16 avril 2012

Kamala, une louve dans ma famille, de Pierre Jouventin

Kamala, une louve dans ma famille
de Pierre Jouventin

préface de Boris Cyrulnik


En 1975, le zoologue accepte d'adopter une louve et de l'élever chez lui, dans son appartement, auprès de Line, sa compagne, et de leur fils. Il témoigne de cette expérience et de la relation quotidienne avec l'animal afin d'éclairer ses moeurs et comportements. Les anecdotes relatées révèlent un animal joueur, solidaire, affectif et doté d'un grand sens de la hiérarchie.

C'est un récit bouleversant, une réflexion scientifique passionnante. C'est une aventure hors du commun qui débuta un jour de 1975 : Pierre Jouventin accepte alors d'adopter un louveteau nouveau-né, que le zoo de Montpellier s'apprête à sacrifier. Lui, dont le métier est d'étudier le comportement des animaux sauvages dans leur environnement, sera amené à réaliser l'impossible : élever une louve en appartement ! Il deviendra non pas son maître, mais sa famille. Car la louve aimera Pierre, Line et leur fils comme s'ils étaient ses "parents", sa meute.

Ce livre remet en question toutes les croyances, tous les clichés sur notre plus vieil "ennemi". Et nous découvrons qu'il nous est plus facile de nous entendre avec un loup qu'avec un chimpanzé, notre cousin ! Le loup est un modèle de gestion des ressources naturelles, mais aussi de savoir-vivre en société. Craintif, puissant, éventuellement dangereux, il se révèle joueur, très solidaire, très affectueux et doté d'un sens strict de la hiérarchie. Il n'est pas docile, mais il veille sur ses proches et sait faire preuve d'altruisme - ce qui est démontré ici pour la première fois.

Cet ouvrage, rempli d'anecdotes sur la relation intime avec une louve, nous apprend mille choses sur les moeurs de cet animal sauvage et sur ceux de son descendant domestique, le chien. A être mieux compris, le loup en devient plus fascinant encore. Et à mieux connaître le loup, on en apprend beaucoup sur l'homme.

Kamala, une louve dans ma famille, Pierre Jouventin, Préface : Boris Cyrulnik, Editions Flammarion, 2012, 352 pages, 30 photographies

A propos de l'auteur

Pierre Jouventin (69 ans), écologue et éthologue, a été directeur de recherche au CNRS. Spécialiste international des oiseaux et des mammifères, il a découvert cinq espèces d'oiseaux et effectué vingt-deux missions de longue durée dans les Terres australes et antarctiques françaises. Il a aussi séjourné dans la forêt équatoriale pour étudier le comportement des singes. En 1990, son équipe a été la première au monde à suivre des oiseaux équipés de balises Argos. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques, de documentaires animaliers et d'ouvrages.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Flammarion
- Le site de Kamala, la louve avec de nombreuses informations : vidéos, photos, liens, etc
- Cette page où vous pourrez lire la préface et l'avant-propos en intégralité, ainsi que le début du premier chapitre
- Les confessions d'un primate, de Pierre Jouventin
- La raison des plus forts, de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique Utria
- Des livres de Boris Cyrulnik
- Variations sauvages, d'Hélène Grimaud

L'avis d'un lecteur
Source

Captivant, passionnant.
Bien sûr, on trouve dans ce livre l'aventure qu'a été pour la famille Jouventin l'adoption d'une louve, mais ce n'est que le point de départ d'une réflexion lumineuse sur la place de l'homme - et le rôle du loup - dans l'évolution. Des considérations sur notre passé et notre avenir, que personne ne devrait plus ignorer.
A lire absolument.

Au sommaire

Préface de Boris Cyrulnik
Avant-propos
1. Enfant-loup ou louve-enfant ?
2. Entre chien et loup
3. Comment changer le loup en chien
4. Fort comme un loup
5. Le loup dans la bergerie
6. Entrer dans le cerveau d'un loup (ou d'un chien)
7. Malin comme un loup
8. La culture de Kamala
9. Le langage des loups
10. Hurler avec les loups
11. Kamala apprend à parler
12. Un flair de loup
13. Une faim de loup
14. Le territoire de Kamala
15. Chasser avec les loups
16. Le savoir-vivre des loups
17. Un loup dans la ville
18. La galanterie des loups
19. L'altruisme de Kamala
20. L'animal le plus proche de l'homme
21. Qui a peur du grand méchant loup ?
22. Le loup peut-il entrer dans notre famille ?
23. La fin de Kamala
Bibliographie
Index des noms propres
Index des noms d'espèces
Pour en savoir plus
Remerciements

La présentation du livre par l'auteur
Le chien et l'homme expliqués par le loup
Source : Le site de Kamala, la louve

Quoi de plus saugrenu que d’élever un loup dans son appartement ? C’est, parait-il, impossible mais nous ne le savions pas et c’est cette aventure insolite, simplement due à un retard dans la construction de l’enclos, qui est contée 35 ans plus tard. On verra que c’est plutôt nous qui avons souffert, Kamala s’étant épanouie dans cette vie contre-nature comme trente photographies l’attestent.


Pour comprendre Kamala, cette histoire vécue nous amène à décrire en détail les mœurs des loups, longtemps mystérieux et aujourd’hui bien connus. On sait maintenant qu’ils sont les seuls ancêtres des chiens et c’est par la comparaison avec leurs frères sauvages que l’auteur explique le comportement intime de nos compagnons domestiques. D’autant mieux qu’il est un expert international de l’éthologie des animaux sauvages, longtemps Directeur de Recherche au CNRS et Directeur de laboratoire d’écologie. Il replace les mœurs des animaux dans le cadre de ces disciplines scientifiques récentes qui renouvellent la vision de l’animal mais aussi de l’homme.


Comment nous y sommes-nous pris pour transformer le loup en chien ? Comment comprendre le meilleur ami de l’homme et savoir l’élever sans connaître son ennemi le plus célèbre ? Humains et loups ont longtemps suivi une évolution parallèle de chasseurs en bande de gros gibier. Qu’avons-nous encore en commun avec notre double à quatre pattes ?


Longtemps notre rival, nous avons beaucoup à apprendre du loup, le mal aimé, qui nous oblige à nous pencher sur notre passé de prédateur pour affronter un avenir incertain. C’est en réalité un modèle pour la gestion des ressources naturelles et même pour le savoir-vivre en société, capable, comme nous le verrons, de se jeter à l’eau pour sauver un membre de sa famille, qu’il soit loup ou homme.


Ce livre est donc tout à la fois le témoignage d’une aventure incroyable, un ouvrage de vulgarisation scientifique, un guide d’éducation canine, un plaidoyer pour le loup et la cause animale, enfin une enquête sur la nature humaine !  


Un extrait de la préface, par Boris Cyrulnik
Pour lire la préface en intégralité, cliquez sur ce lien.

../.. Kamala ne savait pas que ses ancêtres avaient participé à une telle révolution culturelle mais, en s’attachant à la famille Jouventin, elle a permis de poser une série de problèmes philosophiques. Quand elle vole au secours d’un de ses proches qui risque de se noyer et le ramène à la berge en le tirant par un bras, elle témoigne d’un altruisme qui solidarise le groupe familial. Quand elle décode le moindre indice comportemental émis par le corps de ceux qu’elle aime, la louve prouve qu’elle est capable de cette empathie que de nombreux philosophes considèrent comme le fondement de la morale. Quand elle inhibe un comportement d’attaque envers un proche qui l’irrite ou qui transgresse un rituel d’interaction, elle manifeste une aptitude à freiner l’expression de ses émotions, une sorte d’interdit préverbal.

En lisant ce livre, le philosophe qui cherche le propre de l’homme sera bien ennuyé, car il trouvera chez les animaux tout ce qui prépare au propre de l’homme. Nous ne sommes pas d’une nature surnaturelle, nous appartenons au monde vivant, comme les animaux, parmi lesquels nous prenons une place humaine. ../..

Le début de l'avant-propos, par Pierre Jouventin
Pour lire l'avant-propos en intégralité, cliquez sur ce lien.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! » Cette phrase de Mark Twain résume bien notre histoire, car tous les spécialistes du loup considèrent comme impossible d’élever un tel fauve dans un appartement. Mais cela, je ne l’ai appris que bien plus tard, au moment où j’ai exhumé mon vieux carnet de notes et lu des ouvrages spécialisés pour rédiger ce livre…

Si vous pouvez lire ce texte, c’est grâce à une série de petits miracles. L’essentiel repose sur des notes que j’ai prises pendant mes cinq ans de cohabitation avec un loup, aussi joueur que destructeur, et durant lesquels j’ai vécu dans la hantise que le précieux cahier sur lequel j’écrivais ne soit déchiqueté par mon original animal de compagnie.

Depuis son enfance, Line, mon épouse, rêvait d’élever un loup. Anticonformiste précoce, elle pleurait à la fin du Petit Chaperon rouge parce que le loup est tué par les chasseurs ! Je dois avouer que mes motifs étaient au départ moins sentimentaux et plutôt de curiosité intellectuelle. J’étais directeur de recherches au CNRS, responsable d’une équipe de recherche en écologie animale, et je passais plusieurs mois par an de l’autre côté du globe, en particulier en Afrique équatoriale et dans l’Antarctique, à étudier les mammifères et les oiseaux. Dans l’île subantarctique Crozet où je séjournais fréquemment, la température oscille autour de 5°C, il pleut trois cent vingt jours par an et le vent souffle en moyenne à 60 km/h, avec des pointes à 250 km/h. J’y emportai mes notes et c’est là que j’écrivis une première mouture de ce livre, voilà plus de trente ans. Le soir et les jours de tempête, j’allumais une lampe à gaz, me blottissais dans mon duvet et griffonnais des histoires de loup pour me retrouver en famille.

Il a fallu du temps – un temps nécessaire – avant que je reprenne le texte et le complète avec des analyses autorisées par l’expérience et fondées sur des travaux récents. Toute ma vie j’ai été passionné par les animaux, poussé par le désir de les approcher, de les observer, de les comprendre et de communiquer avec eux. Quand j’eus l’occasion en 1975 d’adopter un loup, cette passion l’emporta sur la raison.

Ma formation en écologie et en évolution animale m’avait enseigné qu’on ne peut comprendre un animal hors de son environnement naturel. J’avais déjà publié bon nombre d’articles scientifiques sur les manchots, les albatros, les phoques, les mandrills et autres singes que j’avais longuement observés dans leur milieu. Tous les scientifiques ne pratiquent pas des expériences de vivisection, comme le croient certains. Pour moi, adopter un animal sauvage et l’élever en captivité portait déjà atteinte à son intégrité.

Notre louve aurait dû être malheureuse et ne rien m’apporter sur le plan scientifique. Certains collègues l’ont sans doute pensé, sans oser me le dire. Ce ne fut pas le cas. Non seulement elle vécut heureuse chez nous, mais elle m’offrit des occasions d’observations exceptionnelles. Car, dès que le louveteau a surgi dans notre vie, je ne l’ai pas seulement regardé avec les yeux d’un maître pour son chien, son chat ou tout autre animal de compagnie, mais aussi avec ceux du scientifique.

D’où ce récit à trois niveaux. Celui de la famille – ma femme, mon fils et moi – qui découvrit et éleva un loup, le plus souvent avec amour et joie, parfois dans l’exaspération. Celui de l’éthologiste et de l’écologue qui observait, analysait et vérifiait des hypothèses. Enfin, celui de l’écologiste citoyen ou, comme on disait à l’époque de La Fontaine, du « moraliste » qui s’appuie non sur une fable mais sur les récentes découvertes en éthologie et en préhistoire. Comme une « leçon de choses » d’antan, chaque chapitre de ce livre commencera par des « anecdotes » sur Kamala et de ces observations seront tirés des enseignements. Ainsi, nous expliquerons les comportements d’un loup de ville par ceux de ses congénères qui vivent dans la nature et les moeurs du « meilleur ami de l’homme », le chien, par ceux de leur ancêtre, avant de conclure sur l’homme.

Car, comble de folie, non seulement nous avons adopté un loup, mais nous l’avons fait dans un appartement, et non à la campagne dans un vaste enclos, comme c’est toujours le cas pour les amoureux des loups. Paradoxalement, ce fut la chance du scientifique, à défaut d’être celle du père de famille, car nous avons vécu avec Kamala dans une intimité forcée qui recréa les liens sociaux très forts d’une meute et nous permit de découvrir les sentiments les plus profonds de cet animal longtemps impossible à étudier sur le terrain. Cela me conféra un point d’observation sans pareil sur le loup. ../..

15 avril 2012

Entretien avec un pirate, de Paul Watson et Lamya Essemlali

Paul Watson
Entretien avec un pirate

Manifeste pour sauver nos océans

de Paul Watson

et Lamya Essemlali


Baleines, phoques, requins, dauphins... Autant d'espèces massacrées par l'homme, et que Paul Watson et son association écologiste Sea Shepherd tentent de protéger par tous les moyens.

Dans l'Antarctique, les baleiniers japonais tuent chaque année plusieurs centaines de cétacés. Pour contourner le moratoire sur la chasse commerciale des baleines, Tokyo pratique cette pêche sous couvert de programmes scientifiques.

Pourtant, les écologistes obtiennent des résultats : les pêcheurs japonais, qui avaient l'intention de tuer 850 baleines de Minke, ne sont revenus qu'avec 507 cétacés en 2010 et la Cour internationale de justice (CIJ) a été saisie afin d'obliger le Japon à mettre fin à son programme de chasse.

Les campagnes de Sea Shepherd (Berger des mers), contraignent les écologistes à passer plusieurs mois dans l'un des endroits les moins hospitaliers de la planète, pour une expérience que l'organisation déconseille aux grincheux, trouillards et à ceux qui aiment leur matelas...

Sea Shepherd Conservation Society a vu le jour en 1981, aux Etats-Unis, dans l'état de l'Oregon. Mais l'idée même de Sea Shepherd avait déjà germée dans l'esprit du capitaine Paul Watson avec la création de la Earth Force Society en 1977, à Vancouver.

Le but premier des deux organisations était la protection et la conservation des mammifères marins, avec pour objectif immédiat de mettre un terme à la chasse illégale des phoques et des baleines, Sea Shepherd s'est ensuite donné pour mission d'élargir son action à toute la faune marine. Sea Shepherd, avec son approche frontrale, est aujourd'hui l'organisation écologique la plus efficace.

Paul Watson, Entretien avec un pirate, Paul Watson, Lamya Essemlali, Editions Glénat, 2012, 320 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Glénat
- Sea Shepherd Conservation Society
- Myspace personnel de Paul Watson
- Au nom des mers, de Paul Watson
- La nuit des baleines, de Diane Ackerman
- Baleines en liberté, de Gérard Soury
- Requins en liberté, de Gérard Soury
- Dauphins en liberté, de Gérard Soury
- Le documentaire The Cove : La baie de la honte

A propos de l'auteur
Source : Editions Glénat

Parce qu’un castor avec qui il s’était lié d’amitié est tué par des trappeurs, le jeune Paul Watson âgé de 11 ans écume les alentours de son village du Nouveau-Brunswick pour trouver et détruire les pièges. C’est le point de départ de 40 ans d’activisme pour celui que le Time Magazine désignera en 2000 comme l’un des plus grands héros écologistes du xxe siècle.

En 1969, à tout juste 18 ans, Paul Watson devient le plus jeune cofondateur de Greenpeace. C’est aussi le premier homme à s’interposer entre une baleine et un harpon. En 1977, il quitte Greenpeace pour fonder Sea Shepherd Conservation Society (c’est-à-dire « berger de la mer ») qui devient dès lors l’organisation de défense des océans la plus combattive au monde : une dizaine de baleiniers illégaux coulés à quai, plusieurs navires éperonnés en mer, des centaines de longues lignes et de filets dérivants confisqués, plus de 250 expéditions dans toutes les mers du monde… et des centaines de milliers d’animaux marins sauvés.

Jamais aucun blessé, jamais aucune inculpation retenue mais pour ses opposants, Watson n’en est pas moins un « pirate », un « écoterroriste » – y compris pour ceux qui dirigent aujourd’hui Greenpeace, qu’il a quitté en 1977. Pour ceux qui, en revanche, pensent que « les pétitions et les banderoles ne suffiront pas à sauver les océans », il est un véritable héros.

A tous ses détracteurs, Paul Watson ne répond qu’une chose : « Trouvez-nous une baleine qui désapprouve nos actions et on vous promet de raccrocher ! »



Paul Watson on why his ship only serves vegan food


Vegan food on Sea Shepherd Antartica Campaign


14 avril 2012

Au nom des mers, de Paul Watson

Au nom des mers
Les confessions d'un éco-guerrier

du Capitaine Paul Watson


(Mise à jour)

Ce livre, aussi palpitant qu'un roman d'aventures, est l'histoire vraie du pirate écolo, le capitaine Paul Watson, co-fondateur de Greenpeace, aujourd'hui président du Sea Shepherd.

Filets dérivants, bébés phoques massacrés pour leur fourrure, pêche intensive des baleines et autres espèces menacées... Tout le monde est contre, mais rares sont ceux qui agissent vraiment.

Paul Watson, lui, a choisi de monter au front au nom des mers, pour faire appliquer les lois internationales de protection de la mer et faire la chasse aux braconniers, en usant de la manière forte. Il aborde, saborde, sabote les baleiniers et les bateaux de pêche qui mettent en danger les espèces menacées.

Bilan de ses interventions : huit baleiniers coulés, une usine de traitement de l'huile de baleine détruite à l'explosif, des milliers de kilomètres de filets dérivants confisqués, sans compter de nombreuses interventions sur la banquise (c'est lui qui y a entraîné Brigitte Bardot en 1977), notamment pour peindre les bébés phoques avec un colorant indélébile afin d'ôter toute valeur à leur fourrure...

Avec sa compagne, Lisa Distefano, descendante du corsaire français Jean Laffitte, il échafaude sans cesse de nouvelles opérations spectaculaires. Condamné à de multiples reprises - dont deux fois à la détention à vie - par les justices portugaise, canadienne, japonaise et américaine, il est menacé de mort par la mafia taiwanaise qui a mis sa tête à prix.

Au nom des mers, Les confessions d'un éco-guerrier, Paul Watson, Editions Pré aux Clercs, 1998, 399 pages

Pour en savoir plus

- Sea Shepherd Conservation Society
- Myspace personnel de Paul Watson
- Entretien avec un pirate, de Paul Watson et Lamya Essemlali
- La nuit des baleines, de Diane Ackerman
- Baleines en liberté, de Gérard Soury
- Requins en liberté, de Gérard Soury
- Dauphins en liberté, de Gérard Soury
- Le documentaire The Cove : La baie de la honte




L'avis d'un lecteur
"Au nom des mers", du Capitaine Paul Watson
Source

Un récit de voyages, au style un peu particuliers...

"AU NOM DES MERS" du Capitaine Paul Watson, est paru aux éditions Le Pré aux Clercs (tirage épuisé, il ne se trouve que d'occasion, mais je le fais circuler volontiers).

Le sous-titre du livre est "Confessions d'un eco-guerrier". Ca donne le style et l'ambiance :-))

Paul Watson est en effet l'un des membres fondateurs de Greenpeace, organisation qu'il a quittée dès la fin des années 70, pour fonder la "Sea Sheperd Conservation Society", une organisation pratiquant l'action directe reniée peu à peu par Greenpeace.

Depuis plus de 25 ans, les navires Sea Sheperd (1 et 2, puis d'autres) sillonnent les océans, avec à leurs commandes Paul Watson et son équipage, à la recherche des baleiniers pirates et des pêcheurs qui ne respectent pas la législation sur la pêche aux cétacés.

Les fraudeurs sont en effet nombreux et dévastent la faune aquatique sans pitié, avec des méthodes sanguinaires.

- Certains navires baleiniers pêchent par exemple toute l'année et s'attaquent à des espèces en voie de disparition, en dehors des quotas - déjà très élevés - autorisés par les Commissions Internationales.

- D'autres prétendent pratiquer une chasse "indigène", au nom de rites ancestraux, alors qu'il ne s'agit en réalité que d'alimenter en viande de baleine à bas prix des élevages industriels de porcs ou de visons.

- D'autres pratiquent la chasse à la baleine sous le prétexte de recherches scientifiques (par exemple pour étudier les raisons de leur disparition !!...), alors qu'il ne s'agit que d'un simple moyen de dépasser les quotas autorisés par la loi.

- Ailleurs, des pêcheurs massacrent sauvagement les dauphins qu'ils rendent responsables de la diminution des bancs de poissons (alors que les fautifs sont évidemment la pêche intensive et la pollution).

- Ailleurs encore, des gens se livrent chaque année à des tueries sur des globicéphales (qu'ils attirent sur la plage et frappent à coup de barres de fer), pour le simple plaisir (la viande n'est même pas consommée), au nom de soi-disant traditions ancestrales (un rite "viking") dépourvues de sens.

Etc etc...

Face à cela, Paul Watson n'y va pas par quatre chemin ! Il traque les baleiniers en infraction et... les coule.

La traque est souvent longue car les baleiniers opèrent dans la plus grande discrètion. Mais lorsqu'il réussit à en surprendre un, le Sea Shepherd ne fait pas de quartiers.

En une quinzaine d'années Paul Watson et son équipe ont envoyé par le fond près d'une dizaine de baleiniers et détruit l'appareillage de pêche de nombreux thoniers illégaux.

A leur actif également, la destruction d'abattoirs illégaux de viande de baleine (abattoirs autorisés par les gouvernements locaux, au mépris des lois internationales) ou l'abordage de thoniers utilisant des filets dérivants.

Ils se sont également interposés contre les massacres de dauphins dans divers endroits du monde.

Les confrontations sont souvent très physiques (poursuite par les gardes-côtes, batailles au canon à eau (et au canon projetant de la crême patissière !), interpellations musclées, séjours en prison, etc).

Le livre raconte tout cela, parmi d'autres choses. Paul Watson possède un talent de narrateur et une "grande gueule" qui donne beaucoup de sel à la lecture :-)

Il ne rate pas une occasion de montrer la corruption des gouvernements (le Canada en particulier) qui prennent fait et cause pour les baleiniers.

Il est encore plus sévère vis-à-vis de Greenpeace et de ses dirigeants, dont il brosse un tableau accablant : vivant confortablement aux dépens de l'organisation, gaspillant la bonne volonté des militants dans des actions dérisoires, dont le seul but est de préserver l'image "politiquement correcte" de l'organisation.

L'écologisme de salon de Greenpeace s'avère même encore plus retors par ses effets indirects : l'obtention d'un moratoire (contre une pratique de pêche ou contre des industriels) a le double effet de démobiliser l'opinion publique tout en permettant aux industriels visés de contourner la loi par les amendements négociés en coulisse...

Exemple parmi bien d'autres : l'autorisation de la pêche à la baleine sous des motifs scientifiques totalement bidons et absurdes).

A vrai dire, c'est encore pire que cela et plus simple à la fois : les gouvernements votent des lois qu'ils n'ont absolument pas l'intention de faire respecter...

Tous les accords internationaux sur la protection de l'environnement ne sont qu'une façade, comme on l'a vu aux sommets de Rio et de Copenhague...

C'est aux citoyens de faire respecter les lois, par leurs propres moyens, en ayant contre eux la police et les gouvernements.

"Au nom des mers" est un témoignage vigoureux et émouvant (descriptions de l'océan et des rencontres magiques ou tragiques avec les grands cétacés) par un pratiquant de l'action directe, un combattant convaincu de la cause écologique, dont la détermination et les arguments donnent à réfléchir.

Voici l'adresse du site : http://www.seashepherd.org/

Paul Watson on why his ship only serves vegan food

12 avril 2012

Les Héros de la biodiversité, d'Allain Bougrain Dubourg

Les Héros de la biodiversité
Passion nature

d'Allain Bougrain Dubourg


Ça y est, la prise de conscience est avérée. Nous sommes tous lucides sur le bilan : le vivant qui nous entoure agonise ! Reste qu'il convient d'agir. Allain Bougrain Dubourg qui, depuis plus de 30 ans, se bat sur le terrain pour enrayer le déclin de la biodiversité n'a pas manqué de pointer les causes de l'hémorragie. Avec la même conviction, il donne aujourd'hui la parole à ceux qui s'investissent pour inverser la tendance. Scientifiques, membres d'associations ou simples "écocitoyens", ces héros ont tous une histoire à raconter. Leur aventure nous éclaire sur les singularités de la vie animale et végétale et nous entraîne vers l'espoir d'un "vivant" enfin respecté. Chacun des 70 portraits d'acteurs de la biodiversité est accompagné d'un témoignage, d'un état des lieux du problème et d'un descriptif des actions mises en place.

Les Héros de la biodiversité, Passion nature, Allain Bougrain Dubourg, Editions Ouest-France, 2011, 304 pages

A propos de l'auteur

Engagé depuis plus de 30 ans dans la préservation de la biodiversité, Allain Bougrain Dubourg a sensibilisé le grand public à travers ses nombreuses émissions télévisées ou de radio, ses ouvrages, ses conférences... et ses actions de terrain. Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, il a réalisé la série "Les héros de la biodiversité" diffusée sur France Télévisions.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Ouest-France
- Les nombreux autres livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Le site de la LPO, la Ligue pour la Protection des Oiseaux
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Portraits nature, de Fabrice Delsahut
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot

Allain Bougrain Dubourg nous présente son livre en vidéo

10 avril 2012

Portraits nature, de Fabrice Delsahut

Portraits nature
L'Homme et l'animal sauvage :

les enjeux planétaires environnementaux

de Fabrice Delsahut

préface d'Allain Bougrain Dubourg


Les animaux représentent 2/3 des espèces vivant sur la terre. Bien que de plus en plus soucieux de son environnement et de son impact sur ce dernier, il semble que la place que l’homme accorde à la faune sauvage soit négligeable. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre est menacé de disparition et bien que le lion, l’éléphant ou la baleine continuent de fasciner, ils ne constituent désormais que les reliques d’une grande faune dont l’homme est le premier prédateur.

L’action prédatrice varie du simple prélèvement via la chasse ou la pêche, à des causes plus indirectes comme la pollution des biotopes ou l’introduction d’espèces exogènes. Le destin de cette faune est entre nos mains. Des hommes et des femmes parviennent malgré tout à agir activement sur la protection d’animaux sauvages et à la préservation de la biodiversité animale. Ils nous enseignent qu’une cohabitation est encore et toujours possible. Ce livre rend hommage à leur engagement indispensable à notre survie.

Le livre se propose donc de traiter des enjeux environnementaux liés à la préservation de la biodiversité animale. Il a pour vocation à la fois de sensibiliser à un enjeu environnemental en donnant des informations les plus rigoureuses possibles sur celui-ci et de faire découvrir au lecteur une personnalité et son association qui tentent, à leur échelon, de préserver cette biodiversité.

L’auteur a voulu mettre en parallèle l’action de personnalités très médiatiques, internationalement comme Yann Arthus Bertrand et Paul Watson ou nationalement comme John Wamsley, avec des hommes et des femmes qui travaillent davantage dans l’ombre comme Aurélien Brulé ou Catherine Le Page mais dont l’action est tout aussi remarquable. Ce parti-pris relève d’une volonté de montrer que l’action est aussi possible à son niveau et que l’impact de ces personnalités ne relève pas forcément d’une visibilité médiatique ou de diplômes ad hoc mais bien d’une passion.

Portraits nature, Fabrice Delsahut, Préface : Allain Bougrain Dubourg, Editions Pascal Galodé, 2012, 333 pages

A propos de l'auteur

Maitre de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne, Fabrice Delsahut est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles dans ce domaine. Il étudie aussi le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec l’animal sauvage.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Pascal Galodé
- Les nombreux livres d'Allain Bougrain Dubourg
- Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot
- Héros de la nature, de Natacha Calestrémé
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- Des animaux et des femmes, d'Allain Bougrain-Dubourg
- Au nom des mers, de Paul Watson
- Bornéo - Au nom de la vie, d'Aurélien Brulé
- Vocation nature, de Muriel Robin et Aurélien Brulé
- La Terre vue du ciel, de Yann Arthus-Bertrand

Portraits nature : engagés pour la cause animale
Un article du site 20 minutes

Deux tiers des espèces vivants sur la Terre sont des animaux dont nous ne prenons pas assez soin. Pour susciter l'envie d'agir à leur égard, l'universitaire Fabrice Delsahut présente dans son ouvrage «Portraits nature», une vingtaine d'hommes et de femmes qui agissent au quotidien pour sauvegarder la biodiversité...

Le constat est sans appel. Fabrice Delsahut explique dès les premières lignes de son livre que les scientifiques ne cessent de découvrir de nouvelles espèces : de 67.000 espèces recensées au XVIIIè siècle, on est passé entre 1,5 à 1,8 million d’espèces connues et décrites à l’heure actuelle. Pourtant, la sixième grande extinction de masse est en cours. Et plus que jamais elle est le résultat de l’action de l’homme.

C’est donc un «curieux paradoxe que celui de la perte de notre biodiversité, alors même que cette dernière n’a jamais été autant appréhendée que ces dernières années. (…) De multiples espèces disparaissent avant même d’avoir été reconnues, caractérisées et décrites», déplore l’auteur dans l’introduction de son ouvrage.

Ces nombreuses disparitions, qui pourraient sembler anodines pour l’espèce humaine, ne le sont pas. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), explique dans la préface du livre que «l’arche du vivant continue de prendre l’eau. (…) Mais nous avons tout autant conscience que sauver la biodiversité, c’est servir directement les intérêts des hommes. L’approche économique en fait la démonstration. (…) La pollinisation génère 30% de la production agroalimentaire, soit un budget évalué à 158 milliards d’euros. Pouvons-nous nous passer des butineuses?»

Fabrice Delsahut a également souhaité rappeler à quel point protéger la biodiversité est le garant de notre humanité. Pour cela, il a publié des extraits de la « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary, parue dans Le Figaro littéraire en mars 1968, et dans laquelle le romancier français s’inquiète: «Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme et sa dignité sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.»

Un mot sur l’ouvrage

«Portraits nature» est en majeure partie une alternance entre présentation des enjeux planétaires environnementaux concernant l’homme et l’animal sauvage, et portraits ou interviews d’hommes et de femmes qui agissent activement sur le terrain. Des personnalités médiatiques, comme Yann Arthus-Bertrand (fondateur de GoodPlanet) ou Paul Watson (co-fondateur de Greenpeace), côtoient des gens plus «ordinaires», à l’image de Catherine Le Page, bénévole de longue date dans un hôpital pour koalas en Australie.

De nombreux thèmes sont ainsi abordés : l’environnement partagé, l’urbanisation, la déforestation, le trafic d’animaux, de l’ivoire, le commerce de viande de brousse, la diversité génétique, la pollution biologique ou marine, la surpêche, la pêche scientifique, la conservation ciblée, les espaces protégés et les parcs zoologiques.

Pour l’auteur, ces thèmes «sont autant de pistes (…) dans lesquelles l’engagement – au sens écologique – est souhaitable.» Il en appelle même les lecteurs à soutenir, voire s’engager, dans une association qui œuvre en faveur de la biodiversité. Car selon lui, «couper l’eau en se brossant les dents est un geste écologique important, mais il ne sauvera pas les tigres cambodgiens ou les baleines bleues. En revanche, soutenir Véronique Pestel-Audibert ou Paul Watson, via leurs fondations respectives les aidera certainement à maintenir la pression sur les communautés locales et internationales.»

On vous le dit, l’ère des seuls éco-gestes est révolue. Le temps est maintenant à l’action et à l’engagement citoyen !

A propos de l’auteur

Fabrice Delsahut est maître de conférences à l’Université Paris 4 Sorbonne. Il est spécialiste des Indiens d’Amérique du nord et des cultures premières. Ses recherches concernent également le rapport qu’entretiennent les hommes avec leur environnement naturel et plus particulièrement avec les animaux sauvages.

08 avril 2012

Ces animaux qu'on assassine, de Louis Bériot

Ces animaux qu'on assassine
Trafics, mafias, massacres
de Louis Bériot

En enquêtant au cours des deux dernières années sur la disparition du tigre, Louis Bériot nous apprend que le braconnage et le trafic de ce félin mythique sont l'arbre qui cache la forêt des prédations humaines contre la faune sauvage. Derrière "ces animaux qu'on assassine", c'est la planète tout entière qui est mise à mal, ses forêts, ses océans, ses barrières de corail, ses fleuves, ses lacs...

L'auteur révèle que l'épicentre du trafic se situe en Asie et que les grandes mafias du monde ont désormais supplanté les petits braconniers qui tuaient pour survivre. Leurs pièges rudimentaires ont été remplacés par des guerriers équipés d'hélicoptères, de kalachnikovs et de GPS. Un exemple : il y a dix ans, une demi-douzaine d'éléphants étaient massacrés chaque jour en Afrique pour leur ivoire ; en 2011, ce chiffre dépassait la centaine.

Peu surveillé, diffus, très rémunérateur et rarement sanctionné, le trafic des animaux est maintenant démultiplié par les ventes sur Internet. Il est considéré aujourd'hui par les instances internationales comme la principale activité criminelle devant celle des drogues, des armes et des humains. Dans son enquête à travers le monde, Louis Bériot nous fait découvrir, au cours de l’année 2010, année du Tigre pour les Chinois, l’ampleur de ce trafic, son développement, les nations impliquées et leur impuissance à le combattre. Il révèle aussi le courageux combat de centaines d’ONG pour tenter de le contrer, parfois au péril de la vie de leurs militants.

Tous les pays sont responsables, à commencer par la Chine, épicentre de tous les trafics, suivie de près par l’Asie et l’Amérique du Nord, au nombre des plus vastes marchés dans le monde. Une enquête détaillée, précise, et inquiétante. Selon l’auteur, cette razzia sur la faune menace non seulement des milliers d’espèces, mais aussi les grands équilibres naturels et au bout de la chaîne, l’Homme.

Ces animaux qu'on assassine, Louis Bériot, Editions du Cherche Midi, 2012, 310 pages

A propos de l'auteur

Connu pour ses enquêtes dérangeantes comme "Le bazar de la solidarité" ou "Abus de biens publics", Louis Bériot passe, cette fois, la planète au crible. Il est également l'auteur de nombreux romans, essais et documents, dont plusieurs sur l'écologie. Il est aujourd’hui écrivain, scénariste, et fondateur, à 68 ans, de la nouvelle entreprise "Planète sacrée" dont l’objectif est de promouvoir dans le monde toutes les actions et les innovations en faveur du développement durable.

Pour en savoir plus

- Ce lien où vous pourrez feuilleter le livre
- Les Editions du Cherche Midi
- A écouter : Louis Bériot nous présente son livre sur France Info (2mn25)
- Tristes Afriques, d'Isabelle et Jean-François Lagrot
- A la recherche des animaux insolites en voie de disparition, de Jean-François Lagrot et Isabelle Prouteau
- Animaux menacés, du collectif de scientifiques du WWF
- Animaux en péril, du collectif de scientifiques du WWF
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Espèces en danger, de Willi Dolder et Ursula Dolder-Pippke
- Le naufrage de l'arche de Noé, de Claude Combes et Christophe Guitton
- Le naufrage de Noé, de Diane Ackerman
- Le grand massacre, de François Ramade
- Demain, seuls au monde ? d'Emmanuelle Grundmann
- Ces forêts qu'on assassine, d'Emmanuelle Grundmann
- La peau de l'ours, de Sylvain Auffret et Stéphane Quéré
- Les derniers rhinocéros, de Lawrence Anthony
- L'Adieu au tigre, d'Armand Farrachi
- L'adieu aux bêtes, de Jean-Yves Domalain

Un court extrait

"La souffrance est inhérente à la vie, elle en est inséparable. Et la nature n'est pas tendre avec les animaux sauvages.
Elle est même implacable. Les animaux souffrent de tout, des prédateurs qui ne se soucient pas de savoir si leurs blessures ou leur mort sont ou non intolérables, des blessures ou des maladies qui les font souvent mourir dans des souffrances probablement atroces.
Nous sommes, nous humains, de nouveaux prédateurs dans l'histoire de l'évolution, mais il y a une différence : nous faisons souffrir massivement, et consciemment, des milliards d'êtres vivants, pour les besoins d'une seule espèce.

Nous ne pouvons éluder le fait que nous savons que nous faisons souffrir et que nous pourrions considérablement atténuer les effets de nos actions.
Notre conscience, qui serait ce qui nous différencierait des autres espèces, nous donne des devoirs à l'égard de la vie, de toute vie.
Et cette conscience nous dicte une morale.
Aussi, ce que nous faisons aux animaux, sur tous les plans, aussi bien par les recherches scientifiques et médicales que par les conditions d'élevage, est proprement immoral, et nous n'avons pas l'excuse de ne pouvoir agir autrement."

Un autre extrait en image : L'oeil du tigre
(le mot de l'auteur, qui figure au début de l'ouvrage)



Louis Bériot : "Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables"
Un article du site 20 minutes

Interview - Le journaliste a mené une enquête de 18 mois autour du globe sur la piste des trafiquants d'animaux sauvages...

Peaux de tigres, bile d’ours, cornes de rhinocéros… Avec des prix dépassant ceux de la drogue, ces produits causent la perte de milliers d’animaux sauvages chaque année. Victimes de croyances sur les vertus médicinales de leurs organes, ils sont la cible de mafias et de trafics que le journaliste Louis Bériot a pistés pour écrire son ouvrage Ces animaux qu’on assassine. Il porte un regard pessimiste sur l’avenir des espèces menacées et dénonce la cruauté des hommes.


Parmi les espèces victimes de trafic, votre livre évoque essentiellement les tigres. Pourquoi ?

J’étais en Inde quand j’ai rencontré Fateh Singh Rathore, l’homme qui a conseillé à Indira Gandhi de créer des réserves de tigres. A l’époque, l’Inde avait déjà perdu 98% de sa population de tigres. Grâce à ces réserves, les tigres sont revenus mais depuis une dizaine d’années leur nombre régresse à cause du braconnage, devenu le fait de mafias professionnelles. Le trafic de tigres a pris des proportions incroyables, cela m’a interloqué. Le tigre est donc le fil que je tire pour découvrir l’ampleur du trafic et du danger qu’il représente pour la biodiversité.

Pourquoi le trafic des animaux sauvages est-il devenu si important ?

Le problème est simple: le trafic d’armes ou de drogue sont de plus en plus surveillés, tandis que le trafic d’animaux ne l’est quasiment pas. Les petits braconniers se sont mis au service de mafias internationales. Le bureau d’Interpol chargé de ce dossier ne dispose que d’un budget de 500.000 euros par an, et les douaniers font ce qu’ils peuvent. Quand ils arrêtent des trafiquants, les peines de prison ne sont pas suffisantes. Et parallèlement, le commerce de produits issus d’animaux sauvages a explosé avec la vente sur Internet.

Vous évoquez les fermes d’élevage de tigres en Asie. Ce qui semblait être une réponse à la demande de produits issus d’animaux sauvages encouragerait en fait le braconnage, pourquoi ?

C’est du snobisme… Comme pour le saumon chez nous, on se dit qu’il vaut mieux du sauvage que de l’élevage, que c’est plus efficace. Les riches Chinois veulent du tigre sauvage. Les responsables des médecines traditionnelles chinoises ont beau dénoncer cette superstition, personne ne les écoute. D’autre part, "l’éco-tourisme" dans ces réserves habitue les animaux à la présence humaine, ce qui les rend faciles à braconner. L’Inde a déclaré en 2011 qu’elle allait interdire le coeur des réserves à la visite, mais va-t-elle réellement le faire ?

Vous semblez très pessimiste sur l’avenir de la planète et des animaux. On ne peut plus rien faire, selon vous ?

C’est la première fois que je suis si pessimiste. Je rends bien sûr hommage aux associations, j’ai été frappé par leur courage et leur détermination. Ce que l’on peut faire à l’échelle individuelle est de ne plus acheter chinois pour montrer son désaccord avec la manière dont ce pays traite les animaux sauvages. Pour sauver la forêt indonésienne, on peut arrêter d’acheter des produits contenant de l’huile de palme et du papier fabriqué par des entreprises indonésiennes qui déforestent massivement.

05 avril 2012

Agriculture et santé, de Guillaume Moricourt

Agriculture et santé
L’impact des pratiques agricoles

sur la qualité de vos aliments

de Guillaume Moricourt

préface de Michel Mustin


(Mise à jour : Ajout du sommaire)

La qualité de notre alimentation a évolué, dans le mauvais sens. Nitrates, pesticides, additifs, ionisation, antibiotiques, anabolisants, érosion des sols, hydroponie, farines animales, bien-être des animaux, pollution de l'eau, nouvelle maladie de Creutzfeld-Jacob... sont autant de problèmes issus des "progrès" de notre modernité. Les OGM sont une nouvelle menace, et la qualité de notre eau est particulièrement problématique.

Ce livre explique aux consommateurs ce qu'est devenue notre agriculture et ce qu'elle pourrait, ou devrait être. La fabrication de divers produits de consommation est étudiée (pain, huiles, beurre, vin, sel, légumes, poissons, viandes, fromages...) et les différents modes agricoles (intensif, bio, raisonné...) sont passés en revue de façon accessible au néophyte. Tous ne se valent pas pour la qualité que le consommateur et le citoyen sont en droit d'attendre.

L'homme est malade d'un système intensif, qui a rendu la vache folle, fait trembler les moutons et donné la grippe aux volailles. Les avantages attendus, ou les risques tangibles ou potentiels concernant les OGM, divisent la communauté scientifique. On essaye pourtant de les imposer à un public qui les refuse justement, tant le bon sens incline en faveur d'un principe de précaution.

Agriculture et santé, Guillaume Moricourt, Editions Dangles, 2005, 317 pages

A propos de l'auteur

Guillaume Moricourt est un spécialiste de l'agriculture de par sa formation d'économiste spécialisé dans la filière agricole. Son livre constitue une référence et a été sélectionné et nominé pour le prix Nature et Environnement.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Dangles
- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre
- Une interview avec Guillaume Moricourt

L'avis d'une lectrice
Source

La vérité sur nos assiettes

Pour arrêter de vivre dans le monde aseptisé des supermarchés... Un livre intéressant pour ceux qui s'intéressent à leur santé et à l'avenir de notre planète !

Au sommaire

Préface
Préambule
Chapitre 1 : Les différentes agricultures
- L’agriculture conventionnelle
- L’agriculture biologique
- L’agriculture raisonnée
Chapitre 2 : Le fou et la vache folle
- Les farines animales
- Minimiser l’affaire
- Premières mesures de sauvegarde
- Farines encore plus trafiquées
- L’embargo contre la Grande-Bretagne
- Les contaminations croisées
- La France au-dessus de tout soupçon ?
- La traçabilité
- L’embargo contre la France
- Conclusions
Chapitre 3 : Les organismes génétiquement modifiés
- Brève histoire de la génétique
- Les végétaux
- Les animaux manipulés : jusqu’où iront-ils ?
- Un étiquetage virtuel
- Le big-bang des grandes surfaces
- Haro sur le moratoire de fait
- De nouvelles autorisations laborieuses
- Le big-bang des Verts allemands
- La fronde des régions de l’Union Européenne
- La contamination en action
- Le principe de précaution
Chapitre 4 : Auxiliaires et additifs alimentaires
- Les auxiliaires
- Les additifs
Chapitre 5 : Qualité de quelques produits
- Le blé et le pain
- Le riz
- Le maïs
- Le soja
- Les fruits et légumes
- Les poissons
- Les fruits de mer
- La viande bovine
- La viande de porc
- La volaille
- Les oeufs
- Le lait et les fromages
- Le beurre
- Le sucre
- Le chocolat
- Le sel
- Les huiles
- Les margarines
- L'eau
- Les jus de fruit
- Le café
- Le thé
- Le vin
Chapitre 6 : Les politiques agricoles
- Les organisations Communes de Marché
- La Politique Agricole Commune de 1962
- La Politique Agricole Commune de 1992
- Une nouvelle Politique Agricole tournée vers le bio ?
- La Politique Agricole Commune de 2005/2006
Conclusion.
Tables des matières
Abréviations

04 avril 2012

Le guide nature pour tous, de Frank Hecker

Le guide nature pour tous
La faune et la flore de nos régions
en 750 photographies

de Frank Hecker

Cet ouvrage est un guide d'identification des 550 principales espèces animales et végétales les plus communes en France et en Europe de l'ouest. Un classement par milieu facilite nettement l'identification. Le point de départ est l'endroit où vous vous promenez. Vous savez ainsi exactement où trouver dans le livre l'espèce que vous cherchez : en forêt ou dans les champs, en ville ou en milieu aquatique, en montagne ou sur le littoral. De plus, grâce à sa jaquette en plastique, votre guide est protégé des intempéries ! C'est le guide idéal pour les promenades en famille.

- 750 photographies en couleurs.
- Les principales caractéristiques d'un seul coup d'oeil.
- En annexe : les principales plantes comestibles, les plantes vénéneuses les plus communes, les oeufs d'oiseaux, les empreintes et traces en milieux forestier et aquatique, les coquillages, les exuvies de libellule, le frai de batraciens, etc.

Le guide nature pour tous, Frank Hecker, Editions Delachaux et Niestlé, 2007, 352 pages

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin
- Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy
- Safari urbain, de Laurent Geslin

Un aperçu du livre



03 avril 2012

Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy

Guide des curieux de nature
en 150 scènes
de Vincent Albouy
illustrations de Claire Felloni

150 scènes de la nature ordinaire décryptées et illustrées.

Un tronc d’arbre enduit de boue, une chenille acrobate, un groupe d'insectes qui patinent sur l'eau, des tortillons de vase sur la grève, une bourse de soie dans un pin, un coeur de libellules au bord de l'étang, un nid douillet sous une vieille tôle, des graffitis sous une feuille de ronce, une feuille de graminées pliée en Z... qu'est-ce que tout cela peut bien signifier ?

La nature ne se livre pas toujours au premier venu. Il faut savoir entrer dans son intimité pour découvrir ses secrets, apprendre à lire les signes qu’animaux et végétaux laissent sur le chemin du promeneur attentif. Voici donc, à travers ce guide, les clés qui permettront aux curieux de nature de comprendre son langage.

- 150 scènes de la nature les plus remarquables, classées par saison, pour comprendre le langage parfois mystérieux de la nature.

- 150 illustrations en couleurs d'une grande précision naturaliste figurent les observations et fournissent les explications visuelles.

- Des photos indiquent de manière pratique les "trucs" à faire pour mieux observer la nature (technique de récolte, d'observations...).

- Des conseils pour approfondir vos connaissances naturalistes en faisant l'acquisition de matériel et d'une documentation spécialisés.

Le guide des curieux de nature se révèle essentiel pour s'émerveiller tout simplement en parcourant le bord des chemins. A consulter en famille, en groupe d'animation nature ou en solitaire.

Guide des curieux de nature, Vincent Albouy, Illustrations : Claire Felloni, Editions Delachaux et Niestlé, 2005, 224 pages

A propos des auteurs

Vincent Albouy est entomologiste, membre d'association de protection des insectes et de la nature (Opie et Ponema notamment). Il a publié plusieurs ouvrages, en particulier sur les insectes. Il est l'auteur chez Delachaux et Niestlé du Guide des curieux du bord de mer (2004) et du Jardin des insectes (2002).

Diplômée de l'école Boulle, Claire Felloni est illustratrice depuis plus de 25 ans, spécialisée dans le dessin naturaliste (faune et flore). En 1996, elle obtient le premier prix d'illustration au salon des artistes naturalistes du Muséum national d'histoire naturelle.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- Le site de Claire Felloni où vous trouverez un aperçu des illustrations du livre
- Animaux sauvages de nos villes, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy
- Le guide nature pour tous, de Frank Hecker
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin
- Safari urbain, de Laurent Geslin
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux
- Paris animal, d'Hélène Hatte et Valérie Rialland-Haddach

L'avis d'un lecteur
Source

L'entomologie, la botanique et la zoologie rendus attractifs !

Ce livre nous propose des explications sur des scènes, des indices qu'on peut observer au cours des randonnées, couramment pour certains, plus exceptionnellement pour d'autres.

Le livre est divisé en 4 parties correspondant à ce qu'on peut observer dans chacune des 4 saisons. Chaque scène est décrite sur une page avec de très belles illustrations et un texte intéressant. Pour s'y retrouver, il y a un sommaire, un index à partir des noms des espèces, un autre index par thème, catégorie, pour retrouver ce qu'on cherche en rentrant d'une promenade où on a observé quelque chose de particulier.

Très bon livre, qui permet de retrouver l'adaptation, la lutte passionnante pour la survie des espèces derrière des comportements, des indices en apparence anodins.

02 avril 2012

Guide des curieux de nature en ville, de Vincent Albouy

Guide des curieux de nature en ville
12 promenades citadines
de Vincent Albouy

Comment végétaux, insectes et mammifères colonisent et exploitent utilement les micromilieux urbains - friches, voies de communication, bords des eaux, parcs, petits jardins, toits, murs de façade, trottoirs, pavés, tunnels, caves...

Cet ouvrage vous propose : La découverte d'un patrimoine naturel encore commun mais fragile et menacé, qui mérite notre curiosité, notre respect et notre protection ; Un guide de découverte nécessaire pour connaître la nature partout où elle reprend ses droits et pour apprendre à évaluer la "santé" de nos milieux urbains ; 12 promenades citadines, de la périphérie de la ville jusqu'à son centre, de l'extérieur vers l'intérieur des bâtiments. Plus de 100 photographies étonnantes et 250 illustrations en couleurs d'une remarquable précision naturaliste pour une identification facile de la flore et de la faune qui peuplent la jungle urbaine. Une partie consacrée aux migrateurs, aux hivernants et aux espèces méridionales qui profitent du microclimat urbain, pour remonter vers le nord. Un ouvrage à consulter en famille, en groupe d'animation ou en solitaire.

Guide des curieux de nature en ville, Vincent Albouy, Editions Delachaux et Niestlé, 2006, 240 pages

A propos de l'auteur

Vincent Albouy est entomologiste, membre d'association de protection des insectes et de la nature (Opie et Ponema notamment). Il a publié plusieurs ouvrages, en particulier sur les insectes. Il est l'auteur chez Delachaux et Niestlé de nombreux livres dont La nature la nuit (2006), illustré par Jean Chevallier et Le Guide des curieux de nature (2005), illustré par Claire Felloni.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Delachaux et Niestlé
- Animaux sauvages de nos villes, de Vincent Albouy
- Guide des curieux de nature, de Vincent Albouy
- Safari urbain, de Laurent Geslin
- Histoires insolites des animaux de Paris, de Rodolphe Trouilleux
- Paris animal, d'Hélène Hatte et Valérie Rialland-Haddach
- Le guide nature pour tous, de Frank Hecker
- La France sauvage, une série diffusée sur Arte (10x45min)
- La France sauvage, de Marc Giraud
- Espèces en danger ! de Claude-Marie Vadrot
- Rencontres sauvages, de Catherine Vincent
- A la découverte des animaux de nos campagnes, de Cyril Laurentin

La présentation du livre
par Cécile Fargue du site Univers Nature

Alors qu'une large majorité d'entre nous vit en ville, entre béton et bitume, et que, paradoxalement, nous sommes également de plus en plus nombreux à la recherche d'un eldorado de verdure, de nature, de liberté, d'authenticité… ce guide est le sésame de ce monde perdu !

Les villes ont colonisé la Terre certes, mais la résistance s'est également organisée. La Nature a su composer et se réapproprier des espaces insoupçonnés.

Le livre se décompose en "12 promenades citadines", ou si vous préférez, explore 12 micro-milieux urbains : le long des voies de communication, au bord de l'eau, dans les grands parcs, les jardins de banlieue, les terrains vagues et friches industrielles, les alignements d'arbres et parterres de fleurs, les aires de jeu, les trottoirs et pavés, les tunnels et égouts, sur les murs et les toits, dans les maisons et immeubles, et enfin la dernière promenade s'intéresse aux oiseaux migrateurs qui n'hésitent pas à faire halte dans nos villes au cours de leurs périples. Bref, chacun de ces milieux recèle un microcosme que nous croisons tous les jours sans le voir, sans même soupçonner sa présence. Une ignorance que ce livre permet enfin de réparer.

L'auteur, Vincent Albouy débute chaque promenade par une présentation en règle du microcosme en question, évoquant l'influence de l'homme sur ces paysages. Puis, comme un détective contentieux, il liste les plantes et animaux vivant dans ces lieux. Pour chacun, illustration, anecdotes sur le mode de vie et autres petites informations permettent une meilleure connaissance et reconnaissance de ceux et celles qui peuplent nos quotidiens.

Côté présentation, le "Guide des curieux de nature en ville" est clair et lumineux. Plus de 100 photos et 250 illustrations égayent et rendent vivantes les 237 pages de ce livre. Pour ce qui est de sa lecture, plusieurs solutions s'offrent à nous : on peut le lire d'une traite, ou flâner entre les 12 promenades proposées. Une chose en tout cas est certaine, après lecture, vous n'aurez plus qu'à partir en balade dans votre ville à la recherche des plantes et animaux dévoilés entre ces pages. Une balade à faire seul, entre amis ou avec des enfants…