de 7 ans (à l'époque), 100kg de tendresse et de malice ! Abandonnée par les siens à la naissance, Digit, la jeune femelle gorille, a trouvé l’amour au sein d’une espèce pas si éloignée : l’homme.

Jeune horticulteur de 22 ans, Pierre Thivillon avait déjà des animaux dans son environnement proche, mais il ne pouvait leur consacrer le temps qu’il aurait souhaité. Alors l’idée du zoo s’est imposée, car il lui semblait que c’était "une des rares professions où l’on peut vivre en bons termes avec les animaux".

Leur premier gorille, c’est Alexis, un petit orphelin recueilli à Brazzaville : "Quand il est arrivé à Saint-Martin, dans sa barboteuse jaune, on s’est dit : et maintenant, on fait quoi ? On l’a élevé comme si c’était un gosse. Il a 35 ans aujourd’hui et il est toujours là !". Ensuite il y aura Platon, un orphelin du Gabon sauvé in extremis de la "marmite". Et puis deux jumelles que Pierre va chercher au Cameroun : "Je les ai ramenées à Saint-Martin et intallées avec Alexis et Platon, mais elles n’ont pas procréé." Alors un confrère anglais leur confie Tam-Tam, un mâle vigoureux qui sera à l’origine des premières naissances à Saint-Martin.

Tam-Tam est le père de Digit, la "fille adoptive" du couple, née en 1998 : "Nous avons dû retirer Digit à sa mère qui ne voulait pas l’allaiter. Le soir, on l’installait dans un panier sur le canapé de notre bureau. Nous attendions qu’elle s’endorme puis nous rentrions chez nous. Le matin à 6h, je revenais changer la couche et donner le biberon".

A deux ans, Digit tombe brusquement malade. Il faut l’opérer. Pendant sa convalescence, le couple la veille 24h sur 24. C’est là que tout bascule : "Digit ne voulait pas s’alimenter, sauf la nourriture prémâchée par ma femme. Ensuite… Digit n’a plus voulu nous laisser partir et on a cédé. Nous nous disions : on reste encore ce soir… et ça dure depuis six ans !".

Depuis deux ans, le zoo accueille le petit frère de Digit, né en 2001, lui aussi abandonné par sa mère et confié au zoo de Stuttgart. Placé trois ans plus tard au sein d’un groupe de jeunes gorilles, le chétif Ginko est sérieusement agressé par le plus gros des mâles : 60 points de suture et un fort traumatisme ! Averti, Pierre Thivillon s’oppose à son retour dans le groupe : "Je savais d’expérience que les autres mâles le tueraient. J’ai obtenu gain de cause et on me l’a confié".

C’est ainsi que Ginko revient à Saint-Martin et partage avec Digit une cage mitoyenne du bureau-dortoir. Mais en août 2006, Ginko est opéré d’un abcès. De nouveau, le couple veille sur le convalescent : "Il a pris l’habitude de dormir avec sa soeur, et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à quatre !".

Cependant, Pierre Thivillon réfléchit beaucoup à l’avenir de Digit qu’il souhaite réintégrer petit à petit parmi ses congénères : "Nous envisageons la construction d’un nouvel enclos. Nous essaierons de l’habituer à ne plus dormir près de nous en séparant les chambres pour rompre le contact. Digit pèse aujourd’hui 100kg et nous savons bien que cette situation ne peut pas durer". Le voeu le plus cher de Pierre et Eliane pour 2007 : "Apprendre à Digit et à Ginko à vivre près de nous, mais pas avec nous !"

Documentaire réalisé en 2006 et 2007
Diffusé sur France 3 en 2007 (2x52mn)
Réalisation : Quincy Russel
Production : Mona Lisa Production
Co-Production : Pierre et Eliane Thivillon

Deux gorilles à la maison
Documentaire (43mn, 2010)

Pierre et Eliane Thivillon sont les fondateurs du Parc Animalier de Saint-Martin-la-Plaine. Autour d'eux, quelques milliers de mètres carrés où se trouvent plus de 850 animaux.

Mais leur vie a basculé le 27 octobre 1998. Pamela est une gorille femelle, et a donné naissance à une petite Digit en 1998, qu'elle a refusé d'allaiter. Pierre et Eliane ont alors décidé de séparer Digit de sa mère et de l'élever au biberon. Ils sont alors devenus ses parents adoptifs.

Mais en 2003, le scénario s’est répété avec Gincko, le petit frère de Digit. Pierre et Eliane comptent maintenant deux gorilles à la maison. Si Digit dépasse déjà les 130kg, Gincko atteindra bientôt les 260kg, son poids d'adulte.

Documentaire réalisé en 2010
Diffusé sur Arte en 2011 (51mn)
Réalisation : Quincy Russel
Production : Mona Lisa Production


Pour en savoir plus

Ces liens pour découvrir ces 2 formidables documentaires (location ou achat) :
- 1ère partie : Des parents dévoués
- 2ème partie : Une séparation impossible
- Deux gorilles à la maison : Digit et Gincko
A voir également
- Ce reportage diffusé sur M6 (2012, 7mn)
- Ce blog, avec des infos et des photos datant de 2011
- L'espace zoologique de Saint-Martin-la-Plaine
- L'association Tonga Terre d'Accueil
- L'association Gorilla, fondée par Fabrice Martinez
- D'autres livres et documentaires sur les gorilles

Photos

Digit à 1 mois (2kg)


Digit à 2 ans



D'autres photos

Digit









Gincko et Digit


Vidéos

Deux courts extraits de "Un gorille dans la famille" (2x1mn)




"Deux gorilles à la maison" - documentaire intégral (43mn), mais il est en allemand


Présentation du Parc zoologique de Saint-Martin-la-Plaine


L'historique du parc animalier de St-Martin-la-Plaine
Source

C’est en 1971 que Pierre et Eliane Thivillon ont décidé de créer un parc zoologique. Alors horticulteurs au village de Saint-Martin-la-Plaine, ils recueillaient les animaux sauvages blessés retrouvés par les habitants. Devant le nombre de plus en plus important d’animaux ainsi soignés, l’idée du parc fit son chemin et devint réalité : le 23 juillet 1972, l’Espace Zoologique ouvrait ses portes.

Les premiers animaux présentés provenaient de la faune locale : des renards, des blaireaux, des pies… La colline hébergeant le parc était nue de végétation et les structures de taille réduite. Petit à petit, après de nombreuses années de travail, le parc et sa colline ont profondément changé. La végétation gagna du terrain et se transforma d’une colline pelée en un jardin luxuriant : araucarias, phoenix, bougainvilliers, néfliers du Japon, bambous géants…

Les animaux présentés ont aussi évolué rapidement : le 1er lion arriva fin 1972, le premier gorille en août 1974, les chimpanzés en 1978… Le parc se spécialisa dans le maintien des primates et leur reproduction… Il fallut tout de même attendre 1995 pour enregistrer la première naissance de gorille ! Du côté des structures pour les animaux, les cages (la 1ère faisait 32m2 !) ont été remplacées par des enclos : l’une des dernières réalisations étant la grande serre aux gorilles, un espace de plus de 2.000m2 pour un volume de 30.000m3 !

Aujourd’hui, l’Espace Zoologique se développe encore et toujours, agrandissant les enclos, aménageant l’espace, agrémentant les allées de nouvelles plantes, reproduisant de plus en plus d’espèces menacées d’extinction.

L'association Tonga Terre d'Accueil, fondée par le couple Thivillon
Source

Aidez-nous à recueillir les primates et félins trouvés abandonnés ou saisis par les autorités en France, pour leur offrir de meilleures conditions de vie

En constatant que trop souvent les animaux sauvages abandonnés, trouvés ou saisis chez des particuliers qui n’ont pas les autorisations pour les détenir étaient euthanasiés par manque de structure d’accueil, nous avons décidés de créer cette association pour accueillir ces animaux. En tant que professionnels, nous avons les autorisations et les compétences pour s’occuper de ces animaux saisis ou abandonnés. Nous avons donc construit des bâtiments pour pouvoir répondre aux demandes de placements et accueillir ces animaux dans des conditions convenables. Depuis 2008, nous avons sauvés plus de 90 singes et 16 félins. Nous leurs apportons aujourd’hui tous les soins adéquats et nous leur offrons une vie sociale parmi les leurs.

Malheureusement, beaucoup d’animaux sont encore à secourir et devant le nombre important de demandes de placements, nous devons construire plus de bâtiments. Nous recherchons donc des aides financières. Notre association étant reconnue d’intérêt général, tout donateur bénéficie de déductions fiscales.

08 février 2013

Gorilles : Portraits intimes, de Florence Perroux et Sébastien Meys

Gorilles
Portraits intimes
de Florence Perroux et Sébastien Meys
avec la collaboration de Delphine Roullet

"Croiser le regard d’un grand singe est une expérience singulière qui laisse rarement indifférent. Pour peu qu’on s’y attarde, une drôle de sensation vous envahit : ce regard induirait-il plus que ce qu’il veut bien laisser paraître ? Quelles pensées insondables peuvent donc cacher ces faciès étonnamment humains ?"

Côtoyant et photographiant les anthropoïdes depuis plusieurs années, Sébastien Meys et Florence Perroux ont eu envie de nous faire découvrir - ou redécouvrir - le plus impressionnant mais aussi le plus sensible de nos cousins simiesques : le gorille. Chacun de ces doux géants possède un tempérament et une histoire propres. Abordés ici comme autant d’individus particuliers, ils nous dévoilent aussi les particularités de leur espèce.

Menaçant. Dangereux. Agressif. Ces qualificatifs violents, communément associés aux gorilles, révèlent une profonde méconnaissance de ces primates imposants mais si réservés. Altruisme, empathie, rire, utilisation d’outils : voilà qui leur convient mieux ! Entre Homo et Gorilla il n’y a pas de différence de nature, tout juste de forme et de complexité.

La plupart des photos ont été prises en captivité ou au Rwanda, en milieu sauvage. Le livre est complété par une description (sous la plume de Delphine Roullet, du Muséum national d’histoire naturelle) de la condition des gorilles aujourd’hui, dans le monde : leur nombre, leur répartition, leurs conditions de vie, le danger de leur disparition dans certains endroits et les dispositions qui sont éventuellement prises, ou pas.

[10% des droits d'auteurs de cet ouvrage seront reversés à des ONG dédiées à la conservation in situ des gorilles.]

Gorilles : Portraits intimes, Florence Perroux, Sébastien Meys, Collaboration : Delphine Roullet, Editions Le Pommier, 2012, 144 pages

A propos des auteurs

Photographe animalier, spécialisé dans les grands singes et les primates, Sébastien Meys a notamment été primé en 2008 au concours international de photographie Animan/Canon pour un portrait de gorille et a gagné le premier prix catégorie photo journalisme nature pour une série d’images de gorilles de montagne.

Responsable conservation et pédagogie au zoo de la Palmyre (Charente-Maritime), Florence Perroux est l’auteur de plusieurs articles sur les gorilles dans les magazines professionnels internationaux.

Pour en savoir plus

- Le site du livre - Présentation exceptionnelle. J'ai rarement vu un site dédié à un livre aussi joliment présenté et complet. Tout y est : une sélection de superbes photos en grand format présentées dans le livre, un module pour le feuilleter, un aperçu du processus de fabrication, une vidéo, des infos et de nombreux liens (presse, internet, radio, tv)
- Le site des Editions Le Pommier
- A écouter : cet entretien avec Chris Herzfeld et Florence Perroux - France Culture, 2012, 57mn
- L'association Gorilla, fondée par Fabrice Martinez
- Le documentaire Les derniers gorilles, réalisé par Gérard Vienne (location ou achat)
- D'autres livres et documentaires sur les gorilles

Vidéos

Gorilles - Portraits intimes : Le making of du livre (2:50mn)


Entretien avec Florence Perroux et Sébastien Meys (1:21mn)


Au pays des gorilles (4:50mn)


Un aperçu du livre
Pour découvrir d'autres photos en grand format, cliquez sur ce lien.













06 février 2013

Primates, de Jean-Jacques Petter et François Desbordes

Primates
de Jean-Jacques Petter
et collaborateurs
illustrations de François Desbordes
préface d'Yves Coppens

Synthèse d'une approche esthétique et scientifique sur les familles de primates du monde, ce livre s'adresse aussi bien aux spécialistes qu'aux néophytes, et contribue à éveiller les consciences à leur nécessaire préservation.

La préface d'Yves Coppens

Singes et hommes ont un patrimoine génétique très proche et des comportements étrangement ressemblants. Ils ont d’ailleurs toujours fréquenté des milieux voisins au cours de leur évolution. Cette proximité unique explique sans nul doute le lien étonnant qui nous unit aux primates et la fascination qu’ils exercent sur nous.

Cet ouvrage exceptionnel vous ouvre les portes de leur monde, en dressant une liste exhaustive de toutes leurs familles par continent. S’adressant aussi bien aux spécialistes qu’aux néophytes, il illustre la grande diversité des singes à travers une présentation vivante et détaillée de chaque espèce accompagnée des magnifiques planches du dessinateur naturaliste François Desbordes.

Pour compléter cette présentation encyclopédique menée par Jean-Jacques Petter, l’un des plus grands primatologues de notre temps, plusieurs chercheurs nous invitent à découvrir la vie secrète des primates, leurs organisations sociales, leurs modes de communication et leurs rites, à travers des récits d’expédition passionnants et de nombreuses photographies inédites.

Un livre unique, qui rend un vibrant hommage aux primates du monde entier et nous démontre, une fois de plus, l’urgence des mesures à prendre pour préserver ces espèces remarquables, aujourd’hui largement menacées par l’activité humaine et l’exploitation irraisonnée des richesses naturelles de la planète.

Primates, Jean-Jacques Petter et collaborateurs, Illustrations : François Desbordes, Préface : Yves Coppens, Editions Nathan, 2010, 256 pages, 72 planches illustrées, 70 photos couleurs, poids : 2kg

A propos de l'auteur

Une vie au service des primates : Jean-Jacques Petter, décédé en 2002, est un spécialiste mondialement reconnu des lémuriens de Madagascar. Ancien chercheur au CNRS et professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, il a mené ce travail remarquable de description des espèces, qui fut terminé après sa mort par son épouse Arlette Petter, en collaboration avec une équipe de chercheurs français.

A propos de l'illustrateur

François Desbordes, dessinateur naturaliste au talent exceptionnel, a réalisé l’ensemble des illustrations de ce livre, qui représentent sept années de travail. Toutes les planches ont été dessinées à partir de l'observation directe des animaux vivants, dans les collections zoologiques d’Europe ou d’après une recherche iconographique unique par son ampleur.

Au sommaire
(voir la photo pour découvrir le sommaire en détail)

- Fascinants primates
par Jean-Jacques Petter
- La classification des primates
mise à jour par Jean-Marc Lernould et Jan Vermeer
- Les primates par continent
introductions d'Emmanuelle Grundmann
illustrations de François desbordes
- Quel avenir pour les primates ?

Pour en savoir plus

- Le site Hominidés, avec une présentation complète de l'ouvrage
- Les Editions Nathan
- Le génie animal, sous la direction de Jean-Jacques Petter
- Symphonie sauvage, de Georges Auclair-Semere et Philippe Jeanmonod, préfacé par Yves Coppens
- Des livres d'Emmanuelle Grundmann

L'avis d'un lecteur
Source

Fabuleux ouvrage

Un ouvrage magnifique! De très belles gravures et des textes résumant les dernières recherches. D'un beau format ce très beau livre est a conseiller à tous. Profitez en! Pour une fois qu'un livre de ce genre est édité en langue française... En plus je trouve qu'il n'est pas très cher pour sa qualité.

Extraits






Le sommaire en détail


La note de lecture de Bruno Simmen
éco-anthropologie et ethnobiologie du Muséum National d’Histoire Naturelle
Source : Revue de primatologie

Voici un magnifique ouvrage grand format sur les Primates dont l’auteur principal est le regretté Jean-Jacques Petter, l’un des spécialistes historiques des prosimiens de Madagascar. Ce livre, publié à titre posthume, a une histoire que nous découvrons dans la préface d’Yves Coppens. A l’origine pensé et rédigé par Jean-Jacques Petter, qui a été professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, l’ouvrage interrompu à sa mort en 2002 a été remis en chantier sous l’impulsion de sa femme Arlette Petter. Elle a alors réuni les contributions de plusieurs spécialistes français ayant pour la plupart connu Jean-Jacques Petter et qui sont tous grands connaisseurs du terrain des primates. Le résultat est remarquable. Le corps du livre, qui affiche d’emblée son ambition esthétique, s’ouvre sur une présentation générale de l’évolution et des caractéristiques socio-écologiques des Primates non-humains et s’organise ensuite autour de la présentation taxonomique des familles et des espèces sur les différents continents. D’organisation simple et comportant des textes aisés à lire, la conception du livre s’appuie sur un double parti pris qui en fait toute l’attraction : d’une part, le descriptif de l’écologie et des comportements des espèces ou des genres sélectionnés est assorti, en miroir, d’une grande quantité de dessins d’une qualité assez extraordinaire représentant les primates "en action". Et d’autre part, la présentation des espèces est ponctuée par de passionnants récits des expériences de chercheurs en mission sur leurs terrains de prédilection.

Le descriptif taxonomique détaillé ne se veut nullement exhaustif, laissant une part belle à ces superbes planches en couleur qui constituent l’unité esthétique du livre. On découvre ainsi les dessins de l’artiste naturaliste François Desbordes qui a indéniablement capté les attitudes les plus typiques de ces espèces en les dotant d’une présence vitale étonnante. La présence éparse de photographies in situ au fil des textes ajoute à la forte impression visuelle du livre. Un tableau synthétique nous renseigne sur la classification complète actualisée et la diversité des Primates et l’on pourra y constater combien de nouvelles espèces ont été découvertes dans l’intervalle d’une ou deux décennies. Pour ne prendre qu’un exemple, à Madagascar, plus de 15 espèces de microcèbes sont actuellement décrites là où l’on n’en comptait que 3 il y a moins de 20 ans.

Un atout indéniable du livre tient à l’insertion de courts récits, interviews et réflexions de chercheurs de différentes générations qui nous font partager leur mémoire de la brousse. Les textes retracent aussi bien l’expérience de la découverte d’espèces nouvelles que le quotidien des chercheurs au contact des groupes de primates dans leur environnement tropical ou la problématique de la conservation des espèces. En particulier, ces tranches de vie très instructives permettent au lecteur de constater l’intimité qui caractérise souvent la relation du primatologue avec son sujet d’étude, généralement connu individuellement. Place donc à l’anecdote et à l’émotion qui sont bien évidemment occultées lors du processus rigoureux de publication des résultats dans les revues spécialisées. C’est pourtant parfois à ce stade initial que naît l’intuition d’une découverte (le cas de la réconciliation chez les chimpanzés, la découverte de nouvelles espèces…). On perçoit dans ces chapitres à quel point le regard naturaliste, tant décrié de nos jours, est en fait bien complémentaire de la démarche hypothetico-déductive qui prévaut dans la recherche moderne.

La réalisation de cet ouvrage s’étend sur environ une décennie et l’on relève quelques rares anachronismes ou inexactitudes comme la vision un peu idéalisée de forêts tropicales à production quasi-permanente alors que les fluctuations saisonnières ou annuelles des ressources alimentaires sont plutôt la règle. Ces défauts minimes sont pardonnables car on imagine sans mal le souci des concepteurs du livre de ne pas dénaturer les textes initiaux de Jean-Jacques Petter. Je me joins à l’hommage qui lui est d’ailleurs rendu à travers la publication de cet ouvrage car, lorsque j’étais étudiant, j’admirais beaucoup le travail de cet homme chaleureux et sa volonté de promouvoir les recherches menées sur les primates, y compris sur les collections vivantes du Parc Zoologique de Vincennes qu’il dirigeait alors.

Ce superbe ouvrage, à vocation tout public, mérite une place dans la collection des lecteurs férus de faune tropicale, de beaux livres, et curieux de partager l’aventure et l’intuition du chercheur sur le terrain.

05 février 2013

A la rencontre des grands singes, de Bernard de Wetter

A la rencontre des grands singes
de Bernard de Wetter

Guide mondial des sites d’observation dans la nature des chimpanzés, bonobos, gorilles, orangs-outangs et gibbons.

Une soixantaine de sites décrits en détails, en Afrique et en Asie du sud-est.

Les "grands singes" comptent parmi les animaux jouissant de la plus grande popularité auprès d’un très large public, et nombreux sont ceux qui souhaitent pouvoir un jour les admirer là où ils vivent en liberté. Pourtant, l’observation dans leur environnement naturel de ces animaux charismatiques et spectaculaires n’en est pas pour autant facile : leur tempérament farouche, le caractère fermé de leur habitat (la forêt tropicale), les difficultés d’accès… sont autant d’éléments rendant l’observation directe de ces primates souvent aléatoire.

"A la rencontre des grands singes" est le premier guide en langue française décrivant en détails l’ensemble des sites où l’observation des singes anthropomorphes en milieu naturel est possible, tant en Afrique qu’en Asie du sud-est. Il est sans conteste le guide le plus complet en la matière, riche en informations actualisées et parfois inédites. Il contient une somme d’informations et de détails jamais rassemblée en un seul ouvrage.

Outre les sites d’observation des primates anthropomorphes en milieu naturel, le guide présente également tous les centres de revalidation - ou sanctuaires - des primates dans lesquels les personnes les plus motivées peuvent effectuer des séjours et/ou des stages pendant lesquels ils ont l’occasion de s’impliquer concrètement dans le sauvetage de ces animaux.

Le guide contient enfin une copieuse liste d’organisations et associations directement ou indirectement actives dans la conservation et/ou l’étude des singes partout où ceux-ci se trouvent. Cet ouvrage est une précieuse source de références et l’outil idéal pour tous ceux que les primates anthropomorphes, nos plus proches cousins dans le Règne animal, ne cessent de fasciner.

A la rencontre des grands singes, Bernard de Wetter, Editions Safran, 2011, 208 pages

A propos de l'auteur

Bernard de Wetter est actif professionnellement depuis de nombreuses années dans le domaine de la conservation de la nature aux quatre coins du monde. Il s’est spécialisé depuis quelque temps dans le tourisme d’observation de la faune et de la nature, notamment en développant des structures et activités de tourisme respectueux susceptible de profiter directement à la conservation d’espèces sauvages et d’espaces naturels. Résidant actuellement en Afrique de l’Est, il a visité personnellement de nombreux sites en Asie du sud-est et en Afrique décrits dans le présent guide et a également travaillé dans plusieurs d’entre eux, notamment au Congo et dans le cadre du Projet gorilles de montagne au Rwanda.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Safran
- Guide international du volontariat pour la nature, de Bernard de Wetter
- Grands singes, de Cyril Ruoso et Emmanuelle Grundmann
- L'univers des singes, de Michelle A.Gilders
- Grands singes, mère et enfant, de Jörg Hess
- Le projet grands singes, de Paola Cavalieri et Peter Singer
- L'association Gorilla, fondée par Fabrice Martinez

Au sommaire

Première partie : Le contexte
- Introduction
- Les singes anthropomorphes
- Avantages et limites du tourisme d’observation des grands singes
- Des centres de réhabilitation : pour quoi faire ?
- Aider les grands singes en devenant volontaire ?
Deuxième partie : Les sites
- Comment fonctionne le guide des sites
- Règles générales de conduite pour la rencontre avec les singes anthropomorphes
- Chimpanzé
- Bonobo
- Gorille
- Orang-outang
- Gibbon
Annexes
- Associations, organisations, institutions…
- Autres contacts utiles

Du même auteur, un autre livre avec des sites d'observation

Cap sur les singes et les lémuriens
de Letitia Farris-Toussaint
et Bernard de Wetter
illustrations de Maël Dewynter

Chimpanzés, gorilles, singes hurleurs ou orangs-outans, il est possible aujourd'hui de voir ces animaux vivre dans leur environnement naturel. Pour orienter le lecteur dans le choix de ses destinations, ce guide présente des sites d'observation choisis avec rigueur. Les auteurs proposent plusieurs voyages à la rencontre des singes, souvent dans le cadre de programmes de conservation de la faune. Chaque singe fait l'objet d'un portrait précis et détaillé. Le tout est complété par des adresses et informations pratiques pour aider le lecteur dans la préparation de son voyage. Dans ce guide :

- Une présentation générale des singes et des lémuriens : origine, évolution, classification, mode de vie.

- Des fiches détaillées (description, répartition, comportement, reproduction...) sur les espèces les plus intéressantes : colobe blanc et noir, gorille, magot, chimpanzé, gélada, gibbon à mains blanches, macaque du japon, macaque noir des Célèbes, orang-outan, entelle, hurleur à manteau, capucin et saïmiri à dos rouge ; avec un chapitre consacré à Madagascar et aux lémuriens.

- 13 sites d'observation représentatifs et choisis avec rigueur afin de limiter au maximum la perturbation des milieux par les visiteurs : du Ghana au Japon en passant par la Tanzanie, l'Ethiopie, l'Indonésie, la Thaïlande, le Costa Rica et Gibraltar.

- Un lexique, un glossaire, une bibliographie, des index.

- Plus de 60 photographies et une vingtaine d'illustrations de Maël Dewynter.

"Cap sur..." est une collection de guides pour découvrir les animaux et leurs milieux de vie, mieux les connaître, les respecter, les protéger et les approcher. A découvrir dans la même collection :

- Cap sur les félins
- Cap sur les ours
- Cap sur les baleines
- Cap sur les tortues marines
- Cap sur les migrations d'oiseaux

Cap sur les singes et les lémuriens, Auteurs : Letitia Farris-Toussaint et Bernard de Wetter, Illustrations : Maël Dewynter, Editions Nathan, 1999, 128 pages

A propos des auteurs

Letitia Farris-Toussaint, primatologue de formation, traductrice spécialisée dans lés sciences de l'environnement, a participé à l'élaboration de stratégies de conservation des lémuriens. Elle s'intéresse aux relations entre les primates et les hommes.

Bernard de Wetter, naturaliste polyglotte et globe-trotter, a participé à de nombreuses missions de conservation de la faune pour le WWF et d'autres structures internationales.

Le sommaire en image


04 février 2013

Guide international du volontariat pour la nature, de Bernard de Wetter

Guide international
du volontariat pour la nature
de Bernard de Wetter

Plus de 80 projets pour volontaires nature
avec un dossier "Spécial Primates"

Le "Guide international du volontariat pour la nature" est le premier ouvrage en langue française entièrement consacré au volontariat pour la nature (écovolontariat). Il fournit quantité de détails et d’informations pratiques sur plus de 80 projets impliquant des volontaires dans 36 pays du monde.

Dans cette quatrième édition, une partie "Spécial Primates" rassemble des projets spécifiquement consacrés à ces animaux. La plupart des projets décrits sont directement accessibles au départ des pays francophones.

Cet ouvrage situe également le contexte général du volontariat nature en plein essor et offre de multiples conseils aux candidats volontaires pour mieux orienter leur choix et contacter les organisations concernées en connaissance de cause.

Guide international du volontariat pour la nature, Bernard de Wetter, Editions Safran, 2007, 120 pages

A propos de l'auteur

Bernard de Wetter a participé à de nombreux projets et missions aux quatre coins du monde, au service d'espèces aussi diverses que les gorilles de montagne, les dauphins, les rhinocéros africains, les phoques, les rapaces, les gibbons ou les tortues marines. Le volontariat pour la nature n'a plus de secrets pour lui : comme volontaire, coordinateur ou initiateur de camps de terrain, il a roulé sa bosse sur tous les continents. Collaborateur actif et consultant du WWF-Belgique depuis de longues années, il est également l'auteur de divers ouvrages sur des thèmes en rapport avec la conservation de la nature.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Safran
- Liste des principales associations d’écovolontariat
- Liste de lieux accueillant des écovolontaires auprès de singes
- Le dossier : 15 idées d'activités pour observer les animaux sauvages
- Du même auteur : A la rencontre des grands singes

Au sommaire

- Introduction
Première partie : Le contexte
- Historique du volontariat pour la nature
- Différentes formules de séjour
- Avantages et limites du volontariat pour la nature
- Qu’est-ce qu’un volontaire pour la nature ?
- Comment participer ?
- Bien profiter de son séjour
Deuxième partie : Les projets
- Projets inclus dans le guide
- Comment utiliser le répertoire des projets ?
- Spécial Primates
Annexes
- Adresses des organisations mentionnées dans le répertoire des projets
- Liste des projets classés par espèces ou milieux

Interview de Bernard de Wetter

"Etre volontaire pour la nature ne nécessite pas de capacités particulières, c'est la passion qui compte !"

Familier des gorilles de montagne autant que des dauphins ou des rhinocéros, Bernard de Wetter connaît tous les secrets du volontariat pour la nature. Découvrez toutes les astuces pour faire du volontariat un moment utile et inoubliable.

Depuis combien de temps parcourez-vous la planète au service de la faune et de la flore ? Pourquoi ?

Depuis toujours... C'est une passion au départ qui, par la suite, s'est concrétisée d'une manière professionnelle également : le besoin de participer autant que possible à la protection d'un univers que l'on apprécie et que l'on voit souvent se dégrader.

Quel est votre souvenir de volontariat le plus émouvant ?

Il y en a beaucoup... Lequel peut être qualifié de "plus émouvant" que les autres et à quel point de vue ? Du point de vue de la nature, des animaux, des compagnons volontaires, des rapports avec la population locale ? J'ai vécu, notamment, des moments très forts durant un séjour de plus de 4 mois en Guyane française consacré à la conservation des tortues marines et qui se déroulait dans des conditions matérielles extrêmement sommaires. Ce genre de vie a fortement renforcé les amitiés et je garde de cette période quelques-uns de mes meilleurs amis.

Quelles sont les qualités principales pour être un bon volontaire ?

Il est très difficile de dresser un portrait-robot du volontaire pour la nature. Les volontaires proviennent de tous milieux sociaux, sont de tous âges… Ce sont la motivation et la passion qui les caractérisent tous ! Etre volontaire pour la nature ne nécessite pas de capacités particulières, c'est d'abord et avant tout la motivation qui compte ! Ajoutons à cela une bonne dose de tolérance vis-à-vis des autres cultures, un sens civique permettant de vivre harmonieusement en groupe, un zeste de bonne humeur et de détachement, un brin de patience, une envie d'apprendre et de découvrir, une lampée de bon sens, et on aura réuni tous les éléments caractérisant le volontaire "idéal" !

Comment s'inscrire à un projet de volontariat ?

Participer à un séjour de volontariat pour la nature est une démarche qui dépasse le simple choix d'une destination de vacances. La première étape consiste à se demander réellement ce que vous recherchez en participant à ce type de séjour : le contact avec d'autres cultures ? L'approche d'une espèce précise ? Le contact direct avec les animaux ? Vous avez tout intérêt à vous renseigner un maximum sur les différentes possibilités qui existent. N'hésitez pas à consulter les sites Internet des organisations proposant des projets. Vous pouvez également essayer d'interroger des volontaires ayant déjà participé au projet dans lequel vous souhaitez vous impliquer, en vous rendant par exemple aux journées portes ouvertes organisées par les structures concernées. Enfin, n'attendez pas la dernière minute pour poser votre candidature : certains projets les clôturent jusqu'à six mois avant le début du séjour.

Vous avez connu de nombreux milieux, constaté que de multiples espèces étaient en voie de disparition… Quels sont les continents où la biodiversité est la plus menacée aujourd'hui ?

Je ne pense pas qu'il y ait un seul continent qui soit plus ou moins menacé que les autres. Songeons seulement au grave problème du changement climatique qui affecte l'ensemble de la planète. Les problèmes sont différents d'un continent à l'autre, les solutions aussi, mais les menaces sont omniprésentes.

03 février 2013

Wattana : Un orang-outan à Paris, de Chris Herzfeld

Wattana : Un orang-outan à Paris
de Chris Herzfeld

Des orangs-outans vivent au milieu de Paris. Wattana est arrivée à l'âge de trois ans à la Ménagerie du Jardin des Plantes, un des plus anciens zoos du monde. Son histoire est ainsi liée à celle de la Ménagerie, esquissée dans ce récit. Wattana s'inscrit dans la série des innombrables orangs-outans qui, depuis le XIXe siècle, sont entrés dans les parcs zoologiques où les visiteurs se pressent d'aller les voir, alors qu'ils ignorent souvent tout de leur existence.

Avec Wattana, le lecteur entrera dans le monde des primates captifs de la Ménagerie et sera témoin de comportements étonnants : Nénette nettoie les vitres de son enclos avec un chiffon, Teak se déplace en position bipède, Wattana fait des noeuds et tous ont l'habitude de prendre le thé à 17 heures.

[Wattana est née en 1995 au zoo d'Anvers (Belgique). Rejetée par sa mère peu après sa naissance, elle a été élevée par les humains. Elle a été transférée durant l'été 2008 au Parc zoologique d'Apenheul (Pays-bas). Elle est la mère de Kawan (né en 2010) et s’en occupe très bien, contrairement à la petite Lingga qu’elle avait eu à Paris en 2005. Elle vit avec sa soeur Binti et sa demi-soeur Dayang.]

Wattana : Un orang-outan à Paris, Chris Herzfeld, Editions Payot, 2012, 288 pages

A propos de l'auteur

Chris Herzfeld est philosophe des sciences et artiste. Spécialiste de l'histoire de la primatologie et des relations entre humains et grands singes, elle mène, depuis de nombreuses années, des travaux de terrain avec des bonobos, chimpanzés, gorilles et orangs-outans, à travers le monde.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Payot
- Le site personnel de Chris Herzfeld
- Vidéo : Un court entretien avec l'auteur, émission "Un livre, un jour"
- Audio : Les grands singes et nous, France Culture, 57min
- Audio : Qui sont les grands singes ? RFI, 26min
- Petite histoire des grands singes, de Chris Herzfeld
- Pas si bêtes, de Marie-Claude Bomsel

Au sommaire

Introduction
1. Une Ménagerie au Jardin des Plantes
2. Grandir parmi les humains
3. Existence au zoo
4. Un orang-outan qui fait des noeuds
5. Du sens esthétique chez les grands singes
Epilogue
Remerciements
Bibliographie

Les noeuds de Wattana


Wattana et son bébé


Wattana au Parc zoologique d'Apenheul (Pays-bas)


Binti, la soeur de Wattana


Nénette : bande-annonce du documentaire de Nicolas Philibert