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22 février 2016

(Up) Vegan, pour un monde meilleur

Cette page est une sélection de vidéos et textes sur le végétalisme,
à la mémoire de tous les animaux morts sans avoir vécu.

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Etre vegan est plus qu'un régime alimentaire.
C'est aussi plus qu'un style de vie.
C'est un chemin vers une révolution.
Contre la honte que l'humanité est devenue.
C'est un chemin pour faire de ce monde un meilleur endroit.

Antoine Jouanneau
(extrait de la vidéo ci-dessous : Veni Vidi Vegani)


Un entretien avec Jérôme Bernard-Pellet, médecin généraliste végétalien,
membre de l'APSARes,
Association de Professionnels de Santé pour une Alimentation Responsable.

Un autre entretien est disponible ici : 1ère partie - 2ème partie


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Animals should be off the menu - Philip Wollen
Une vidéo découverte grâce à V3nom.
Cliquez sur son pseudo pour voir ses excellentes autres vidéos.


Extraits du discours de Philip Wollen

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Les animaux doivent être retirés du menu - parce que ce soir,
ils crient de terreur, dans les abattoirs, les caisses et les cages.
Vils goulags ignobles de désespoir.

J’ai entendu les cris de mon père mourant,
son corps ravagé par le cancer qui l’a tué,
et je me suis rendu compte que j’avais déjà entendu ces cris avant.
Dans les abattoirs…
les yeux arrachés et les tendons coupés,
sur les navires bétaillers en direction du Moyen-Orient
et chez la mère baleine mourante
quand un harpon explose dans son cerveau
alors qu’elle appelle son baleineau.
Leurs cris étaient ceux de mon père.
Et j’ai découvert que dans la souffrance, nous sommes tous égaux.
Et dans leur capacité à souffrir,
un chien est un cochon, est un ours... est un garçon.
../..
Seulement 100 milliards de personnes ont vécu sur terre. 7 milliards y vivent aujourd'hui.
Et nous torturons et tuons 2 MILLIARDS d'animaux chaque semaine.
10.000 espèces sont anéanties chaque année par les actions d'une seule.
Nous sommes maintenant face à la 6ème extinction de masse de l’histoire cosmologique.
Si un autre organisme agissait comme ça, les biologistes l’appelleraient - un virus.
C’est un crime contre l'humanité aux proportions inimaginables.
../..
Il y a plus de 600 MILLIONS de végétariens dans le monde.
C'est plus grand que les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne,
l’Italie, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande réunis !
Si nous étions une nation,
nous serions plus grand que les 27 pays de l'Union Européenne !
../..
Si tout le monde mangeait un régime alimentaire occidental,
nous aurions besoin de 2 planètes Terre pour les nourrir.
Nous n’en avons qu'une seule et elle est en train de mourir.
../..
Chaque morceau de viande que nous mangeons
est une gifle au visage baigné de larmes d'un enfant affamé.
Quand je le regarde dans les yeux, dois-je rester silencieux ?
La terre peut produire assez pour les besoins de chacun,
mais pas assez pour la cupidité de tous.
../..
Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces,
ils sont d'autres nations.
Et nous les assassinons à nos risques et périls.
La carte de la paix se dessine sur un menu.
La paix n'est pas seulement l'absence de guerre.
C'est la présence de justice.

La justice doit être aveugle face à la race, la couleur, la religion ou l’espèce.
Si elle n'est pas aveugle, elle sera une arme de terreur.
Et il y a une terreur inimaginable dans ces horribles Guantánamo
que nous appelons "élevages industriels" ou "abattoirs".
Si les abattoirs avaient des murs de verre, ce débat n’aurait pas lieu.

Je crois qu'un autre monde est possible.
Par une nuit tranquille, je peux l'entendre respirer.
Retirons les animaux du menu et de ces chambres de torture.
S'il vous plaît, votez ce soir pour ceux qui n'ont pas de voix.

Merci.

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Marche pour la fermeture des abattoirs - 2 juin 2012

Version courte


Version longue


Marche pour la fermeture des abattoirs - 15 juin 2013


Des extraits d'un texte lu lors de cette marche.
Cliquez sur ce lien pour lire l'ensemble des textes.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui sur le site symbolique
des anciens abattoirs de Vaugirard.

Ici même, en 1949, le cinéaste Georges Franju
a filmé la triste réalité de leur mise à mort
dans un documentaire intitulé « Le Sang des Bêtes ».
De sa première visite il dira plus tard :

« Quand je suis allé la première fois là dedans,
je suis rentré chez moi,
j'ai pleuré pendant deux jours,
j'ai caché tous les couteaux,
j'avais envie de mourir. »

Les consommateurs de chair, de lait ou d'oeufs
que nous sommes, ou que nous avons été,
n’aiment pas penser à ce qui s’est passé en amont
pour que ces produits arrivent dans nos assiettes.

Mais pendant que nous détournons le regard,
les animaux, eux, continuent à vivre l’enfer, à cause de nous.

Il est temps de déconstruire l’idéologie carniste
qui sécrète depuis des siècles ces arguments criminels,
et qui est aujourd’hui savamment entretenue
par les industries d’exploitation animale.

Nulle pratique humaine ne cause plus de souffrance et de morts
que l'élevage et la pêche.

Chaque année dans le monde,
plus de 60 MILLIARDS d'animaux terrestres sont abattus pour leur chair
auxquels viennent s'ajouter des centaines de milliards d’animaux
issus des élevages aquacoles,
et des centaines de milliards de poissons arrachés aux lacs, rivières et océans.

Quelle justification éthique pouvons nous trouver à tous ces meurtres alimentaires ?
A ces gorges tranchées, ces poissons asphyxiés ?
Aucune, si ce n'est le plaisir égoïste de satisfaire nos papilles
au mépris de la vie des animaux
et du coût écologique que représente leur consommation.
Un coût écologique pour nous mais aussi pour eux.
Car la Terre est notre maison commune.

De même que le monde n'est pas une marchandise,
les animaux ne sont pas des produits destinés à notre usage.
Ce sont des êtres sentients,
capables d'émotions, de sentiments, de connaissance, de raison,
et nous avons à travers eux d'autres mondes à découvrir.

Il est temps de procéder à une révolution éthique
et d'inclure définitivement l'animal dans notre sphère de considération morale.

Cette stèle que nous avons dévoilée est un acte de mémoire,
mais surtout un engagement tourné vers l’avenir.
Elle est la marque de notre volonté de nourrir le débat public, citoyen,
sur ce qui est dû aux animaux,
JUSQU'A CE QUE CESSE DE COULER LE SANG DES BETES.


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Le discours le plus important de votre vie - Gary Yourofsky

Voici le discours inspirateur de Gary Yourofsky sur les droits animaux et le végétalisme, donné à Georgia Tech, en été 2010. Ecoutez cet orateur étonnant,qui renversera les mythes, remplira votre esprit de faits intéressants et vous aidera à faire un choix éthique dans le but de jouir d'un coeur sain et d'une âme saine. Pour faire de notre monde un meilleur endroit.


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Derrière les murs...


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Un repas végé

Nos choix alimentaires ont une incidence directe sur l'environnement : systèmes de production, transport, pollution, etc. Voulant démystifier le végétarisme et le végétalisme, trois jeunes nous présentent leurs réflexions, leurs constatations et les motivations qui les ont incités à réaliser ce court documentaire. L'instant d'un déjeuner, ils nous présentent le fruit de leur recherche : divers intervenants prennent la parole (diététiciens, végétariens, artistes et célébrités) et nous livrent leurs connaissances, leurs expériences et leurs choix en terme de santé, d'environnement et d'éthique.


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Les protéines végétales


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Stèle sur le site des anciens abattoirs de Vaugirard




Un autre texte lu lors de la Marche pour la fermerture des abattoirs

En posant cette stèle aujourd'hui, nous voulons rendre hommage à ces milliers de chevaux, de vaches, de boeufs, de moutons, abattus ici, à Vaugirard, entre 1898 et 1976.

Dans la frayeur et l'épouvante, combien ont voulu s'échapper, pressentant leur sort funeste ?

Mais rien n'a arrêté leurs bourreaux, ni leurs cris affolés, ni leurs yeux désespérés, ni la vue du sang versé.

Rien n'a ému ceux qui, plus tard, les ont découpés et engloutis, ont digéré leur agonie et fait de leurs estomacs leur cimetière.

En posant cette stèle, nous pensons aussi à ces milliards d'animaux abattus ailleurs, aujourd’hui et demain, sur terre et dans les mers.

Nous pensons à ces myriades de poissons qui ne crient pas, mais se débattent des heures et des jours durant, piégés dans les filets, avant de suffoquer interminablement sur le pont des navires.

Alors, comme Martin Luther King hier, nous avons nous aussi un rêve : celui de voir un jour cesser ce cauchemar carnivore.

Nous avons le rêve de voir la question animale devenir une question sociétale et politique centrale.

Nous avons le rêve d'un monde où les subventions ne seraient plus accordées à ces industries de mort que sont l'élevage et la pêche, mais destinées à la reconversion des travailleurs qu’elles emploient aujourd’hui. Pour qu’eux aussi sortent de ce cauchemar.

Nous avons le rêve d'un monde où humains et non humains cohabiteraient en paix dans une fraternité nouvelle.

Un monde où les animaux ne seraient plus considérés comme des marchandises ou de la viande sur pattes.

Un monde où l'exploitation et le meurtre des animaux seraient enfin devenus illégaux comme l'avaient imaginé Voltaire dans La princesse de Babylone ou bien encore Tolstoï, Louise Michel et Léonard de Vinci pour ne citer qu'eux.

Un monde enfin où les animaux seraient respectés et regardés comme les merveilles qu'ils n'ont jamais cessé d'être.

C'est vers ce monde nouveau que nous sommes aujourd’hui en marche.

Il est grand temps d'abolir nos privilèges humains et de rendre aux animaux la justice que nous leur devons.

Faisons de nos rêves une réalité.

Stoppons l’élevage et la pêche.

FERMONS LES ABATTOIRS.

20 février 2016

(Up) Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub

Ces bêtes qu'on abat
Journal d'un enquêteur

dans les abattoirs français
(1993-2008)
de Jean-Luc Daub


La viande coûte cher aux animaux. Engraissés dans des bâtiments obscurs dont ils ne sortent que pour être abattus, privés de toute relation avec leurs congénères, entravés, parfois sanglés au point de ne pouvoir bouger, ces animaux sont tués à la chaîne dans l'indifférence la plus absolue. Les enquêtes effectuées par Jean-Luc Daub dans les abattoirs français durant une quinzaine d'années lèvent le voile sur le malheur de milliards d'animaux. La force de ce témoignage tient dans la description, d'une précision extrême, des opérations d'abattage intolérables qui font inexorablement passer les bêtes de vie à trépas, dans ces lieux dont la législation dit " qu'aucun animal ne doit ressortir vivant ". Les instances qui ont compétence pour faire appliquer la réglementation en matière de protection des animaux font preuve d'une passivité qui confine à la complicité. Plus largement, c'est à une réflexion de fond sur la condition des animaux élevés pour être mangés que ce livre nous invite. Pourquoi les avons-nous à ce point bannis de tout ?

Ces bêtes qu'on abat, Jean-Luc Daub, Editions L'Harmattan , 2009, 256 pages

A propos de l'auteur

Parallèlement à son activité d'enquêteur dans les abattoirs pour des associations de protection animale, Jean-Luc Daub travaille en Alsace dans le secteur médico-social ; il est éducateur technique spécialisé auprès de personnes atteintes de troubles psychotiques.

Pour en savoir plus

- Le témoignage et le parcours personnel de Jean-Luc Daub, visiteur d'abattoirs
- Un aperçu du livre
- Végétarisme et non-violence, de Marjolaine Jolicoeur
- Bidoche, de Fabrice Nicolino
- La rubrique végétarisme et végétalisme
- La boutique L214

Sommaire

- Préface d'Élisabeth de Fontenay
- Témoigner
- Mes débuts dans la protection animale
- Aider les animaux d'abattoirs
- Le déroulement des visites d'abattoirs
- Description des différentes méthodes d'abattage
- Qu'est-ce que l'abattage rituel ?
- Un abattoir qui aurait dû fermer
- Des images qui marquent
- Un bouc pas comme les autres
- Avec le personnel d'abattoirs
- Des vaches dans le local d'abattage d'urgence
- Le « bien-être » des porcs
- Un argument publicitaire
- Rouge sang
- Pince électrique jusque dans la bouche
- Vaches mourantes
- Un employé rapide
- Un veau pour distraction
- Suspension des veaux en pleine conscience
- Étourdissement de bovins
- Un abattoir de porcs
- Mon premier marché aux bestiaux
- Un abattoir qui fonctionne « bien »
- La vie misérable des coches en élevage intensif
- La fin des coches à l'abattoir
- Marie
- Une petite vache dans le box rotatif
- Les poussins refusés
- Dernier sursaut d'un veau
- Des hurlements de porcs
- Des chevaux qui attendent
- Infractions en abattage rituel
- Un chariot de lapins blancs
- Un chien dans un fossé
- L'électronarcose par la pince électrique
- La crise de la vache folle et les veaux de la Prime Hérode
- Un appareil d'anesthésie innovant
- Agression sur un marché aux bestiaux
- Déjeuner dans une crêperie du Morbihan
- Une coche assoiffée
- Des animaux qui s'échappent des abattoirs
- Que faire ?
- Pour conclure
- Annexe
- Témoignages de végétariens, leurs parcours

L'analyse du livre
par la LFDA, La Fondation Droit Animal

Journal d'un militant de la protection animale, le livre de Jean-Luc Daub est un témoignage sur les enquêtes effectuées par l'auteur dans les abattoirs français. Cet ouvrage vise à la compassion et se situe dans la mouvance de l'émotion et du sentiment. Ce qui n'exclut nullement, à terme, un appel à la raison, car si, comme le remarque dans sa préface Élisabeth de Fontenay : « Nous sommes horrifiés par ce que son auteur… raconte » (p7) : c'est justement ce choc qui peut être salutaire à notre réflexion.

Avec le livre de Daub, on passe, d'une certaine manière, de l'abstrait au concret, ou de la théorie à la pratique, celle du vécu des abattoirs de notre pays. Certes, comme une large proportion de la population française n'est pas végétarienne, qu'elle soit ou non pourvue de convictions religieuses (pour la question de l'abattage rituel), il existe des abattoirs nombreux dans notre pays. Avec des règlements qui visent à garantir, aux animaux de boucherie, une mort aussi douce que possible. Certes, comme le remarque l'auteur, il existe « des responsables d'abattoirs qui agissent dans leur établissement de façon désintéressée pour éviter un mal-être animal et cela même cinq minutes avant la mort de l'animal » (p207). Il existe « un appareil d'anesthésie innovant » (p181), différent des systèmes actuels qui « apeurent terriblement les animaux et les mettent même dans un état de souffrance » (p185). Et puis il existe aussi quelques cas exceptionnels d'animaux échappés des abattoirs et dont l'aventure s'est bien terminée, par une adoption et une fin de vie paisible. Mais les exemples rapportés par l'auteur sont pour la plupart insoutenables. Ils témoignent d'un mépris presque permanent pour l'animal, et même pour la loi qui vise à le protéger, un mépris qui démontre que, si on veut trouver une bonne image de l'enfer sur terre, c'est bien dans nos abattoirs qu'il faut la chercher.

Il n’est pas possible évidemment de mentionner ici tous les exemples. Quelques citations en donneront une idée. « Les porcs hurlaient et ne voulaient pas entrer dans le local d'abattage » (p63). Un employé rapide « découpait les oreilles, ainsi que le museau et puis la tête, alors que les bovins n'étaient pas encore morts » (p91). « J'assistai impuissant à un déchargement de cochons ne pouvant pas marcher… cette pratique est interdite » (p103). « Certains animaux étaient là depuis la veille sans rien boire ni manger » (p105). « Trois hommes frappaient une vache pour la faire monter dans un camion. Elle avait une plaie ouverte sur la croupe à force de recevoir des coups » (p107).

En préparation du futur abattage et pour conserver une viande « de qualité », l'auteur rappelle la castration à vif des porcelets, en présence de leur mère impuissante : « Les cris des porcelets assaillent ses oreilles, et la panique s'empare des autres mères et petits » (p115). Un abattoir rituel où « tous les animaux étaient abattus selon le rituel, y compris ceux qui précisément, n'étaient pas destinés à l'abattage rituel, ce qui est interdit » (p157). « Pourquoi… ces bêtes en piteux état, sans grande valeur marchande, étaient-elles souvent rouées de coups lorsqu'elles se déplaçaient difficilement… ? » (p189)

Un mot sur les cas des poussins « refusés », c'est-à-dire qui doivent être éliminés. « Pendant longtemps ils étaient simplement jetés vivants dans des bennes avec les coquilles vides… [maintenant parfois] les poussins sont jetés dans des poubelles qu'on entasse l'une sur l'autre afin de les faire mourir par écrasement… [ou encore ils sont] enfermés dans des sacs où ils meurent d'étouffement… [d'autres enfin passent dans des broyeurs] qui, comme leur nom l'indique, broient les poussins… » (p145).

Partout, dans ces lieux évidemment à l'abri des regards du public, on rencontre fréquemment l'indifférence des abatteurs, des vétérinaires, des administrations. Partout des attentes d'animaux conscients et intelligents, comme les porcs, dans des pièces sales, insalubres, bruyantes, puant la sueur et le sang, sans eau, sans confort, sans égard, sans autre contact que la brutalité sous toutes ses formes. Souvent « pour ce qui concernait le personnel, c'est simple : il était incompétent et n'avait reçu aucune formation ; celle-ci est pourtant obligatoire » (p60). Quant aux administrations et aux pouvoirs publics, ils brillent souvent par leur absence lorsque l'auteur les sollicite conformément à la loi : « nous étions face à une inertie totale » (p61).

Écoeuré par ce qu'il a vu, l'auteur est devenu végétarien, et, témoignage jusqu'à bout, son livre se termine par des parcours de vie de personnes devenues végétariennes. Conscient du fait que Rome ne se fera pas en un seul jour, l'auteur donne aussi quelques conseils de bon sens, pour ceux qui ne se sentiraient pas en mesure de faire un choix végétarien immédiat : « Le plus facile, pour commencer, est d'effectuer le bon choix lorsque vous achetez des oeufs » (p231) : les oeufs de poules élevées en plein air issus de l'agriculture biologique (code « 0 ») proviennent d'oiseaux non mal traités. A ceux qui soutiennent la thèse abominable qu'on ne peut pas se préoccuper à la fois du bien-être des animaux et de celui des humains, Jean-Luc Daub apporte, par son attitude, un démenti formel, puisqu'il a mis sa vie professionnelle au service des humains handicapés et consacré ses loisirs au bénévolat de la protection animale.

Finalement, on l'aura compris, le livre de Catherine Rémy et celui de Jean-Luc Daub, très différents dans leur conception, dans leur projet, dans leur mode de pensée même, se complètent fort bien et convergent vers une mise en question de la mise à mort des animaux. Les deux ouvrages donnent une bien triste image de l'espèce humaine, qui pourtant aime tant se placer en haut des hiérarchies qu'elle invente ! Combien de temps notre espèce, fière des capacités de son cerveau, continuera-t-elle à se vautrer dans de telles pratiques ? Des pratiques que beaucoup de ses membres n'oseraient même pas affronter personnellement, sans se réfugier dans ce que Catherine Rémy a diagnostiqué comme une distanciation dans l'imaginaire, un refus de ne pas voir en face la réalité de ce qu'on fait, finalement un effort pour dégrader des êtres sensibles qui ne le méritent pas.

16 juin 2013

Petit précis pour cuisiner sans produits d'origine animale, de Celine Steen et Joni Marie Newman

Petit précis pour cuisiner
sans produits d'origine animale

200 recettes incluses
de Celine Steen et Joni Marie Newman
photographies de Celine Steen

Le guide pour transformer toutes les recettes en plats végétaliens. Voici votre arme secrète pour passer sans accrocs à une alimentation 100% végétale ! Pas de tâtonnements, pas de ratés, tout est simple et délicieux.

- Les aliments à remplacer sont classés par catégorie (produits laitiers, viande, etc), il vous suffit de chercher l'ingrédient que vous devez remplacer, et on vous explique de manière précise quel substitut est le plus adapté, et comment l'utiliser sans modifier le goût de la recette. Pour des mets savoureux et plus sains !

- Avec plus de 200 recettes mettant en oeuvre ces substitutions, vous suivrez pas à pas les instructions pour tout remplacer, du beurre aux lardons en passant par la gélatine et le fromage.

- En cohérence avec l'objectif bien-être de ce livre, plusieurs chapitres s'attellent aussi à remplacer les allergènes (soja, gluten) et les produits qui mettent à mal notre santé (sucre, gras), afin d'adapter les recettes aux besoins de chacun.

Si vous avez toujours rêvé de transformer le célèbre ragoût de votre tante en succulent plat végétalien, ou la tarte à la crème de votre grand-mère en volupté sans lait, ce guide est fait pour vous !

Petit précis pour cuisiner sans produits d'origine animale, Celine Steen et Joni Marie Newman, Photographies de Celine Steen, Traduit de l'anglais par Emmanuelle Casse-Castric, Editions Marabout, février 2013, 272 pages

A propos des auteurs

Celine Steen est née en Suisse et vit actuellement en Californie avec son mari et ses deux chats. Elle a co-écrit 500 Vegan Recipes.

Joni Marie Newman est née en Californie et vit dans le comté d'Orange avec son mari, ses trois chiens et son chat. Elle est l'auteur de Cozy Inside et a co-écrit 500 Vegan Recipes.

Au sommaire

L'ouvrage est composé de 6 parties : Substituts infaillibles aux produits laitiers, aux oeufs, à la viande, aux ingrédients dérivés de substances animales (miel, gélatine), aux allergènes (gluten, soja, sucre raffiné, gras). La dernière partie offre, quant à elle, un tableau récapitulatif des substituts végétaux.

1. Laissez les vaches rentrer chez elles !
Et apprenez comment remplacer les produits laitiers et le fromage.
2. Redonnez le sourire aux poules !
Et apprenez comment remplacer les oeufs.
3. Laissez vivre les animaux de la ferme !
Et apprenez comment remplacer le boeuf, le poulet, le porc et les produits de la mer.
4. Laissez les abeilles butiner en paix !
Et apprenez comment remplacer le miel et la gélatine.
5. Faites du bien à votre organisme !
Et apprenez comment remplacer le gluten, le soja, le sucre raffiné et les graisses.
6. A vous la gloire culinaire et la satisfaction d'oeuvrer pour la planète !

Parmi les recettes : Burger lentilles-butternut, Salade de roquette au tofu épicé, Soupe de pommes de terre au fromage, Makis californiens, Base de yaourt maison, Pâte à pizza, Seitan traditionnel bouilli, Quiche aux poivrons et simili-lardons, Pain à la noix de coco, Aïoli aux tomates grillées, Fricadelles à la bière, Gaufres salées aux trois maïs, Fricassée de tempeh à l'ananas, Linguine aux haricots verts, épinards et pesto, Ragoût au vin rouge, Socca provençale, Steak haché avec sa sauce aux champignons et à la sauge, Fêta de tofu, Balles de pop-corn, Lait vanille-cajou, Cookies aux biscuits fourrés, Mousse au chocolat, Gâteau velours rouge, Gourmandises au caramel salé, Tartelette de chocolat blanc ou au "lait", Muffins carottes-gingembre, Pommes au four caramel, Yaourt glacé aux baies.

L'avis d'un lecteur
Source

Pour végétalien débutant

Un très bon livre. On y apprend de multiples manières comment remplacer les oeufs, le fromage, la viande, etc. Chaque thème est abordé clairement avec des recettes expliquant pourquoi on remplace par ceci ou cela, par exemple pourquoi remplacer l'oeuf par des graines de lin en telle occasion plutôt qu'avec du tofu soyeux ou de la banane broyée ou d'autres choses encore.
Vraiment un livre à consulter sans réserve.

Pour en savoir plus

- D'autres avis de lecteurs
- Le site des Editions Marabout
- Le site de Celine Steen : Have cake will travel
- Le site de Joni Marie Newman : Just the food

Un aperçu du livre



14 juin 2013

Vache à lait, d'Elise Desaulniers

Vache à lait
Dix mythes de l'industrie laitière
d'Elise Desaulniers
préface de Normand Baillargeon

Cet essai dénonciateur met en cause la consommation excessive de lait au Québec.

Il n'est pas surprenant que les Québécois se classent dans le top 10 mondial des grands consommateurs de lait : nous en consommons en moyenne 84 litres par année. Nous avons réellement pris à coeur le slogan "Un verre de lait, c'est bien, mais deux, c'est mieux". Mais à qui profite le second verre de lait ? A nous ou au producteur ?

L'industrie laitière, le secteur d'activité agricole le plus important au Québec, jouit depuis toujours d'une perception positive. Mais la prépondérance du lait dans notre alimentation et notre attachement aux produits laitiers n'auraient rien de naturel ; ils seraient plutôt le résultat de grosses campagnes de communication et de lobbying.

Serions-nous les vaches à lait de l'industrie ? Elise Desaulniers précise, raconte, dénonce. Elle souligne que le lait que nous buvons n'est pas celui que nous pensons boire, et encore moins celui que nous buvions il y a quarante ans. Elle enquête sur la Fédération des producteurs de lait du Québec, s'interroge à propos du Guide alimentaire canadien et du bien-être des vaches laitières et révèle la difficulté pour les jeunes fermiers d'accéder à la production commerciale.

Vache à lait : Dix mythes de l'industrie laitière, Elise Desaulniers, Préface de Normand Baillargeon, Editions Stanké, mars 2013, 200 pages

A propos de l'auteur

Elise Desaulniers, blogueuse et auteur canadienne, a publié en 2011 son premier livre "Je mange avec ma tête" dans lequel cette végétalienne, ex-omnivore, plaide pour que le consommateur oriente ses choix alimentaires en tenant compte des effets sur l'environnement et en fonction du bien-être des animaux. "Vache à lait" est son second ouvrage. Depuis, elle est souvent invitée à parler d’éthique alimentaire devant des groupes de toutes sortes et elle travaille sur de nouveaux projets d’écriture.

Pour en savoir plus

- Le site de l'auteur
- Son blog : Penser avant d’ouvrir la bouche
- Le site des Editions Stanké
- Je mange avec ma tête, d'Elise Desaulniers
- Lait de vache : Blancheur trompeuse, d'Anne Laroche-Walter
- Lait, mensonges et propagande, de Thierry Souccar
- Le lait pas si blanc, de Chantal et Lionel Clergeaud
- Vivons sans lait pour vivre mieux, de Natacha Duhaut et Béatrice Thibault
- Le Rapport Campbell, de Colin et Thomas Campbell

Pourquoi j’ai écrit sur le lait ?
par Elise Desaulniers

On marchait sur le boulevard St-Laurent, Emilie et moi. C’était l’automne. Le soleil nous chauffait encore le visage et j’avais détaché mon manteau, comme pour attraper chacune des dernières molécules d’été avant de plonger dans l’hiver. Depuis quelques mois, j’avais découvert les questions d’éthique alimentaires. J’étais devenue végétarienne et les boîtes Amazon s’accumulaient dans mon salon : je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Emilie aussi était végétarienne. Et même végétalienne. Chez elle, pas de longues lectures. Simplement l’intuition que la souffrance occasionnée aux animaux est injustifiable. Par la force des choses, j’étais devenue l’encyclopédie d’Emilie. Et nos marches sur St-Laurent étaient une façon de lui filer mes connaissances en profitant de ses conseils de végé avertie lorsqu’on rentrait dans une épicerie.

Une question d’Emilie, toute banale, allait ébranler un grand pan de mes convictions : "Paraît que les vaches, elles ne produisent pas naturellement du lait. Elles le font parce qu’on les force à le faire. Tu es au courant ?" A vrai dire, je n’en avais aucune idée. Soit que je n’avais rien lu sur la question, soit que j’avais écarté de mes lectures tout ce qui touchait le lait, un sujet qui me semblait bien secondaire par rapport au traitement des poules et des cochons. On a commencé à en discuter et il fallait bien se rendre à l’évidence : pourquoi les vaches seraient-elles différentes des autres mammifères ? Pour donner du lait, il fallait qu’elles donnent des veaux. Et que faisait-on des vaches vieillissantes ? De la viande ? On se questionnait. En même temps que le soleil tombait, mon petit monde de végétarienne s’effondrait. Le lait et la viande étaient-ils vraiment différents ?

Une vache sacrée

J’ai poursuivi mes lectures. J’ai constaté assez rapidement que, du point de vue de l’éthique animale et environnementale, troquer la viande pour du fromage ne faisait pas vraiment de sens. J’ai aussi vite compris que les belles pubs du lait n’étaient… que des pubs. Au même titre que les pubs de char qui font tout pour nous convaincre d’adopter la traction intégrale, les pubs de lait nous le présentent comme un aliment essentiel. Or, les trois quart de l’humanité n’en boivent pas (ils n’ont pas l’enzyme nécessaire à sa bonne digestion) et ils ne s’en portent pas plus mal.

Ce sont ces mythes, les fausses croyances qu’on entretient par rapport au lait que j’ai voulu explorer dans mon dernier livre "Vache à lait". Dans toutes les entrevues que j’ai données à ce sujet, on m’a dit que je m’attaquais à une vache sacrée. Peut-être bien, mais à quoi bon écrire si ce n’est pas pour bousculer les idées reçues. Et pourquoi les produits laitiers seraient-ils plus sacrés que les choux ou les pommes de terre ?

"Vache à lait" n’est pas un manuel de propagande anti-lait. Où serait l’intérêt de répondre à la propagande par de la propagande ? Je n’ai personnellement rien à gagner à ce que les gens consomment moins de lait. Dans mon livre, j’ai plutôt essayé d’offrir une contre-histoire, de montrer l’envers des mythes véhiculés par l’industrie. Non, le lait n’est pas poison. Mais il n’est pas non plus l’aliment miracle qu’on nous vend. Selon de nombreuses études, sa consommation serait liée à un nombre étonnant de problèmes de santé. Par ailleurs, et malgré les images réconfortantes qui ornent les cartons, la production de lait ne se fait pas sans souffrance : la plupart des vaches passent leur vie attachées sans voir la lumière du soleil et elles sont séparées de leurs veaux à la naissance. Ensuite, après quatre ou cinq ans de service, elles finissent toutes en viande à burger. Quant à l’industrie laitière canadienne, elle émet annuellement plus de CO2 que l’ensemble de l’industrie aérienne ou minière. Voilà beaucoup de conséquences indésirables pour un aliment qui n’est pas essentiel.

Ecrire un tel livre aurait été un peu vain si je m’étais contentée d’aligner les problèmes sans proposer de solution. C’est pourquoi, à la fin du livre, j’ai demandé à une diététiste de m’aider à faire la liste des alternatives aux produits laitiers. J’espère que le lecteur prendra plaisir à les découvrir. A son rythme. Comme lorsqu’on discute avec une amie en se baladant sur St-Laurent.

Quelques extraits

"Pour qu’une vache donne du lait, cela nécessite au préalable la naissance d’un veau. La gestation dure 9 mois et à l’état naturel, une vache allaite son petit de 6 à 9 mois avant de retomber enceinte. Mais de nos jours, les vaches laitières continuent de produire du lait alors qu’elles sont en gestation. En fait, les vaches “modernes” sont en lactation 305 jours par année, soit durant à peu près toute leur grossesse. 80% du lait produit provient de vaches enceintes. Voilà pourquoi il contient une importante concentration d’hormones de grossesse : les oestrogènes et la progestérone" p.53-54

La présence du lait dans les écoles nous semble normale : on a grandi avec elle. Mais quand on y regarde de plus près, il faut se rendre à l’évidence : on est plus au début du siècle dernier alors qu’il fallait engraisser les enfants avec ce qu’on avait sous la main. Or, bien que nos besoins et connaissances ont évolué, les pratiques des producteurs sont restées les mêmes. (…) Pire : on promeut le lait au chocolat [qui contient autant de sucre que les boissons gazeuses]. Il faut vraiment croire aux propriétés miraculeuses du lait pour consommer un aliment qui est une source aussi importante de sucre. p.87-88

Maintenant qu’on sait que le lait n’est pas la meilleure source de calcium, il ne reste plus que l’appel à l’habitude, aux émotions et les images léchées pour nous convaincre de boire du lait. p.93

Après tout, la plupart des gens sont d’accord pour dire que le sang ou les organes humains ne devraient pas pouvoir être vendus ni achetés, car ce ne sont pas des marchandises. Je ne sais pas si le lait devrait se classer dans cette catégorie. Mais je sais que faire commerce à partir d’une exploitation massive d’êtres sensibles, conscients et non consentants, ne pourra jamais être une industrie comme les autres. p.142

Laits végétaux et lait de vache


Le lait, poison ou potion ?


Les dangers du lait



12 juin 2013

Tous végétariens demain..., de Fabiana de Oliveira

Tous végétariens demain...
Libérons-nous, libérons-les...
de Fabiana de Oliveira
avec la collaboration de Lucy et Sofy
préface de Jacqueline Bousquet

Livre en ligne

Chacun d'entre nous est différent mais... chacun d'entre nous désire être plus généreux, plus intelligent et surtout plus heureux ! Il y a plusieurs chemins pour y arriver, je ne prétends pas tous les connaître, je vous propose simplement de suivre celui que j'ai trouvé.

Ce chemin est facile, il n'y a pas d'exercices rigoureux à pratiquer, il y a juste à faire la prise de conscience de l'interrelation avec tout ce qui existe. Nous savons que le corps et l'esprit d'un être humain sont reliés entre eux, et la science, la vraie, le reconnaît maintenant. D'autre part, lorsque l'on a commencé le chemin, on arrive très vite à comprendre que le respect de soi passe par celui de la vie, donc de la planète donc... de ses habitants, quels qu'ils soient !

Alors, en route pour un peu de lecture, au bout du chemin vous attendent si vous le désirez : une plus grande joie de vivre, une meilleure santé et un grand acte de générosité.

De toutes façons, vous êtes mal nourris. Trop de gras, trop de protéines, trop de produits chimiques... Alors comme vous ne pouvez pas tellement faire pire, essayez mieux ! C'est plus simple !

Tous végétariens demain..., Fabiana de Oliveira, Préface de Jacqueline Bousquet, Editions Ibis Rouge, février 2002, 208 pages

Au sommaire

- A propos
- Préface de Jacqueline Bousquet
- Avertissement
- Bonjour cher lecteur, chère lectrice
- Oui, la viande c'est de la force,
mais c'est la vôtre que vous consommez en étant carnivore, vous êtes "auto-phage"
- Alors, en redécouvrant les saveurs des fruits et légumes
- Colomba, 12 ans et sa maman
- Retour en 2001, avec quelques chiffres
- Une histoire de fous
- Il est temps que vous sachiez
- Que vous apporte la viande ?
- Pourquoi vous pensiez "aimer" la "viande" ?
- Maman les p'tits bateaux
- Que vous apporte le "poisson" ?
- Quelques chiffres à méditer
- La vérité au sujet du "processus de transformation" des mammifères en viande
- Et si je décidais d'évoluer ?
- Il avait aussi du coeur
- Pourquoi devenir végétarien ?
- Ce que coûte le fait de ne pas être végétarien
- J'aime la vie = 0% OGM
- Il n'y a pas de nourriture possible sans semences !
- Communiqué de Terre de Semences
- Perceval et son père Saturnin
- Au sujet de ce que nous nommons agriculture
- Les goûts qui tuent
- Problèmes psychologiques
- Que nous apporte le végétarisme ?
- C'est facile !
- La semaine magique, ou comment apprécier un nouvel état d'être
- Voici les 3 idées-menus
- Bienvenue chez les végétariens
- Témoignages de Lionel et Marie Riesler (Alliance végétarienne française)
- Que mange un carnivore ?
- Le dîner en ville
- Vous avez dit progrès ?
- Eau - Acqua - Agua - Wasser - Water
- Conclusion
- Liste à la Prévert et quelques mots
- De ci de là, pour en savoir plus
- Bibliographie
- Annexes

Le livre en ligne
Source
(Un document initialement mis en ligne en 2008 par l'auteur elle-même.)

- Quatrième de couverture
- p1-p7 : Couverture et sommaire
- p9-p25
- p26-p41
- p42-p55
- p56-p63
- p64-p85
- p86-p96
- p97-p108
- p109-p120
- p121-p132
- p133-p141
- p142-p149
- p150-p155
- p156-p180
- p181-p191
- p192-p197
- p198-p207

Quelques extraits de la préface de Jacqueline Bousquet, biologiste

Enfin, voici un livre qui ne nous invite pas à changer notre alimentation uniquement pour des raisons purement égoïstes, sous le prétexte que cela est mauvais pour nous. Il annonce d'emblée la couleur : les animaux sont des êtres vivants sensibles et ne sont pas là pour nous servir de nourriture.
L'humain, victime de son anthropomorphisme, n'a respecté ni la nature ni les autres occupants de la terre ; nous en voyons aujourd'hui le résultat !
"L'homme n'ira droit que lorsqu'il aura tout essayé pour aller de travers". Ce livre nous invite à un retournement salutaire pour sortir de l'impasse. En effet, il ne suffit pas de donner 100 francs (15€) pour se donner bonne conscience en aidant ceux qui ont faim ou pour déléguer à des associations écologiques le soin de sauver la terre. Non, ce livre nous indique comment procéder pour nous impliquer nous-mêmes dans des actions efficaces, en renonçant à des pratiques d'égoïsme et d'irresponsabilité.
Végétarienne depuis 30 ans, parce qu'ayant pris conscience de mon "humanité", j'ai réalisé que mes aspirations à devenir un être spirituel (science de l'esprit) étaient contrariées par la qualité de la nourriture que j'absorbais et - surtout - que mon amour et mon respect pour le monde animal m'interdisaient de les aimer en tant que nourriture ! En effet nous aimons nos proches, nos animaux familiers et en même temps nous aimons la viande d'autres animaux qui, eux, n'ont pas droit à notre amour. Et certains prétendent ne pas pouvoir s'en passer ! Il est intéressant de noter que nous employons dans les deux cas le mot amour. Or, aimer, c'est faire sien. ../..
Lorsque nous mangeons, nous broyons des formes pour en extraire l'information qu'elles contiennent. C'est ainsi que l'on devient ce que l'on mange ! ../..
Nous nous animalisons au niveau de nos pensées et de nos actes, puisque nous intégrons le vécu de l'animal ou de la plante grâce à d'autres lois de la physique (hologramme, théorème de Bell, Boostrap). Nous nous interdisons le changement de conscience qui devrait nous permettre d'être "rois dans notre royaume".
Ce qui arrive aux animaux arrive très vite aux hommes. Notre barbarie est à l'origine de la maladie de la vache folle et, plus tard, de la fièvre aphteuse qui malgré ce qu'on voudrait nous laisser croire, se soigne très facilement et tue rarement.../..
Qu'en est-il des prétendues carences que la médecine brandit à tout bout de champ pour nous empêcher de quitter la condition animale, en renonçant aux cadavres ? Cette approche réductionniste ne semble pas tenir compte des travaux du nobélisable Louis Kervran, qui a démontré le pouvoir de transmutation du vivant.
Il faut ajouter que la qualité de nos pensées dépend de la qualité de notre sang et que celle-ci dépend de notre alimentation. Comment, dans ce cas, avoir des pensées d'amour, de tolérance, de confiance et de respect ? Comment résister au stress, à la peur, à la haine, à la souffrance dont nous nous nourrissons au fil des jours ? ../..
Les "informations" en provenance des animaux martyrs dits "de boucherie" sont, bien évidemment, ingérables pour des personnes souhaitant évoluer vers des plans de conscience plus élevés car elles induisent violence, agressivité, manque d'amour et de reconnaissance, etc.
La lecture de ce livre vous informera de la qualité de ce que nous nommons aliments, autrement dit ces substances que nous sommes obligés d'utiliser pour échapper à l'entropie qui nous entraîne irrésistiblement vers la maladie et la mort, puisque nous ne sommes pas encore capables de nous nourrir de lumière comme les végétaux. ../..
Merci à Lucy et Sofy d'avoir apporté ce témoignage et ces informations, que je vous invite à lire et même à relire. Lisez attentivement en particulier le témoignage poignant de cette vétérinaire stagiaire dans un abattoir.
Tout consommateur de viande, devrait être obligé d'en visiter un, mais aussi les élevages où sont incarcérés les animaux destinés à la consommation ainsi que les usines d'aliments. L'irresponsabilité permet de croire que les atrocités commises dans ces lieux ne nous concernent pas. Notons que les "tueurs" des abattoirs - connus pour leur insensibilité - sont privés de droit de jury de justice. A quand l'application de cette règle au consommateur qui crée la demande et doit donc partager ces mêmes responsabilités ?
"Père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font". Après la lecture de ce livre, n'espérons pas le pardon : nous saurons tous.

Le mot de l'auteur
(Le chapitre : Avertissement)

Permettez-moi de vous prévenir, ce livre n'est pas un livre de poésie, sachant que la télévision a émoussé votre sensibilité, je me permets de vous secouer (parfois un peu fort), j'essaie de vous réveiller du cauchemar dans lequel vous vivez, de vous aider à prendre conscience que nous sommes nombreux à vivre autrement et autre chose, qu'il ne tient qu'à vous de nous rejoindre, éteignez les machines à bruit et partageons ce plaidoyer pendant quelques heures.
Vous savez que la pollution, l'érosion, la désertification, le réchauffement de la planète, la perte de la couche d'ozone, la destruction forestière, les ondes diverses et multiples, les déchets nucléaires..., sont en train de démolir notre planète, notre maison !
Nous nous dirigeons tout droit vers la catastrophe !
Si vous acceptez de dépenser bêtement votre argent pour vous empoisonner, chaque jour.
Si vous croyez que les scandales alimentaires sont des fatalités sans alternatives.
Si vous acceptez d'être malade quel que soit votre âge et pris en charge par une mafia pharmaceutique qui vous fait avaler des produits chimiques qu'elle lance à grand renfort de marketing sans s'inquiéter des effets secondaires, ni de ce qu'ils vous feront à long terme.
Si vous êtes résignés à mourir dans d'affreuses douleurs ou à passer les derniers mois (années) de votre vie drogués à la morphine.
Si vous acceptez de voir vos enfants malades et souffrants.
Si cela ne vous dérange pas de ne pas avoir de petits-enfants.
Si vous acceptez cela et ne voulez pas ouvrir les yeux et vous réveiller, eh bien, ce livre n'est pas pour vous, fermez-le, rendormez-vous, regardez la télé, tout va bien en Enfer, avalez les mensonges que l'on vous sert chaque soir à la grande messe de l'INFO (Indigeste Nourriture de la Folie Ordinaire).

En revanche, si vous pensez que le cauchemar peut s'arrêter,
si vous voulez améliorer votre vie et votre futur,
si au fond de vous une petite voix vous dit qu'autre chose existe,
alors lisez ce livre, il a un message d'espoir pour vous.

24 janvier 2013

No steak, d'Aymeric Caron

No steak
d'Aymeric Caron

Bientôt, nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons définitivement de tuer des êtres vivants - 60 milliards d’animaux chaque année - pour nous nourrir.

D’abord parce que notre planète nous l’ordonne : en 2050 nous serons près de 10 milliards, et nos ressources en terres et en eau seront insuffisantes pour que le régime carné continue à progresser.

Mais au-delà des raisons économiques et écologiques, le passage au végétarisme va faire partie d’une nouvelle phase de notre évolution. La science nous prouve en effet un peu plus chaque jour que, contrairement à ce que nous avons longtemps prétendu, les animaux que nous exploitons sont des êtres sensibles, intelligents et sociaux. Dès lors, avons-nous encore le droit de les manger ? Le développement de l’éthique animale nous oblige aujourd’hui à reconsidérer nos devoirs vis-à-vis des autres espèces.

Aymeric Caron a mené l’enquête pour décrire, avec verve et humour, tous les aspects de notre étrange rapport à la viande. Pourquoi les chats et les chiens ont-ils un palace qui leur est dédié au Canada alors qu’en Chine ils peuvent finir au fond d’une casserole ? Pourquoi avons-nous choisi de manger en priorité des cochons, des poulets et des boeufs ? Comment ces animaux de consommation sont-ils produits ? Pourquoi Bill Clinton, Carl Lewis et Bryan Adams ont-ils décidé d’arrêter la viande ? Les végétariens vivent-ils vraiment plus longtemps que les carnivores ? Comment peut-on remplacer les protéines animales ?

Lui-même végétarien depuis plus de vingt ans, Aymeric Caron nous fait partager son expérience. Se gardant de tout prosélytisme et refusant les catéchismes de tout bord, il nous explique de manière limpide pourquoi, un jour, la viande disparaîtra.

No steak, Aymeric Caron, Editions Fayard, janvier 2013, 360 pages

A propos de l'auteur

Aymeric Caron est journaliste. Il a été grand reporter, a travaillé à Canal + et Europe 1. Depuis septembre 2012, il fait partie de l’équipe d’On n’est pas couché, animée par Laurent Ruquier sur France 2.

Pour en savoir plus

- Le site d'Aymeric Caron
- Le site des Editions Fayard
- L'excellent documentaire : Ces animaux malades de l'homme
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub
- Bidoche, de Fabrice Nicolino
- Halal à tous les étals, de Michel Turin
- Le cochon qui chantait à la lune, de Jeffrey Moussaieff Masson
- Le site de l'association L214
- Vegan, pour un monde meilleur

Au sommaire

- Avant-propos : L'angoissante tristesse du végétarien
- Le Rien et le Lien : Infos pratiques pour la route
- Combien de végétariens dans le monde ?
Raison n°1 : Parce que la viande détruit la planète
- Deux végétariens dans les airs
- Le Québec et les animaux
- Les nouveaux mangeurs de viande
- La viande contribue à la faim dans le monde
- Viande, calories et déforestation
- 1 kilo de viande = une année de douche
- La viande accentue le réchauffement climatique
Raison n°2 : Parce que nous sommes incohérents avec les animaux
- Menus plaisirs pour chiens et chats
- Chiens et chats sans plaisir au menu
- Phobies et folies
- Salma l'entomophage
- Amours vaches, chiennes ou cochonnes : tout et son contraire
- Tout ce qui a quatre pieds, sauf les tables
- Aimer l'agneau ou les agneaux ?
- Domestique ? De compagnie ? Apprivoisé ?
- La gueule du maître
- Nos premiers amis sont des animaux
Raison n°3 : Parce que l'on n'assume pas la mort de l'animal que l'on mange
- Pas de mort à table
- Une page de pub
- La production industrielle remplace l'élevage
- Comment vivent les animaux que l'on mange ?
- Comment meurent les animaux que l'on mange ?
- Meurtre à distance
- Le jour où j'ai arrêté de manger de la viande
Raison n°4 : Parce que l'amour de la viande est culturel, pas naturel
- Végétariophobie : le racisme de l'assiette
- L'homme est-il programmé pour manger de la viande ?
- Des recettes qui divisent le monde
- Le camembert, le tofu et les oeufs qui puent
- Le goût et le dégoût
- Je remplis ma panse donc je suis
- On ne mange pas seulement pour se nourrir
- L'attachement symbolique à la viande
- La France, bonne élève de l'éducation à la viande
- La viande, un gouffre financier pour le contribuable
- Le ski, la fourrure et les Amérindiens
- L'homme aurait-il dû rester cannibale ?
- Antibiotiques, bactéries, farines animales, etc.
Raison n°5 : Parce que nous n'avons pas besoin de viande pour vivre
- Végétarisme, sport et sexe
- Moins je mange de viande, plus je vis vieux
- La viande tue deux fois
- Plus de protéines dans le soja que dans la viande
- Anne-Marie Roy, diététicienne sans viande
- Fabriquer de la viande... sans animaux
- Le plaisir de manger végétarien
Raison n°6 : Parce que les animaux que nous mangeons nous ressemblent
- "Ce n'est que des bêtes"
- L'illusion du propre de l'homme
- Le vernis de la culture pour cacher notre animalité
- Empathie
- Mettre les poules sur un divan
- L'animal est une personne intelligente
- Pourquoi l'homme a inventé l'animal
- Douleur et souffrance
- Les animaux que nous mangeons sont-ils moins sensibles que les autres ?
Raison n°7 : Parce que la morale nous commande d'arrêter la viande
- "La viande est un meurtre"
- Maltraiter un animal est (parfois) illégal
- L'animal, un bien auquel on fait du mal
- JBJV, le spécialiste français de l'éthique animale
-. Quel genre de philosophe êtes-vous ?
- Peter Singer, Tom Regan, Gary Francione
- Quels droits pour les animaux ?
- Défendre les animaux ou les hommes ?
- Mon éthique personnelle ?
- L'émergence du mouvement végan : de Bill Clinton à James Cameron
- Les végés étaient fermés de l'intérieur
Raison n°8 : Parce que le végétarisme est moderne depuis des millénaires
- Les Indiens Jaïns et Bishnoïs, peuples végétariens
- Le cheval de Nietzsche, le chien de Kundera et celui de Schopenhauer
- Adam et Eve étaient pourtant végétariens
- "Cela crie mais cela ne sent pas !" : l'héritage de Descartes
- Michel Onfray, intellectuellement végétarien
- Le théorème sans viande de Pythagore
- De Plutarque à Hubert Reeves : vingt siècles de végétarisme
- Conclusion
- Remerciements
- Notes

Un extrait du chapitre :
Le jour où j'ai arrêté de manger de la viande

../.. Nous sommes tous plus ou moins des saints Thomas qui ne croyons que ce que nous voyons. L'image sert à croire, mais elle sert surtout à comprendre. Il a fallu que la télévision nationale canadienne Radio-Canada, en 1964, diffuse des images très dures pour que la chasse au phoque soulève l'indignation. On y voyait un chasseur dépecer un bébé phoque, celui-ci étant encore vivant tandis que le couteau le transperçait et l'ouvrait de part en part.
Moi-même, je suis définitivement devenu végétarien un soir, aux alentours de minuit, en regardant des images. J'avais 21 ans et j'étais étudiant en école de journalisme. Le processus qui allait faire de moi un végétarien était déjà enclenché depuis longtemps, et ma consommation de viande avait déjà largement diminué. Au début de l'adolescence, j'avais décrété que je ne mangerais plus de viande d'animal jeune. Il me paraissait inutilement cruel de supprimer une vie à peine commencée au prétexte que le goût de la viande en est meilleur. J'ai donc cessé de manger de l'agneau et du veau.
Quelques années plus tard, je prolongeais mon raisonnement : pourquoi ôter la vie à des animaux de petite taille, dont la chair ne peut nourrir que très peu d'estomacs humains ? Quitte à tuer un être sensible pour satisfaire notre appétit, faisons au moins en sorte que ce sacrifice soit utile à un maximum de personnes, comme c'est le cas quand on exécute un boeuf ou un porc ! Je décidai alors de supprimer de mon alimentation les plus petites espèces, tels les lapins ou les oiseaux. J'en vins logiquement à bannir aussi de mes achats les morceaux de poulet. Je n'étais pourtant pas encore tout à fait tranquille. J'avais pleinement conscience du contenu réel de mon assiette et la viande me plaisait de moins en moins. Son goût et sa substance me devenaient presque désagréables. Le sang s'écoulant du bout de chair réchauffé à la poêle commençait à m'indisposer. J'étais par ailleurs de moins en moins à l'aise avec mes propres contradictions : alors que j'emmenais mes chiens chez le vétérinaire au moindre bobo, je fermais les yeux sur la souffrance des animaux d'élevage que je consentais encore à consommer. Mes proches, pour lesquels le végétarisme s'apparentait à cette époque à une secte étrange, me rassuraient en affirmant que les abattoirs n'en étaient plus au temps où l'on massacrait les animaux à la massue. Ils soutenaient que les bêtes étaient aujourd'hui tuées sans douleur. Et, sans chercher beaucoup plus loin, par facilité sans doute, j'acceptais de les croire. Cette assurance d'une "mort paisible" me permettait d'endormir quelque peu ma conscience.
Et puis, une nuit, je suis tombé sur un reportage dans le journal de France 2. Une vidéo tournée clandestinement dans un abattoir. Elle montrait comment les animaux sont traités lorsqu'ils sortent des camions qui les amènent à la mort. On y voyait entre autres une vache vivante suspendue par une patte au moyen de je ne sais plus quel engin, puis lâchée violemment sur le sol quelques mètres plus bas. Elle agonisait ensuite, secouée de spasmes. Une autre, visiblement blessée, ne pouvait pas se tenir debout et était frappée avec un bâton par un salopard en blouse. D'autres scènes similaires témoignaient des souffrances infligées à des bêtes apeurées quelques instants avant leur mort. C'était donc cela, nos abattoirs exemplaires ? C'était cela, la fin de vie des animaux d'élevage ? Mais alors, le reste de leur existence devait être à l'avenant !
Alors que l'écoeurement me gagnait devant ma télé, me revint aussi en tête l'image de ces camions régulièrement croisés sur l'autoroute, remplis de cochons entassés, cherchant un peu d'air à travers les grilles de leur cage roulante. Ces chargements qui m'avaient toujours indisposé, et dont je tentais immédiatement de chasser le souvenir après les avoir dépassés.
Beaucoup d'omnivores deviennent végétariens après avoir été confrontés à une réalité qu'ils découvrent dans un document vidéo. Ces preuves par l'image ont longtemps circulé dans les seuls milieux associatifs, mais Internet permet aujourd'hui davoir un accès facile à des centaines de films qui témoignent de la vérité de l'exploitation animale. Il est de plus en plus difficile d'affirmer : "Je ne pouvais pas le savoir." Aujourd'hui, deux ou trois clics suffisent.
Ce jour-là, devant ma télévision, à cet instant précis, je décidai que plus jamais je ne mangerais de viande. Et si j'avais su plus tôt, si j'avais vu plus tot, j'aurais arrêté plus tôt. Mais, comme un cancer qui nous ronge ou une femme qui nous trompe, a-t-on vraiment envie de savoir ? A-t-on envie de dire adieu à une tranquillité certes illusoire, mais confortable ? (fin du chapitre)

D'autres extraits
Source

Une vie de poule

Pratiquement chaque être humain sur terre a une poule pondeuse qui travaille pour lui, puisque au total on en dénombre 5 milliards (...) La France utilise 46 millions de poules pondeuses par an. Près de 80% d'entre elles sont élevées de manière industrielle, en batterie. Ces poules pondeuses vivent entassées à plusieurs dans ces cages alignées à l'intérieur de hangars qui contiennent jusqu'à 100.000 oiseaux. Dans sa cage de batterie, chaque poule européenne disposait jusqu'en 2012 d'un espace correspondant à une feuille A4 (550cm2). Désormais, elle bénéficie officiellement d'un espace supplémentaire équivalant à... un Post-it ! (...) Les poules vivent dans des conditions de stress et de détresse psychologique et physique qui génèrent de la violence, et même du cannibalisme (...) A cause de cela, il est fréquent qu'on leur coupe le bec (sans anesthésie, bien sûr) avec une lame chauffante peu de temps après leur naissance, ce qui, outre la souffrance immédiate, occasionne une excroissance qui les handicape ensuite pour manger.

Les poules vivent dans le noir (les hangars n'ont pas de fenêtres), mais des lumières électriques sont allumées régulièrement pour stimuler artificiellement la ponte, ce qui permet d'obtenir environ 300 oeufs en une année, soit deux fois plus que les races d'il y a cinquante ans. (...) Au bout d'un an, la poule finit comme bouillon cube, viande pour chiens et chats ou dans des raviolis.

Une industrie sous perfusion

Le marché de la viande tient largement grâce aux subventions. Subventions de l'Europe en premier lieu. L'association L214, qui lutte en France contre les souffrances infligées aux animaux d'élevage, révèle que le montant des aides de l'Union européenne aux productions animales s'élevait en 2009 à plus de 3 milliards d'euros. (...) L'Europe subventionne aussi les campagnes de promotion de la viande : ainsi, en 2008, le Centre d'information des viandes a décroché une aide de près de 900.000 euros sur trois ans. Et puis il y a les subventions nationales. Toujours selon L214, en 2008, la filière cunicole (les élevages de lapins) a bénéficié de 1 million d'euros. En 2009, les producteurs laitiers se sont vu attribuer une aide exceptionnelle de 15.000 euros par exploitation. (...) Selon l'OCDE, la pollution des eaux aux nitrates et aux pesticides coûte entre 1 et 1,5 milliard d'euros à la France chaque année. Payés par le contribuable.

Vive le steak de soja !

Pas de viande = pas de protéines. Voilà une idée reçue qu'il faut démentir une bonne fois pour toutes. D'ailleurs, l'aliment qui fournit le plus de protéines n'est pas d'origine animale : il s'agit du soja. Il en contient environ 40%, soit deux fois plus que la viande (de 15 à 20%). D'autres légumineuses sont des sources importantes de protéines : les haricots secs, les lentilles et les pois chiches (autour de 20%), ou encore l'arachide (près de 30%). En ce qui concerne les céréales, on compte entre 10 et 15% de protéines dans le riz, le blé, l'orge, le millet, le seigle, le sarrasin, l'avoine, le quinoa, le maïs, le Kamut et l'épeautre. On en trouve environ 25% dans le germe de blé (...) Les graines oléagineuses telles que les graines de lin, de sésame, de tournesol et de pavot contiennent environ 20% de protéines. Les épinards, les brocolis ou les algues sont également particulièrement riches en protéines. (...) Dernier argument des ardents défenseurs de la viande : la vitamine B12, qui sert à la formation des globules rouges dans le sang, ne se trouve quasiment pas dans les plantes. Serait-ce enfin la preuve qu'on ne peut se passer de viande ? Eh bien, non. Car la B12 est présente dans le lait et dans les oeufs.

Le mythe de la mort douce

Depuis 1964, la loi française oblige à étourdir les animaux de boucherie avant la saignée, et ce pour deux raisons : réduire la douleur de l'animal au moment de la mise à mort et assurer la sécurité du personnel. L'étourdissement se pratique soit à l'aide d'un matador (un pistolet qui perfore le crâne jusqu'à la cervelle), soit par électronarcose (la tête est plongée dans un bac rempli d'un électrolyte - c'est la méthode utilisée pour les volailles), soit par administration d'une décharge électrique derrière la tête, soit par gazage.

L'étourdissement doit garantir que l'animal est inconscient lorsqu'il est tué. Mais, dans les faits, les choses ne se passent pas toujours ainsi. (...) Fréquemment, le courant utilisé pour l'étourdissement par décharge électrique n'est pas suffisamment fort, ou les pinces sont mal placées sur la tête de l'animal. Il faut donc recommencer l'opération, ce qui occasionne une douleur supplémentaire. Pour l'électronarcose, les volailles sont suspendues par les pattes afin que leur tête soit plongée dans un bain électrifié. Mais, souvent, l'animal relève la tête, échappant à l'anesthésie, ou bien se débat au moment où il est accroché par les pattes : ses ailes touchent alors l'eau électrisée, ce qui lui vaut une violente décharge électrique, sans l'endormir pour autant. Parfois encore, le temps entre l'étourdissement et l'égorgement est trop long et l'animal reprend conscience. L'étourdissement n'est donc pas une garantie de mort tranquille.

"Pourquoi on ne mangera plus de viande"
Entretien avec Aymeric Caron
Propos recueillis par Alexandre Le Drollec
Source

Aymeric Caron publie “No Steak” (Fayard). Le chroniqueur de "On n’est pas couché", lui-même végétarien, prédit l’avènement du végétarisme universel dans un futur proche.

Ecrire "No Steak" semble vous avoir libéré d’un poids.

Ce n’est pas un coming out mais, oui, j’avais des choses à dire sur ce que j’éprouve depuis vingt ans que je suis végétarien. J’ai souvent dû faire face à des sarcasmes à cause de ce régime alimentaire qui, aux yeux de beaucoup, paraît bien particulier. Pendant des années, je n’ai pas souhaité me justifier. Mais quand on est végétarien, on doit forcément expliquer pourquoi. Aujourd’hui, j’en parle très librement.

Comment êtes-vous devenu végétarien ?

Ca s’est fait sur une dizaine d’années. J’ai d’abord réalisé que l’homme avait un problème dans ses rapports avec les animaux : précautionneux avec les animaux de compagnie, tout l’inverse avec les autres. J’ai un temps été bercé par l’illusion que les animaux mangés étaient bien traités. Mais un jour, j’ai vu un reportage sur la réalité des abattoirs. J’ai basculé "dans l’autre monde".

“Le végétarien est chiant”, écrivez-vous. Vous êtes chiant ?

Oui, le végétarien est chiant. Il ennuie tout le monde. Il est celui qui, à table, quand il est invité, créé un problème. Le végétarien est aussi celui qui remet en cause les certitudes des autres. Il force le non-végétarien à s’interroger. Donc il est chiant. Et puis si on ne mange pas de viande, c’est qu’on n’aime pas les plaisirs de la chair. Le végétarien est morne, triste, chiant.

“L’animal est une personne intelligente”, écrivez-vous. C’est une conviction ?

Je m’appuie sur des travaux de scientifiques qui ont étudié le comportement des éléphants, des dauphins ou des rats. Ce sont des faits. Je fais là mon métier de journaliste. Quand j’ai couvert les conflits en Irak ou en Afghanistan, de la même manière, je m’appuyais sur des faits. Ce ne sont pas des convictions sorties de nulle part.

Vous vous défendez de tout prosélytisme. Le parti pris est pourtant là.

J’apporte des informations. Maintenant, le livre s’appelle “No Steak”. Donc, évidemment, le parti pris est d’expliquer pourquoi on ne mangera plus de viande et pourquoi je suis partisan du fait qu’on n’en mange plus. Je l’assume. Ce serait hypocrite de dire le contraire.

Vous avez été grand reporter : en Irak, au Kosovo, en Afghanistan. Le terrain ne vous manque pas ?

Ce sont des terrains qui abiment. On est toujours dans l’intranquillité. Une intranquillité liée à l’endroit d’où l’on revient, et à l’endroit où on va partir. Aujourd’hui, j’ai gagné en sérénité.

Vous avez rejoint “On n’est pas couché” en septembre. Comment vivez-vous votre nouvelle médiatisation ?

Je n’y pense pas vraiment, même si j’ai bien conscience que cette émission a changé quelque chose dans ma vie. Ca a été une chance. “On n’est pas couché” est l’un des rares espaces de liberté pour les journalistes, et pour la pensée en général. On y est moins formatés et plus libres que dans d’autres émissions dites plus journalistiques.

Ca a été facile de trouver le ton juste ?

Je suis arrivé dans une émission qui obéit à une mécanique que tout le monde connait. Natacha Polony avait déjà ses marques, pas moi. J’ai dû essayer de trouver ma place. Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre l’émission de l’intérieur. Donc oui, il y a eu des choses à régler et des ajustements à trouver. Au niveau de la rythmique, de la tonalité et du bon moment pour intervenir.

Quels sont vos projets ?

Faire de "No Steak" un documentaire. Avec une équipe, on travaille d’ores et déjà sur un synopsis.

Avec la sortie du livre, le chroniqueur va désormais être chroniqué ?

Et c’est bien normal. Je suis très heureux d’être chroniqué, d’être critiqué même. A partir du moment où mon rôle consiste à proposer une lecture critique du travail des autres, il est tout à fait normal que mon travail soit, lui aussi, soumis au feu des critiques. Je suis prêt à jouer le jeu à 100%. Ca va peut-être permettre à certaines personnes de se défouler. Qu’elles ne s’en privent pas surtout !

28 décembre 2012

Le végétarisme comme réponse à la violence du monde, d'Hélène Defossez

Le végétarisme comme réponse
à la violence du monde
d'Hélène Defossez
préface d'Allain Bougrain Dubourg

Quand de nombreux pays voient se développer le végétarisme et s'élever une véritable conscience de la souffrance animale, la France semble encore assez étrangère à une telle exigence. Ce livre vient donc à point nommé pour sortir le végétarisme de sa marginalité. Il s'enracine dans l'expérience de l'auteur, végétarienne depuis l'enfance, bousculant au passage nombre de préjugés et d'idées reçues. Mieux encore, il met en évidence les dimensions éthiques et politiques du végétarisme : loin d'être l'expression d'une sensibilité mal placée, ce choix, s'il est conscient et raisonné, s'affirme comme acte authentique de résistance face à la violence du monde. Si bien que ce précieux travail est une sorte de manifeste éclairé invitant le lecteur à une réflexion sur la non-violence et sur l'engagement. Il donne à comprendre avec clarté, rigueur et simplicité, les raisons qui font du végétarisme - entendu comme philosophie et mode de vie - une condition essentielle à la transformation de notre rapport à la violence.

Le végétarisme comme réponse à la violence du monde, Hélène Defossez, Préface : Allain Bougrain Dubourg, Illustrations : Marc Defossez, Editions L'Harmattan, 2011, 140 pages

A propos de l'auteur

Traductrice de formation, spécialisée en littérature britannique, Hélène Defossez est une jeune auteure et musicienne qui mène une vie parallèle de militante au fil des missions d'éco-volontariat la conduisant à travers le monde.

Pour en savoir plus

- Le site des Editions L'Harmattan
(cliquez sur le logo "Google aperçu" pour feuilleter le livre)
- Végétarisme et non-violence, de Marjolaine Jolicoeur
- Etre végétarien, le bon choix ? d'Yves Tissier
- Fondements éthiques pour une alimentation végétarienne, d'Helmut Kaplan
- Ces bêtes qu'on abat, de Jean-Luc Daub
- De nombreux livres d'Allain Bougrain Dubourg

Au sommaire

Préface, par Allain Bougrain Dubourg
Introduction, par Hélène Defossez
1. Chaque jour, ils réinventent la cruauté
2. Des bienfaits de l’alimentation végétarienne
3. Il est trop tard alors… agissons !
4. Seuls les poissons morts se laissent aller avec le courant
Bibliographie
Les associations qui luttent pour faire la différence
Associations mentionnées dans cet ouvrage

La préface, d'Allain Bougrain Dubourg

Autant le dire d’emblée, je ne suis pas végétarien. Ma légitimité à écrire ces lignes en introduction de l’ouvrage d’Hélène Defossez pourrait s’en trouver, dès lors, contestable. C’est pourtant elle qui m’a demandé de prendre la plume, démontrant ainsi qu’il n’y a pas d’un côté les coupables, de l’autre les modèles, mais bien une question fondamentale qui ne peut échapper à notre conscience : quelles relations pratiques et philosophiques souhaitons nous établir avec le vivant qui nous entoure ?
Si l’interpellation n’est pas nouvelle, elle n’a toujours pas trouvé sa réponse au moins dans les pays occidentaux. On part même de très loin lorsqu’on constate que dans notre code fondamental, le code civil, l’animal est toujours relégué à une forme d’objet placé au titre de bien sous la domination de l’homme. Sa reconnaissance, à part entière, dans ce texte référent, serait pourtant l’élémentaire première étape d’une réflexion devant honnêtement apostropher nos consciences.
Contrairement à beaucoup d’autres pays, la France n’est toujours pas prête. Ou plus exactement, ses dirigeants ne le sont pas, tant il est vrai qu’aux nombreuses sollicitations, ils se sont toujours défaussés au prétexte que certains lobbyings n’apprécieraient pas ! Ainsi, passent les jours sans que ce projet, qui n’affecterait ni la société ni son économie, ne se concrétise. Les propos de Gandhi se sont estompés avec le temps. Lui qui recommandait de juger la qualité d’une société à la manière dont elle se comportait avec les animaux !
Hélène Defossez continue cependant d’emprunter les chemins du vieux sage. Elle veut coûte que coûte donner écho au respect des autres êtres vivants. Et pour se faire entendre, elle nous invite à partager sa propre expérience. Des souvenirs d’enfance non cicatrisés, des questions récurrentes auxquelles elle doit sans cesse faire face, des personnages singuliers qui nous invitent à réagir à des constats affligeants ou enthousiasmants sont autant de clefs pour effacer l’indifférence.
Au fond, notre statut de dominant omniprésent sur la planète peut-il nous exonérer de compassion envers le monde animal ? En ce début de XXI siècle, il devient irresponsable de balayer la question en s’en tenant au concept réducteur de "l’animal machine" propre à Descartes (théorie du reste largement critiquée durant le siècle des lumières par Voltaire, Diderot ou Rousseau).
Le travail d’Hélène Defossez s’inscrit dans l’indispensable réveil des consciences. Et à ce titre, il peut participer à l’élévation de notre dignité en contribuant à faire reculer l’inacceptable souffrance.

Allain Bougrain Dubourg


L'introduction, d'Hélène Defossez

Pourquoi le végétarisme ? Toute ma vie, j’ai été amenée à devoir répondre de ce choix, à m’en expliquer presque comme s’il s’agissait de quelque chose dont je m’étais rendue coupable. Depuis l’enfance, j’ai été confrontée à toutes les attaques possibles et imaginables allant de la simple raillerie à de franches agressions. Au fil du temps, j’ai appris à répondre à ces attaques chaque fois que cela était possible et expliquer sans rougir et du mieux que je pouvais les raisons qui m’avaient poussée à emprunter ce chemin de traverse.
Aujourd’hui, je tiens à remercier ces personnes qui ont constamment cherché à me déstabiliser, car ce sont leurs questions et la nécessité de devoir me justifier en permanence qui m’ont forcée à construire petit à petit mon argumentaire et à examiner inlassablement les raisons profondes de mon engagement. Ainsi, ce qui au départ n’était qu’un élan de pitié enfantine s’est mué en une véritable philosophie de vie.
A travers ce manifeste, j’ai souhaité montrer que c’est bien ce choix fondateur, le choix de ne pas consommer de "chair" qui a façonné le reste de ma vie et dirigé mes engagements. C’est ce choix qui m’a conduit, par exemple, à m’intéresser à l’écologie puis à l’éco-volontariat grâce auquel j’ai fait les plus belles rencontres de mon existence. Mais j’irai même plus loin en affirmant que c’est aussi ce choix qui m’a conduit à écrire, à chanter, à exprimer ma colère à travers l’art… Au fil des mes expériences, rencontres et lectures, j’ai pu glaner un certain nombre d’informations, et à partir de là former mes propres réflexions dont ce livre se veut l’aboutissement. Mon souhait le plus cher serait qu’il puisse aider d’autres personnes dans leur choix d’être végétarien en leur faisant prendre conscience de ce que cela implique, de la grandeur et de la portée de cet engagement, mais aussi et surtout, qu’il puisse donner le courage à ceux qui se sentent inclinés vers ce mode de vie, de franchir le pas et d’emprunter cette voie "à contre-courant".
Bien que cet ouvrage ne soit pas celui d’une scientifique, j’ai voulu y inclure quelques données importantes, notamment au chapitre "Des bienfaits du végétarisme". Pour ce faire, je me suis appuyée sur les connaissances de mon père, médecin qui, par passion, s’est spécialisé dans la nutrition.
Je voudrais que ce livre soit une invitation à nous interroger sur notre rapport aux animaux et à la vie en général. Je ne prétends pas connaître les mystères de la vie ni détenir aucune vérité, mais je sais en revanche à quel point nous sommes ignorants des créatures que nous côtoyons depuis notre apparition sur terre. Comme le dit si justement le Capitaine Paul Watson, nous dépensons des fortunes colossales pour explorer l’univers, chercher des traces de vie sur des planètes lointaines alors que nous n’avons même pas encore cherché à connaître ces créatures si proches de nous : les animaux ! Oui, à l’heure où nous pouvons aller sur Mars, lancer des satellites en orbite, nous demeurons incapables de comprendre le langage des baleines. Plus grave encore, sans même avoir cherché à les comprendre, nous maltraitons et exploitons sans relâche les animaux sans jamais nous poser la question des conséquences sur nos propres vies. Je propose alors ceci : arrêtons un instant les machines bien huilées de l’exploitation animale pour apprendre à regarder autrement, pour nous interroger sur ces créatures que nous connaissons si peu et notre rapport avec elles qui en dit long sur notre rapport à la vie. Reconnaissons notre ignorance, demandons-nous s’il ne serait pas possible d’inventer un nouveau rapport homme/animal qui ne soit pas fondé sur une domination violente mais plutôt sur une coopération, s’il ne serait pas préférable de nous appliquer à vivre les uns à côté des autres dans une relation de respect ? Ce livre est une invitation à chercher cette voie.

Hélène Defossez

Une illustration de Marc Defossez, extraite du livre

Je mange avec ma tête, d'Elise Desaulniers

Je mange avec ma tête
Les conséquences de nos choix alimentaires
d'Elise Desaulniers

Mangeons-nous intelligemment ? Mangeons-nous avec notre tête ?

Manger avec sa tête, affirme Elise Desaulniers, c'est choisir ce qu'on met dans son assiette, en sachant que les choix qu'on fait ont des conséquences : sur notre santé d'abord, mais aussi sur l'environnement, sur la vie des animaux, sur celle d'autres personnes.

En dix chapitres, elle explique les bases de l'éthique alimentaire, en apportant un nouvel éclairage sur des enjeux tels que les pesticides, les OGM et les aliments bio. Le saumon sauvage est-il plus intéressant pour la santé que le saumon d'élevage ? Doit-on vraiment acheter local ? Devrions-nous privilégier le bio à n'importe quel prix ? Autant de questions traitées avec nuance et intelligence.

Je mange avec ma tête, Les conséquences de nos choix alimentaires, Elise Desaulniers, Editions Stanké, 2011, 264 pages

A propos de l'auteur

Elise Desaulniers, blogueuse et auteur canadienne, vient de publier son premier livre "Je mange avec ma tête". Cette végétalienne, ex-omnivore, plaide pour que le consommateur oriente ses choix alimentaires en tenant compte des effets sur l'environnement et en fonction du bien-être des animaux. Souvent invitée à parler d’éthique alimentaire devant des groupes de toutes sortes, elle travaille par ailleurs sur de nouveaux projets d’écriture.

Pour en savoir plus

- Le blog de l'auteur : Penser avant d’ouvrir la bouche et son site
- Le site des Editions Stanké
- A écouter : Un entretien avec Elise Desaulniers, Radio-Canada, octobre.2011, 10min
- L'article de Gwenaëlle Reyt : Ethique de l’assiette
- Ethique animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, l'ouvrage qui permit la prise de conscience de l'auteur

Entrevue avec Elise Desaulniers
CFNJ FM, février.2012, avec Marie-France Roy


Elise Desaulniers, au Salon du Livre de Montréal
avec Jean-Charles Concas


L'avis d'un lecteur
Source

Nourrir les questions sur l'alimentation

Tout le monde se pose des questions sur la nourriture, mais on ne sait pas toujours où commencer. Elise Desaulniers propose de bonnes pistes de réflexions, détaillées par une grande recherche sur la réalité du système agroalimentaire contemporain (en particulier sur celui du Québec, Canada, mais les faits seraient relativement semblables ailleurs comme en Europe). A la manière de "The Ethics of What We Eat" de Peter Singer et Jim Mason, ce livre s'adresse plus aux néophytes qu'aux initiés, mais ces derniers sauront aussi en apprendre tant il y en a à savoir sur le sujet.

Les chapitres traitent de l'élevage industriel, de la surpêche, des explications scientifiques sur ce qu'est la souffrance, des raisons pour manger (ou ne pas manger) de viande, de la faim dans le monde, des conséquences environnementales, du gaspillage. Bref, le tableau est large mais bien décrit. Ceux qui veulent en découvrir davantage sur un sujet précis se satisferont de la bibliographie.

Le sujet est difficile, souvent peu agréable à digérer, mais la lecture se fait très bien - le livre se dévore presque. Tout est bien expliqué et intéressant à lire. "Je mange avec ma tête" préconise une approche personnelle, non autoritaire, non prétentieuse, comme si vous discutiez avec votre voisine ou votre collègue, mais une voisine ou collègue passionnée par son sujet et qui le prend très au sérieux.

Si vous êtes convaincus, vous pouvez aussi offrir ce livre à votre entourage qui commence à se réveiller au sujet des conséquences de nos assiettes (ce qui, on le voit, est une préoccupation grandissante à l'heure actuelle). Il n'y a pas de honte à se poser des questions et à essayer de trouver des solutions. À ce propos, ce livre est très inspirant.

L'avis d'une lectrice
Source

Il y a certaines questions que nous préférons ne pas nous poser; certains sujets sur lesquels nous n'avons généralement pas envie de réfléchir. En effet, il faut parfois une certaine dose de courage pour regarder les choses en face, afin de nous positionner, d'agir ou d'aller jusqu'à changer notre comportement. Mais même lorsque nous serions prêts à faire tout cela, il arrive que nous nous sentions démunis et que les réponses nous paraissent trop difficiles à obtenir. Notre envie de conserver nos habitudes couplée à ce sentiment d'impuissance nous paralysent et maintiennent le statu quo, aux plus grands et horribles dépens de nous-mêmes (notre santé est touchée) et des autres: les générations futures, les travailleurs de l'industrie agro-alimentaire et, surtout, les animaux eux-mêmes.
Voilà la tendance que des gens comme Elise Desaulniers peuvent réussir à esquinter sinon à briser en levant le voile sur une réalité pénible à observer et en nous fournissant ces informations dont nous avons besoin pour faire des choix éclairés. En nous amenant à ouvrir les yeux, de façon à la fois non accusatrice et ferme, l'auteure du livre "Je mange avec ma tête" nous donne la chance de nous libérer de cette ignorance et de cette paresse qui nous rendent trop souvent complices d'un système d'exploitation aux conséquences éthiques dévastatrices. Certaines lectures sont légères et agréables, mais plus importantes sont celles qui, comme celle-là, peuvent nous responsabiliser. Et lorsqu'une auteure réussi à aborder des choses sérieuses avec rigueur, mais sur un ton plaisant et même amusant, alors là, on ne peut demander mieux.
Je ne saurais recommander assez chaudement la lecture de cette ouvrage qui, enfin, ne nous permet plus, à nous Québécois et Canadiens, de nous cacher derrière des "mais tout ça n'arrive qu'ailleurs", des "nos produits animaux sont des aliments sains" et des "chez nous, les animaux d'élevage sont bien traités".

L'avis d'une autre lectrice
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Bonjour!
Je viens tout juste de dévorer votre livre en moins de 24h et je voulais vous dire à quel point c’était apprécié, surtout qu’il est difficile de trouver des livres pertinents ou à jour à ce sujet avec des informations concernant le Québec (le plus souvent ça provient des Etats-Unis ou de la France et c’est parfois difficile de se faire une idée de ce qui se passe ici).
Il y a quelques mois à peine, je ne m’étais jamais vraiment interrogée sur le contenu de mon assiette (après presque 20 ans d’existence, c’est fou quand on y pense), et depuis, je ne cesse de m’informer et j’essaye de sensibiliser mes proches, probablement ce qu’il y a de plus difficile sans les faire culpabiliser (même si ce n’est pas intentionnel).
En tout cas, tout ça pour vous dire de continuer votre beau travail, je suis contente de voir qu’il est aussi facile de vous contacter pour vous faire part de mon appréciation, et changer une personne à la fois, ça finit par peser dans la balance (enfin, c’est ce que je me dis!)
Merci!
Geneviève