11 janvier 2012

Fromages végétaux, de Virginie Péan

Fromages végétaux
de Virginie Péan

L’autre version du fromage

Qu’on renonce aux laitages pour sa santé ou par conviction vegan, nul besoin de faire un trait sur le fromage. Avec quelques ingrédients bio et un peu de créativité, on peut concocter des fromages maison 100 % végétaux. Voici 12 recettes originales et goûteuses à tester. Si la copie n’est pas conforme, le résultat n'en est pas moins convaincant.

Fromages végétaux, Virginie Péan, Editions La Plage, 2011, 24 pages, imprimé sur papier recyclé

A propos de l'auteur

Créatrice et auteur culinaire, Virginie Péan se passionne pour l'ingrédient végétal et ses innombrables facettes. Ses recettes allient la simplicité d'une cuisine saine et écologique aux exigences gastronomiques. Elles se frottent à l'exotisme, s'aventurent sur des terrains plus expérimentaux et, toujours, cherchent à enchanter les papilles.


Pour en savoir plus

- Le site de l'auteur : Absolutely Green
- Veggie burger, de Virginie Péan
- Recette de Gruyère végétal
- Recette de Fromage de chèvre végétal

10 janvier 2012

Les murmures du silence, de Gilles Fonteneau

Les murmures du silence
Une aventure scientifique
dans les Caraïbes inconnues

de Gilles Fonteneau
préface de François Bellec

Prévention des tsunamis, étude du langage des poissons pour le compte de la NASA... Quand Gilles Fonteneau monte une expédition scientifique à bord du catamaran Prince de Vendée, il est loin de prévoir que l'effroyable raz-de-marée de l'Asie du Sud donnera à son livre une actualité tragique. L'expédition maritime du Prince de Vendée dans les Caraïbes inconnues a été organisée pour installer un réseau de capteurs des mouvements de l'écorce terrestre, indispensable à l'alerte préventive des raz-de-marée.

Mais le Prince de Vendée poursuit d'autres énigmes. Existe-t-il un langage des poissons ? Cette question intéresse au plus haut point les laboratoires de la NASA. Ancien membre de l'équipe Cousteau, Gilles Fonteneau plonge ses micros dans les profondeurs du monde du silence pour écouter les murmures du silence. Il démontre ainsi que les poissons, à l'instar des mammifères marins, communiquent par des sons. Une grande découverte, racontée avec finesse et simplicité par un homme dont la rigueur n'a pas effacé l'amour qu'il porte à ses semblables, aux rencontres offertes par l'aventure, le voyage.

De nos jours, les contrées inconnues sont ceux de la connaissance, souvent cachée dans d'exotiques territoires. La race des explorateurs-écrivains n'a donc pas disparu. Elle exige aujourd'hui de mêler au parfum de l'aventure, le goût de la découverte de nouveaux savoirs. Pour des lecteurs de plus en plus attirés vers l'authenticité de l'aventure scientifique, ce récit est un régal.

Les murmures du silence, Gilles Fonteneau, Préface : François Bellec, Editions L'Ancre de Marine, 2005, 212 pages

A propos de l'auteur

Gilles Fonteneau découvre le goût des horizons sans fin et de l'aventure dans les bocages vendéens de son enfance. Aboutissement de son rêve, il rejoint l'équipe du commandant Cousteau et participe à de nombreuses explorations scientifiques. Il monte des expéditions, celle du Prince de Vendée dans les Caraïbes qui durera trois ans et celle de la Charenta menée en 2007 qui donne naissance à ce livre. Il est l'auteur d'ouvrages traduits en plusieurs langues.

Pour en savoir plus

- Ce lien où vous pourrez feuilleter le livre
- Le site des Editions L'Ancre de Marine
- Le grand orchestre animal, de Bernie Krause
- Cris, chants et coassements, de Steve Jenkins
- La symphonie animale, d'Antonio Fischetti
- Perception et communication chez les animaux, de Stéphane Tanzarella
- Les sens mystérieux des animaux, de Vitus B. Dröscher

08 janvier 2012

La symphonie animale, d'Antonio Fischetti

La symphonie animale
Comment les bêtes utilisent le son
d'Antonio Fischetti
illustrations d'Honoré
accompagné d'un DVD

Saviez-vous que les oiseaux ont des dialectes et que le merle breton ne chante pas comme son congénère auvergnat ? Qu'un rorqual émet des sons de très basse fréquence qui se propagent sur des milliers de kilomètres ? Que, chez certaines araignées, les mâles doivent jouer de la harpe sur la toile de la femelle pour ne pas être dévorés ?

L’univers sonore des animaux est méconnu et pourtant extraordinairement riche et surprenant. La symphonie animale nous mène à sa découverte. De la truite au singe hurleur, nous y rencontrons des percussions et des instruments à vent, des stars et des seconds rôles... Nous décryptons les acharnés combats acoustiques des cerfs, les langoureux duos des gibbons, et les mystérieuses règles des choeurs de grenouilles... Pour la première fois dans l’histoire du documentaire animalier, le langage des animaux sera enfin révélé.

La symphonie animale ; Comment les bêtes utilisent le son, Antonio Fischetti, Illustrations : Honoré, Editions Arte / Vuibert, 2007, 144 pages, avec un DVD

A propos des auteurs

Physicien de formation, Antonio Fischetti a enseigné sa spécialité, l'acoustique, dans les écoles de cinéma (Louis Lumière, Fémis) avant de se consacrer exclusivement au journalisme en 1995. Honoré est dessinateur. Tous deux font partie de la rédaction de Charlie Hebdo.

Au sommaire

- La parole manquante
- Pourquoi et comment le son
- A la source du son
- A chacun son écoute
- Branchés sur le milieu
- Infrasons et ultrasons
- Animaux percussionnistes
- La symphonie en bas-fond des cétacés
- Bavard comme un poisson
- Ruses sonores
- Le silence dansant des chauves-souris
- Le son territorial
- De la séduction à la copulation
- Les joutes vocales des cerfs
- Le bal des araignées
- S'entendre ensemble
- Chorales de grenouilles
- Les dialectes des oiseaux
- Le son domestiqué
- Communication animale et langage humain

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Vuibert
- "La symphonie animale", un documentaire qui s'intéresse aux sons des animaux
- Le grand orchestre animal, de Bernie Krause
- Cris, chants et coassements, de Steve Jenkins
- Les murmures du silence, de Gilles Fonteneau
- Perception et communication chez les animaux, de Stéphane Tanzarella
- Les sens mystérieux des animaux, de Vitus B. Dröscher

Un extrait de l'introduction

Le son est une excellente voie d’entrée dans le monde animal. Bien sûr, il existe d’autres modes de communication chez les animaux - gestes, mimiques ou odeurs - mais les sons ont la particularité d’être le support de la communication verbale chez l’homme. A ce titre, les histoires qu’ils racontent nous mènent au seuil du langage humain. Même si, en termes de communication, les besoins des animaux sont bien plus simples que ceux des hommes - que l’on soit singe ou canari - on communique sur des besoins liés à la nourriture, aux liens sociaux ou au sexe, mais pas sur des idées politiques ou philosophiques. Il n’empêche que les communications sonores animales sont riches en subtilités : dialectes régionaux, apprentissages par les parents, imitations des congénères... tout cela existe aussi bien chez les animaux que chez les hommes.





06 janvier 2012

Le comportement des animaux, Collectif

Le comportement des animaux
Collectif

Préface de Pierre Jouventin


Quels avantages tant d'animaux trouvent-ils à vivre en groupe ? Comment expliquer l'altruisme dans les sociétés les plus organisées, de guêpes, d'abeilles et de fourmis ? Ces questions ont fasciné les naturalistes. Darwin a compris que la sélection joue sur la descendance plus encore que sur la survie des individus : le comportement altruiste est un moyen pour les gênes de se multiplier plus rapidement que le comportement égoïste. Evidemment les animaux n'ont pas conscience de cette comptabilité génétique. Toutefois, soumis à la sélection qui élimine les comportements inefficaces, ils se comportent en favorisant leurs proches. Cet ouvrage décrit comment les individus appartenant à différentes espèces animales s'intègrent à leur société et à l'environnement pour une adaptation du groupe modulée et efficace.

Le comportement des animaux, Collectif, Préface de Pierre Jouventin, Editions Belin, 1996, 190 pages

Au sommaire

- Préface
- Egoïsme
- La sélection naturelle et les pinsons de Darwin / Peter Grant
- La coévolution du coucou et de ses hôtes / NichoIas Davis et Michael Brooke
- La sélection sexuelle chez une mouche-scorpion / Randy Thornhill
- La sélection sexuelle chez les oiseaux à berceau / Gerald Borgia
- La pariade en arène chez la gélinotte des armoises / R. Haven Wiley
- La lutte pour la reproduction chez les cerfs / T. Clutton-Brock
- Altruisme
- L'évolution du comportement / John Maynard Smith
- Les fourmis tisserandes / Berthold Holldobler et Edward Wilson
- Les rats-taupes / Paul Sherman, Jennifer Jarvis et Stanton Braude
- L'organisation sociale des lions / Brian Bertram
- La reproduction coopérative chez le moqueur vert d'Afrique / David Ligon et Sandra Ligon
- L'aide à la reproduction chez le pic des glands / Peter Stacey et Walter Koenig
- Le partage du sang chez les vampires / Gérald Wilkinson
- Auteurs et bibliographie

Pour en savoir plus

- La raison des plus forts, de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique Utria
- Les confessions d'un primate, de Pierre Jouventin

04 janvier 2012

Le comportement animal, de Niko Tinbergen

Le comportement animal
de Niko Tinbergen


Au sommaire


- Préface
- Une science naissante
- Les organes des sens : fenêtres sur le monde
- Les stimuli et leurs fonctions
- Les rouages du comportement
- Pour suivre le droit chemin
- Instinct ou apprentissage
- La vie en société
- L’évolution du comportement
- Bibliographie
- Sources des illustrations
- Index

Le comportement animal, Niko Tinbergen, Editions Time Life, 1968, 126 pages

Quelques extraits




Couverture de l'édition 1970, 200 pages

02 janvier 2012

Penser le comportement animal, de Florence Burgat

Penser le comportement animal
Contribution à une critique du réductionnisme
Sous la direction de Florence Burgat

Dire qu'un animal se comporte à l'égard de ce qui l'entoure, qu'est-ce à dire ? Le comportement est constitué par un type de manifestations qui n'appartient qu'à certains vivants ; il forme un flux continu et spontané qu'une étude segmentée détruit nécessairement. Pourtant, ce sont de brèves séquences comportementales isolées au laboratoire que l'on choisit d'étudier. Mais a-t-on encore affaire à un comportement ? Ne l'a-t-on pas ainsi réduit à l'un des éléments qui le composent : les mécanismes physiologiques, le programme génétique, les opérations cognitives, etc ? On doit alors s'interroger sur les raisons de la prédominance des études de laboratoire et sur les bénéfices qui peuvent être tirés d'une telle production de connaissances. Car ces méthodes décident notamment des conditions de vie de millions de mammifères et d'oiseaux destinés à la consommation. A l'opposé de cette perspective réductionniste, le comportement est compris par les approches phénoménologiques comme l'expression d'une liberté, une relation dialectique avec le milieu. Celles-ci imposent du même coup des conditions d'observation en milieu naturel. Comment, dès lors, élaborer une éthologie plus juste, tant du point de vue de la compréhension du comportement que de celui des besoins, au sens large, des animaux placés sous la domination de l'homme ?

Penser le comportement animal, Contribution à une critique du réductionnisme, Sous la direction de Florence Burgat, Editions Quae, 2010, 414 pages

A propos de l'auteur

Florence Burgat est directeur de recherche en philosophie à l'INRA. Elle a enseigné à l'EHESS, et est actuellement rattachée à l'équipe d'accueil "Philosophies contemporaines" de l'université de Paris I. Après avoir travaillé sur la définition de l'animalité dans la philosophie occidentale moderne et contemporaine, elle s'est intéressée à la condition des animaux dans notre société. Ses recherches portent actuellement sur les approches phénoménologiques de la vie animale. Elle a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels Animal, mon prochain (Odile Jacob, 1997), Liberté et inquiétude de la vie animale (Kimé, 2006).

Au sommaire

Introduction
Penser le comportement : au fondement des options épistémologiques. Florence Burgat
1ère partie : Vie et comportement
Approches évolutionnistes
1. Qu'est-ce que le comportement ? André Pichot
2. Au-delà du réflexe et du signal, la libération élémentaire et l'émergence de la conscience
chez les animaux. Thomas Droulez
3. La technicité animale à la lumière de la philosophie de l'individuation de Gilbert Simondon. Xavier Guchet
Approches phénoménologiques
4. La forme animale selon Frederik Buytendijk et Adolf Portmann : une phénoménologie du comportement expressif. Georges Thinès
5. Une autre existence. En relisant La Structure du comportement de Maurice Merleau-Ponty. Jacques Dewitte
6. Georges Canguilhem : le comportement comme "allure de la vie". Françoise Armengaud
7. Le renversement opéré par Kurt Goldstein et par Erwin Straus : le réflexe comme comportement. Jean-François Nordmann
2ème partie : Du terrain au laboratoire, les conditions d'observation des animaux
Etudier des séquences comportementales en laboratoire
8. Que faire du comportement dans les sciences du comportement ? Robert Dantzer
9. Bien-être animal : peut-on objectiver la subjectivité de l'animal ? Isabelle Veissier
Observer le comportement de l'animal dans son milieu naturel
10. Des troupeaux dans la broussaille : un comportement inattendu qui incite à changer
de paradigme scientifique. Michel Meuret
11. Quand l'anthropologue observe et décrit des journées de chiens. Marion Vicart
La méthode d'observation à l'épreuve de son objet
12. Entre laboratoire et terrain : les recherches sur le comportement animal au début du XXe siècle. Marion Thomas
13. Redéfinition des notions d’instinct, d’inné et d’acquis chez Konrad Lorenz. Jenny Litzelmann
3ème partie : Limites et impasses des discours positifs
Expérience et subjectivité
14. Du comportement "fait de nature" au discours de l’éthologiste. Réflexions
sur la place de la subjectivité en éthologie. François Calatayud
15. Le comportement douloureux de l’animal : entre symptômes et critères. Philippe Devienne
16. Etre "sujet-d’une-vie": croyances, préférences, droits. Enrique Utria
Le déni de la réalité animale
17. Le comportement des animaux à la lumière du droit positif. Jean-Pierre Marguénaud
18. "Ceux que les animaux ne regardent pas". Elisabeth de Fontenay

Pour en savoir plus

- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre
- Cette analyse du livre par Hicham-Stéphane Afeissa
- Animal, mon prochain, de Florence Burgat
- Liberté et inquiétude de la vie animale, de Florence Burgat
- La protection de l'animal, de Florence Burgat
- L'animal dans les pratiques de consommation, de Florence Burgat
- Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ? de Florence Burgat
- Penser l'animal autrement, de Philippe Devienne
- Les animaux souffrent-ils ? de Philippe Devienne
- Droits des animaux - Théories d'un mouvement, d'Enrique Utria
- La raison des plus forts, de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique Utria

30 décembre 2011

Liberté et inquiétude de la vie animale, de Florence Burgat

Liberté et inquiétude de la vie animale
de Florence Burgat


La question de l'animal occupe une place singulière dans la philosophie occidentale moderne. L'animal y est certes présent, mais à un titre bien particulier. Il désigne l'être privé de tous les attributs qui sont censés caractériser l'humain : l'âme, la raison, la conscience, le langage, le monde... Cette approche privative a notamment conduit à une lecture mécaniste de la vie animale. S'opposant à cette conception, les approches phénoménologiques ont ruiné les fondements philosophiques du mécanisme, mais aussi du vitalisme. C'est en effet en partant de l'animal comme "corporéité animée", et en considérant son comportement comme la manifestation de la vie en lui - d'une vie qui n'est ni l'arrière-plan ni la cause des phénomènes vitaux - qu'un tout autre regard s'est mis en place. La reconnaissance de la liberté et de l'inquiétude, du fait du mouvement spontané, de la perception et de l'émotion, distingue la vie animale de la vie végétale, et permet d'y voir l'émergence d'une condition existentielle.

Liberté et inquiétude de la vie animale, Florence Burgat, Editions Kimé, 2006, 311 pages

A propos de l'auteur

Florence Burgat, philosophe, chargée de recherche à l'INRA, consacre ses travaux à la condition animale dans les sociétés industrielles. Tout en poursuivant ses recherches sur le statut ontologique de l'animalité, elle entreprend actuellement une étude sur l'animal dans la pensée de Gandhi et les mouvements de protection des animaux en Inde, où elle a effectué une mission sur ce thème.

Au sommaire

Place et fonction du concept d'animalité
- Animal : un concept pour dire tout ce que l'humain ne doit pas être
- Animalisation de l'humain et animalisation de l'animal
- Humanisation biologique des animaux (remarques sur les xénogreffes)

Les réductionnismes d'une vie privée d'intériorité
- La douleur seulement animale : empreinte cartésienne
- De l'interrelation de l'âme et du corps au monisme matérialiste
- L'animalité ou la vie en général

La poussée de la vie
- Les premiers tremblements de la liberté
- Le calme de la vie végétale

L'inquiétude de la vie animale
- S'éprouver comme singularité dans un monde hostile : organisme animal et ipséité
- La mobilité comme signe de l'incomplétude de l'être vivant : sentir et se mouvoir dans l'espace et dans le temps
- Mondes de significations et dialectique du comportement
- L'ébranlement des structures comportementales

Voir aussi, du même auteur

- La protection de l'animal
- L'animal dans les pratiques de consommation
- Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ?
- Animal, mon prochain

Animal, mon prochain, de Florence Burgat

Animal, mon prochain
de Florence Burgat


Ce livre traite des animaux eux-mêmes et de la manière dont la grande pensée, philosophique et juridique, de l'Occident les a présentés pour mieux les escamoter. Il apparaît comme une descente au labyrinthe que constitue la pensée impensée de l'animal, mais une descente sans garde-fou. La force de ce livre dérangeant et sincère, c'est que son auteur, sans aucun esprit partisan, s'engage tout entière dans sa réflexion et qu'elle n'entend pas seulement analyser, mais aussi juger, ce en quoi elle accomplit la véritable tâche de la critique. Le cri des bêtes, la crise de la communauté, les crimes contre l'humanité... A lire Florence Burgat on s'apercevra que s'exprime, ici et là, une détresse unique, un seul malentendu. Elle nous fait découvrir combien des moyens de projection et d'abjection ont été et sont encore mis en oeuvre par les philosophes, par les prêtres, par les politiques, par les garants de la tradition comme par les défenseurs du progrès pour supprimer cet animal, d'autant plus présent dans l'homme que celui-ci veut faire l'ange.

Animal, mon prochain, Florence Burgat, Editions Odile Jacob, 1997, 254 pages

A propos de l'auteur

Florence Burgat, philosophe, chargée de recherche à l'INRA, consacre ses travaux à la condition animale dans les sociétés industrielles. Tout en poursuivant ses recherches sur le statut ontologique de l'animalité, elle entreprend actuellement une étude sur l'animal dans la pensée de Gandhi et les mouvements de protection des animaux en Inde, où elle a effectué une mission sur ce thème.

Au sommaire

- Droit naturel et nature de l'homme
- L'animal raisonnable ou l'impasse d'une définition
- L'animal impensable ? L'animalité, envers de la nature
- La pitié

Voir aussi, du même auteur

- Liberté et inquiétude de la vie animale
- La protection de l'animal
- L'animal dans les pratiques de consommation
- Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ?

28 décembre 2011

La fin des bêtes, de Catherine Rémy

La fin des bêtes
Une ethnographie de la mise à mort des animaux

de Catherine Rémy


Il y a aujourd'hui une "question animale". mais que recouvre cette question ? Les contours du débat ne sont pas faciles à tracer. C'est parfois l'impact social des recherches en éthologie et en physio-biologie qui est évoqué : par exemple, la capacité inattendue des poissons à ressentir la douleur va-t-elle aboutir à un affrontement entre pécheurs et militants des animaux ? Dans d'autres cas, ce sont les "combattants externes du front de libération des animaux" qui font l'objet d'une réflexion inquiète : que faire face à cette "extraordinaire religion fondamentaliste" ? Dans d'autres cas encore. la question animale se traduit par un débat sur le statut des animaux. L'animal, être "sensible, affectueux et craintif qui ne demande qu'à vivre", ne doit-il pas faire l'objet de notre "compassion" ? L'animal de compagnie est ainsi présenté par certains comme un "candidat à l'humanité", phénomène jugé, par d'autres, étonnant sinon grotesque. En dépit de cette diversité des modes d'entrée dans la question animale, des thèmes récurrents la façonnent. Une fascination pour le brouillage des frontières entre l'humain et le non-humain. La disparition de cette frontière est tantôt considérée comme un fait, tantôt comme un enjeu. Bref, elle est bien le moteur du débat.

Le sociologue doit quant à lui se donner pour tâche de proposer un "calme examen" de ce fait de société. Un tel objectif nécessite une prise au sérieux du quotidien. de l'ordinaire, en plaçant la situation au coeur de l'enquête sociologique, à savoir un espace temps délimité, produit et vécu par des individus. En s'intéressant à des situations routinisées de mise à mort d'animaux, l'objectif de cet ouvrage est précisément d'éclaircir la manière dont la frontière se trouve posée en pratique, au cours du travail quotidien d'hommes et de femmes.

La fin des bêtes, Une ethnographie de la mise à mort des animaux, Catherine Rémy, Editions Economica, 2009, 224 pages

A propos de l'auteur

Catherine Rémy est chargée de recherche au CNRS et membre du Centre de sociologie de l'innovation de l'Ecole des mines de Paris. Ses travaux portent sur les relations entre l'homme et l'animal et les controverses qui accompagnent l'émergence des bio-technologies.

Au sommaire

- Introduction : La mise à mort des animaux: une question sociologique ?
- La présence des animaux
- L’abattoir, une mise à mort industrielle humaine ?
- La médecine vétérinaire, entre soin et gestion
- Les animaux de laboratoire, substituts de l’homme
- Trois situations
- Conclusion : L’accomplissement pratique de la frontière entre l’homme et les animaux
- Bibliographie

Pour en savoir plus

- Ce lien qui permet de rechercher des termes à l'intérieur du livre
- Le centre de documentation de la LFDA pour d'autres livres sur le thème des animaux

L'avis d'un lecteur
Source

Une chercheuse engagée

Un livre engagé qui privilégie la réflexion sur la passion. Une ethnographie exemplaire, d'une lecture très agréable, qui sait trouver la bonne distance pour traiter d'une question brûlante. Catherine Rémy montre par cet ouvrage ce qui différencie le travail de fond du chercheur du simple point de vue journalistique. Un livre indispensable pour comprendre les enjeux actuels de la question animale. A lire de toute urgence !


Oeuvre d'une sociologue, le livre de Catherine Rémy prend comme exemple la mise à mort pour sonder la manière dont est perçue la frontière entre l'homme et l'animal : « Pourquoi choisir les situations de mise à mort ? Notre hypothèse est que cette activité produit un “effet loupe” sur la question de la frontière » (p.3). On pourrait dire, de manière certes un peu caricaturale, que cet ouvrage vise à la rigueur scientifique et se maintient dans les limites de la raison et de la logique, Catherine Rémy explore trois lieux où se rencontre la fin des bêtes : l'abattoir tout d'abord, évidemment, ce lieu où s'opère « la réduction des animaux à de la matière insérable dans une chaîne de production » (p.24), la médecine vétérinaire d'autre part, « entre soin et gestion » (p.79) et finalement aussi les « animaux de laboratoire, substituts de l'homme » (p.133). A chaque étape d'un raisonnement particulièrement bien argumenté et fondé sur une multitude d'exemples concrets, l'auteure s'interroge, dans ces trois situations, sur la perception de la frontière entre animalité et humanité. Pour l'abattage, les constatations de l'auteure l'amène à déplorer la rupture du « contrat domestique » de l'abattage traditionnel, pour lequel les animaux, lors de leur mise à mort, n'étaient pas des choses. L'abattage industriel moderne, en rompant la nécessaire proximité entre animaux abattus et acteurs humains, aboutit à ce que « les abatteurs ne mobilisent pas une subjectivation positive des animaux impliquant un traitement respectueux » (p.77) : « Un traitement respectueux des animaux ne peut s'imposer que si une proximité physique et affective est maintenue » (p.78). Pour les vétérinaires, la situation est souvent très ambiguë et leur comportement est souvent guidé par cette tendance de l'être humain à s'immuniser « en permanence contre l'idée qu'il pourrait n'être que le produit de déterminismes renvoyant à des lois de la nature » (p.132). « Les vétérinaires contemporains, comme leurs prédécesseurs, font des intérêts humains une priorité afin de défendre la légitimité de leur profession » (p.130). En ce qui concerne les animaux de laboratoire, l'auteure oppose, dans le comportement des acteurs de l'expérimentation, deux attitudes philosophiques clairement différentes : celle pour laquelle l'animal ne mérite aucune considération éthique « au nom de progrès scientifique » (p.134) et celle qui « passe par un traitement moral des cobayes » (p.132). A l'appui de cette dernière position, elle cite d'ailleurs les travaux de Suzanne Antoine. Dans la pratique et après l'analyse de ce qui se passe, de fait, dans un laboratoire qui effectue ce que l'auteur appelle, selon l'expression de Claude Bernard, la « vivisection », mais que la pratique moderne qualifie plutôt d'« expérimentation animale », l'auteure remarque une certaine proximité affective entre l'expérimentateur et sa « victime » et un effort de distanciation comparable à celui des vétérinaires, parfois fondé sur des remarques d'humour noir : « Les acteurs discutent de l'animal et de son traitement, mais ces discours sont sans cesse contrebalancés par la plaisanterie, l'ironie » (p.177). Le constat effectué par Catherine Rémy au terme de son enquête ethnographique est finalement lourd : « la violence est inhérente à l'acte de mise à mort » (p.193). Les règlements visent alors à l'« adoucir » en une « violence passive » par des pratiques d'euthanasie. Mais, remarque l'auteure, « cette violence passive devient fréquemment active lorsque la mise à mort se passe mal » (p.194). Alors « certains individus sont en quelque sorte invités… à exprimer une violence active » (p.194). Ce partage des rôles estompe en somme la responsabilité de chacun : l'un ne tue pas, l'autre le fait parce qu'il est mandaté pour le faire. Quant à la relation avec la question de fond sur la frontière entre l'homme et l'animal, « le traitement respectueux des animaux passe… par la perception de ceux-ci comme des créatures semblables » (p.199). Nous ne sommes pas très loin de la notion d'animal-être sensible, même si l'auteure n'utilise pas ici le terme. Dès lors et de manières variées, « pour que la mise à mort soit possible » (p.200), elle doit « impliquer une dégradation de la créature semblable » (p.200), une dégradation qui permet de « bien faire la différence entre l'homme et les animaux » (p.202). Une attitude de dégradation bien classique de l'esprit humain, qui peut aussi toucher les hommes (dégradés) eux-mêmes, et qu'on retrouve dans la guerre (l'ennemi y est un mauvais), dans l'oppression (l'esclave ou la prostituée y sont dévalués en sous-humains) comme dans la course de taureaux (face à l'homme dans son habit de lumière, le taureau y est figure symbolique du côté sombre).

26 décembre 2011

Qui sont les animaux ? Sous la direction de Jean Birnbaum

Qui sont les animaux ?
Sous la direction de Jean Birnbaum

La pensée occidentale a longtemps défini l'animal par ce qui lui manque : la raison, la pudeur, le rire... Aujourd'hui, notre imaginaire reste dominé par la conception cartésienne de "l'animal-machine", incapable d'accéder au langage, dépourvu de subjectivité, donc privé de tout droit. Or l'actualité vient régulièrement nous rappeler l'étrange proximité qui nous lie aux animaux : crise de la "vache folle", grippes "aviaire" ou "porcine"... Surtout, les avancées de la recherche remettent en question la frontière entre l'Homme et l'Animal. Ainsi, les travaux des paléoanthropologues ou des éthologues soumettent la foi humaniste dans le "propre de l'Homme" à rude épreuve. Mais, alors, comment relativiser l'exception humaine sans sombrer dans la confusion entre tous les vivants ? Comment l'Homme peut-il prendre ses responsabilités envers l'Animal, voire reconnaître avec lui une communauté de destin, sans se comporter lui-même comme une bête ?

Qui sont les animaux ? Sous la direction de Jean Birnbaum, Editions Gallimard, 2010, 261 pages

Au sommaire

- Présentation : Jean Birnbaum
- Avant-propos : Frédéric Boyer
- Introduction : Elisabeth de Fontenay
- L'homme, point culminant de l'évolution ? / Pascal Picq
- Des animaux-machines aux machines animales / Catherine Larrère
- Des intelligences contagieuses / Vinciane Despret
- Les maladies animales révèlent une solidarité vitale / Frédéric Keck
- A quoi la question "Qui sont les animaux ?" engage-t-elle ? / Florence Burgat
- Déverrouiller le débat juridique / Jean-Pierre Marguénaud
- A chacun ses animaux / Philippe Descola
- Libérer les animaux ? Un slogan immoral et absurde / Francis Wolff
- L'historien face à l'animal : l'exemple du Moyen Age / Michel Pastoureau
- Vercors : la rébellion comme spécificité humaine / Nathalie Gibert-Joly
- Figures du monstrueux. Entre l'humain et l'inhumain / Stéphane Legrand
- Iconographie

L'avis d'un lecteur
Source

"Qui", et pas "quoi"...

Le titre de l'ouvrage est éloquent... Les animaux seraient-ils des personnes ? C'est à envisager le plus sérieusement possible. Les auteurs qui ont participé à cet ouvrage collectif ont apporté, peu ou prou, des arguments à cette hypothèse. Tous ont considéré l'animal sous l'angle qu'ils connaissent le mieux, il en ressort des articles très divers dans leur approche, mais passionnants de toute façon. Cet ouvrage, publié dans une édition de poche, est largement accessible à tous ceux qui s'intéressent à la condition animale et en font un thème de réflexion privilégié. A lire absolument. Et à garder précieusement.

Pour en savoir plus

- La protection de l'animal, de Florence Burgat
- L'animal dans les pratiques de consommation, de Florence Burgat
- Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ? de Florence Burgat
- Le singe est-il le frère de l'homme ? de Pascal Picq
- Hans, le cheval qui savait compter, de Vinciane Despret
- Les animaux célèbres, de Michel Pastoureau
- Anthologie d'éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer