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22 avril 2013

Les animaux aussi ont des droits, de Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay et Peter Singer

Les animaux aussi ont des droits
de Boris Cyrulnik,
Elisabeth de Fontenay
et Peter Singer

entretiens réalisés par Karine Lou Matignon
avec la collaboration de David Rosane

Ils souffrent comme nous. Comme nous aussi, ils jouissent du bien-être. Mieux que nous parfois, ils s’imposent par la ruse et l’intelligence.

Comment continuer à les traiter comme des "choses" dont on se contenterait de condamner l’abus ? Mais faut-il pour autant leur accorder des droits, et si oui lesquels ? Et qui veillera à leur application ?

Pour répondre à ces questions et à tant d’autres, Boris Cyrulnik l’éthologue, Elisabeth de Fontenay la philosophe, Peter Singer le bioéthicien croisent leurs regards et confrontent leurs savoirs sur la question animale.

Trois sensibilités, trois parcours, trois formes d’engagement : la voie est tracée, au-delà des divergences et des contradictions, et en partie grâce à elles, pour que le législateur s’attelle à la rédaction du contrat qu’il nous faut maintenant passer sans délai avec nos frères en animalité, au nom de la dignité humaine.

Les animaux aussi ont des droits, Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Peter Singer, entretiens réalisés par Karine Lou Matignon, avec la collaboration de David Rosane, Editions du Seuil, 2013, 288 pages

A propos des auteurs

Boris Cyrulnik est éthologue, il est l'une des figures les plus populaires de la science d'aujourd'hui.

Elisabeth de Fontenay est philosophe. Son Silence des bêtes (1998) a marqué les trois coups du retour de la question animale au coeur de nos préoccupations éthiques et politiques.

Peter Singer enseigne la bio-éthique à Melbourne et Princeton. Il est le fondateur, mondialement connu et fortement engagé, du mouvement de libération animale.

Karine Lou Matignon est journaliste et écrivain, spécialisée sur le thème de la relation homme-animal. Elle est notamment coauteur (avec Boris Cyrulnik) de La Plus Belle Histoire des animaux (Seuil, 2000).

David Rosane est ornithologue. Il a enseigné l'écologie à Cornell aux Etats-Unis.

Au sommaire

- Avant-propos : Révolutions animales, par Karine Lou Matignon
- Les animaux libérés, par Peter Singer
- Les animaux considérés, par Elisabeth de Fontenay
- Les animaux révélés, par Boris Cyrulnik
- Conclusion : Leurs droits et leurs devoirs, par Karine Lou Matignon
- Biliographie générale

Pour en savoir plus

- Ce lien pour découvrir les 20 premières pages
- Le site des Editions du Seuil
- Des livres de Boris Cyrulnik
- Des livres de Peter Singer
- Des livres de Karine Lou Matignon
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub, préfacé par Elisabeth de Fontenay

21 avril 2013

La liberté est un droit fondamental pour les animaux, par la Fondation Animal Freedom

La liberté est un droit fondamental
pour les animaux

par la Fondation Animal Freedom

Recueil d'articles de la Fondation Animal Freedom au sujet des droits des animaux et des sophismes : les arguments faux et non valables pour l'abus des animaux.

Un animal n'est ni " une chose " comme une machine, ni un esclave, mais une créature vivante avec des sentiments et des droits. Animal Freedom pense que ces droits devraient être fondés sur le même principe que les droits humains : c'est-à-dire la liberté. Les animaux en cage dans l'élevage industriel sont tout particulièrement privés de leurs droits. Pour leur bien-être, tous les animaux devraient avoir des possibilités adéquates pour vivre naturellement.

La liberté est un droit fondamental pour les animaux, par la Fondation Animal Freedom, Auteur : Bert Stoop, Traduction : Erica Eijberts, Dessins : Lilian Kalkhoven, Editions Lulu, 2008, 128 pages

A propos de la fondation

La Fondation Animal Freedom présente des articles et des livres concernant les droits des animaux, la nourriture saine et les moyens légaux de mettre fin à l'élevage industriel.

Pour en savoir plus

- Le site Animal Freedom
- Le site des Editions Lulu où vous pourrez découvrir le sommaire complet et les premières pages du livre (en cliquant sur "aperçu" sous l'image)

20 avril 2013

Pensées animales, de David Ruffieux

Pensées animales
Manifeste pour l’anti-spécisme, le végétarisme,
le droit et la libération des animaux
de David Ruffieux

Ce ouvrage traite de plusieurs thèmes concernant le végétarisme, les droits des animaux et les animaux de ferme. Après plus de 10 ans au Canada et au sein de plusieurs organisations locales de défenses animales, j’ai pu avoir une expérience du travail militant et participer à des campagnes d’éducation et d’actions directes contre des industries. Celle du foie gras, de la vivisection, de la fourrure : j’ai regroupé quelques idées qui relatent mes expériences au Canada mais aussi des analyses de sujets à controverses comme le végétarisme, l’abattage rituel religieux, les relations des médias avec certains mouvements militants. Ces textes se présentent comme un recueil pamphlétaire et d’essais. Cependant je ne me concentre pas seulement sur le Canada, la France est au centre de mes préoccupations.

Pensées animales : Manifeste pour l’anti-spécisme, le végétarisme, le droit et la libération des animaux, David Ruffieux, Editions Lulu, 2012, 218 pages (ps. d'après ce lien, parution prévue en mai prochain aux éditions Sang de la Terre)

Au sommaire

1. Les animaux heureux du Salon de l'agriculture
2. Plaidoyer pour les cochons
3. L'art de la guerre
4. Réflexion sur la chasse aux phoques
5. Le lion et la gazelle
6. Les médias et le droit des animaux
7. Quel avenir pour les mers et les océans
8. Un Eternel Treblinka
9. Quand la religion fait souffrir
10. Lettre ouverte à Nicolas
11. Quand les chiens aboient
12. Adieu mon Copain
13. Halal et Shehita : imprescriptible d'après les religieux
14. Jeunes, ultra riches et affreux, voici les fils Trump
15. Le Canada espère trouver de nouveaux marchés pour sa viande de phoque
16. Silence, on tue...
17. Une petite pilule
18. Mon oncle Bob
19. Les gentils Indiens
20. Les usines à chiots du Québec
21. Les principes du modèle animal en recherche scientifique
Bibliographie sélective

Pour en savoir plus

- Le blog de David Ruffieux
- Le site des Editions Lulu où vous pourrez découvrir les premières pages du livre (en cliquant sur "aperçu" sous l'image)

08 décembre 2012

Les droits des animaux, de Tom Regan

Les droits des animaux
de Tom Regan
traduction d'Enrique Utria

Les animaux ont des droits. C’est la thèse que défend Tom Regan dans cette oeuvre fondatrice, contribution majeure à la réflexion morale contemporaine. Loin d’être sans pensée, comme l’affirmait Descartes, les animaux que nous mangeons, chassons ou livrons aux expériences scientifiques sont conscients du monde. Leur esprit est empreint de croyances et de désirs, de souvenirs et d’attentes. Ce sont, à ce titre, des êtres dotés d’une valeur morale propre, indépendamment de l’utilité qu’ils peuvent avoir pour nous. Ce n’est pas simplement par compassion pour leur souffrance, mais par égard pour leur valeur que nous devons les traiter avec respect. La théorie de Regan est la formulation philosophique la plus élaborée et la plus radicale d’une éthique des droits des animaux. Elle pose une exigence de cohérence : si nous refusons l’exploitation des hommes, il nous faut également dénoncer l’exploitation des animaux non humains. L’abolition de l’élevage, de la chasse et de l’expérimentation est requise par la justice.

Les droits des animaux, Tom Regan, Traduction d'Enrique Utria, Editions Hermann, 2013, 752 pages

A propos de l'auteur

Tom Regan est professeur émérite de philosophie morale à la North Carolina State University à Raleigh (Etats-Unis). Il est le plus influent théoricien des droits des animaux.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Hermann
- Le site de Tom Regan
- Ethique animale : une seule solution - l'abolition ?
- Le fondement moral du végétarisme (traduit par Valéry Giroux et Enrique Utria)
- Pour les droits des animaux (traduit par Eric Moreau)
- La philosophie des droits des animaux (traduit par David Olivier et Françoise Blanchon)
- Interview de Tom Regan (par Karin Karcher, David Olivier et Léo Vidal)
- La complexité de la conscience animale (traduit par David Olivier)
- Droits des animaux - Théories d'un mouvement, d'Enrique Utria
- La raison des plus forts, de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique Utria

06 décembre 2012

La libération animale, de Peter Singer

La libération animale
de Peter Singer
Préface de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Petit up de cette note
pour signaler la réédition de ce livre

Les animaux souffrent. Comme nous. Ils doivent donc être considérés autrement. Ce livre a déclenché le débat contemporain en éthique animale et changé notre regard sur les animaux. Depuis sa parution en 1975, il est devenu un classique incontournable, traduit dans une vingtaine de langues et vendu à près d'un million d'exemplaires.

Notre attitude à l'égard des animaux est-elle correcte d'un point de vue éthique ? Faut-il étendre aux "bêtes sauvages'" la protection juridique (relative) que nous accordons aux animaux de compagnie ? L'évaluation morale de la souffrance des êtres vivants soulève de vraies questions philosophiques. Aux Etats-Unis et en Allemagne, comme dans le reste du monde anglo-saxon, le livre de Peter Singer n'a cessé de susciter analyses et débats passionnés. Au centre de tous les colloques universitaires sur le droit des êtres non humains, il est aussi la référence obligée du "Mouvement de la libération animale".

La libération animale, Peter Singer, Préface de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Traduit de l'Anglais (Etats-Unis) par Louise Rousselle, Editions Payot, 2012, 480 pages

A propos de l'auteur

Peter Singer, philosophe australien, est professeur de bioéthique à l'université Princeton (Etats-Unis). Time Magazine l'a présenté comme le plus influent des philosophes actuels.

Au sommaire

Présentation du livre par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
Préface inédite de l’auteur à la présente édition de poche
Préface à l’édition de 1990
Préface à l’édition de 1975
Ch.1. Tous les animaux sont égaux
Ch.2. Outils de recherche
Ch.3. Du côté de la ferme usine
Ch.4. Devenir végétariens
Ch.5. La domination de l’homme
Ch.6. Le spécisme aujourd’hui
Notes
Bibliographie sélective
Remerciements

Pour en savoir plus

- Le site des Editions Payot
- Comment vivre avec les animaux ? de Peter Singer
- L'égalité animale expliquée aux humains, de Peter Singer
- Le projet grands singes, sous la direction de Paola Cavalieri et Peter Singer
- Ethique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
- L'éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
- Anthologie d'éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
- Philosophie animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Hicham-Stéphane Afeïssa

L'avis d'une lectrice
Source

Pour les animaux, pour l'homme, pour la vie

L'approche philosophique n'est pas toujours évidente pour le profane, mais le message est clair: l'animal ne devrait pas être notre chose, et en l'exploitant nous générons une souffrance inacceptable, intolérable.
Entre autres sujets, le plaidoyer pour le végétarisme est limpide: si nous cessons d'utiliser les ressources naturelles de notre planète pour l'élevage des animaux, la nourriture sera suffisante pour toute la population mondiale.
À lire, pour ne plus se mettre la tête dans le sable, ouvrir les yeux sur la vraie souffrance animale et nos devoirs envers nos "frères animaux".

Couverture des Editions Grasset, 1993

30 octobre 2012

L'animal : objet d'expériences, de Karine Lou Matignon


L'animal : objet d'expériences
Entre l'éthique et la santé publique

de Karine Lou Matignon


Petit up de cette note, ce qui me permet de faire le lien entre le précédent livre, du même auteur, et le suivant, sur le même sujet.

Depuis la fin des années 70, la lutte s'intensifie entre les partisans et les opposants de l'expérimentation animale. Les termes du débat ont cependant évolué. Aujourd'hui, d'éminents scientifiques rejettent le modèle animal, qu'ils considèrent comme un handicap pour l'avenir de la recherche et un danger pour la santé publique.

Qui sont donc ces rebelles qui font figure d'hérétiques dans les milieux de la science médicale ? Quelles sont les méthodes dites alternatives qu'ils proposent de développer ? A l'inverse, en abandonnant complétement l'étude sur l'organisme animal, ne risque-t-on pas d'ignorer certaines étapes décisives et indispensables ? Les deux camps disposent d'arguments puissants. Comment y voir plus clair ?

Au terme de deux ans et demi d'enquête auprès des laboratoires de recherche, de comités de défense de l'expérimentation animale, d'entreprises ayant recours à cette méthode ou y ayant renoncé, d'associations de défense des animaux, de centres d'élevage, du milieu estudiantin, Karine Lou Matignon montre comment la question de l'expérimentation animale soulève un grand nombre de problèmes, ignorés de la plupart d'entre nous, touchant à la connaissance, à la santé, à l'économie, à l'éthique et au respect du vivant.

Ce livre original, accessible au grand public, propose une vision synthétique et nouvelle du problème, à la fois humaine et raisonnable, qui permet de dépasser une approche manichéenne et passionnelle de cette question.

L'animal : objet d'expériences, Karine Lou Matignon, Editions Anne Carrière, 1997, 286 pages

A propos de l'auteur

Karine Lou Matignon est journaliste, écrivain et scénariste. Le thème de la relation entre l'homme et l'animal est son cheval de bataille depuis 20 ans. Elle s'intéresse aussi à l'enfance et traite ces sujets à travers l'édition, le documentaire, le cinéma, la scénographie.

Au sommaire

- Etat des lieux
- L'animal dans la recherche industrielle
- D'autres méthodes que l'expérimentation animale
- L'animal dans la recherche biomédicale
- L'expérimentation animale est-elle légitime ?

Pour en savoir plus

- D'autres livres de Karine Lou Matignon
- Les rubriques Vivisection et Droits - Ethique animale

09 octobre 2011

Le projet grands singes, de Paola Cavalieri et Peter Singer

Le projet grands singes
L'égalité au-delà de l'humanité

Sous la direction de

Paola Cavalieri et Peter Singer


Le Projet Grands Singes (GAP - Great Ape Project) est un projet révolutionnaire : étendre les droits fondamentaux de la personne humaine au-delà de notre espèces, pour en faire bénéficier les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans. Pourquoi un tel projet ? De la tribu à la nation et de la "race" à l'espèce humaine tout entière, en passant par l'émancipation des esclaves et par l'émancipation de la femme, la sphère de l'égalité morale s'est élargie au cours de notre Histoire. Selon les auteurs de ce livre, il est temps de franchir une nouvelle étape dans ce processus et de cesser de tracer inconsciemment, selon un critère d'espèce, les mêmes barrières mentales que celles que certains traçaient naguère selon un critère de tribu, de race ou de nation.

Cette édifiante série de 31 essais, rédigés par de célèbres spécialistes de diverses disciplines - éthologues, biologistes, philosophes, etc - remet en question bien des idées reçues. Expériences vécues, observations scientifiques, argumentations juridiques, raisonnements philosophiques et considérations d'éthique, c'est un tour d'horizon complet de la question des droits des grands singes qui nous est proposé ici.

Le projet grands singes : L'égalité au-delà de l'humanité, Direction : Paola Cavalieri et Peter Singer, Auteurs : Jane Goodall, Francine Patterson, Richard Dawkins, Jared Diamond, Douglas Adams, Lyn Miles, Toshisada Nishida, Marc Bekoff, Tom Reagan, Peter Singer, Roger et Deborah Fouts, et autres collaborateurs, Traduction : Marc Rozenbaum, Editions One voice, 2003, 360 pages

A propos des auteurs

Paola Cavalieri est l'auteur de "The Animal Question" (OUP, 2001).

Peter SInger, philosophe et spécialiste de la bioéthique, est l'auteur de "La Libération Animale". Il enseigne à l'Université de Princeton, aux Etats-Unis.

Pour en savoir plus

- Le site Great Ape Project
- La boutique One Voice où vous pourrez commander le livre
- La note de lecture de Sébastien Arsac
- Le texte fondateur du Great Ape Project
- Le dossier One Voice Sauver les grands singes

Le projet grands singes : vers une communauté des égaux
Un extrait du dossier One Voice
Sauver les grands singes

The Great Ape Project (GAP), en français Le Projet Grands Singes est à la fois une idée, une organisation et un livre, publié pour la première fois en 1993, dont le coeur est la déclaration sur les grands singes. Elle demande à ce que l’homme et les autres grands singes constituent ensemble une communauté des égaux. A titre d’argumentaire, le livre rassemble 31 articles, dont les auteurs sont des biologistes, philosophes, anthropologues ou psychologues ayant ratifié la déclaration. Parmi eux, on retrouve Jane Goodall, spécialiste internationalement reconnue pour son étude sur les chimpanzés sauvages, Francine Patterson, Roger Fouts et Lyn Miles, qui ont appris le langage des signes à des grands singes, Toshisada Nishida, spécialiste japonais des chimpanzés, et d’autres sommités telles que Richard Dawkins ou Marc Bekoff. Ce projet a été initié par Paola Cavalieri, philosophe italienne, et Peter Singer, philosophe australien connu pour son engagement en faveur des droits pour les animaux et dont l’ouvrage La Libération Animale fait figure de référence dans le domaine.

Plus que des gènes

Le Great Ape Project se base sur le fait qu’hommes et grands singes partagent plus qu’une partie de leur patrimoine génétique. Il est aujourd’hui scientifiquement démontré qu’ils ont une vie riche en expériences culturelles et émotionnelles, et connaissent des sentiments tels que la peur, l’anxiété ou le bonheur. Ils partagent avec nous des compétences intellectuelles leur permettant de créer et d’utiliser des outils, d’apprendre et d’enseigner d’autres langages. (www.greatapeproject.org)

Un principe naturel

Pour ces raisons, il n’est pas possible de continuer à tolérer qu’on leur impose souffrances et emprisonnement pour quelque raison que ce soit. Comme nos enfants, comme les personnes souffrant d’un handicap mental, nous nous devons de les protéger. Comme eux, ils doivent avoir des droits, que nous nous chargerons de faire respecter. Le principe de base de la communauté des égaux n’a rien d’exceptionnel, c’est le droit de vivre, libre et sans tortures. Ce droit est naturel, c’est celui des origines, avant que l’homme ne réduise en esclavage tous les êtres qu’il jugeait inférieur.

Au-delà

Au-delà des grands singes, l’acceptation de cette déclaration constituerait une évolution fondamentale pour l’homme. En les accueillant dans une communauté des égaux, l’humain renouerait avec sa nature originelle. Il ne serait plus l’« Homme » mais une espèce de primates, et dès lors la barrière spéciste pourrait s’effondrer. L’espèce humaine serait celle dont l’évolution a permis l’abolition de toute forme de cruauté envers les autres espèces, parce qu’elle sait, parce qu’elle comprend, parce qu’elle a le choix...

Déclaration sur les grands singes

Nous demandons l’extension de la communauté des égaux à tous les grands singes : êtres humains, chimpanzés, gorilles et orangs-outans.

La « communauté des égaux » est la communauté morale à l’intérieur de laquelle nous admettons que nos relations doivent être gouvernées par certains principes moraux ou certains droits fondamentaux, garantis par la loi.

Ces principes et ces droits sont notamment les suivants :

1. Le droit à la vie

La vie de chaque membre de la communauté des égaux doit être protégée. Aucun membre ne peut être tué, sauf dans des circonstances très précisément définies comme par exemple la légitime défense.

2. La protection de la liberté individuelle

Les membres de la communauté des égaux ne doivent pas être privés de liberté de manière arbitraire. Si un membre se trouve être détenu sans procès légal, il a droit à une remise en liberté immédiate. La détention de quiconque n’a été convaincu d’aucun crime, ou ne peut être tenu pour responsable d’un crime, ne peut être permise que lorsqu’elle représente effectivement l’intérêt de l’individu concerné, ou lorsqu’elle se révèle nécessaire pour protéger le public d’un membre de la communauté qui, laissé en liberté, représenterait, de manière sûre, un danger pour autrui. Dans un tel cas, les membres de la communauté des égaux doivent avoir le droit de faire appel devant un tribunal, soit d’eux-mêmes soit par l'intermédiaire d’un avocat s’ils n’ont pas la capacité de le faire eux-mêmes.

3. La prohibition de la torture

Le fait d’infliger délibérément à un membre de la communauté des égaux une douleur sérieuse, que ce soit de manière gratuite ou au bénéfice allégué des autres, est considéré comme une torture et n’est pas admis.

08 octobre 2011

Anthologie d'éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Anthologie d'éthique animale
Apologies des bêtes

de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer


La conduite des hommes à l’égard des animaux fait depuis toujours l’objet d’une évaluation morale par ceux d’entre nous que la souffrance indigne. La philosophie officielle en Occident, qui justifie l’exploitation des bêtes pour manger, travailler, expérimenter, nous divertir et nous tenir compagnie, fait depuis toujours l’objet d’une contestation puissante par ceux d’entre nous que l’injustice révolte. L’éthique animale est l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux et cette anthologie est son histoire.

Une contre-histoire des animaux, dans laquelle Pythagore, Vinci, Cyrano de Bergerac, Rousseau, Voltaire, Sade, Schopenhauer, Lamartine, Darwin, Wagner, Hugo, Tolstoï, Zola, Gandhi, Russell, Colette, Claudel, Yourcenar, Singer, Levi-Strauss, Derrida, Houellebecq, Onfray et beaucoup d’autres prennent position sur les droits des animaux, les devoirs de l’homme à leur égard, le végétarisme, la chasse, l’expérimentation, la corrida, les zoos et d’autres questions théoriques et pratiques.

Avec 180 auteurs, plus de 40 traductions et plusieurs textes inédits, ce livre de référence est la première et la seule anthologie francophone sur le statut moral des animaux.

Anthologie d'éthique animale, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Editions PUF, 2011, 424 pages

A propos de l'auteur

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, est maître de conférences en relations internationales au département de War Studies du King's College de Londres. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont Ethique animale (PUF, 2008, préface de Peter Singer), Textes clés de philosophie animale (Vrin, 2010) et L'éthique animale (PUF, 2011).

Pour en savoir plus

- Cette page où vous pourrez feuilleter le livre
- Le site officiel de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
- La boutique L214

Trois autres livres du même auteur :

- Ethique animale
- Philosophie animale
- L'éthique animale

La table des matières

Remerciements

Introduction

PREMIÈRE PARTIE
DE L’ANTIQUITÉ AUX TEMPS MODERNES

PYTHAGORE, in Ovide, Métamorphoses (VIe siècle av. J.-C.)

EMPÉDOCLE, fragments (Ve siècle av. J.-C.)

THÉOPHRASTE, « Περὶ ευσέβειας » [Sur la piété] (IIIe siècle av. J.-C.)

PLUTARQUE, De esu carnium (Ier siècle)

PORPHYRE, De Abstinentia (271)

Dives and pauper (1410)

Léonard de VINCI, Prophéties (XVe siècle)

Thomas MORE, Utopia (1516)

Michel de MONTAIGNE, Les Essais (1572-1580)

Pierre CHARRON, De la sagesse (1601)

Pierre GASSENDI, Lettre à Johann van Helmont du 10 juillet 1629

Henry MORE, Lettre à Descartes du 11 décembre 1648

Cyrano de BERGERAC, Histoire comique des États et Empires de la lune et du soleil (1650)

Roger CRAB, The English Hermite, or, Wonder of this Age (1655)

George FOX, To All Sorts of People in Christendom (1673)

Thomas HODGES, The Creatures Goodness as they came out of God’s Hands (1675)

Jacques Bénigne BOSSUET, Discours sur l’histoire universelle (1681)

Thomas TRYON, Healths Grand Preservative (1682)

The County-Mans Companion (1684)

et Monthly Observations for the preserving of Health (1688)

John RAY, The Wisdom of God manifested in the Works of Creation (1691)

John LOCKE, Some Thoughts Concerning Education (1693)

Alexander POPE, in The Guardian, 21 mai 1713

Bernard MANDEVILLE, The Fable of The Bees (1714)

Jean MESLIER, Mémoire des pensées et des sentiments de Jean Meslier (1719-1729)

Gilles MORFOUAGE DE BEAUMONT, Apologie des bêtes (1732)

John HILDROP, Free Thoughts Upon the Brute-Creation (1743)

Robert MORRIS, A Reasonable Plea for the Animal Creation (1746)

Julien Jean Offray DE LA METTRIE, L’homme machine (1747)

Friedrich Christian EILSCHOV, Philosophiske Skrifter (1747) et Philosophiske Breve (1748)

David HARTLEY, Observations on Man, his Frame, his Duty, and his Expectations (1749)

Pierre Louis MOREAU DE MAUPERTUIS, Lettre VI (1753)

Francis HUTCHESON, A System of Moral Philosophy (1755)

Jean-Jacques ROUSSEAU, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)

et Émile, ou De l’éducation (1762)

Oliver GOLDSMITH, Lettre XV, in The Citizen of the World (1760)

ANONYME, Clemency to Brutes (1761)

VOLTAIRE, article « Bêtes », in Dictionnaire philosophique (1764)

et Il faut prendre un parti, ou le principe d’action (1772)

Jean-Baptiste-Claude DELISLE DE SALES, « Drame raisonnable », in De la philosophie de la nature (1770)

Fortunato Bartolomeo DE FELICE, Encyclopédie ou dictionnaire universel raisonné des connaissances humaines (1770)

Henri-Joseph DU LAURENS, Le compère Mathieu, ou les bigarrures de l’esprit humain (1772)

James GRANGER, An Apology for the Brute Creation (1772)

Paul-Henri Thiry, baron d’HOLBACH, Le Bon-sens ou idées naturelles opposées aux idées surnaturelles (1772)

Claude-Adrien HELVÉTIUS, De l’homme (1773)

Thomas O’Brien MAC MAHON, Man’s Capricious, petulant, and tyrannical Conduct Towards the Irrational and Inanimate Part of the Creation (1774)

Humphrey PRIMATT, A Dissertation on the Duty of Mercy and Sin of Cruelty to Brute Animals (1776)

Guillaume André René BASTON, Le Banian ou la défense des animaux contre l’homme (1777-1779)

Soame JENYNS, Disquisitions on Several Subjects (1782)

James RYMER, A Tract upon Dyspepsy, or Indigestion ; and the Hypochondriac Disease (1784)

William PALEY, The Principles of Moral and Political Philosophy (1785)

Laurent Pierre BÉRENGER, Lettre sur la chasse en Provence (1785)

ANONYME, L’art d’être heureux sur la terre (1785)

Jean-François GAVOTY DE BERTHE, État naturel des peuples (1786)

William ROSCOE, On the comparative excellence of the Science and Arts (1787)

Jean-Claude de la MÉTHERIE, Principes de la philosophie naturelle (1787) et De l’homme considéré moralement ; de ses moeurs, et de celles des animaux (1802)

Jeremy BENTHAM, An Introduction to Principles of Morals and Legislation (1789)

Friedrich Heinrich JACOBI, Bruchstück eines Briefes an Johann Franz La Harpe (1790) John OSWALD, The Cry of Nature (1791)

Herman DAGGETT, The Rights of Animals (1791)

Donatien Alphonse François, marquis de SADE, Aline et Valcour, lettre 35 (1793), La philosophie dans le boudoir (1795) et La Nouvelle Justine (1799)

John LAWRENCE, A Philosophical and Practical Treatise on Horses, and on the Moral Duties of Man towards the Brute Creation (1796)

Thomas YOUNG, An Essay on Humanity to Animals (1798)


DEUXIÈME PARTIE
DE 1800 À 1945

Le Prix de Morale de l’Institut National de France (1802)

Joseph-Louis GRANCHAMP, Essai philosophique. Jusqu’à quel point les traitements barbares exercés sur les animaux, intéressent-ils la morale publique ; et conviendrait-il de faire des lois à cet égard ? (1804)

Percy Bysshe SHELLEY, A Vindication of Natural Diet (1813)

ANONYME, Les hommes se plaignent ! Que dirons-nous donc ? ou Lettre des chevaux de France à Bonaparte (1814)

Charles MÉNARD, L’ami des bêtes, ou le défenseur de ses presque semblables (1814)

Alexandre de LABORDE, De l’esprit d’association dans tous les intérêts de la communauté (1818)

E. T. B. (anonyme), in Mercure de France (1819)

Jean-Antoine GLEIZÈS, Thalysie, ou système physique et intellectuel de la nature (1821)

Lewis GOMPERTZ, Moral Inquiries on the Situation of Man and of Brutes (1824)

Alexandre-André JACOB, La France mystique (1833)

William Hamilton DRUMMOND, The Rights of Animals, and Man’s Obligation to Treat them with Humanity (1838)

William ALCOTT, Vegetable Diet (1838)

ANONYME, Retroprogression (1839)

Arthur SCHOPENHAUER, Über die Grundlage der Moral (1840)

Nathaniel P. ROGERS, « The Rights of Animals » (1845)

Thomas Ignatius Maria FORSTER, L’âge d’or ou pensées passagères (1847)

John Stuart MILL, Principes d’économie politique avec quelques-unes de leurs applications à l’économie sociale (1848) et « Whewell on Moral Philosophy » (1852)

Alphonse de LAMARTINE, Les confidences (1849)

Hercule Eugène Grégoire STRAUS-DURCKHEIM, Théologie de la nature (1852)

Pierre JOIGNEAUX, in L’École Normale (1860)

Léon BROTHIER, Ébauche d’un glossaire du langage philosophique (1863)

Charles DARWIN, « An Appeal » (1863) et Lettre à R. Lankester du 22 mars 1871

Jules MICHELET, Bible de l’humanité (1864)

Pierre LAROUSSE, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (1866)

Charles RENOUVIER, Science de la morale (1869)

Paul JANET, Éléments de morale (1869)

Sir Arthur HELPS, Some Talk About Animals and Their Masters (1873)

Lewis CARROLL, « Some Popular Fallacies About Vivisection » (1875)

Joseph de BONNIOT, La bête comparée à l’homme (1875)

Harald HØFFDING, Etik. En fremstilling af de etiske principer og deres anvendelse paa de vigtigste livsforhold (1876)

Richard WAGNER, Lettre à A. E. von Weber, octobre 1879

Edward Byron NICHOLSON, The Rights of an Animal : A New Essay in Ethics (1879)

Victor HUGO, Déclaration aux membres de la Société française contre la vivisection (1884) et « Le droit de l’animal » (1902)

Louise MICHEL, Mémoires (1886)

Émile ACOLLAS, Les délits et les peines (1887)

Marie HUOT, « Le droit des animaux » (1887)

Léon TOLSTOÏ, « перваяступень » (1891)

George CLEMENCEAU, Le grand pan (1896)

Émile ZOLA, « L’Amour des bêtes » (1896)

Léon BLOY, La femme pauvre (1897)

Richard WELTRICH, Christian Wagner, der Bauer und Dichter zu Warmbronn (1898)

Édouard Philippe ENGELHARDT, De l’animalité et de son droit (1899)

Henri CONSTANT, Le christ, le christianisme et la Religion de l’Avenir (1899)

Mark TWAIN, « Mark Twain on Scientific Research » (1900)

et « A Horse’s Tale » (1906)

Henry S. SALT, Animals’ Rights, Considered in Relation to Social Progress (1894), et The Humanities of Diet (1914)

Élisée RECLUS, « À propos du végétarisme » (1901)

Edward WESTERMARCK, The Origin and Development of the Moral Ideas (1906)

John Howard MOORE, The Universal Kinship (1906)

Pierre de COULEVAIN, Au coeur de la vie (1908)

Gabriel GALLAND, La grève des animaux (1908)

Albert SCHWEITZER, « L’homme et la souffrance des animaux » (1908) et « La protection des animaux et les philosophes » (1936)

Henri LAUTARD, Zoophilie ou sympathie envers les animaux (1909)

Antonio ZOZAYA, in Por los seres indefensos (¡Pobres animales !). Antología Zoofila (1910)

Mgr Henry BOLO, Les Animaux et le Devoir Chrétien (1914)

Mohandas Karamchand GANDHI, divers extraits (1921-1953)

Georges COURTELINE, La philosophie de Georges Courteline (1922)

André GÉRAUD, Déclaration des Droits de l’Animal (1924)

Maurice MAGRE, Le mystère du tigre (1927)

Louis LESPINE, Les Souffrances et les Droits (?) des Animaux (1928)

Martin BLAAUBEEN, L’Animal et la civilisation occidentale (1928-29)

Edmond HARAUCOURT, préface à É. Germain-Sée, Anthologie zoophile (1929)

Francis de MIOMANDRE, in Le Figaro (1930)

Pierre GIBERNE, La Protection Juridique des Animaux (1931)

Bertrand RUSSELL, « If Animals Could Talk » (1932)

Foppe Gabbe SCHELTEMA, « Les droits des animaux » (1934)

Marc-Jean GARNOT, Les animaux bénéficiaires de libéralités (1934)

Émile GERMAIN-SÉE, L’Animal dans la Société devant la Science, la Philosophie, la Religion (1936)


TROISIÈME PARTIE
PÉRIODE CONTEMPORAINE

Theodor W. ADORNO et Max HORKHEIMER, Dialektik der Aufklärung (1944), Minima Moralia : Reflexionen aus dem beschädigten Leben (1951) et Beethoven. Philosophie der Musik. Fragmente und Texte (1993)

Paul CLAUDEL, Bestiaire spirituel (1949)

Sidonie Gabrielle COLETTE, En pays connu (1949)

Leonard NELSON, System der philosophischen Ethik und Pädagogik (1949)

Jacques MARITAIN, Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale (1951)

Paul DU BREUIL, Plaidoyer pour nos amies les bêtes (1968)

Joel FEINBERG, « The Rights of Animals and Unborn Generations » (1971)

Philippe DIOLÉ, « Prisons dans un jardin » (1974)

Robert NOZICK, Anarchy, State, and Utopia (1974)

Stephen CLARK, The Moral Status of Animals (1977)

Alfred KASTLER, « Souffrance humaine et souffrance animale » (1978)

Déclaration universelle des droits de l’animal (1978)

Marguerite YOURCENAR, « Qui sait si l’âme des bêtes va en bas ? » (1981)

William FRANKENA, « Il diritto alla vita degli esseri non-umani » (1983)

Milan KUNDERA, L’insoutenable légèreté de l’être (1984)

Étienne WOLFF, « Les droits des animaux » (1984)

Peter SINGER, The Animal Liberation Movement (1985)

Jean-Claude NOUËT, « Le monde animal et nos rapports avec lui » (1986)

Steve SAPONTZIS, Morals, Reason, and Animals (1987)

Tom REGAN, The Philosophy of Animal Rights (1990)

James RACHELS, Created from Animals (1990)

Jürgen HABERMAS, Erläuterungen zur Diskursethik (1991)

David OLIVIER, « Défense animale / libération animale » (1991)

Georges CHAPOUTHIER, Les droits de l’animal (1992)

Eugen DREWERMANN, Was ich denke (1994)

André COMTE-SPONVILLE, « Sur les droits des animaux » (1995)

Florence BURGAT, « Folie des vaches, folie des hommes : L’oubli de l’animal » (1996)

Claude LÉVI-STRAUSS, « La leçon de sagesse des vaches folles » (1996)

Théodore MONOD, Terre et ciel (1997)

Andrew LINZEY, Animal Gospel (1998)

Paola CAVALIERI, « Les droits de l’homme pour les grands singes ? » (2000)

Steven WISE, Rattling the Cage (2000)

Jacques DERRIDA, De quoi demain… Dialogue (2001)

Peter SLOTERDIJK, « Une menace pour l’humanisme ? » (2001)

Armand FARRACHI, « Silence, on souffre ! Pitié pour la condition animale » (2001)

André VERDET, Face à nous les bêtes (2003)

Marc BEKOFF, « Considering animals – not “higher” primates. Consciousness and self in animals : Some reflections » (2003)

Martha NUSSBAUM, « Beyond “Compassion and Humanity”. Justice for Nonhumans Animals » (2004)

Catherine et Raphaël LARRÈRE, « Actualité de l’animal-machine » (2005)

Gary FRANCIONE, « Taking Sentience Seriously » (2006)

Bernard BAERTSCHI, « Est-il vraiment possible de ne pas être anthropocentriste ? » (2007)

Élisabeth DE FONTENAY, Sans offenser le genre humain (2008)

Michel HOUELLEBECQ, Ennemis publics (2008)

Élisabeth HARDOUIN-FUGIER, « “La vivisection est supprimée en Allemagne”. Recyclage et exploitation d’une désinformation récurrente (1933-2009) » (2009)

Jean-Claude WOLF, « Eine Ethik der natürlichen Sympathie » (2009)

Yves BONNARDEL, « Idée de nature, humanisme et négation de la pensée animale » (2010)

Sylvain TESSON, « Le bloc-notes de Sylvain Tesson » (2010)

Jean-Luc GUICHET, « Questions contemporaines d’anthropologie et de bioéthique : l’argument antispéciste des cas marginaux » (2011)

Michel ONFRAY, « Une partie mémorielle de nous-mêmes » (2011)

Estiva REUS, « Sentience » (2011)

Françoise ARMENGAUD, « Penser aux animaux » (2011)

Jean-Yves GOFFI, « Éthique des relations avec l’animal ; éthique des vertus » (2011)

Philippe DEVIENNE, « Dé-figurer ou en-visager l’animal ? » (2011)

Jean-François NORDMANN, « Des limites et des illusions des éthiques animales » (2011)

Table alphabétique

07 octobre 2011

L'éthique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

L'éthique animale
de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? Si oui, lesquels ? Si non, pourquoi ? Et quelles en sont les conséquences pratiques ? L’exploitation des animaux pour produire de la nourriture et des vêtements, contribuer à la recherche scientifique, nous divertir et nous tenir compagnie est-elle justifiée ? L’éthique animale s’intéresse à l’ensemble de ces questions. Elle ne propose pas une simple compilation de règles idéales sur ce qu’il est "moral" ou non de faire aux animaux, mais invite à penser notre rapport au monde animal. Elle est le lieu d’un débat, souvent extrêmement polémique, dans lequel s’affrontent de nombreuses positions. Ce livre en propose le premier panorama synthétique.

NB. Ce livre n’est pas la version poche de Ethique animale (PUF, 2008) mais un nouveau texte.

L'éthique animale, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Editions PUF, 2011, 128 pages

A propos de l'auteur

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, est maître de conférences en relations internationales au département de War Studies du King's College de Londres. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont Ethique animale (PUF, 2008, préface de Peter Singer), Textes clés de philosophie animale (Vrin, 2010) et Anthologie d'éthique animale (PUF, 2011).

Pour en savoir plus

- Cette page avec un aperçu du livre et des avis de lecteurs
- Le site officiel de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Trois autres livres du même auteur :

- Ethique animale
- Anthologie d'éthique animale
- Philosophie animale

La table des matières

Introduction

Chapitre I – La souffrance

I. L’existence d’une souffrance animale
II. La souffrance de quels animaux ?
III. La souffrance est un critère pertinent de considération morale
IV. La souffrance est-elle un critère nécessaire et suffisant ?

Chapitre II – L’antispécisme

I. L’héritage du darwinisme
II. Une "schizophrénie morale"
III. L’analogie avec le racisme et l’esclavage
IV. Spécismes direct et indirect
V. L’argument des cas marginaux
VI. Être ou ne pas être antispéciste

Chapitre III – Le welfarisme et l’abolitionnisme

I. Le welfarisme
II. L’abolitionnisme
III. La libération animale
IV. L’usage de la violence

Chapitre IV – La justice et la compassion

I. L’approche par la justice
II. L’approche par la compassion
III. L’approche féministe
IV. Justice ou compassion ? Une opposition à nuancer

Chapitre V – Les théories des droits des animaux

I. Quels droits ?
II. Feinberg
III. Regan
IV. Francione
V. D’autres théoriciens des droits

Chapitre VI – Les autres positions

I. L’utilitarisme de Singer
II. L’approche par les capabilités de Nussbaum
III. L’intuition et la moralité courante

Conclusion

Bibliographie

06 avril 2011

Les animaux, nos humbles frères, de Jean Gaillard

Les animaux, nos humbles frères
de Jean Gaillard

préface de Gustave Thibon


Peut-on bénir les chiens ? Retrouverons-nous nos animaux après la mort ? La vivisection est-elle un péché ? L'amour qui unit le chien à son maître a-t-il une valeur pour Dieu ?

Les amis des bêtes ont le sentiment d'être oubliés par l'Eglise. Il est vrai que sa parole est devenue rare sur ce sujet. Pourtant, jamais les animaux domestiques n'ont été aussi nombreux. En vérité cet enseignement existe. Les animaux sont cités dans les premiers versets de la Genèse, avant l'homme.

Ce livre, très documenté, passionnera tous les amis des bêtes et ouvrira à tous des horizons très neufs, tout en restant dans le plein respect de la tradition la plus ancienne.

Les animaux, nos humbles frères, Jean Gaillard, Préface : Gustave Thibon, Editions Fayard, 1998, 131 pages

A propos de l'auteur

Professeur d'histoire et de géographie, Jean Gaillard aime les animaux depuis son enfance. Il est membre de nombreux mouvements de protection de la nature et des animaux en France et à l'étranger. Pour ouvrir les chrétiens, et en particulier les catholiques, à leur défense - l'une des préoccupations du monde moderne - il a aidé en 1969 Marguerite Prestreau à fonder l'Association Catholique pour le Respect de la Création Animale dont il est Secrétaire Général depuis sa création.

Voir aussi, sur le même thème : Théologie animale, d'Andrew Linzey

L'avis de Franck Michel, du site Droits de l'animal

Le statut de l'animal auprès des grandes instances chrétiennes est passablement mauvais. L'Eglise Catholique ne proteste quasiment jamais contre les souffrances infligées aux animaux, mêmes les plus cruelles et les plus inutiles. Elle méconnaît totalement la responsabilité morale liée aux choix de consommation, qui pèsent sur les milliards d'animaux "utilitaires" employés par l'humain pour le divertir, tester ses produits et le nourrir. Plus grave encore, le Nouveau Cathéchisme va jusqu'à blâmer l'implication dans la protection animale. Et enfin, le pire est atteint avec certains membres du clergé qui vont jusqu'à encourager des pratiques abjectes comme la corrida ou la chasse à courre, sans que leur hiérarchie leur adresse le moindre reproche.

Pourtant, ces positions anti-cause animale sont loin d'être partagées par tous les chrétiens. Ce livre de Jean Gaillard, solidement étayé et documenté, en apporte une preuve solide. Cet ouvrage comporte d'intéressants volets historiques sur les parcours et positions de croyants plus ou moins connus, comme Jean-François d'Assise, St Martin de Porrès, Albert Schweitzer, Alexis Godin ou les abbés Augustin Moorthamer et Ronald Cosic.

Mais le plus intéressant se trouve dans les positions théologiques originales de l'auteur. Celui-ci défend ainsi l'idée d'existence d'une âme chez les animaux. Cet aspect n'a pour lui rien d'extraordinaire: il relève de la vraie tradition chrétienne, était inspiré par St Thomas d'Aquin et en vigueur dans l'Eglise Catholique jusqu'au XVIème siècle. La notion d'âme, assez imprécise, permet d'ailleurs d'être prise à divers niveaux, notamment d'un point de vue matériel et mortel.

Mais Jean Gaillard va plus loin, prenant partie en faveur de l'hypothèse de survie de l'âme des animaux après leur mort. Il reconnaît l'originalité de cette position, tout en précisant bien qu'elle n'est nullement contredite par les textes saints. C'est pour lui la véritable réponse à l'injustice dont sont victimes les animaux: victimes de très graves souffrances, et privés de paradis réparateur.

Un livre à connaître, et surtout à faire connaître à tous les représentant du clergé catholique.

Notons que Jean Gaillard et son association "Notre Dame de Toute Pitié" soutiennent activement les actions concrètes en faveur des animaux.

Extrait de l'introduction du livre
tiré de l'article Les chrétiens et les animaux

"…les Églises chrétiennes ne se sont pas assez souciées du sort des animaux et du comportement de leurs fidèles envers eux. Elle provoque une réelle incompréhension chez ceux qui aiment les animaux et les éloigne souvent du christianisme, ce dont la majorité des chrétiens n'a même pas conscience, convaincus que les animaux n'ont rien à voir avec la religion. Cela est dommageable pour les animaux, pour les hommes et pour la religion".

Entretien avec Jean Gaillard
Source

Les animaux dans la Bible

La Bible parle très souvent des animaux, plusieurs milliers de fois. Elle distingue cinq grands groupes : les poissons dans la mer; les oiseaux dans le ciel; et sur la terre, le bétail domestique, les bêtes sauvages et "ceux qui rampent sur le sol" (serpents, rongeurs, insectes...). De très nombreuses espèces sont mentionnées; mais certaines ont une place plus importante que les autres : le cheval, le lion, la colombe...

Il est très souvent question des animaux dans l'histoire des Hébreux. Comme Abraham, ils furent longtemps des pasteurs nomades avec de grands troupeaux. Et même après leur installation en Palestine, l'élevage resta une de leurs activités. Comme tous les rois de l'ancien Orient, ceux d'Israël disposent d'une cavalerie, pour les guerres incessan­tes contre leurs voisins. L'homme se heurte parfois aux bêtes sauvages, tel Samson qui étouffe un lion.

A travers les textes, on peut analyser là quelle conception de l'animal se fait la Bible : Quelle est sa nature ? Quelle est sa place dans la création ? Quels devraient être ses rapports avec l'homme ? Et aussi avec Dieu, car l'animal entre dans la sphère du sacré : utilisé comme victime du sacrifice, il est au cœur du culte que les hommes rendent à Dieu. Enfin, l'animal revêt souvent une valeur symbolique des qualités et des défauts des hommes, et il manifeste parfois la volonté de Dieu.

Une étude des animaux dans la Bible permet une approche religieuse du monde animal, et donne des réponses aux graves questions que nos contemporains se posent : quelle est la nature profonde des animaux ? Quels sont leurs droits ? Que deviennent-ils après leur mort ? Quel est leur rôle sur la terre ? La domination de l'homme sur les espèces animales est-elle juste ? etc...

Les catholiques et la protection animale en France

On reproche souvent aux chrétiens de ne pas aimer les animaux. Est-ce exact ?

Il est indéniable que la réflexion théologique ne leur accorde guère de place, et que l'enseignement religieux les néglige le plus souvent. Même si tous les derniers papes ont à l'occasion encouragé la protection animale, les autorités religieuses, sauf quelques exceptions, n'y ont pas attaché d'importance. Cependant on trouve de nombreux catholiques, et parfois même des prêtres, qui militent dans les sociétés protectrices. Depuis l'apparition de la protection animale moderne au milieu du XIXe siècle, on a pu avoir l'impression à deux reprises que l'Eglise allait s'ouvrir largement aux animaux. Ce fut le cas à l'origine sous le Second Empire, où des prêtres et des évêques ont soutenu la Société Protectrice des Animaux de Paris naissante. Le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, déclarait alors : "Comme toujours, l'Eglise s'est placée à la tête de ce mouvement de défense des animaux. C'est à elle de le diriger partout où elle pourra se faire entendre". En fait très vite l'Eglise prit ses distances à l'égard du mouvement favorable aux animaux, qui se développa en dehors de son influence.

Une deuxième fois après la première Guerre mondiale, on assista à un rapprochement. Le pape Benoît XV aimait les animaux. Et, à l'exemple de l'Angleterre où se fondait The Catholic Study Circle for Animal Welfare, en France, Paul Chanson travaillait à créer une Association Catholique pour la Protection des Animaux, pour laquelle il obtenait le patronage de douze archevêques et évêques, d'une vingtaine de théologiens, de nombreux écrivains connus, dont Paul Claudel et François Mauriac. Mais la guerre de 1939 empêcha finalement la réalisation de ce beau projet. Quand elle se termina la situation avait bien changé. Les catholiques se préoccupaient surtout de questions économiques et sociales, et l'Eglise traversait une crise très grave. C'est dans ce contexte difficile et sans le soutien de la hiérarchie, que des chrétiens ont cependant repris le combat en faveur des animaux en fondant des mouvements à caractère religieux. Le premier a été en 1969 l'Association Catholique pour le Respect de la Création Animale.

Même si ceux qui s'engagent dans la protection animale sont très minoritaires, il est exagéré de dire que les chrétiens n'aiment pas les animaux. La réalité est plus complexe.

Professeur d'histoire-géographie en retraite, dans l'enseignement secondaire privé catholique (Lycée Saint François de Salles, Evreux). Licencié en Lettres et Théologie. Président de l'Association Catholique pour le Respect de la Création Animale depuis sa fondation en 1969. Chevalier des Palmes Académiques.

05 avril 2011

Théologie animale, d'Andrew Linzey

Théologie animale
d'Andrew Linzey


Pour la première fois traduit en français, Andrew Linzey, professeur de théologie à l’Université de Oxford et Directeur du Oxford Centre for Animal Ethics, ouvre une voie inédite pour la paix, à travers une réflexion inspirée sur la relation à l’animal.

A l’occasion du 125e anniversaire de la mort de Victor Hugo, qui a toujours pris position en faveur des animaux, One Voice a choisi de publier la traduction française du livre d’Andrew Linzey : Théologie animale.

Pour ce spécialiste de l’éthique, auteur de nombreux textes de référence dans ce domaine, la question du rapport à l’animal nous concerne tous. Penser l’animal, c’est aussi penser l’humain.

A travers son ouvrage, il nous livre une réflexion étayée sur notre mode de vie dans sa globalité, mise en perspective à travers des problématiques profondément actuelles, telles que les OGM ou l’environnement. Il démontre savamment les implications de la responsabilité des humains à l’égard des plus faibles, et propose de bousculer l’ordre établi pour accéder, enfin à un monde plus juste et pacifié.

Muriel Arnal déclare : « Publier l’ouvrage d’Andrew Linzey était une évidence. Son approche des droits des animaux et du respect de toute vie constitue une base de réflexion tout à fait pertinente, et documentée de manière particulièrement intéressante. Plus que jamais ancré dans l’actualité, cet ouvrage devrait éveiller les consciences. »

Théologie animale, Andrew Linzey, Editions One Voice, 2010, 246 pages

Un commentaire de l’auteur

Victor Hugo aurait été fier.

Victor Hugo a développé le concept d’une grande morale – une compassion élargie à toutes les formes de vie. Il est mort il y a 125 ans, le 22 mai 1885.

C’est le 22 mai 2010, date anniversaire de sa mort, qu’est publié le premier ouvrage en français sur la théologie animale.

Il est temps pour les églises de suivre ses traces et de rejoindre le mouvement de la protection animale. Théologie animale montre qu’il y existe des bases théologiques solides devant nous conduire à militer pour une justice envers les animaux.

One Voice est l’une des principales organisations de défense animale en France. Elle porte le flambeau dans la quête d’une relation plus respectueuse envers les animaux et mérite notre soutien chaleureux. C’est un grand honneur d’être publié par elle.

Professeur Andrew Linzey

A propos de l'auteur

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est également professeur honoraire à l’université de Manchester. Il a occupé à Oxford le premier poste académique au monde en théologie et bien-être animal. Entre autres fonctions, il a aussi occupé le poste de professeur honoraire à l’université de Birmingham de 1996 à 2007. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique, traduits pour la plupart dans de nombreuses langues. En 2006, il figurait sur la liste des 50 personnes oeuvrant pour un monde meilleur, établie par le journal The Independent.

A propos de One Voice

One Voice est une association Loi 1908 qui cultive son indépendance politique, religieuse et financière comme garantie de sa liberté de parole et d’action. Elle mène, depuis 1995, une lutte non violente pour les droits des animaux et le respect de toute vie perpétuant ainsi la vision du Tout et de l’unité des combats chère à son célèbre parrain, Théodore Monod. L’association est le représentant pour la France de la Coalition européenne pour la fin de l’expérimentation animale.

Pour en savoir plus

- Le site One Voice
- La boutique One Voice où vous pourrez acheter le livre
- Violences sur les animaux et les humains : Le lien, sous la direction d'Andrew Linzey
- La note de lecture d'Olivier Jelen
- La note de lecture d'Estiva Reus
- Les animaux, nos humbles frères, de Jean Gaillard

Le sommaire

Préface à l'édition française
Première partie : Principes de théologie
1. Respect de la vie, responsabilité et droits
- Le respect de la vie
- La responsabilité vis-à-vis des animaux
- Les droits des animaux
- L'orientation théocentrique
2. La priorité morale des faibles
- Le paradigme de l'égalité
- Le paradigme de la générosité
- Tracer la limite
- Des relations privilégiées : les enfants et les animaux
- Des biens mal acquis
- Deux objections
3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur
- Ce qui marque la singularité
- Le Dieu souffrant
- Un sacerdoce du sacrifice
- Un service au nom d'une spécificité
- Les objections
4. Une théologie de la libération pour les animaux
- Les dogmes de l'humanisme
- Un anthropocentrisme étriqué
- Retrouver les relations chrïstologiques
5. Les droits des animaux et la prédation
- Le dilemme du vampire
- Parasitisme et prédation
- Repenser la loi naturelle
- Un impératif moral transnaturel
- Les objections au végétarisme
Seconde partie : Bousculer nos habitudes morales
6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux
- Le fondement théologique de la valeur de la création
- Des implications morales
- Les animaux comme victimes sacrificielles
- Une critique des expériences sur les animaux
7. La chasse comme antiévangile de la prédation
- La chasse avec Jésus-Christ
- Comment tuer en restant un chrétien consciencieux
- Jésus notre Prédateur
- Le sacrifice pour tous
- L'affranchissement de la servitude
8. Le végétarisme comme idéal biblique
- La nourriture du paradis
- Une permission ambiguë
- Vivre sans violence
- Le Prince de la paix
- Pour approcher le Royaume de la paix
9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux
- La révolution animale
- Appartenir et exister pour
- Les brevets et la doctrine de la création
- La théologie discréditée du génie génétique
- Quatre objections
- Eugénisme et génie génétique
Guide bibliographique des ouvrages cités
Remerciements
Index
Notes

La présentation du livre
par le site One Voice



Dans cet ouvrage, publié en français par One Voice, les animaux ont droit au respect. A travers une relecture de la bible qui bouleverse les conventions généralement admises de la domination de l’humain sur les animaux, chaque être trouve sa place. Chaque vie a droit au respect.

Andrew Linzey est un prêtre anglican, membre de la faculté de théologie de l’Université d’Oxford et directeur fondateur du Oxford Center for Animal Ethics. Il est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur la théologie et l’éthique.

Une date de choix

Le 22 mai 2010, date choisie pour la publication de ce premier ouvrage de théologie animale en français, est aussi celle du 125ème anniversaire de la mort de Victor Hugo. Victor Hugo, auteur cher à Linzey, était particulièrement sensible à la cause animale, et avait une vision assez claire quant au comportement humain : « Sans doute était-ce le premier devoir. (...) il fallait civiliser l'homme du côté de l'homme. La tâche est avancée déjà et fait des progrès chaque jour. Mais il faut aussi civiliser l'homme du côté de la nature. Là tout est à faire. »

Pour tous publics

Ce livre est une théologie, certes, mais dont l’analyse et la logique développent des thèmes accessibles et pertinents pour tous, croyants ou non, désireux de réfléchir à la problématique de la place de l’humain vis-à-vis des animaux. Le «fait que les animaux soient innocents et sans défense, loin de nous permettre de les exclure du champ de nos préoccupations morales, est précisément ce qui devrait nous obliger à leur accorder une attention particulière et à les traiter avec les scrupules et les soins les plus extrêmes. »

Une introduction dédiée au public français

Dans une préface spécialement écrite pour la version française de son ouvrage, Andrew Linzey explique avec brio le rôle tenu par les grands penseurs de notre pays dans l’évolution du statut de l’animal à travers le monde. Depuis Descartes, jusqu’à Victor Hugo, Linzey retrace les grands courants de pensée qui ont conduit l’animal à la place inconfortable qu’il occupe aujourd’hui.

Respecter la vie

Linzey nous invite non seulement à respecter la vie sous toutes ses formes, mais à accorder une priorité morale aux plus faibles. Il propose une relecture de la genèse où le concept de domination n’implique pas l’asservissement mais se substitue à la notion de responsabilité : « chaque fois que nous détenons un pouvoir vis-à-vis d’êtres qui sont plus ou moins sans défense, notre obligation morale de générosité n’en est que plus grande. S’il est bien un droit que nous confère notre pouvoir sur des animaux, c’est celui de les servir. » Refusant de faire du bien-être humain une priorité, il replace l’humain à sa juste position, au sein de la nature, n’hésitant pas à mettre en cause « des siècles d’anthropocentrisme chrétien (de la pire espèce) » dans la crise écologique actuelle.

Mettre fin à la souffrance

Mettre fin à la souffrance, libérer les animaux du joug des humains, faire évoluer le monde vers une plus grande mansuétude, ouvrir l’humain à une existence salutaire pour lui et la planète, Linzey ouvre aux chrétiens de nouvelles pistes pour le salut de leur âme. Il offre aussi ainsi à ses lecteurs une approche inédite de l’existence et une analyse étayée et solidement construite des textes religieux. Un monde où l’amour et la paix trouveraient enfin leur place.

Les animaux ne nous appartiennent pas

Linzey aborde les thèmes fondamentaux que sont l’expérimentation animale, la chasse, la consommation de viande et les manipulations génétiques en se basant sur la doctrine religieuse et les implications morales qui en résultent. « La doctrine chrétienne de la création nous oblige à considérer que notre estimation de notre propre valeur ne peut pas constituer l’unique critère pour déterminer la valeur d’autres créatures. » Dans un monde où partout la tyrannie s’exerce, il invite l’homme à renaître en bouleversant ses habitudes séculaires, pour une existence plus juste et une paix planétaire.

Quelques extraits et un article

Plutôt que de rédiger un avis sans grand intérêt pour le visiteur (car je ne suis pas douée pour cette tâche) sur un livre aussi intéressant et dense (et parfois complexe dans sa première partie) que Théologie animale d'Andrew Linzey, j'ai préféré sélectionner ces documents :

- Les présentations claires qui figurent au début de chaque chapitre
- De longs extraits du chapitre "Le végétarisme comme idéal biblique" à lire sur ce lien
- Ainsi que l'article remarquable écrit par Yves Tissier

Tous ces documents, ajoutés à la très bonne présentation (ci-dessus), vous donneront ainsi un aperçu du livre bien meilleur que je ne saurais le faire et, je l'espère, l'envie de le découvrir pour avancer dans votre spiritualité et par la même occasion, soutenir l'association One Voice.


Extraits : Les premières lignes de chaque chapitre

1. Respect de la vie, responsabilité et droits

Ce chapitre traite principalement de notre devoir moral envers les animaux, créatures de Dieu. Trois questions y sont soulevées : (1) Devons-nous faire preuve de respect envers les animaux ? (2) Avons-nous une responsabilité vis-à-vis des animaux ? (3) Les animaux ont-ils des droits ? Je propose pour ma part de répondre à ces trois questions par l'affirmative. Si je défends avec fermeté une doctrine des droits moraux des animaux, le lecteur pourra constater que, pour moi, une approche en termes de droits ne doit pas conduire à négliger d'autres notions comme le «respect» et la «responsabilité». J'ai traité en long et en large du problème des droits des animaux dans mes ouvrages Animal Rights : A Christian Assessment et Christianity and the Rights of Animals et je n'ai pas l'intention de répéter simplement la même argumentation ici. Mon idée est que le concept de droits est tout à fait compatible avec la théologie morale et qu'il convient de l'étendre aux animaux. En même temps, je m'oppose à l'idée que le droit puisse englober tout ce que l'on pourrait dire sur les animaux d'un point de vue théologique. Selon moi, il existe du point de vue théologique de bonnes raisons de reconnaître la valeur des animaux, de les respecter, d'accepter d'en être responsables et de reconnaître les droits que Dieu leur a donnés. (...)

2. La priorité morale des faibles

Le langage du respect, de la responsabilité et des droits permet-il de rendre aux animaux ce qui leur est dû en tant que créatures de Dieu ? Dans ce chapitre, j'explique que d'un point de vue théologique, il nous faut aller plus loin encore : une interprétation moralement satisfaisante de nos obligations envers les animaux implique nécessairement davantage qu'une simple exigence d'égale considération, contrairement à ce qu'avancent certains militants de la libération animale. A partir de la notion de générosité divine qu'incarne la personne de Jésus, je suggère que l'on accorde aux êtres faibles et sans défense une considération non pas égale mais plus grande. Une priorité morale devrait être donnée aux plus faibles. (...)

3. L'espèce humaine dans le rôle du serviteur

Il peut sembler que l'accent mis dans le chapitre précédent sur la communauté de destín entre humains et animaux occulte le credo traditionnel des chrétiens concernant le caractère unique du genre humain. On entend souvent dire que les partisans des droits des animaux ne voient aucune différence réelle entre animaux et humains et tentent de mettre les uns et les autres au même niveau du point de vue moral et théologique. Il est vrai qu'un certain nombre de défenseurs des droits des animaux remettent en cause la singularité du genre humain, parfois pour de bonnes raisons comme je vais le montrer. Cependant, faut-il en conclure qu'il n'est possible de vouloir un traitement éthique des animaux qu'au prix de l'abandon de la conception chrétienne traditionnelle selon laquelle l'être humain est particulier et unique ? Je ne le pense pas. Je vais m'efforcer de montrer qu'en réalité la conception selon laquelle les humains seraient moralement supérieurs tient une place centrale dans la théorie des droits des animaux. Partant de l'idée d'un Dieu qui souffre, j'explique que l'on peut définir ce caractère unique de l'être humain comme une capacité de servir et de se sacrifier. De ce point de vue, l'être humain est l'espèce à laquelle revient la mission exclusive d'exercer un ministère du don de soi, à l'image du Grand Prêtre, non pas seulement pour les membres de sa propre espèce mais pour toutes les créatures sensibles. Parce que les créatures gémissent et souffrent, il faut une espèce capable d'oeuvrer conjointement avec le Seigneur à la guérison et à la libération de la création. (...)

4. Une théologie de la libération pour les animaux

L'idée que l'être humain serait l'unique espèce capable d'oeuvrer avec Dieu à la libération et à la rédemption du monde nous amène naturellement à étudier la théologie de la libération. Toutefois, comme je le montre, la théologie de la libération ne tient aucunement sa promesse dès qu'il s'agit de l'oppression dont souffrent les animaux. Apparemment, au lieu de libérer la théologie de l'anthropocentrisme, les théologiens ne font que l'asservir à celui-ci, de façon toujours plus affirmée. À cet égard, leur étroitesse d'esprit est largement imputable à une christologie défaillante. Mon propos est de montrer comment il est possible - en restaurant cinq relations christologiques fondamentales - de concevoir une théologie de la libération qui rende justice à la souffrance de la création non humaine. (...)

5. Les droits des animaux et la prédation

Dans les chapitres qui précèdent, nous avons postulé que la volonté de Dieu était une création rachetée et libérée de la prédation et du parasitisme. C'est là une conception à contre-courant de la théologie moderne qui a admis, presque comme une évidence, que la rédemption divine dans le monde futur devait être limitée à la sphère humaine ou du moins, que le parasitisme et la prédation écologiques étaient la volonté de Dieu dans ce monde. Ici, je milite en faveur des projets de transformation du monde de la déité que je vois révélée en Jésus-Christ, et j'explique aussi que l'injonction de se comporter de façon « non naturelle » eu égard à nos habitudes de carnivores peut être un signe de grâce. Vivre sans tuer d'êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix. Ici comme ailleurs, je perçois un clivage fondamental entre ceux qui revendiquent une « éthique écologique» et les partisans d'une théologie de la libération fondée sur la création. (...)

6. Les expériences sur les animaux, des sacrifices pas très religieux

L'idée que les animaux n'existeraient que pour notre usage a une longue histoire. Cette nouvelle idée selon laquelle il existe des limites morales à ce que nous pouvons faire aux animaux a mis longtemps à émerger et, dans ses implications pratiques, elle pourra sembler radicale et implacable. C'est dans l'utilisation des animaux pour la recherche scientifique que cela apparaît de la façon la plus claire. Dans ce chapitre, je commence par reprendre à mon compte le principe théologique selon lequel les animaux ont une valeur non utilitaire et irréductible, et je tente de montrer que cette notion se fonde sur la doctrine traditionnelle de Dieu en tant que Père, Fils et Saint-Esprit. J'en détaille ensuite les implications morales, et je montre comment, en pratique, de telles implications rendent indispensable le refus moral de sacrifier des animaux au bénéfice des humains. (...)

7. La chasse comme antiévangile de la prédation

Proche de l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre utilité, il y a l'idée que les animaux n'existeraient que pour notre bon plaisir. Il est étonnant qu'une telle idée puisse avoir connu au sein de la tradition chrétienne un succès tel, que saint François de Sales, pour ne prendre qu'un exemple, aura pu considérer la chasse comme une de ces « innocentes récréations » dont « nous pouvons toujours faire bon usage » pour développer notre vie spirituelle. Au contraire, j'affirme que la chasse, loin d'être « innocente » ou moralement neutre, représente l'antiévangile de Jésus notre Prédateur. Je pense que rares sont ceux qui auront vraiment saisi ce que pouvait signifier théologiquement le fait de justifier la destruction de la vie sensible simplement pour le plaisir ou pour la distraction que cela procure. Pour que la chasse pour le plaisir puisse être justifiée, il faudrait que l'on célèbre le parasitisme en tant que plan divin. Quelles que soient les difficultés qu'on puisse avoir à imaginer un monde sans prédation, intensifier et renforcer - sans aucune nécessité morale - les forces parasitaires à l'oeuvre dans notre monde, c'est plonger encore davantage la création dans ces ténèbres dont l'espérance chrétienne est que nous serons tous libérés, les humains comme les animaux. (...)

8. Le végétarisme comme idéal biblique

De tous les défis moraux issus de la théologie animale, on peut soutenir que le végétarisme est celui qui bénéficie de la justification biblique la plus affirmée. L'acceptation du principe minimaliste consistant à éviter, dans la mesure du possible, de faire du mal aux êtres sensibles rend à elle seule inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie. Dans ce chapitre, je trace les grandes lignes du raisonnement que l'on peut tirer de la Genèse et du Livre d'Isaïe, tout en tenant compte également du fait que Jésus n'apparaît pas comme un végétarien dans les Évangiles canoniques. Même si nous admettons que, selon le chapitre IX de la Genèse, il est permis de manger de la viande à titre de concession particulière aux mauvais penchants de l'être humain, la question reste posée de savoir si le principe du régime carnivore peut se justifier. (...)

Un court extrait

(...) Dans le passé, nombreux ont été ceux - parmi lesquels, sans l'ombre d'un doute, les rédacteurs de la Bible eux-mêmes - qui ont pensé que tuer pour manger était essentiel et que notre existence même en dépendait. Or, comme je l'ai souligné au chapitre V, nous savons maintenant - du moins pour ceux d'entre nous qui vivent dans les pays riches de l'Occident - qu'il est parfaitement possible de se nourrir sainement sans le moindre recours à des produits à base de chair animale. Certes, il se peut que cela n'ait pas toujours été vrai dans le passé. Jusqu'à une date relativement récente, la croyance la plus ordinaire a toujours été que la viande était essentielle pour vivre bien.
Ceux qui optent pour le végétarisme peuvent le faire en sachant qu'ils vivent davantage en accord avec l'idéal biblique de paix que leurs contemporains mangeurs de viande. Voilà un fait qu'on ne devrait pas négliger. A bien des égards, il est difficile de savoir comment il serait possible de vivre de façon plus pacifique dans un monde marqué par la violence, l'avidité et le consumérisme. Souvent, l'individu se sent démuni face aux grands pouvoirs qui dominent la société et qui échappent même au contrôle démocratique. Choisir un mode de vie végétarien, c'est de façon pratique franchir une étape vers la cohabitation pacifique avec le reste de la création, une étape vers la réduction du nombre de mises à mort institutionnalisées dans le monde actuel. Un poulet en moins dans les assiettes, c'est un poulet en moins à l'abattoir. (...)

9. Les manipulations génétiques comme maltraitance des animaux

Dans ce chapitre, je rejette absolument l'idée que les animaux puissent faire l'objet de manipulations génétiques afin de devenir de meilleures machines à produire de la viande ou un meilleur matériel de laboratoire. Selon le point de vue de la théologie animale, remodeler génétiquement des animaux pour qu'ils ne soient plus que des moyens servant des fins humaines est moralement équivalent à l'institutionnalisation de l'esclavage humain. Il y a donc quelque chose de moralement douteux dans le développement indéfini d'une science génétique qui n'admet pas d'autres limites morales que celles du progrès dans le contrôle des espèces. Les défenseurs d'une justice morale pour les animaux ne sauraient se contenter de moins que le démantèlement de cette science en tant qu'institution. Nous atteignons ici les limites absolues de ce que peut tolérer une théologie de la création digne de ce nom. (...)

Théologie animale : un livre capital d'Andrew Linzey
Un article publié par Yves Tissier

dans son Ebook gratuit
Etre végétarien, le bon choix ?

Théologie animale : ce titre a de quoi déconcerter. Tout d’abord, la théologie est souvent considérée comme un système philosophique empreint de dogmatisme et qui privilégie la pensée abstraite, sans rapport direct avec notre quotidien. [ De theos -dieu et logos -science, la théologie est l'« étude des questions religieuses fondée principalement sur les textes sacrés, la tradition etc », nous dit le Grand Robert ]. Par ailleurs, une théologie de l’animal paraît un sujet bien étrange, à contre-courant de la pensée chrétienne traditionnelle. En effet, habituellement la théologie est plutôt utilisée comme écran de fumée, pour étayer une doctrine qui justifie l’asservissement de l’animal par l’homme, d’où la méfiance couramment répandue à son égard.

Mais Andrew Linzey n’est pas un auteur comme les autres. Vers 1970, il fit partie du groupe d’Oxford aux côtés de Peter Singer, lequel publia en 1975 La libération animale, un essai philosophique qui marqua les esprits. Autrefois secrétaire de l’Association végétarienne d’Oxford, Andrew Linzey créa en 2006 l’Oxford Center for Animal Ethics. Il a publié de nombreux livres sur la cause animale, sujet dont il est devenu un spécialiste reconnu. En 2001, l’archevêque de Cantorbery lui a décerné le titre de docteur en théologie en reconnaissance pour son travail. Publiée en anglais en 1994, Animal theology est son œuvre majeure. C’est aussi son premier livre traduit en français, paru en mai 2010. Il faut saluer ici le courage éditorial de l’association de défense des animaux One Voice qui publie le texte en français.

Sans marquer le moindre pédantisme, Andrew Linzey impressionne par sa grande érudition, alignant une bibliographie de 32 pages ! Il aborde avec aisance aussi bien l’analyse critique de l’œuvre d’Aristote ou de Saint Thomas d’Aquin, que la pensée d’Albert Schweitzer ou d’un philosophe anglais de la Renaissance complètement méconnu. Faisant preuve d’un esprit francophile, Andrew Linzey a gratifié le lecteur français d’une préface spéciale qui mesure l’abîme séparant la pensée de Descartes de celle de Victor Hugo, l’un de ses auteurs favoris.

Théologie animale s’articule en deux parties. Dans la première, Principes de théologie, l’auteur développe ses conceptions concernant la place de l’animal dans la doctrine chrétienne. Dans la seconde partie, Bousculer nos habitudes morales, il en développe les applications pratiques. Au passage, il s’attarde sur la vivisection, la chasse, le végétarisme et les manipulations génétiques, montrant que la théologie n’est pas nécessairement une discipline austère, mais peut être une matière vivante et captivante par ses implications dans notre vie quotidienne. Pour illustrer le dynamisme de la pensée d’Andrew Linzey, on relèvera que, pour étayer sa démonstration, il peut successivement faire une longue métaphore sur le vampirisme, citer La ferme des animaux de George Orwell, ou même Mein Kampf comme contre-exemple et qu’il n’hésite pas à relever les faiblesses de ses propres arguments. C’est là l’indication d’une grande honnêteté intellectuelle. Par ailleurs, le fait qu’Andrew Linzey soit un prêtre anglican lui confère sans doute une plus grande liberté de pensée que s’il provenait du sérail catholique, à la pensée bien calibrée. [ Notons au passage que la Grande Bretagne jouit depuis le milieu du XIXème siècle d'une longue tradition de militantisme d'inspiration biblique en faveur de la protection animale et du végétarisme ]. En lisant Linzey, on découvre à quel point la position théologique de l’église catholique a peu évolué depuis le Moyen Âge.

Linzey nous montre en effet que, en ce qui concerne notre relation avec le règne animal, la doctrine de l’église contemporaine est restée plus ou moins celle de Saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), qui a lui-même repris sans discussion deux axiomes d’Aristote ; à savoir que, contrairement aux humains, les animaux n’auraient pas la capacité de raisonner et que leur seule raison d’être serait de servir les humains. Aristote, le père de la rhétorique, s’avère ainsi également celui du sophisme, argument à logique fallacieuse. L’éthologie moderne (science du comportement animal) reconnaît pourtant aux animaux : intelligence, langage évolué, émotivité, sensibilité à la douleur, capacité d’entraide, voire le rire jadis le propre de l’homme. Mais d’après Linzey, « la position de saint Thomas d’Aquin peut se résumer ainsi : considérés en eux-mêmes, les animaux n’ont pas de raison et aucun droit, et les humains n’ont aucune responsabilité à leur égard ». Le dictionnaire de théologie morale de 1962 ne va guère au delà de cette position, et, malgré quelques déclarations encourageantes de Jean-Paul II, la théologie catholique romaine n’a pas évolué sur le fond.

Linzey utilise souvent des exemple parallèles : « L’idée que les animaux n’existeraient que pour le service ou le profit des humains est moralement aussi grotesque que de considérer que les enfants sont la propriété de leurs parents et que ces derniers peuvent en disposer à leur aise ». Il n’hésite pas à aller bien au delà de la pensée de Peter Singer qu’il qualifie d’anthropocentrique. Linzey montre au contraire que l’exemple de Jésus – « paradigme de la générosité » – est marqué par « la priorité morale du faible » et « suppose de notre part un changement radical de notre attitude vis à vis des animaux ».

Même le célèbre théologien Hans Küng postule que « le bien des humains est l’unique préoccupation de Dieu », oubliant au passage tout le reste de la création, animaux compris.

Rempli de compassion à l’égard de la souffrance animale, Andrew Linzey nous invite à la non-violence : « Vivre sans tuer d’êtres sensibles dans la mesure où cela est possible est un devoir théologique qui incombe aux chrétiens désireux de se rapprocher du royaume de la paix ». À ses yeux, le fait de choisir un régime alimentaire végétarien n’est pas anodin. Dans un style qui n’aurait pas déplu au Mahatma Gandhi, il écrit : « le végétarisme – loin d’être une sorte de supplément moral facultatif ou un aspect moral secondaire – est en fait un acte théologique implicite de la plus grande importance. En refusant de tuer et de manger de la chair animale, nous témoignons d’un ordre supérieur de l’existence […], qui ne demande qu’à advenir par nous ».

Concernant l’expérimentation animale en laboratoire, qui possède de farouches opposants en Grande-Bretagne, Linzey nous lance une mise en garde : « Nous ne devons pas oublier que, théologiquement parlant, l’utilisation que nous faisons des animaux est un usufruit : nous en sommes responsables devant Dieu. Les animaux ne nous appartiennent pas ». Cela rappelle ce que Khalil Gibran disait au sujet des enfants dans son texte inspiré Le Prophète.

Nous précisant que la France détient le triste record européen du nombre de chasseurs – avec 1,5 million de permis – Linzey se montre sans complaisance à leur égard : « Les chasseurs n’imitent pas la cruauté de la nature : ils la créent ». A cet égard, j’ajouterai que l’ours s’avère très dangereux dans les régions où il est chassé comme dans les Montagnes Rocheuses et en Sibérie. Au contraire, il ne s’attaque pas à l’homme dans les zones reculées où il est laissé en paix, comme certaines vallées isolées d’Alaska. Par ailleurs, au niveau des conséquences karmiques de la chasse, dans mon e-book Être végétarien, le bon choix ?, je cite l’exemple de l’empereur François-Joseph (page 124). J’avais oublié celui de Louis XVI, autre passionné de chasse, qui termina sa vie tragiquement comme un vulgaire gibier. Les animaux commencent du reste à se révolter, puisqu’en Biélorussie, on a noté récemment une dizaine d’attaques par des écureuils, et un renard atteint par le chasseur qui voulait l’achever à coup de crosse a même grièvement blessé celui-ci d’un coup de fusil en actionnant la gâchette pour se défendre (Courrier International n°1055 p.54).

Ce n’est que dans l’avant dernier chapitre de Théologie animale qu’Andrew Linzey aborde « Le végétarisme comme idéal biblique ». Pour lui, le principe de non-violence rend « inacceptable le fait de tuer pour le plaisir de la gastronomie ». Il argumente longuement les passages du chapitre de la Genèse qui ont été repris par l’ensemble des exégètes et son interprétation ne manque pas d’intérêt. Mais il serait beaucoup trop long d’exposer ici l’argumentation de Linzey, à partir d’un texte dont l’ambiguïté a permis la plus grande complaisance par le passé. Précisons seulement que Linzey garde en ligne de mire l’idéal messianique évoqué au livre d’Isaïe, le végétarisme étant clairement pour lui un préambule à « l’idéal d’un règne de paix universelle ».

Linzey aborde également la question de savoir quel était le régime alimentaire de Jésus. À ce propos, il considère « l’évangile des esséniens » que nous citons p.83-84 de notre livre comme probablement inventé à une époque relativement récente. Si tel était le cas, cela n’enlève rien à la beauté et à la puissance du texte.

Concernant les manipulations génétiques, cette pratique inspire à Linzey une sainte horreur. Il voit dans ce que nous qualifions pudiquement de « génie génétique » un système organisé d’exploitation et d’asservissement du monde animal. Pire, il considère cette pratique comme une insulte envers le créateur, l’homme prétendant interférer pour améliorer une création jugée imparfaite. Il voit dans cette abomination l’héritage d’Aristote, qui considérait que les animaux sont de par leur nature les esclaves des humains. De surcroît, la théologie chrétienne donne une interprétation permissive de la notion de domination de l’homme sur l’animal telle que l’expose la Genèse (I, 26-28) « interprétée comme une tyrannie autorisée sur le monde, et sur les animaux en particulier ».

Pour Linzey, les manipulations génétiques sont une façon de transformer les animaux en objets brevetables. « Ce qui est nouveau, c’est le fait que nous utilisions à présent des moyens technologiques permettant l’asservissement absolu de la nature des animaux, de telle sorte qu’ils deviennent totalement et complètement des biens de propriété humaine ». Pour Linzey, une telle approche de l’animal est clairement incompatible avec la doctrine chrétienne qui considère les animaux comme des créatures de Dieu. « Aucun être humain ne saurait être fondé à revendiquer la propriété absolue des animaux, pour la bonne raison que la création n’appartient qu’à Dieu ». Linzey nous met en garde contre les tentations d’eugénisme de nos savants, les expérimentations sur les animaux pouvant être le prélude d’expériences sur les humains, largement pratiquées du reste par les nazis.

Pour finir, Linzey nous rappelle que l’être humain fait partie intégrante de la nature et que toute intervention aboutissant à perturber l’équilibre de celle-ci parvient à bousculer l’homme lui-même.