13 août 2010

Humanité, animalité : quelles frontières ? de Jean-Claude Nouët et Georges Chapouthier

Humanité, animalité : quelles frontières ?
Sous la direction de

Jean-Claude Nouët

et Georges Chapouthier


Rassemblées dans cet ouvrage, les contributions originales de 21 biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes, montrent combien se sont estompées aujourd'hui les frontières scientifiques, philosophiques, juridiques, pathologiques, prétendument infranchissables, que le cartésianisme avait voulu voir ériger entre l'humanité et l'animalité.

Au cours des siècles, les hommes ont le plus souvent considéré qu’il existait un fossé entre le règne animal et eux. La reconnaissance des droits de l’animal va à l’encontre de cette conception, également battue en brèche par les travaux scientifiques les plus récents. Aussi, on le sait, la LFDA a réuni, ces dernières années, trois congrès qui ont étudié respectivement les frontières scientifiques et philosophiques, juridiques et pathologiques entre l’animalité et l’humanité.

Cet ouvrage est constitué des actes de ces congrès. Lors du premier, Alain Collenot a montré comment la génétique a modifié la conception de ces frontières. Au sein d’un même groupe, celui des mammifères, les structures sociales sont elles-mêmes très variées (Jean-Louis Hartenberger). Si définir une conscience animale n’est guère aisé, des "pistes" sont néanmoins possibles (Pierre Buser). Certes, les limites du naturel et du culturel demeurent floues, surtout si l’on considère les protocultures et l’emploi d’outils, protolangage, protomorale et choix esthétiques (Georges Chapouthier). Pour leur part, Jean Bastaire et Michel Hulin analysent la place des animaux dans le christianisme et la civilisation indienne.

Les frontières juridiques – objet du deuxième congrès – sont étudiées par Jean-Pierre Marguénaud et Grégoire Loiseau. De son côté, Suzanne Antoine estime que la création d’une nouvelle catégorie de biens, le "bien protégé", pourrait améliorer la situation juridique de l’animal. Membre du Parlement européen et président de l’Intergroupe pour le bien-être et la protection des animaux, Robert Evans, rappelle les grandes lignes de l’action de celui-ci.

Troisième congrès, consacré aux frontières pathologiques, ce qui implique l’évaluation comparée de l’immunologie (Patrice Debré), les sensibilités différentes intra et interspécifiques (Hervé Zeller), les contaminations de l’homme par les déplacements intercontinentaux (François Bricaire), les modèles artificiels de pathologies humaines (Jean-Louis Guénet) et la pathologie comparée avec le cas du chien (Stéphane Blot). Dans leur exposé sur le risque sanitaire "sauvage", Marc Artois, Alexandre Caron et Bernard Vallat soulignent que "la diabolisation de la faune sauvage ne résoudra aucun problème". Et Sabrina Krief dresse un étonnant panorama des animaux qui "se soignent" eux-mêmes, les chimpanzés surtout, mais aussi bien d’autres.

En conclusion, Jean-Claude Nouët montre à quel point la notion de frontière entre animalité et humanité apparaît relative : une "affaire de critères et de point de vue". Néanmoins, alors même que, sous l’effet des découvertes scientifiques et de l’évolution des mentalités, cette frontière s’estompe, la législation va encore trop souvent à contre courant. Ainsi, dans notre pays, un texte officiel récent assimile l’animal de laboratoire à… un "système d’essai"…

Humanité, animalité : quelles frontières ? se révèle un ouvrage fondamental, qui apporte des arguments décisifs à une meilleure reconnaissance des droits de l’animal.

Co-auteurs : Suzanne Antoine, Marc Artois, Jean Bastaire, Stéphane Blot, François Bricaire, Pierre Buser, Alexandre Caron, Georges Chapouthier, Alain Collenot, Jean-Marie Coulon, Patrice Debré, Robert Evans, Michel Fontaine, Jean-Louis Guénet, Jean-Louis Hartenberger, Michel Hulin, Sabrina Krief, Grégoire Loiseau, Jean-Pierre Marguénaud, Jean-Claude Nouët, Bernard Vallat, Hervé Zeller.

Humanité, animalité : quelles frontières ?, Jean-Claude Nouët, Georges Chapouthier, Editions Connaissances et Savoirs, 2006, 243 pages

Voir aussi : Homme et animal : de la douleur à la cruauté, sous la direction de Thierry Auffret Van der Kemp et Jean-Claude Nouët.

12 août 2010

Homme et animal : de la douleur à la cruauté, de Thierry Auffret Van der Kemp et Jean-Claude Nouët

Homme et animal : de la douleur à la cruauté
Sous la direction de

Thierry Auffret Van der Kemp
et Jean-Claude Nouët


Lors de l'exposition "Bêtes et Hommes" à la Grande Halle de la Villette en octobre 2007, la Fondation Ligue française des droits de l'animal a organisé un colloque sur le thème "Homme et animal : de la douleur à la cruauté ".

D'éminents spécialistes des sciences biologiques et des sciences humaines ont accepté d'y apporter leur savoir dans les domaines divers de la neurobiologie, de l'éthologie, de la sociologie, de la philosophie, de l'histoire et du droit. Ils ont apporté leurs réponses à des questions essentielles concernant la douleur des animaux, et les réactions de l'homme à son égard.

Du point de vue du neurobiologiste, tous les animaux peuvent-ils éprouver la douleur physique et la souffrance psychique ? Comment, selon l'éthologue, peut-on reconnaître et interpréter les signes extérieurs de la souffrance des animaux ? Comment l'homme perçoit la souffrance d'autrui ? Sous l'angle de la médecine pédopsychiatrique, un enfant cruel envers un animal devient-il un adulte cruel envers l'homme ? Comment, au regard des philosophes comme des artistes plasticiens au cours des trois derniers siècles et jusqu'à aujourd'hui, la douleur et la souffrance subies par les animaux ont-elles été prises en compte par les hommes ? Selon la sociologie, des pratiques culturelles ou professionnelles sont-elles capables, en écrasant la sensibilité d'enfants ou d'adultes pour la souffrance des animaux, d'engendrer des séquelles psychologiques ? Comment le droit a-t-il pris, ou prendra-t-il en compte la douleur des animaux et la cruauté envers eux ?

L'ouvrage, réalisé par la Fondation Ligue française des droits de l'animal, présente les interventions et les débats ; il est accessible à tous les publics.

Homme et animal : de la douleur à la cruauté, Thierry Auffret Van der Kemp, Jean-Claude Nouët, Editions L'Harmattan, 2008, 180 pages

Ce livre peut-être feuilleté sur cette page.

Sommaire

Thierry Auffret Van der Kemp
Avant-propos et remerciements

Jean-Claude Nouët
Introduction

Georges Chapouthier
La douleur : des animaux à l'homme

Dalila Bovet
Comment reconnaissons-nous et interprétons-nous les signes extérieurs de la douleur ou de la souffrance des animaux ?

Marie-France Le Heuzey
L'enfant cruel; cruauté envers l'animal, cruauté envers l'homme : continuité ou rupture ?

Jean-Luc Guichet
La perception de la cruauté envers l'animal au cours de l'histoire : le XVIIIe siècle, siècle charnière

Elisabeth Hardouin-Fugier
Images de la cruauté humaine envers l'animal

Jocelyne Porcher
L'écrasement de la sensibilité des travailleurs dans les systèmes industriels de productions animales

Jean Decety
Comment notre cerveau perçoit-il la souffrance d'autrui ?

Suzanne Antoine
La prise en compte par le droit de la douleur de l'animal et de la cruauté envers lui

Jean-Claude Nouët
Conclusion

Penser l'animal autrement, de Philippe Devienne

Penser l'animal autrement
de Philippe Devienne


Alors que le débat autour des droits de l'animal fait l'objet d'âpres discussions quant aux critères retenus pour affirmer que les animaux souffrent, sont conscients, désirent..., il est frappant de constater que le sceptique récuse aisément de tels arguments fondés sur la connaissance. Un chemin de la philosophie n'a cependant pas été exploré : la philosophie du langage ordinaire, en dépassant la sphère de la connaissance, donne une nouvelle ouverture à ces concepts et nous invite alors à (re)découvrir cet animal qui est là devant nous lorsque nous disons de lui : il souffre, il est conscient, il a faim, etc. Tout en combattant les thèses relativistes et en dénonçant les idées réductionnistes qui foisonnent sitôt que l'animal est l'enjeu d'un désaccord, l'auteur propose de nouveaux développements politiques et éthiques dans notre société, complexe et paradoxale à bien des égards dans sa relation aux animaux.

Penser l'animal autrement, Philippe Devienne, Editions L'Harmattan, 2010, 317 pages

A propos de l'auteur

Vétérinaire, Philippe Devienne est également titulaire d’un doctorat de philosophie.

Ce livre peut être feuilleté sur cette page.

Voir aussi, du même auteur : Les animaux souffrent-ils ?

Sommaire

Remerciements
Introduction
Chapitre I - Principes fondateurs et nouvelles perspectives
I - Querelles et réconciliations autour de l'animal
. À la recherche de critères fondateurs
. Des critères de capacité
. Des conflits de critères entre écocentristes et libérationnistes
. Conflits entre éthiques individualistes et principes humanistes
. Consensus ou constructions mal faites
II - Parler au nom de l'Animal ?
1 - Parler pour l'animal
Prétendre à des droits qui ont été bafoués
Prétendre à des droits à faire valoir
2 - Parler de l'animal ?
3 - Ils parlent tous de l'animal
4 - Envisager un relativisme des valeurs ?
Contre le relativisme : refuser une méta-éthique
La stratégie relativiste fait abstraction de la Déclaration des Droits de l'Homme
III - Ils parlent (Tous) pour Moi !
Chapitre II - Raconter l'Animal
I - Des critères ad hominem
1 - Entre la perception et l'interprétation : l'animal est là, devant moi
La dimension conceptuelle du voir
Le voir de l'analogie
La référence du "comme" dans le comportement
2 - Entre lui et moi, ou l'association corps-esprit
L'apparence de l'intérieur et de l'extérieur
L'animai-machine
Le dualisme du corps et de l'âme remanié par les neuroscientifiques
L'animal-chose de la doctrine juridique
L'animal-outil de production
3 - Comment dans ces conditions, peut-on parler de critères de bien-être ou critères de douleur ?
La question des critères du bien-être
La question des critères de la douleur
II - Ce que nous cherchons est de savoir "quel effet cela fait d'être..."
Vers une subjectivité animale
Les qualia
III - Concepts empiriques et concepts grammaticaux
I - La grammaire de l'intérieur et de l'extérieur
Plutôt que de savoir "Quel effet cela fait ?", posons-nous plutôt la question ; "Quand utilisons-nous des mots comme 'se représenter ', 'souffrir '. 'être conscient ' ?"
La relation entre l'intérieur et l'extérieur
L'intérieur, l'extérieur et la grammaire
2 - Mon attitude envers ranimai et les critères grammaticaux
La question des symptômes et des critères de la douleur
Les critères : existence ou identification ?
3 - La grammaire des autres
La grammaire dépasse la barrière d'espèces
La grammaire à la première et à la troisième personne
Raconter l'animal
Chapitre III - Accords et désaccords
I - Aveugles envers l'Animal
Première cécité : je ne vois pas un aspect de l'animal
Seconde cécité : je deviens aveugle aux autres aspects
Cette deuxième cécité survient quand nos mots nous échappent
Le déni de l'animal
II - Retrouver l'usage ordinaire
1 - Ce que nous révèle la grammaire du langage ordinaire
Quand nous parlons nous nous rapprochons du réel
Mes mots m'engagent
2 - La norme émerge de notre façon de parler
L'homme, la seule mesure des choses ?
Convention, tradition ou relativisme ?
Vers un naturalisme des normes
3 - L'accord dans la forme de vie définit mon rapport à ma communauté
Les critères dépendent de l'accord dans les Jugements
L'accord ne se limite pas à un héritage
La justification des cas-limites n 'est pas un accord
Le dernier mot de la Justice, le premier mot du langage ordinaire
III - Sur les chemins de l'ordinaire
A la croisée des chemins
Le chemin du pragmatisme
Le chemin de la revendication
Chapitre IV - Un chemin pragmatique
I - L'élevage en crise
Caractéristiques de l'élevage
Les risques dans l'élevage
Les crises de l élevage
Les difficultés des éleveurs
Des tensions intenables chez les scientifiques
Les changements de vue des consommateurs et leur perplexité
II - Des hypothèses et leurs capacités à résoudre la crise
Vers un végétarisme ?
Vers une amélioration des postes de l'intensif ?
De l'usage des labels ?
Des élevages industriels
Un développement durable
III - Envisager un élevage pragmatiste
1) Les 4+2 thèses du pragmatisme dans un contexte de crise
1° Pas de dichotomie fondamentale entre faits et valeurs
2° La primauté de la pratique
3° Un anti-scepticisme
4° Un faillibilisme
4+1° Ne pas oublier le cri des blessés
4+2° Ne pas espérer fonder une hypothèse sur un changement de ma société
2) Des contraintes de qualité
Les contraintes pour une qualité sociale
Les contraintes pour une qualité environnementale
Des contraintes de production
Des contraintes pour le bien-être des animaux
3) L'élevage : une coopération interdisciplinaire
Un collectif étendu
La formation des chercheurs
IV - Le pragmatisme et mon désenchantement
Chapitre V - Des chemins revendicateurs
I - Mon consentement ou mon silence, et la perte de la voix
Prendre son parti
Le déni de l'animal
Il y a un moment ou cette société dépasse tes bornes, mes bornes
II - Une situation démocratique du desaccord
1. Manifester son désaccord
2. Quelle démocratie serait plus favorable dans la considération de l'animal ?
La version du contractualîsme démocratique
Qu'en est-il cependant de l'animal dans la théorie rawlsienne ?
L'utilitarisme
Le perfectionnisme
III - Je suis le lien entre ma société et l'animal
Encore la question de l'accord entre le Je et le Nous
Une revendication
Vers une démocratie du désaccord
Comment revendiquer ?
Mon errance dans la reconnaissance de l'animal
IV - "En-visager" l'animal dans une dimension éthique
Au-delà de la compassion
Une ouverture à l'altérité
Le "Je" de l'action
Conclusion
Bibliographie

Les animaux souffrent-ils ? de Philippe Devienne

Les animaux souffrent-ils ?
de Philippe Devienne


Philippe Devienne, vétérinaire, offre un regard neuf sur l'épineuse question de la souffrance animale, à l'heure où justement la souffrance humaine est de mieux en mieux prise en charge grâce aux progrès techniques. Un petit ouvrage scientifique qui nous ouvre sur le monde et sa réalité.

Comment juger de la souffrance animale ? Qui est à même de le faire ? Le vétérinaire, l’éleveur, l’employé des abattoirs, le chercheur… tout un chacun ? Et sur quels critères, puisque, à l’inverse de l’être humain, l’animal ne peut en parler ?

Les animaux souffrent-ils ? Pourquoi cette question, qui suscita de houleux débats au XVIIe siècle, mérite-t-elle à nouveau d'être posée ? Nous sommes à peu près tous convaincus qu'un chien souffre... mais une mouche a-t-elle mal ? Science et philosophie ont-elles définitivement clos le sujet de la douleur animale ? Et si la réponse était à chercher hors de leurs sentiers battus ?

Les animaux souffrent-ils ?, Philippe Devienne, Editions Le Pommier, 2008, 64 pages

A propos de l'auteur

Vétérinaire, Philippe Devienne est également titulaire d’un doctorat de philosophie.

Voir aussi, du même auteur : Penser l'animal autrement.

Au sommaire

- Introduction
- Une question de définitions ?
- Comment sait-on qu’ils souffrent ?
- Peut-on croire qu’ils souffrent ?
- Conclusion
- Références
- Bibliographie

L'analyse du livre
par la LFDA, La Fondation Droit Animal

Un nouvel ouvrage à mettre au crédit de cette remarquable collection. Docteur vétérinaire et philosophe, l’auteur montre combien est dépassée la conception postcartésienne, développée par Nicolas de Malebranche, qui voulait voir dans les animaux des objets dépourvus de douleur, comme les automates ou les horloges. Mais il affirme que l’analyse physiologique, qui montre l’existence chez les animaux de processus identiques à ce qu’on trouve chez les humains, ne peut permettre d’affirmer, puisque les animaux ne parlent pas, que leur vécu de la douleur ou de la souffrance est vraiment identique au nôtre. Et à l’opposé de cette analyse «objective» des mécanismes physiologiques, l’interprétation «anthropomorphique» subjective des douleurs des animaux, comme identiques aux nôtres, se heurte à la critique que ce peut être une fiction de notre imagination. En d’autre termes, l’analyse des mécanismes physiologiques donne une idée objective de ces mécanismes, mais sans conclusion possible quant la «totalité sentante» et quant à ce qu’elle ressent effectivement, alors que l’approche subjective donne certes une idée de la totalité, mais sans preuve objective de sa véracité, puisque l’animal ne peut témoigner de son ressenti. «Même chez un être humain, je ne peux pas ressentir la sensation d’autrui» (p52).

Face à ce qui apparaît comme une question définitivement sans réponse, l’auteur conclut, de manière relativement empirique, en s’appuyant sur la théorie du langage du philosophe Wittgenstein, que nous pouvons concevoir la douleur de l’animal puisqu’elle est ainsi inscrite dans nos catégories langagières : «C’est un animal ou un humain qui a mal, et cela ne découle pas d’une réalité empirique mais réside dans notre façon de parler» (p57). Ainsi s’offre, pratiquement, la possibilité de sonder empiriquement la douleur, et de la soulager par diverses techniques, des méthodes pratiques dont l’auteur, fort de sa pratique vétérinaire, nous donne, pour les animaux les plus familiers, des «recettes» nombreuses (et utiles). Notamment, face au relatif «silence» de l’animal qui souffre : «quel vétérinaire n’a jamais été surpris de découvrir des lésions tissulaires étendues (…) en complet décalage avec la discrétion du comportement douloureux de l’animal» (p25). Finalement, sans pouvoir répondre à la question métaphysique de la douleur animale et de son vécu réel, «occupons nous d’être vigilants et attentifs à propos de nos animaux… pour détecter chez eux les premiers signes de leur souffrance» (p60). Une souffrance qui nous apparaît spontanément à travers notre univers langagier usuel. Nous avouons ne pas être tout à fait d’accord avec l’auteur. Certes nous le suivons parfaitement dans sa démarche pratique visant à limiter au mieux la douleur des animaux.

Mais nous pensons aussi qu’on peut aller plus loin dans l’affirmation philosophique des capacités de animaux à ressentir la douleur, en s’appuyant sur les mécanismes physiologiques (objectifs) et en inférant, dans le même temps, à leur propos un ressemblance (subjective, mais assez plausible) avec leurs conséquences ressenties chez l’homme. Cela donne une «probabilité de ressenti de la douleur» assez comparable, pour les mêmes mécanismes, entre eux et nous. A défaut, quand on s’éloigne trop des comparaisons possibles avec les humains (adultes), il faut donner aux animaux (et aussi aux jeunes enfants dépourvus, eux-aussi, du langage) le «bénéfice du doute» et supposer qu’ils souffrent, plutôt que de supposer qu’ils ne souffrent pas. Ainsi pourra-t-on progresser vers davantage de morale dans un monde qui en a bien besoin. En attendant sans doute des progrès ultérieurs de l’imagerie cérébrale, qui pourront peut-être permettre d’aborder, plus directement, dans le futur, le vécu de l’expérience douloureuse.

11 août 2010

Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres, de Laetitia Barlerin

Histoires incroyables
d'animaux pas comme les autres

de Laetitia Barlerin
avec la collaboration de Georges-François Rey


Un livre instructif et agréable
que je vous recommande !

40 histoires vraies, recueillies à travers le monde, qui mettent en scène divers animaux ayant vécu des situations extraordinaires.

Un chat parcourt 600km pour retrouver ses maîtres...
Un perroquet maladroit provoque une rupture amoureuse...
Une lionne adopte un bébé antilope...
Un éléphant sauve des touristes d'un tsunami...
Un chien hérite de milliards de dollars...
Un kangourou sauve un agriculteur australien...

Ce ne sont que quelques-unes des 40 histoires vécues par des animaux-héros qui, lors d'événements exceptionnels ou dans des situations hors du commun, ont fait preuve d'aptitudes extraordinaires. Quel instinct enfoui les a amenés à se comporter ainsi ? Comment ont-ils pu accomplir ces exploits surprenants ?

Docteur vétérinaire et spécialisée dans le comportement animal auquel elle consacre de nombreuses rubriques à la radio, à la télévision et dans la presse animalière, Laetitia Barlerin nous propose de le découvrir et nous donne, au-delà de ces récits étonnants, l'occasion d'en apprendre davantage sur certaines facultés - souvent ignorées - de nos amies les bêtes.

Pour chaque "histoire extraordinaire", l’explication du vétérinaire sur "ce qui a conduit l’animal à accomplir cet exploit". Des infos pour en savoir plus sur l’animal complètent aussi ces explications.

Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres, Laetitia Barlerin, avec la collaboration de Georges-François Rey, Editions Albin Michel, 2009, 296 pages

L'avis du site JNE
Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie

Source

Essentiellement fondées sur des dépêches d’agences de presse, ces histoires récentes vont des animaux sauveurs d’humains aux surdoués en passant par les gaffeurs (mes préférés), tel Ziggy Stardust, ce perroquet imitateur qui trahit les infidélités de sa maîtresse en criant amoureusement un prénom masculin… Autres exemples : le dauphin qui a sauvé des baleines, le paon amoureux d’une pompe à essence, le chat qui devine la mort des pensionnaires d’un asile, l’ourse amie d’un chat, etc. Vétérinaire médiatique (RMC, Télé 7 jours…), Laetitia Barlerin reçoit également beaucoup de témoignages personnels au cours de ses diverses professions. Après chaque récit, elle nous livre son "avis du véto" pour en proposer des explications possibles, ce qui n’est pas évident pour nombre de comportements. Là réside peut-être l’intérêt de ces faits réels : ils échappent encore à la science, et ils nous ouvrent des horizons nouveaux. Cependant, quitte à décevoir ses lecteurs, docteur Barlerin ne donne pas dans l’irrationnel : "aucun des cas de chats voyageurs (pour retrouver leurs maîtres) que la littérature ait pu rapporter n’a été validée scientifiquement". Chaque histoire extraordinaire est aussi suivie d’un "Pour en savoir plus" sur des infos générales plus connues mais également étonnantes. Chats, chiens, lapins, éléphants et kangourous sont ainsi passés au crible. Pour d’autres anecdotes sur des bêtes extraordinaires, mais sous un angle plus historique, voir aussi "Les animaux célèbres" (Martin Monestier, Editions Le cherche midi, 2008).

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Albin Michel
- Le portrait de Laetitia Barlerin (activités, livres)
- La page de l'émission radio "Vos animaux" sur RMC

L'émission "Vos animaux" est diffusée tous les dimanches matin de 6h à 8h sur RMC. Disponible également sur le site, vous pouvez l'écouter à tout moment. Dans cette émission 100% interactive, animée par François Sorel, Laetitia Barlerin, Docteur vétérinaire, répond à toutes vos questions sur les animaux de compagnie et vous aide à résoudre les problèmes rencontrés au quotidien. Toute l'actualité concernant le monde animalier, les nouveaux produits et événements y sont aussi traités dans la bonne humeur.

Le sommaire

-Des animaux enchantés ?
Les animaux héros
- Angel et la chienne sans nom
- Les lions et la petite fille
- Le sixième sens de Thongdaeng
- Sauvés à coups de griffe
- S.O.S., un chien au téléphone !
- Le gentil géant au dos d'argent
- Des dauphins "casques bleus"
- Skippy pour de vrai
Les animaux miraculés
- Molly au Pays des Merveilles
- Emily, globe-trotter
- Un dur à cuire
- Le mois des envahisseuses
Les animaux surdoués
- Le voyageur solitaire
- Les dents du lac
- Une boussole dans la tête
- Le diagnostic de Ringo
- Rico, le surdoué
- Les câlins du petit chat
Les animaux et l'amour
- Un amour super
- L'amour rend aveugle
- Les copines du zoo
- A nous les petites Suédoises
Les animaux gaffeurs
- Un perroquet trop bavard
- Un serpent au fond du trou
- Drôles d'oiseaux
- Douillet refuge
Parents modèles
- Et alors ? Moko est arrivé !
- La biche de la discorde
- Le garde du corps
- La lionne au cœur tendre
- La solitude, ça n'existe pas
Les animaux stars des médias
- La baleine de Londres
- L'Allemagne victime de la "knutmania"
- Libre malgré lui
- La course en tête du roi fainéant
Les animaux insolites
- Elle a fait un bébé toute seule
- La fortune de Trouble
- La hi-fi adoucit les peines
- Mélange des genres
- Le mystère des crapauds explosifs

Quelques extraits choisis

Le mot de l'auteur (p9)
Des animaux enchantés ?

Des lions qui arrachent une petite fille à ses ravisseurs. Des éléphants qui sauvent des touristes du tsunami. Un chat qui fait 800km pour retrouver ses maîtres. Un couple de flamants roses homosexuels qui adopte un poussin abandonné. Une chatte et un ours qui deviennent les meilleurs amis du monde. Un chien qui diagnostique un cancer chez sa maîtresse...
Elles font régulièrement la une de nos quotidiens et la clôture du JT de 20 heures. Elles sont émouvantes, troublantes, drôles, étonnantes et... véridiques ! Ces histoires dont les animaux sont les héros ne laissent personne indifférent. Car elles révèlent une face cachée de leur nature, une face teintée d'humanité ou au contraire de magie.
Vétérinaire de profession, j'ai le bonheur d'animer depuis plusieurs années une émission radiophonique animalière sur l'antenne de RMC. Il m'arrive souvent de relater de tels récits ou d'en recueillir le témoignage. Et à chaque fois, la même question m'est posée : "Docteur, comment l'expliquez-vous ?". De là est née l'idée de cet ouvrage : raconter des histoires animalières aussi incroyables les unes que les autres puis donner un avis documenté sur les comportements observés.
Au fil des pages, vous découvrirez que, contrairement aux idées reçues, l'animal n'est ni une simple "machine" mue par des instincts primaires, comme le prône la pensée cartésienne, ni un être doté de pouvoirs "surnaturels". Les animaux sont capables d'éprouver des émotions, de l'empathie, de la compassion et même de l'amour, des sentiments que I'on pensait réservés à l'homme. Ils peuvent aider leur prochain - de leur espèce ou d'une autre - même s'ils ne semblent en tirer aucun avantage propre. Ils possèdent un sixième sens, mais aussi un septième, un huitième, un neuvième, tous ces sens que l'homme ne possède pas ou plus (capter des infrarouges, émettre des infrasons, transmettre des informations grâce aux phéromones). Ils font preuve d'une sensibilité et d'une intelligence aiguës qui laissent perplexes nombre de scientifiques. Si différents et pourtant si proches de nous, ils nous montrent qu'ils ont encore beaucoup à nous apprendre. Et pour commencer, une grande leçon d'humilité :
"L'animal a cet avantage sur l'homme qu'il ne peut être sot." - Victor Hugo

Bonne lecture !
Laetitia Barlerin

Des chiens au secours des épileptiques (p45)

En Grande-Bretagne, un centre de dressage canin s'est spécialisé dans la formation de chiens d'assistance pour épileptiques. Ces chiens apprennent à reconnaître et repérer chez l'homme les plus infimes changements, annonciateurs d'une crise d'épilepsie, comme une dilatation des pupilles, un tressaillement des doigts, une expression du visage et sûrement d'autres caractéristiques physiques ou chimiques. Ces signes seraient perceptibles par un chien 20 à 40 minutes avant la crise, ce qui laisse le temps à la personne de prendre ses dispositions comme s'administrer un médicament, arrêter une activité dangereuse ou tout simplement s'asseoir. L'animal donne l'alerte en s'agitant et en aboyant. Il est alors récompensé par des caresses et des friandises.

Des chiens renifleurs de cancers (p116)

Après plusieurs faits similaires, des expériences ont été menées par la communauté médicale afin de savoir si le meilleur ami de l'homme pouvait aussi l'aider à la détection des cancers. Ainsi, des chiens ont pu être entraînés à reconnaître "l'odeur" d'un cancer à partir d'échantillons de mélanome cutané (conservés en laboratoire) puis à la détecter sur des patients réels. Les résultats ont été au-delà des espérances : les chiens arrivent non seulement à détecter des lésions cancéreuses confirmées ensuite par une biopsie, mais aussi celles très discrètes et très difficiles à identifier par des méthodes classiques car ne concernant qu'une minuscule fraction de cellules anormales ! D'autres études ont révélé que le chien pouvait aussi "sentir le cancer" dans l'air expiré de personnes atteintes de cancer du poumon ou du sein, mais aussi dans l'urine de malades souffrant d'un cancer de la vessie ! Ce qui confirme que, quelle que soit la tumeur maligne, les cellules malades produisent des composés chimiques volatils qui permettent leur détection par le système olfactif du chien. ../..

Les animaux visiteurs (p132)

Nous sommes plus de quatre Français sur cinq à reconnaître que les animaux nous apportent du bien-être. Pourtant, seulement 30 % des maisons de retraite en France accepteraient des animaux... Or, souvent l'animal est le (seul) partenaire de vie du senior. Il représente une présence, un confident, il rompt son isolement social, lui apporte de l'affection, le responsabilise, lui fait faire de l'exercice... Lorsque la personne doit intégrer un établissement spécialisé, dans la majorité des cas, elle doit se résoudre à se séparer de son petit compagnon, la mort dans l'âme... Heureusement, de plus en plus d'établissements ont pris conscience de l'importance de la présence animale auprès des personnes âgées. Certains accueillent les animaux des résidents, d'autres ont leurs "mascottes" (chiens, chats, oiseaux) qui appartiennent un peu à tout le monde tout en étant sous la responsabilité de l'institution. Enfin, des associations proposent des interventions de "chiens visiteurs" accompagnés de leur maître bénévole. Les visites aux personnes dans leur chambre et les animations dans la salle commune visent à stimuler chez les pensionnaires la mobilité, les sens, l'échange, la mémoire. Cette initiative est toujours source de moments de bonheur : le chien recrée des liens sociaux entre les résidents et entre les résidents et le personnel soignant. Il s'avère un élément de médiation qui permet à certaines personnes de se révéler, de sortir de leur mutisme voire de leur chambre ! Un animal thérapeute ? Non, seulement un animal qui peut, peu ou prou changer la qualité de vie, nos vies.

Mutilés pour la médecine chinoise ! (p151)

Comme la majorité des ours dans le monde (six espèces sur huit !), l'ours à collier est menacé par la perte de son habitat, essentiellement lié à la déforestation, et par la chasse. Ce qui intéresse les chasseurs n'est pas tant sa fourrure mais... sa vésicule biliaire ! Car la bile d'ours est encore utilisée par la pharmacopée traditionnelle chinoise. En Chine, en Corée et au Japon, des milliers d'ours à collier sont retenus captifs dans des "fermes à ours" afin d'exploiter leur bile. Les conditions de détention et d'extraction de la bile sont scandaleuses : cages métalliques exiguës ou l'animal ne peut se mouvoir, absence d'hygiène, ours nourris par un bidon, cathéters rouillés piqués dans le ventre... Une femme, Jill Robinson, fondatrice de l'association Animals Asia Fondation, mène depuis plus de 15 ans, en Chine, un combat pour supprimer ces pratiques cruelles, faire fermer les "fermes de la honte" et favoriser les médications alternatives à la bile d'ours à partir de plantes médicinales. Elle a ouvert un sanctuaire à Sichuan pour accueillir et réhabiliter les ours sauvés des fermes. Elle œuvre pour sensibiliser la population et changer les habitudes par l'éducation. Petit à petit, cette femme courageuse arrive à faire changer les mentalités. (Plus d'information sur le site de l'association : Animals Asia Foundation)

"L'homosexualité" chez les animaux (p189)

../.. Le bonobo, un proche cousin du chimpanzé, cultive, lui, la bisexualité. Sa devise est peace and love ("paix et amour"). Mâles et femelles se font des câlins divers pour apaiser les tensions, faire la paix et surtout pour le plaisir. Tout est prétexte à s'épouiller tendrement, à se caresser, à s'embrasser et bien entendu à s'accoupler, avec des partenaires de sexe opposé ou de même sexe. Pas de jalousie, pas de bagarres, que des étreintes...
Pour la plupart des auteurs, si l'homosexualité exclusive (dans l'espèce) reste rare chez les animaux (voir aussi ci-dessous 'Des lézards lesbiens'), la bisexualité est beaucoup plus fréquente qu'on ne le pense. Certains affirment même que tous les animaux sont potentiellement homosexuels. Ce qui prouve bien, s'il fallait encore le faire, que l'homosexualité n'est pas contre nature.

Des lézards lesbiens (p159)

Le lézard du genre cnemidophorus, dit "lézard à queue en fouet" intéresse la science par son activité sexuelle originale. Premier élément insolite : tous les individus sont des femelles, les mâles ayant disparu au cours des générations. Pourtant ce lézard se reproduit. Comment ? Par parthénogénèse, une reproduction sexuée sans fécondation surtout décrite chez les insectes et les végétaux. Mais ces dames aux écailles ont tout de même besoin pour ovuler d'ébats amoureux et d'une simulation de copulation... A chaque problème sa solution : les lézardes se travestissent chacune leur tour pour que la copine ait une ovulation !

Cacophonie sonore ? (p228)

La mer est loin d'être le "monde du silence" dont parlait le commandant Cousteau : les vagues, le déplacement des diverses bêtes aquatiques, les bavardages entre poissons ou entre cétacés suffisent à donner une ambiance sonore des plus éclectiques. Viennent se greffer les bruits des bateaux à moteur et des sous-marins responsables d'une véritable pollution acoustique des mers et océans. Mettez-vous 2 minutes dans la peau d'un dauphin ou d'une baleine et vous aurez alors l'impression d'être dans une rave party version grand bleu ou une rue de New York à l'heure de pointe et des marteaux-piqueurs ! De quoi être complètement déboussolé et ne plus entendre famille et amis au loin. Sans parler des sonars de défense militaire (en particulier le LFAS, le réseau d'écoute sous-marine et ultrasonique mis en place par l'armée de la marine américaine) et des sonars de prospection pétrolière qui, par leurs ondes de basse fréquence, perturbent le comportement des animaux marins. Les sonars militaires sont accusés de causer des lésions internes (dont une surdité) et même la mort de cétacés comme la baleine à bec ! Ultrasons et bruits de moteur pourraient également, c'est une hypothèse, entraîner une réaction de fuite, avec remontée en surface trop rapide, ce qui entraînerait même chez les baleines un accident de décompression ! Cette pollution sonore serait une cause majeure de désorientation et d'échouage des mammifères marins. ../..

Quels droits pour nos animaux ? (p276)

Si le droit civil ne reconnaît pas de statut d'être vivant à l'animal (il est un "meuble", art. 528), le droit pénal le qualifie d' "être sensible" qui doit être protégé (art. L214-1) en particulier des mauvais traitements et des actes de cruauté. Mais le droit n'en est pas à une contradiction près. Pour améliorer la condition juridique de nos animaux familiers, les spécialistes du droit de l'animal comme Maître Xavier Bacquet demandent une réforme de leur statut en créant, par exemple, une catégorie intermédiaire entre la chose et l'homme.

Vous avez vous-mêmes été témoin du comportement incroyable d'un animal ?
Vous avez des anecdotes sur les animaux ? Des remarques ? Des questions ?
N'hésitez pas à contacter le docteur Laetitia Barlerin par mail :
histoiresincroyablesanimaux chez yahoo.fr

10 août 2010

Leur sixième sens, de Marie-Claude Bomsel


Leur sixième sens
Les animaux sont-ils plus sensés que nous ?

de Marie-Claude Bomsel



Lors du tsunami de la fin 2004, nous avons tous été frappés par le fait que les bêtes dites sauvages avaient pressenti l'événement et s'étaient enfuies aussitôt. Les animaux posséderaient-ils un sixième sens ? Marie-Claude Bomsel parlerait plutôt de sixième, septième, huitième sens et au-delà, tant leurs prouesses sont stupéfiantes. Mais attention ! N'allez pas prêter à ces bêtes des pouvoirs magiques ! Vous voulez savoir comment un chien retrouve tout seul la tombe de son maître, comment le saumon revient à sa rivière de naissance après des mois de voyage, par quel moyen le dauphin paralyse ses victimes sans même les toucher tandis que l'aigle martial repère un lapin à plus de mille mètres de distance ? Lisez ce livre. Vous verrez : la réalité "naturelle" dépasse de beaucoup nos fictions, et se révèle bien plus fascinante. Et arrêtez de dire que la carpe est muette : ce n'est même pas vrai !

Leur sixième sens, Marie-Claude Bomsel, Editions Michel Lafon, 2006, 239 pages

A propos de l'auteur

Marie-Claude Bomsel est docteur vétérinaire, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, chroniqueuse animalière le matin sur France 2 (C'est au programme !) et auteur, entre autres, de "La Vie rêvée des bêtes", publié en 2003 aux éditions Michel Lafon.

Une couverture et un titre attirants mais un contenu un peu décevant. Beaucoup d'informations intéressantes sur les différentes capacités des animaux, mais peu sur leurs "sixièmes sens", ceux plus mystérieux, qu'elle aborde avec légèreté et scepticisme, le tout dans un style d'écriture parfois agaçant...

Sur les mêmes sujets, voir plutôt

- Les pouvoirs inexpliqués des animaux, de Rupert Sheldrake
- Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres, de Laetitia Barlerin
- Les preuves d'amour de nos animaux, de Philippe de Wailly
- Ou bien d'autres livres de Marie-Claude Bomsel

Le sommaire

Prologue : Non, les animaux ne "ressentent" pas le monde comme nous !

1 - Du goût et de l'odorat
- Le flair du chien est-il un supra-sens ou un sixième sens ?
- Pourquoi le putois pue-t-il ?
- Pourquoi le serpent tire-t-îl la langue ?
- Comment le saumon reconnaît-il sa rivière natale ?
- Pourquoi le dromadaire mâle goûte-t-il l'urine de la femelle ?
- Les organes du goût sont-ils toujours situés sur la langue ?

2 - La vue
- Le chat voit-il la nuit ?
- La chouette voit-elle vraiment la nuit ?
- Comment l'aigle, en planant, repère-t-il le lapin au sol ?
- Comment appeler son chien à plus de un kilomètre sans crier ?
- Pourquoi la mouche s'envole-t-elle toujours quand on veut I'attraper ?
- L'escargot peut-il voir quelque chose s'il ne déploie pas ses antennes ?
- Si un caméléon se déplace entre une fourmi et une sauterelle, les voit-il en même temps ?
- Pourquoi la grenouille fait-elle toujours mouche ?
- Un lévrier et un chat persan ont-ils la même vision du monde ?
- Une abeille voit-elle les couleurs des fleurs qu'elle butine de la même façon que nous ?
- Est-ce que le poisson rouge voit rouge ?

3 - L'audition
- Pourquoi certains animaux peuvent-ils bouger les oreilles et d'autres pas ?
- Est-il vrai que les insectes entendent par leurs pattes ?
- Le concert des oiseaux nous enchante, mais en perçoit-on vraiment toutes les gammes ?
- Pourquoi les baleines s'échouent-elles ?
- Comment certains animaux de la savane communiquent-ils sans qu'on les entende ?
- L'oreillard, une chauve-souris à grandes oreilles, entend comme le dauphin, qui, lui, n'a pas d'oreilles; pourquoi ?
- Dans une colonie de flamants roses, comment un couple fait-il pour se reconnaître ?

4 - Le toucher
- Pourquoi nos cousins les singes passent-ils leur temps à s'épouiller ?
- Comment la taupe voit-elle sous terre ?
- Pourquoi le poisson est-il capable de s'enfuir avant même de nous apercevoir ?
- Comment la femelle araignée sait-elle que son mâle lui fait la cour ?

5 - Le sixième sens en question !

6 - Des sixièmes sens... et autres contre-sens ?
- Comment le serpent voit-il la souris courir la nuit ?
- Installé sur une branche, un caméléon devient rouge. S'est-il trompé de couleur ?
- Pourquoi le ver luisant brille-t-il dans la nuit ?
- Comment un poisson torpille dissimulé dans le sable peut-il assommer d'autres poissons ?
- Pourquoi l'abeille danse-l-elle dans sa ruche ?
- Qu'en est-il des migrations ?
- Comment un coucou qui n'a pas connu ses parents naturels peut-il retrouver tout seul le chemin de l'Afrique ?
- Comment la tortue luth trouve-t-elle ses routes en mer ?
- Pourquoi les animaux n'ont-ils pas besoin de montre ni de calendrier ?

Epilogue
Bibliographie

Quelques extraits

./. Un handicapé du nez que l'homme, avec ses 4cm2 de muqueuse olfactive : il y en a 5 fois plus chez le chat, 40 fois plus chez le chien, ça se passe de commentaires !

./. On considère que le saumon a un odorat près de 1.000 fois supérieur à celui du chien.

./. On a découvert par ailleurs que l'anguille d'eau douce européenne est capable de détecter des substances chimiques diluées à une partie pour trois milliards de millions !

./. Parmi les mammifères, ce sont les herbivores qui discriminent le mieux les substances gustatives. En somme, ils séparent naturellement le bon grain de l'ivraie. Les cochons omnivores ne sont pas mal non plus, dans ce domaine. Eh oui ! Les hommes possèdent 6.000 bourgeons gustatifs de moins que les porcs, qu'ils traitent comme des cochons répugnants. A chacun d'en penser ce qu'il veut.

./. La baleine s'exprime jour et nuit, surtout l'hiver, et on peut l'écouter à plus de 30km hors de l'eau et environ 1.200km à travers les océans.

./. Dans l'eau, les sons sont transmis beaucoup plus facilement que dans l'air, presque 4 fois plus vite, à près de 1.500m par seconde.

./. Donc notre girafe, fort discrète dans ses appels, babille très souvent ! Comment ? Des chercheurs ont découvert que, comme son cousin l'okapi, elle correspond avec les copines dans des fréquences d'infrasons, "langage" inaudible pour nous.

./. Des scientifiques ont ./. constaté que les éléphants émettaient presque 3 fois plus de sons en infras qu'en audibles.

./. D'autres troupes de grands mammifères sociaux en Afrique, tels les hippopotames ou - plus solitaires - les rhinocéros, font dorénavant l'objet d'études similaires, et les premiers résultats confirment cette communication infrasonique. Même si nous n'entendons rien, la savane des herbivores bruisse sans cesse.

./. Ce grand reptile, le crocodile, s'est adapté aux conversations infrasoniques des savanes : lui aussi partage cette étrange faculté d'écouter les "sous-entendus".

./. Une abeille peut ainsi préciser une source de nourriture jusqu'à plus de 10km. Et là, chose incroyable, elle peut même ajuster la distance grâce à des facteurs d'altitude ou de vent qui lui auraient allongé son temps ou son parcours de vol ! ./. Le plus extraordinaire, chez ces étonnants insectes, reste leur capacité à intégrer les modifications de la position du soleil lorsqu'ils vont "relater" l'histoire au reste de la communauté. En effet, si l'abeille a mis une heure à revenir de l'endroit où elle a trouvé les fleurs jusqu'à la ruche, elle sera capable d'ajouter dans sa danse les quelques degrés dont le soleil aura bougé, et transmettra ainsi les coordonnées exactes du lieu choisi. Elle va, en somme, réajuster sa danse en fonction du temps qui passe. Si le soleil est couvert par des nuages, nous avons déjà dit que les abeilles sont capables de voir la polarisation de la lumière et donc que, pour elles, ce n'est guère un problème.

./. Dès lors, ce ne sont définitivement pas des "sixièmes sens" ésotériques mais en quelque sorte d'autres sens qui permettent à l'animal d'être performant, avant tout pour manger et ne pas être mangé. Ce qui est fondamental quand on veut se reproduire et élever ses jeunes sans trop de risques, communiquer avec les membres de son espèce sans être repéré par un prédateur, appréhender son milieu afin de s'y mieux déplacer, économiser son énergie... Ces sens sont éminemment naturels : ils agissent comme des systèmes d'alarme, de telle façon que le cerveau de chaque espèce puisse répondre au mieux aux difficultés rencontrées dans le milieu.
Certains, tels les herbivores ou les carnivores, ne voient pas les mêmes couleurs que nous, d'autres comme la mouche discernent uniquement le mouvement, quelques-uns - le caméléon par exemple - ont des visions dissociées. Les poissons, comme les araignées, appréhendent le monde aquatique ou aérien par le toucher, votre chien sent votre trace huit jours après votre départ et vous repère bien avant de vous apercevoir, le chat entend des cris de souris que vous-même ne percevez pas, puisque leur gamme est trop élevée...
On dit souvent des animaux qu'ils sont "exotiques" ou "indomptables". En fait, c'est leur manière d'appréhender le monde qui est quasi inaccessible pour l'homme. Une fois ce principe posé, nous pouvons cependant continuer, malgré les limites de nos sens et de notre cerveau, à essayer de comprendre ou plutôt d'imaginer comment ils perçoivent l'univers avec des sens inconnus de nous ! Tentons de passer de l'autre côté du miroir, dans l'énigmatique nature de l'animal.

09 août 2010

Le chat et ses mystères, de Daniel Lacotte

Le chat et ses mystères
de Daniel Lacotte


Le félin occupe une place particulière dans la société depuis l'Antiquité. Déifié dans l'Égypte ancienne, diabolisé et parfois torturé au Moyen Âge, le chat accompagne les aristocrates et bourgeois du XVIIIe siècle avant de devenir le confident des artistes et des poètes au XIXe. Il est aujourd'hui l'animal de compagnie le plus apprécié et choyé.

De tout temps le chat a fasciné car il porte en lui le don de la métamorphose, le trouble de la sensualité et de la séduction. A travers son histoire palpitante et secrète, découvrez pourquoi cet animal doux et intelligent n'a rien perdu de son mystère...

Le chat et ses mystères, Daniel Lacotte, Editions Albin Michel, 2009, 208 pages

Mon avis

Un agréable petit livre que je conseille à tous les amoureux des chats. La partie historique - le chat à travers les civilisations et les religions - est particulièrement intéressante.

Pour en savoir plus

- Cette page des Editions Albin Michel
- La ronron thérapie, de Véronique Aïache
- Histoires vraies de chats extraordinaires, de Karen Dolan
- Bouillon de poulet pour l'âme de l'ami des chats

Sommaire

Une histoire du chat
Les ancêtres
Fauves et félins
Au côté des humains
Animal sacré
Le culte du chat
Au coeur des contes
Présages et superstitions
Sorcellerie et sabbats
Le temps des sacrifices
Modernité
Comportement social
Tous les sens en éveil
Dormeur actif

Des histoires de chats
Le chat noir de Charles
Gants blancs
Chats de devoir
Le héros du Yang-tseu-kiang
Chouchou
Le chat le plus courageux du monde

Le saviez-vous ?

Quelques extraits

Extrait du chapitre : Le temps des sacrifices

Pages 88 à 89 Sordides Réjouissances

../.. Ainsi, le feu du solstice d'été chauffe, éclaire et brûle. Celui de la Saint-Jean apporte la lumière de Dieu (référence au buisson ardent de Moïse) et purifie des empreintes du mal. Plus que dans toute autre festivité, le chat va donc représenter le plus parfait symbole de Satan. Il convient donc de l'anéantir sans pitié. Enfermés dans des paniers d'osier, les félins sont ainsi jetés vifs dans les flammes. Par exemple, à Paris, la célébration de la Saint-Jean se déroulait sur la place de Grève. Le roi lui-même venait souvent allumer le brasier dans lequel allaient se consumer les chats (ici enfermés dans un sac). En 1648, Louis XIV fut le dernier souverain à s'adonner à cette coutume barbare à laquelle Louis XV (grand amoureux du félin) mit fin. Toujours à l'occasion de cette fête de la Saint-Jean d'été, les Allemands et les Anglais préféraient pour leur part noyer les chats plutôt que de les brûler.

Extrait du chapitre : Tous les sens en éveil

Pages 130 à 132 Boussole et sixième sens

Etudiée scientifiquement, la faculté du chat à retrouver son chemin ne fait plus aucun doute. Laissé à une quinzaine de kilomètres de sa maison, l'animal regagne facilement le bercail, grâce à la sensibilité de son oreille et de son odorat. Des chercheurs ont démontré que l'animal serait sensible aux variations du champ magnétique terrestre (par exemple, des aimants attachés au collier perturbent le "sens de l'orientation" du félin).
Cette forme de sixième sens, sorte de boussole interne, a engendré les plus extravagantes rumeurs, laissant ainsi proliférer spéculations et anecdotes. Sur la base de faits souvent avérés, se mêlent ici mystères, fantaisie et humour.
Toutefois, dans de nombreuses histoires mettant en scène des chats voyageurs qui retrouvent leur chemin, les animaux ont été parfaitement identifiés. En d'autres termes, il ne s'agissait donc pas de supercherie ni de chats ressemblants. Dans ce registre, les cas les plus exemplaires concernent des félins que l'on emporte dans une nouvelle maison et qui se retrouvent sur le seuil de leur ancien foyer.
En de telles circonstances, un chat tigré aurait ainsi parcouru huit cents kilomètres. Le couple avait déménagé en Ecosse et le félin retrouva sa précédente demeure au bout de trois semaines...en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre). En Russie, un chat aurait parcouru six cents kilomètres dans des conditions semblables.
Outre son sens aigu de l'orientation, le chat disposerait également de la faculté de détecter l'imminence d'un tremblement de terre ou d'une éruption volcanique. Des études ont été menées sur ce point en Californie.
Par exemple, lors du tremblement de terre de Frioul, en Italie (1976), tous les chats du village quittèrent les maisons bien avant le séisme, qui n'eut lieu que 2 jours plus tard. Des chattes avaient même emporté leurs petits dans les terrains environnants. Et chacun connait cette histoire d'un chat qui sauva ses maîtres de l'éruption du Vésuve (1944). En pleine nuit, le félin entra dans un état d'excitation exacerbée. Il miaulait, sautait sur le lit, courait tout affolé dans la maison et griffa même son propriétaire. Le couple (Giannì et Irma) prit peur, fit ses bagages à la hâte et quitta sa maison. Quelques instants plus tard, la lave commençait à s'écouler du cratère du volcan. Elle allait ensevelir la maison de Gianni et Irma. Et le village tout entier.
Dans ces différents cas, on peut facilement imaginer que l'oreille particulièrement sensible du chat avait capté des fréquences imperceptibles pour l'homme (grondements, craquements, bouillonnements). Bruits qui affolèrent l'animal. De la même façon, pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux chats avertissaient de l'imminence d'un bombardement. Certains entraient dans un état d'excitation, d'autres fuyaient des maisons, d'autres allaient même directement se réfugier dans un abri anti-aérien (par habitude et parce que, dans cet endroit, ils percevaient moins le bruit qui les affolait). Toujours est-il qu'il existe de multiples exemples avérés (en France et en Grande-Bretagne) où des chats ont ainsi pu prévenir l'homme de l'arrivée d'avions ennemis.

Extrait du chapitre : Le saviez-vous ?

Page 195 - Ronronnement

Les chercheurs pensent que le ronronnement du chat produit des conséquences réparatrices sur son organisme. En effet, le ronronnement stimule l'apport d'endorphines, des substances calmantes. Une explication séduisante, car le chat ronronne de plaisir, mais aussi lorsqu'il est souffrant, blessé ou même mourant. Ce bruit caractéristique est engendré par un mouvement synchronisé du pharynx, du larynx et de toute une série de muscles intéressant une grande partie du corps de l'animal.

08 août 2010

Parole de chat ! de Robert de Laroche

Parole de chat !
de Robert de Laroche

Et si votre chat se mettait soudain à parler pour vous dire ce qu'il a sur le coeur ? S'il vous apprenait à décoder son comportement : la signification d'une oreille à demi relevée, d'un miaulement, d'une queue dressée, bref, s'il vous livrait les clés de sa psychologie de chat ?

Cette drôle d'aventure, Robert de Laroche l'a vécue. Un matin, Méphisto, dit Toto-la-Terreur, s'est lové contre son épaule : un long et passionnant dialogue s'en est suivi. Enthousiasme, renoncements, accès d'humeurs et d'humour... : c'est cette conversation que Robert de Laroche restitue ici. Le plus fidèlement possible.

Ce livre aborde toutes les facettes du comportement félin : toucher, odorat, langage du corps, caresses et câlins, toilette, instinct maternel, vieillesse... Nourri des travaux les plus récents menés par les éthologues, Parole de chat ! vous fera découvrir votre chat sous un jour nouveau. Et vous aidera, qui sait, à le rendre plus heureux.

Parole de chat ! Robert de Laroche, Editions L'Archipel, 1998, 258 pages

A propos de l'auteur

Difficile d'être plus chat que Robert de Laroche ! Vivant entre ses trois ports d'attache, Paris, Venise et la Normandie, il écrit toujours en étroite collaboration avec Méphisto. On lui doit de nombreux ouvrages consacrés au félin domestique, dont Chats de Venise (La Renaissance du Livre, 1991), L'ABCdaire du chat (Flammarion, 1996), et Chats de légende (La Renaissance du Livre, 2000). Les éditions de l'Archipel ont publié en 1998 Parole de chat !, premier livre écrit à deux mains et deux pattes.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Archipel
- Parole de chien ! de Robert de Laroche
- La série du chat Moune, de Philippe Ragueneau


Parole de chien ! de Robert de Laroche

Parole de chien !
de Robert de Laroche
illustrations de Bernard Vercruyce
préface de Françoise Bourdin

Dans Parole de chat !, le maître de Toto-la-Terreur découvrait avec stupéfaction que son chat de gouttière était doté de la parole. Une nouvelle surprise attend Robert, au début de ce livre : Willy, son labrador, sait lui aussi parler ! D'où un étonnant dialogue à babines retroussées.

Willy y dévoile des facettes peu connues de la psychologie canine : les sentiments qui lient le chien à l'homme et la façon dont il le manipule, les étonnantes informations que lui livre sa truffe, les raisons de l'hostilité ou l'attirance qu'il éprouve immédiatement envers ses congénères, la façon dont il ressent le temps, la sexualité et les chats.

Une confrontation non dénuée d'humour, qui livre bien des clés du comportement canin, de la petite enfance au troisième âge : alimentation, sommeil, jeu, maternité, place dans la maison et au sein de la famille. Cette conversation mordante s'appuie sur les dernières découvertes en matière d'éthologie.

Parole de chien ! Robert de Laroche, Illustrations : Bernard Vercruyce, Préface : Françoise Bourdin, Editions L'Archipel, 2005, 273 pages

A propos de l'auteur

Robert de Laroche, qui vit entre la Normandie et Venise, a consacré nombre d’ouvrages au chat et à la cité des Doges. On lui doit notamment Parole de chat ! et Plus chat que moi… (L’Archipel, 1998 et 2000). Il vient de publier un recueil de nouvelles : Contes et légendes du chat (Ouest-France, 2005). Il est aussi fou de chiens que de chats.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Archipel
- Parole de chat ! de Robert de Laroche

07 août 2010

Chat plume, de Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet

Chat plume
60 écrivains parlent de leurs chats

de Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet


Le meilleur ami du chat, c'est l'écrivain. Personne n'en a jamais mieux parlé que lui. Et les chats le savent bien. Jamais encore un livre n'a ainsi révélé les rapports étroits qu'entretiennent ces deux êtres, finalement aussi étranges l'un que l'autre : l'écrivain et son chat. Ou plutôt, le chat et son écrivain.

Chat plume, Marcel Bisiaux, Catherine Jajolet, Editions Horay, 1998, 319 pages

Les personnalités au sommaire

Marcel Arland, Dominique Aury, René Barjavel, Marcel Béalu, Béatrix Beck, Yves Berger, Hector Bianciotti, Jean Blot, Alphonse Boudard, Muriel Cerf, René-Jean Clot, Régine Deforges, Pierre Desproges, Jean-Philippe Domecq, Jean Duvignaud, Michel Fardoulis-Lagrange, Serge Fauchereau, Jean-Pierre Faye, Léonor Fini, Remo Forlani, Bernard Frank, Claire Gallois, Eugène Guillevic, Anne Hébert, Frédérique Hébrard, Jacques Laurent, Renée Massip, Félicien Marceau, Thierry Maulnier, Jean-Michel Maulpoix, Claude Mauriac, Maryvonne Miquel, Michel Mohrt, Pierre Monnier, Maurice Nadeau, Louis Nucéra, René de Obaldia, Claude Ollier, Jean Paris, Jacques Perry, André Pieyre de Mandiargues, Bernard Pivot, Maurice Pons, Suzanne Prou, Juliette Raabe, Patrick Reumaux, Angelo Rinaldi, Maurice Roche, Claude Roy, André Ruellan, Robert Sabatier, André Stil, Jean Tardieu, Jean Thibaudeau, Henri Thomas, Michel Tournier, Frédéric Vitoux, Jean-Noël Vuarnet, Romain Weingarten, Françoise Xenakis.